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    Culture Code

    Pour faire suite à mon billet précédent, je vais vous parler de Clotaire Rapaille. J’ai entendu le bonhomme pour la première fois, comme la plupart des gens, il y a une dizaine d’années, lors d’une intervention dans l’émission de Marie-France Bazzo à la radio de Radio-Canada. Parenthèse critique : suis-je le seul à m’ennuyer de cette émission? J’ai bien tenté Bazzo.tv, mais le format radio était beaucoup plus génial et pratique, dans mon cas, puisque je ne suis pas vraiment un fan de télé. Fin de la parenthèse. Dans cette émission, Clotaire Rapaille parlait du marketing culturel et faisait la distinction entre les différents paradigmes qui nous définissent. Il expliquait pourquoi un produit commun en Belgique était difficile à commercialiser en Russie. Pourquoi le chocolat ne plaisait-il pas aux Japonais? L’exemple le plus percutant était la différence entre la commercialisation du fromage en France et celle des États-Unis. Le parallèle fascinant qu’il expliquait était au niveau des perceptions différentes qu’avaient les consommateurs selon leurs origines. Pour le Français, par exemple, le fromage était « vivant ». On devait le toucher pour s’assurer de sa fraîcheur. L’acheteur discutait « vie » avec le marchand. De mûrissement. Quand le fromage emballé arrivait à la maison, il était déposé sur le comptoir pour rester chambré, température pièce jusqu’à sa consommation. Au contraire, pour l’Américain, le fromage était « mort ». Emballé sous vide, réfrigéré, aseptisé. Le consommateur américain prenait le fromage dans le frigo du magasin et le déposait à même son frigo personnel. D’une morgue à l’autre, finalement. Il le consommait froid, tuant ses effluves. La peur des bactéries, entre autres. J’avais été très captivé par cette entrevue, à l’époque. Je trouvais fascinant ce champ d’expertise qui m’allumait sur la distinction culturelle par rapport à la consommation, expliquant que le même produit pouvait connaître des succès différents selon les cultures. Puisque l’émission était déjà commencée et que je n’avais pas saisi le nom de l’interlocuteur, j’avais envoyé un courriel à l’équipe d’Indicatif Présent qui m’avait gentiment répondu. J’avais alors commandé le livre « Seven Secrets of Marketing In A Multicultural World » de Rapaille (livre prêté/non retourné — d’ailleurs | si quelqu’un se reconnaît, j’aimerais bien le récupérer, merci… ). Beaucoup plus tard, j’avais acheté « Culture Code » qui m’avait moins séduit, mais que j’avais tout de même apprécié.
    Ces livres m’auraient été d’une grande utilité lors d’un de mes voyages en Haïti. Pour mieux comprendre comment nos codes culturels étaient différents. J’avais eu comme mandat de revamper, pour la filiale haïtienne de Kimberly Clark, un emballage de serviettes hygiéniques. La marque était « New Freedom », le client avait décidé de garder le nom en anglais parce que la traduction française « Liberté nouvelle » aurait peut-être été mal perçue par les autorités politiques. Il ne faut pas oublier que nous étions avant l’arrivée d’Aristide au pouvoir, entre deux coups d’État.  Pour un communicateur né en pays démocratique où l’on pouvait tout dire, ou presque, juste réaliser que le nom d’un produit pouvait être mal perçu et retiré des tablettes pour une simple connotation était assez désorientant. Le client dans son désir de ne pas trop aliéner sa clientèle déjà durement acquise m’avait demandé de garder le dessin d’un papillon qui ornait l’emballage original pour permettre une certaine reconnaissance du produit. Ce que je croyais juste et perspicace. Analysant la photo d’un papillon, je me rendis compte que certains ornements très symétriques dans les ailes de celui-ci ressemblaient à un visage humain. J’avais donc eu la brillante idée de mettre le visage d’une jolie Haïtienne dans le papillon et de me servir de ses yeux pour reproduire le motif. Le design me plaisait (on parle d’un truc réalisé en 1995, soyez indulgent…). Je gardais le dessin original de l’emballage, tout en créant une signature plus moderne et audacieuse. Je préparai donc une maquette dans le but de la présenter au comité marketing de Kimberly Clark composé d’Haïtiens, mais aussi d’Américains et de Canadiens. Lors de ma présentation, je voyais bien qu’il y avait un malaise parmi les membres haïtiens du comité. Uniquement les Haïtiens. Quand on fit un tour de table, la première Haïtienne qui prit la parole exprima aussitôt la peur (!) que l’emballage lui inspirait. Peur de ce visage emprisonné (!!) dans le corps d’un papillon. Les autres opposants parlaient de vaudou (!!!!) et de prise de possession de l’âme de la femme par le papillon (!!!!!). J’étais bouche bée. Ce simple emballage purement esthétique, à mon avis, prenait des proportions démesurées et surtout insoupçonnées aux yeux d’une culture différente à la mienne. Pas besoin de vous dire que je suis revenu à un emballage plus naïf, utilisant le papillon tout simplement comme un élément décoratif, tentant le moins possible de le mettre en valeur. Le premier truc qui me vint à l’esprit le soir, en faisant le post-mortem de ce dossier, était le grand nombre de produits étrangers se rivant le nez sur des cultures différentes. Combien de demi-succès étaient attribuables à de mauvaises raisons, alors qu’une simple question d’identité culturelle faisait défaut! Combien, même chez nous, un produit pourtant destiné à une clientèle ne s’adapte pas à celle-ci, uniquement parce qu’elle n’utilise pas les bons codes? La bonne vieille règle de s’intéresser aux clients de ses clients est encore la meilleure à mettre de l’avant. Ne pas permettre à ses références personnelles de dicter ses choix. Tenter de comprendre les autres, comme ils sont.  Ici ou ailleurs. Merci pour la leçon, M. Rapaille.

