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    Melomarc™ – Renaud / Mistral Gagnant

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Salut, mon Renaud. C’est ton papa. Ben, c’est plutôt con ce que je vais te dire… mais tu ne me connais pas encore. C’est très normal tu me dirais, puisque tu n’es pas encore né. J’écris ce texte au présent, mais nous sommes en 1983, six ans avant que tu ne naisses. C’est con, hein?… j’ai à peu près ton âge quand je tape ce billet. En fait, je suis peut-être même un peu plus jeune que ça. J’ai un prof au Cégep, à qui j’ai déjà rendu hommage ici, mais qui préfère que je taise son nom par pudeur, qui m’a enregistré une cassette 4 pistes sur laquelle il a mis un paquet de tounes de Renaud; un chanteur qui porte le même nom que toi. C’est un chanteur français. Peu de gens le connaissent encore ici, au Québec, mais en France, il fait déjà un tabac comme on dit là-bas. C’est un rebelle qui dénonce le système avec ses chansons. Mon prof de Français le connaît depuis ses débuts et pense que j’aimerais ça. Il n’a pas tout a fait tort. Il nous en a parlé pendant notre cours sur la chanson contemporaine. Quoi? Drôle de nom pour un cours? Ça sonne comme un cours inutile, tu penses? Je ne sais pas. Ben en fait, dans le temps je trouvais ça juste cool et facile comme cours complémentaire, mais maintenant je me dis, avec un peu de recul, que ce cours a été un événement marquant de ma vie. Comme ta naissance? Pas autant. Différemment, en tout cas. De toute manière, à ta naissance, j’avais presque ton âge. Je ne réalisais pas. Je n’étais pas trop dans le beat si on veut rester dans le jargon musical. J’étais trop jeune ou pas assez vieux, c’est selon. Pas