    > Culture Code | Clotaire Rapaille

    Femmes de société

    D’abord remarqué sur le blogue de Patricia Tessier, l’article d’eMarketer traitant de l’impact des réseaux sociaux sur les femmes et leurs habitudes de consommation vient à nouveau de sonner la cloche aux entreprises qui hésitent toujours à les utiliser pour rejoindre leurs clientèles. Premièrement, on y apprend que le taux d’utilisation par les internautes de ces réseaux sociaux tels que Facebook ou de blogues, comme celui-ci, a grimpé de 58 % à 86 % de 2008 à 2009. Deuxièmement, et c’est le chiffre le plus remarquable, 80 % des internautes féminines interrogées sont devenues « adeptes » ou « fans » d’un produit ou d’une marque sur l’un de ces médias sociaux et, de plus, 72 % ont découvert de nouveaux produits grâce à ceux-ci. La moitié de ces femmes affirment avoir acheté un produit en raison de l’information prise sur ces réseaux. La moitié ! En fait, les achats effectués parce que l’on a trouvé l’info sur un blogue, lu un commentaire sur Facebook ou reçu un Twit ont augmenté considérablement. Les usagers semblent même plus réceptifs qu’il ne l’étaient en 2008, aux publicités qu’on retrouve sur ces sites, 9 % disent qu’ils regardent toujours (!) les pubs et que souvent ils cliquent pour en savoir plus; comparativement à seulement 2 % à pareille date l’an passé. 30 % disent parfois regarder, versus 13 % en 2008, et encore moins d’utilisateurs se disent ennuyés par ces publicités. « L’an passé, nos membres allaient en ligne pour trouver un produit, maintenant ils vont sur les reseaux sociaux pour trouver de l’aide sur leurs recherches, pour se faire conseiller et faciliter ainsi tout le processus d’achat. » Affirme Aliza Freud, fondatrice du réseau SheSpeaks pour lequel l’étude « Annual Social Media Study » a été commandée. « Les femmes sont maintenant plus à l’aise avec les médias sociaux ce qui signifie pour les marketeurs, une augmentation dans les habitudes de fréquentations de ceux-ci, de nouvelles opportunités de rejoindre des femmes de tous âges et une chance de les initier à une marque ou un produit et ainsi les influencer dans leur processus d’achat. » Les entreprises qui doutent encore du pouvoir absolu de créer une communication bidirectionnelle entre elles ou leurs produits et leurs clients passent à côté d’une opportunité de rejoindre, à peu de frais, ceux-ci. Non seulement les réseaux sociaux permettent de faire connaître une entreprise/un produit/une marque, mais ils représentent surtout l’occasion de connaître sa clientèle, de saisir rapidement ses goûts, ses attentes et ses déceptions vis-à-vis son offre. Nommez-moi un média traditionnel capable de faire tout ça?

    > Pub « vintage » d’Avon, précurseur en résautage d’affaires

    Retour de/sur Londres.

    Pas facile les retours. Mais comme je suis encore en vacances, je n’ai pas trop à me plaindre et disons que j’en ai vécu des pires que ça dans ma vie. Voici en vrac, quelques réflexions, clichés et anecdotes sur mon court séjour à Londres. Voyez ça comme les twits que j’aurais aimé écrire sur place…

    Si vous voulez photographier un Tigre, ne le faites pas dans un aéroport
    À l’aéroport Heatrow, aux douanes, trône une publicité d’Accenture mettant en vedette un Tiger Wood songeur devant l’emplacement difficile d’ou il s’apprête à frapper son prochain coup. Le slogan : It’s What You Do Next That Counts. Je trouvais l’ironie trop belle et j’ai voulu l’immortaliser sur photo… en oubliant que j’étais dans un aéroport. Vérification de ma caméra par la sécurité et un avertissement. Je le ferai plus, maman.

    O Cacanada, terre non bitumineuse
    Jour 1, Trafalgar Square, à deux pas de notre hôtel, se tenait une manifestation en marge du Sommet de Copenhague sur le climat. Des gens occupaient la place avec leurs tentes et tout le bataclan pour tenir le fort: bouffe, réchaud, etc. Leur cible de prédilections : les sables butimuneux du Canada. Drapeau canadien dégoulinant de pétrole en berne; welcome to London, boys…

    Le bon vieux bouche-à-oreille nous épargne de faire des pieds et des mains pour rien
    Qu’il soit direct, par internet, de la part d’amis très proches, d’amis Facebook ou d’utilisateurs de forums de voyage, le bon vieux word-of-mouth est le moyen le plus efficace pour ne pas se tromper et bénéficier de précieux conseils quand on veut voyager : mon hôtel Les Citadines Trafalgar Square était parfait. Pas cher, très propre et tranquille. Amateurs de grand luxe, ce n’est pas pour vous. Pour les autres, vous avez le right spot. Merci Martin pour le tuyau…

    Le pixel c’est ben beau, mais le grain c’est encore mieux
    Au National Portrait Gallery, une super exposition de photos intitulée The Beatles to Bowie nous attendait. Couvrant le rock des années 60 en photo, de super clichés connus et inédits des figures de proue du rock britannique étaient exposés. Les trois gars sont tombés en amour avec la photo de Jane Birkin. Serge devait avoir du goût…

    Mexican British Museum
    Avouons que le hasard fait bien les choses. Au British Museum se tenaient deux expos sur le Mexique: Moctezuma (le roi-serpent), mais surtout la Révolution sur papier (traduction libre) — une expo sur les affiches produites par des artistes mexicains pendant la révolution. Expo assez intéressante pour en acheter le catalogue…

    Des livres qui coûtent des livres
    Je ne peux m’empêcher d’acheter des livres de design en voyage. Trop la plupart du temps. Certaines mauvaises langues vous diront, pas uniquement en voyage… Je n’ai pas ouvert une seule page des livres ramenés de Barcelone en juin dernier et voilà que j’ai rempli mon sac de cabine de 200 lb de livres à 200 livres. Les livres en Europe sont toujours trop chers et en Angleterre ils sont exorbitants. Un livre acheté chez Amazon.ca à 25 $ CAN est à 25 pounds à Londres (40 $ CAN) — le calcul se fait vite….. OK, ça ne m’a quand même pas empêché d’en ramener quelques-uns…

    Pas de la petite bière
    Mea Culpa : je suis un buveur de bière. De vin aussi, mais ma bedaine trahit encore plus un amour du houblon. Et à Londres, les pubs pullulent. Je ne dirai pas combien nous en avons visités, mais disons assez pour se faire une idée de la cordiabilité des ses hôtes et de ses habitués ainsi que du large choix de bières disponibles.

    Sorry We Are Closing
    Nous étions trois couche-tard dans une ville qui se couche de bonne heure.  Pas facile. La plupart des pubs ferment à 22 h. Leurs cuisines à 21 h. Pour des gars habitués à bouffer tard normalement, disons que ce n’était pas évident.

    Shopping in the rain
    La journée consacrée au shopping fut celle où la Tamise a dû remonter d’un pied. Le déluge. Quelle bonne idée que d’avoir retiré de mon sac le parapluie que je trainais depuis le début de mon périple.  Résultat : mouillé jusqu’aux genoux à travers une marée (!) de monde parcourant les boutiques avant Noel.

    Stupeur et ronflements
    3 colocs fatigués, ça ronfle.

    Des fumées d’usine coiffent la ville d’ocre, de rouge et de violet
    Liverpool comme le chantait Renée Martel (quelle culture, avouez!) est une ville intéressante (surtout la vieille partie). Même si notre séjour fût de courte durée, nous avons pu constater que la Liverpool est définitivement Beatles.

    Et les Londonners?
    Gentils, polis et souriants. Les Londoniens sont très sympas. Dans les pubs, les musées, les boutiques et sur la rue, les gens étaient avenants, toujours prêts à t’aider à retrouver ton chemin. On m’avait parlé en bien de ceux-ci, je ne peux que confirmer. Première visite, mais pas la dernière…

    Je voudrais pas crever.

    vianJay est un petit gars que j’aime bien. Je dis petit, même s’il est pas mal trop baraqué pour le traiter ainsi. C’est un beau grand gars élevé à la campagne. Le genre avec les valeurs à la bonne place. Près de la terre. Terre-à-terre. Intelligent. Il nous est arrivé souvent de nous croiser professionnellement, mais c’est quand il débarque à l’improviste à mon bureau que les discussions sont les plus intéressantes. On parle de tout. De rien. De nos générations, bien différentes, mais parfois si semblables. Tiens, aujourd’hui, on a parlé de Vian. Boris. Il vient tout juste de découvrir ses chansons. Et il les joue au ukulele. Il n’est jamais trop tard pour réaliser qu’on a tellement de choses à voir, lire ou entendre. C’est marrant, car je venais tout juste de terminer, ce weekend, Piscine Molitor, une bande dessinée de Cailleux et Bourhis, une biographie de Vian en accéléré que j’avais acheté y a belle lurette, mais que je n’avais pas eu le temps de découvrir. J’avoue connaître Boris Vian depuis mes belles années cégépiennes, mais que je ne m’étais jamais attardé à lire quoi que ce soit sur sa vie. Trop de livres, pas assez de temps, j’imagine. Boris Vian était cardiaque ; il considérait que nager en apnée était bon pour son coeur, d’où la piscine Molitor, près de Bois de Boulogne qu’il fréquentait). Pourtant, ce matin du 23 juin 1959, au bord du bassin, il lui reste seulement quelques heures à vivre avant de succomber à une crise cardiaque pendant la projection du film adapté de son roman « J’irai cracher sur vos tombes ». Cette bande dessinée magnifique raconte les passions, les amours, les joies de ce créateur unique, hors normes, aux multiples talents. Que l’on parle de Vian, le jazzman; Vian, le poète, Vian le chanteur ou Vian, l’écrivain; c’est toujours avec une imagination féconde et tordue qu’il réussissait à aborder les thèmes les plus simples de façon si surréaliste. À lire. Et tant qu’à épuiser le sujet Vian, courrez lire et savourez les illustrations de « Je voudrais pas crever »; une réédition du fameux recueil de ses poèmes, mais cette fois illustrée par Clerc, Loustal, Brochard, etc. Édité par la maison Les Allusifs — le design de tous leurs bouquins est remarquable —, ce livre est pour souligner le cinquantenaire de la mort de l’auteur. Vous n’en avez toujours pas assez? Vous voulez du Vian à d’autres sauces? Comme la mode en chanson est aux reprises; des artistes français ont sorti une réédition de ses plus grands classiques : Didier Wampas, Olivia Ruiz, Édouard Baer, etc. reprennent 39 chansons pour souligner les 39 ans de sa vie. Oui, oui, il est mort à 39 ans. Impressionnant tout l’héritage culturel qu’on peut laissez en si peu de temps. Malgré les épreuves de la vie. Ces épreuves qui marquent le temps et nos vies tout autant. Comme réfléchissait aujourd’hui sur son blogue, l’humoriste Martin Petit invitant ses lecteurs à se raconter dans les commentaires; à dévoiler où il en était dans leurs vies lors des événements de la Polytechnique en 1989, ceux de New York en 2001 et aujourd’hui. Comme quoi, humoriste, chanteur, écrivain, graphiste et infirmière ont tous des histoires qui tournent autour de l’Histoire. Je m’y suis commis. Si le coeur vous en dit, faites-le aussi. Plongez.

    > Pisicine Moltior – de Christian Cailleaux et Hervé Bourhis – Éditions Dupuis

    > Je voudrais pas crever – Boris Vian – Éditions les Allusifs

    > À Boris Vian « On n’est pas là pour se faire engueuler – Collectif

    > Le blogue de Martin Petit

    3 screen nation.

    AOLJe travaille présentement sur un dossier qui me demande de mieux connaître la génération Y et leurs habitudes de consommations. En fouillant sur le net, je suis tombé sur une étude réalisée en juillet 2009 par OTX pour le compte de AOL Advertising. L’enquête porte sur les habitudes de consommation, les médias privilégiés, mais surtout ceux qui influencent les quelque 1000 jeunes de 14 à 24 ans interviewés. Chaque génération crée ses propres modes et habitudes forçant les entreprises qui veulent lui communiquer à changer leur façon de le faire s’ils veulent garder ce contact indispensable. Selon le titre de l’étude « Three-Screen Nation », la génération Y est la première à avoir grandi dans le monde des trois écrans : familier avec les messages en ligne, hors ligne et sur cellulaire. Qu’en est-il de ces bibittes?

    Habitués à être toujours en ligne — 7 jours sur 7 / 24 heures sur 24, les jeunes sont toujours en ligne, sur leur PC ou leur téléphone : à raison de 17 heures 11 minutes par semaine, comparativement à 11 heures 20 minutes pour la télévision, 6 heures 16 minutes à jouer sur une console et 6 heures 32 minutes à écouter la radio.
    Les découvertes se font par… — Musique (Net : 67 % – Amis : 59 % – TV : 47 %); Cinéma (Net : 68 % – Amis : 51 % – TV : 71 %); Électronique : (Net : 63 % – Amis : 51 % – TV : 54 %); Mode : (Net : 41 % – Amis : 42 % – TV : 37 %).
    La mode — 4 sur 5 affirment que la mode est une forme d’expression de soi exceptionnel et une importante source de mieux-être. 88 % des filles s’intéressent à la mode comparativement à 61 % des gars. Les sources d’influence pour les filles sont dans l’ordre : Amis 64 %, famille 48 %, Net 48 %, magazines 40 %. Elles préfèrent magasiner à 77 % dans des magasins traditionnels comparativement à 41 % en ligne. 66 % des parents paient les vêtements de leurs ados de 14-17 et tombent à 30 % pour les 18-24.
    Parle parle jase jase — La génération Y ne se sépare jamais de son cellulaire, quitte à y passer toute son allocation. 88 % possède un cellulaire, 22 % un cell intelligent et 78 % pour un plus standard. 72 $ est la facture moyenne qu’un adolescent dépense pour ses besoins en téléphonie mobile; 80 % dont les parents aident à payer et 51 % assumant eux-mêmes la facture.
    Les gadgets ne sont plus seulement que des affaires de gars — 93 % des gars aiment les trucs électroniques vs 83 % des filles; les consommateurs de première ligne (early adopters) qui se procurent les nouveautés : gars 50 %, filles 35 %; et finalement les gars à 55 % et les filles à 41 % se considèrent les experts à la maison pour orienter les achats.
    Consommateurs de culture — 94 % affirment que la musique et le cinéma les intéressent. En moyenne, les jeunes ont vu 10 films et assisté à 4 spectacles dans la dernière année; 56 % d’entre eux vont acheter le DVD du film apprécié au cinéma, 26 % des gars ont déjà des lecteurs Blue-Ray comparativement à 16 % des filles.
    Et ça leur coûte combien… (et à leurs parents) ? — La génération Y gaspille en moyenne 2200 $ par an. La facture se décline comme suit : 864 $ pour la facture du cellulaire, 624 $ pour les vêtements, 276 $ pour des jeux vidéos, 240 $ en électronique et 216 $ pour le cinéma.

    > Pour télécharger l’étude (en .pdf)

    On a les clients que l’on mérite.

    colonelJ’aime beaucoup Seth Godin. J’ai lu tous ses bouquins et je consulte régulièrement son blogue. Ses billets sont souvent très courts, incisifs et toujours matières à réflexion. La semaine dernière un de ceux-ci affirmait « Choose your costumer, choose your future » et suggérait fortement aux organisations de mieux choisir leurs clients. Les entreprises qui décident de passer la gratte en visant le plus grand nombre de clients possible, qu’importe leur provenance ainsi que leurs valeurs font une grave erreur. Selon lui, ce sont vos clients qui définissent ce que vous faites, comment vous le faites et le vendez. Cette clientèle qui décide aussi du prix de vos services. Donnez-vous comme stratégie de viser une clientèle infidèle et revendicatrice et elle fera tout en son possible pour vous négociez et être toujours déçue de vos services; au contraire, courtisez des clients intéressés, compréhensifs et allumés, donnez-leur ce qu’ils veulent et vous réussirez à établir un dialogue qui améliorera la qualité de votre produit ou de votre service et par le fait même votre relation avec eux. Pas facile de « refuser » des clients me direz-vous; mais c’est peut-être le prix à payer pour avancer et mieux servir ceux que vous choisissez. Pour faire du pouce sur ce billet, mais surtout renforcer l’idée que de choisir ses clients comporte des avantages compétitifs extraordinaires, l’étude « L’entreprise infidèle » de Léger Marketing démontre que la plupart du temp, ce sont les clients qui se sentent trahis par leurs commerces préférés et non l’inverse. « Dans la réalité, les clients veulent être fidèles. La fidélité leur apporte de nombreux avantages : elle leur épargne du temps, atténue les risques et leur facilite la vie, écrit Serge Lafrance, vice-président du marketing de Léger Marketing. » C’est normal. Prenez par exemple vos propres habitudes alimentaires : vous avez une épicerie préférée, située dans un rayon pas très éloigné de chez vous, un service courtois et des produits tels que vous les aimez; vous n’avez aucune raison valable d’aller voir ailleurs. Même si l’offre des concurrents peut, de temps en temps, vous sembler plus alléchante, le fait de changer de place, d’aller plus loin, de risquer de ne pas trouver ce que vous cherchez fait que le prix ne sera pas nécessairement un élément pour causer une infidélité au commerce élu. C’est plutôt votre épicier qui décidera de la date de votre départ de son commerce. Ça commencera par un manque flagrant de service aux caisses ou un boucher moins courtois qu’à l’habitude, une absence aléatoire de vos marques préférées, des problèmes de stationnement, etc. Bref, plein des petits trucs, souvent rien de majeur, qui vous forceront à regarder pour une alternative meilleure. Même si vous n’en aviez aucunement l’envie au départ. Même si ce n’était pas votre but premier. On vous y pousse. On vous dit : hey! on veut plus de toi ici! Voici grosso modo ce qui fait fuir un consommateur, toujours selon l’étude de Léger Marketing : l’irrespect, l’incohérence, l’indifférence et l’incompétence. Ça vous rappelle de mauvaises expériences comme consommateur? « La quasi-totalité, soit 96 %, des consommateurs insatisfaits ne portent pas plainte. Ça ne les empêche pas de se sentir trahis. Et de le dire à leur entourage : un client insatisfait en parlera en moyenne à 13 personnes. » Si l’on choisit mieux ses clients, pour qu’ils nous ressemblent un peu plus, les chances de les trahir sont moins grandes puisque les éléments qui vous rapprocheront l’un de l’autre seront basés sur des manières de faire similaires ainsi que des valeurs partagées. On a moins de chance de décevoir des clients qui nous ressemblent.

    > L’entreprise infidèle, Léger Marketing, Éditions Transcontinental, 2009.

    Macho Macho Man, I’d rather be a…

    village-peopleCette semaine on a eu droit à une mini tempête médiatique au sujet d’une publicité virale diffusée sur YouTube mettant en vedette le joueur des Canadiens de Montréal, Georges Laraque et de séduisantes nymphettes jouant au hockey bottine pour nous vanter les vertus d’une boisson énergétique alcoolisée (la pub est ici). Publicité banale et insipide comme le sont ces centaines de publicités de bière avec des bébés-big-boobs et des mecs-aux-pecs-impecs : y a de la joie, du party, de la plage, de la séduction, bref, le genre de pub qui oublie de nous dire que finalement le seul attrait physique qu’on risque d’avoir si on consomme trop du produit vanté n’est pas celui présenté à l’écran, mais une énorme bedaine de bière. La communauté blogueuse a largement couvert l’événement et contribué, en la diffusant, à créer le buzz recherché. La tempête a été déclarée par Axelle Beniey, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, traitant la publicité de dégradante pour les femmes, de mauvaises images pour la jeunesse, bla-bla-bla… La cassette. Je suis tanné de ces sempiternels sermons rétrogrades de féminisme post 68; nous sommes presque en 2010, bordel! Ce qui me fait doublement pomper c’est que nous n’entendons jamais ce genre d’exposé dénonciateur quand on ridiculise des hommes dans des publicités… Un article très intéressant paru en août dans la section « affaires » du Globe And Mail (« Why men in ads are dumb goofy or completely inept » pas de lien disponible, sauf si vous êtes abonné au GAM) parlait d’une nouvelle tendance en publicité, celle de la misandrie (ho! ho! beau mot à chercher dans le dico). La mode est à réaliser des pubs où, dans plein de contextes différents, les hommes sont dépeints comme des incapables, des simplets, des gaffeurs ou de parfaits imbéciles surtout si on les compare directement à leurs épouses. Exemple : un homme a le rhume et se transforme immédiatement en gamin; un homme incapable de se retenir devant une plaque de biscuit préparée pas sa gentille épouse se brûle les doigts et finalement un homme joue le rôle d’un chat qui cherche à se faire nourrir par sa maîtresse (je n’ose imaginer quelle onde de choc celle-ci aurait créée si on avait inversé les rôles des protagonistes!). Ironiquement, ces publicités, toujours selon l’article, plaisent énormément aux femmes qui ne voient rien de bien méchant dans celles-ci. N’est-ce pas là un exemple de double discours? Pour citer un commentaire d’un lecteur sur le blogue de Patrick Lagacé à ce sujet : « si ça avait été Alexandra Wosniak qui jouait au tennis avec des Cupidons en boxers, ça aurait été tout à fait correct.» Deux poids, deux mesures. Comme le principe de la discrimination positive (comment de la discrimination peut-elle être positive!!!). La publicité dans laquelle Laraque joue est une mauvaise publicité. Point. Il ne faut rien chercher de plus que ça. L’exploitation du corps de la femme n’y est pas plus évidente que dans des pubs du même genre. Ni plus, ni moins. Madame Beniey, choisissez vos combats, celui-là n’en vaut pas la peine.

    crónicas de barcelona – parte tres

    p1010468Le vin est bon pour le coeur, mais le coeur du vigneron est encore meilleur.
    Quelle journée! Lundi, nous étions attendus à Vilafranca del Penedès pour une visite privée du vignoble de Parés Baltà. Carl et sa copine Nathalie de l’International Café de Chicoutimi avaient organisé la rencontre pour nous. Arrivés à la gare, nous attendions patiemment la personne qui devait venir nous chercher. Quelle ne fût pas notre surprise en voyant arriver le 4×4 de voir que c’était le propriétaire en personne, Mr Joan Cusiné Cusiné, qui nous cueillait à la gare. Direction Sant Pau d’Ordal, pour casser la croûte chez Cal Xim, histoire de faire connaissance un peu plus. Au menu : anchois, pan con tomate, légumes grillés, ravioli de morilles, thon et deux bonnes bouteilles de Blanca, un cava nommé ainsi en l’honneur d’une des petites filles de notre sympathique hôte. De l’espagnol à l’anglais, en passant par le français et un peu de catalan, la discussion était autant rafraîchissante que notre goûter. Autant nous étions intimidés de rencontrer un tel monsieur, autant celui-ci nous mettait à l’aise en nous racontant son métier, en nous expliquant les valeurs auxquelles lui et sa famille adhèrent depuis des décennies (voire des siècles – le vignoble datant de 1790!). Je n’aurais pas visité une seule vigne et avalé une seule goutte que ma rencontre aurait déjà été complète à simplement écouter ce grand monsieur parler avec fierté de ses enfants, de son travail, mais encore plus de la façon dont il le fait : avec un respect de la terre et des personnes qui l’entourent. De le voir nous expliquer comment frotter l’ail sur notre pain, de nous demander d’ajouter un peu plus de son huile d’olive sur celui-ci, de nous parler de bouffe et du bien être que le vin pris avec modération apporte valait à lui seul le voyage. Après ce succulent repas, nous prîmes la route vers la montagne où habitent presque toutes ses vignes. Le décor était à couper le souffle! En nous expliquant le fonctionnement d’une vigne, Mr Cusiné nous a raconté les cinq éléments primordiaux à la réussite d’un vin : le climat, celui du Penedès est exceptionnel; la terre, la sienne est 100% organique, sans aucun agent chimique, engraissée naturellement par son cheptel de mouton (que nous avons d’ailleurs aperçu traverser la route…); la proximité de la mer, qui assure une humidité qui permet la photosynthèse; le dévouement de ses jardiniers qui travaillent la terre (il fallait le voir s’arrêter tout au long de notre parcours afin de parler à chacun d’eux, avec une attention particulière (allant même à s’excuser de nous faire patienter !) – dans l’auto, il m’a réaffirmé, à quel point ces gens sont importants pour lui…); et, bien sûr, le savoir-faire. Il était inutile d’ajouter le sixième élément qu’est la passion puisque tout au long de notre visite, c’est ce que nous ressentions en buvant… ses paroles. Après nous avoir montré tous les cépages, il nous a grimpé au plus haut des sommets pour que nous puissions avoir une idée plus large de la superbe vallée du Penedès. Retour, tard en fin de journée, pour jeter au coup d’oeil à la cave et déguster cinq vins pour nous donner une idée de la qualité de ceux-ci. Vous dire à quel point nous avons apprécié cette rencontre. Outre le simple fait d’avoir fait une visite instructive, d’avoir eu le privilège de parler avec ce grand monsieur sera selon moi le point culminant de ce voyage. Je parle souvent de bouffe, sur ce blogue. J’adore les artisans qui nous permettent de bien manger, de bien boire, de bien vivre, quoi. Ces gens ont souvent les plus belles valeurs qu’une personne peut avoir : intégrité, passion et respect. Aujourd’hui, cet homme très occupé (on s’en doute!), n’a pas passé huit heures de son précieux temps avec un client, un important importateur de vin ou un grand restaurateur; non, il les a passé avec deux étrangers pour le plaisir de leur faire découvrir sa passion. Je ne pense pas oublier ce grand monsieur de si tôt. Merci M. Joan.

    Excès de bagage 2.0

    Encore tombé sur une autre librairie spécialisée. Ouin. Et une valise de vin. Rien de moins.

    Fête des Pères et Segrada Familia

    La semaine passée alors que nous visitions la Segrada Familia, j’ai eu un moment où j’ai eu un flou dans mes lunettes. En regardant les hommes travailler à monter encore ce projet fou de Gaudi, mes pensées sont allées directement vers toi. Tu aurais adoré voir ces hommes travailler. Les voir lisser le ciment. Les voir travailler de leurs mains. Ça t’aurait plu tout ça. Tu avais adoré l’Espagne, et depuis les événements de 2001, tu ne voulais plus voler… par peur. C’est ironique et futile, aujourd’hui, tu ne trouves pas? Quand je suis sur une terrasse, à prendre une coupe de vin, et que je vois passer une jolie Espagnole, je comprends pourquoi tu avais autant aimé ton séjour ici… Bonne Fête de là-haut.

    crónicas de barcelona – parte dos

    p1010232Pour bien faire, il me manquerait une autre paire de pieds.
    Mercedi soir, 23 h 57, dans mon appartement, je regarde mes pieds et me demande si demain ceux-ci auront repris une apparence normale. J’ai les pieds comme ceux de John Merrick dans L’Homme-éléphant. Mon petit orteil ressemble au gros… vous imaginez les autres. Si je prenais l’avion, aujourd’hui, mes pieds devraient être remisés dans le compartiment du dessus, par manque de place sous le siège avant. Nous avons exagéré. Nous avons marché cette ville du nord au sud, d’est en ouest, plusieurs fois par jour depuis notre arrivée. 30 km par jour en sandales, c’est trop. Là le coeur prend sa revanche : hey en bas, je suis capable de suivre, mais pas vous… Sans blague, mes ampoules ont des ampoules. Demain, repos.

    Excès de bagages garanti.
    Lors de notre arrivée, j’avais remarqué une librairie à deux pas de chez moi. Je ne m’y étais pas tout de suite arrêté en me disant que je le ferais sous peu. Hier, en revenant de la Segrada Familia, nous nous y sommes glissés. Stupeur. Tremblements. Une librairie spécialisée en graphisme! Je suis tombé dans un magasin de jouets. Un obèse dans une chocolaterie. J’y ai fait le tour en promettant d’y revenir avant mon départ. Le lendemain, j’y passais 1 h 30. J’aurai un excès de bagages en livres c’est certain.
    Parlant de livres… c’est vraiment une bien mauvaise nouvelle que j’ai reçue du Saguenay, hier. Jiix, mon libraire de bandes dessinées ferme ses portes à la fin du mois. C’est vraiment navrant. Quand une boutique spécialisée de la sorte ferme ses portes dans une grande ville, on peut toujours se rabattre ailleurs, vers une autre. En région, perdre une boutique comme ça, c’est simplement nous faire reculer au niveau de la culture. Aujourd’hui en faisant mes achats dans cette boutique éclectique à Barcelone, je pensais à ces deux jeunes entrepreneurs qui ont tenté et résussi de créer un univers qui n’avait rien à envier aux grandes villes. Stéphane et Patrice, vous aurez réussi à donner de l’éclat à une ville qui en manque bien trop souvent. Merci.

    Une mauvaise nouvelle en attire une autre.
    Alors que je me demandais, en scrutant le site de la Renfe (le train en Espagne) pour trouver une façon de rejoindre Terrassa au spectacle de Ojo de Brujo, vendredi, j’ai reçu un courriel qui a mis fin à mes recherches. Le spectacle est remis en octobre. Mais moi, en octobre, je n’y serai pas. Fait chier. D’autant plus que je devrai me taper le remboursement, uniquement sur place. Hey, c’est cool de vendre des billets par Internet, mais ça serait autant cool de pouvoir les rembourser de la même façon, les cocos!

    Singing in the rain.
    Je vous raconte. Dans la nuit de lundi, vers 1hoo, en bobettes, la brosse à dents dans la gueule, je sors sur le balcon pour vérifier le plat dans lequel s’écoule l’eau du système de climatisation. Il est plein. Je fais ni un ni deux et décide de l’envoyer par-dessus bord. Sans regarder. Les deux mecs qui passaient sous mon balcon n’ont pas trop chialé… soit, il faisait très chaud, soit, c’est monnaie courante à Barcelone d’arroser les passants…

    Comida – parte duo.

    Hier, on a mangé Thaï, c’était très bien : décor, bouffe, service. On était juste trop près de la cuisine. On sentait l’huile à plein nez. Aujourd’hui, poisson. Un peu déçu. Chez Can Mayo dans la Barcelonetta, mon poisson n’était pas à la hauteur, mais la pieuvre était impeccable. Faut dire que la barre était haute pour rivaliser avec mon déjeuner / dîner : au Mercat de La Boqueria, on a réussi à se trouver deux places au bar de Pinoxto. Véritable emblème à Barcelone. Au menu : couteaux à l’huile, calmars aux fèves et ragoût catalanais de veau. 3/3. Service génial. Bouffe plus que parfaite. Et que dire du marché. L’épicurien en moi se rappellera longtemps de ce marché. Finalement en fin de journée, au retour d’un autre marathon de marche, je me suis arrêté chez Gispert, acheter des amandes et des noix de macadam : divin.

    crónicas de barcelona – parte uno

    arcQuand les jambes menent, le coeur suit.
    Le jour se levait à peine, ce lundi, que j’enfilais mes Asics pour avaler quelques kilomètres d’asphalte catalan. Quelle sensation. En sortant de Sant Pere Mes Baix pour rejoindre l’Arc de Triomf sur la Passeig de Luis Company, une nuée de pigeons s’est envolée à mon passage. Je tournais un film. Sur la plupart des bancs du parc dormaient encore des clochards. Sur les rythmes de Passion Pit, ma foulée était, ma foi, assez importante. Comme à vélo, je suis ordinairement lent au départ pour ensuite progresser (je commence à être une vieille machine!), mais ce matin, à jeun, mes jambes avaient décidé que mon coeur devait suivre. Après deux tours du parc, j’ai longé la Ronda de Sant Pere pour aller me perdre dans les ruelles, sentir le pain qu’on cuisait un peu partout. Deux petits vieux près d’un kiosque à journaux m’ont salué. Mes chaussures flottaient sur le vieux pavé. Ma tête, elle, dans les nuages inexistants de ce lever du jour barcelonais. Se perdre, dans ce cas précis, n’était pas une figure de style : après quatre ou cinq détours, je n’avais plus aucune idée d’où j’étais rendu. Et je m’en foutais un peu. Mon coeur avait compris qu’il fallait s’y faire, que c’était les jambes qui menaient. À la sortie du labyrinthe, je suis tombé en terrain plus connu, en apercevant le Mercat Santa Catarina, mon retour était assuré.

    Helvetica Rules
    J’ai les yeux qui prennent des milliers de clichés à la seconde. J’emmagasine des couleurs, des choix typographiques, des affiches, des pubs et des enseignes qui m’entourent, faudrait que je pense sortir ma caméra quelques fois. J’ai déjà été un photographe (très amateur…) plus fringant, je trouve ça plus lassant maintenant de sortir le kodak. Et ça fait touriste. Je vais quand même tenter de m’y mettre. Ce qui saute le plus aux yeux du graphiste que je suis est l’utilisation massive du Helvetica (la typo) dans les communications de masse de la ville, mais tout autant sur les affiches culturelles. Je savais que le graphisme européen était nettement plus clean que le nôtre, mais pas autant.

    Bouffe 2/3
    La bouffe. Il est impossible de parler de Barcelone sans parler de bouffe. Notre premier repas fut à Mar de la Ribera. Petit resto sans prétention, réputé pour ses poissons (comme son nom l’indique), recommandé par la guide Michelin. Belle découverte. Produit frais, service impeccable. Les bébés calmars frits étaient succulents (une première pour moi – je le recommande à tous ceux que les calmars rebiffent, les bébés sont moelleux, non résistants sous la dent et très savoureux). La Paella aux couteaux et gambas, tout autant. Notre serveuse avait un sourire communicatif et le vin quoiqu’un peu chaud était bon. Dimanche, dans le même coin, on s’est plutôt fait prendre dans un piège à touristes. Taller de Tapas. Belle facture, belle carte, mais service pourri et bouffe plus qu’ordinaire. Si je pouvais manger des sardines tous les jours, je le ferais. Mais pas celles que j’ai mangées dans ce resto. Si je compare les sardines mangées la veille chez Mar de la Ribera, c’était le jour et la nuit. Je suis rarement le genre à me fier au décor d’un resto, mais là je suis tombé dans le piège. Pas grave. Je survivrai. Aujourd’hui, lundi, un choix près de chez nous, Sikkim, un resto de cuisine-fusion avec un décor et une ambiance très lounge. La bouffe était bien et le service génial. Rien pour écrire à sa mère (de toute façon, elle me lit…), mais quelques saveurs très originales, comme ce ravioli turc (!) à la citrouille, dates, yaourt et cannelle, exquis!

    Extra bagage

    C’est vraiment dur de remettre le moteur en mode repos. Je suis fatigué. J’ai des poches sous les yeux qui me rappellent que je ne dors pas assez et surtout très mal. Je n’ai pas encore réussi à me mettre en mode vacances. J’y compte bien, à partir de demain. Hasta Luego!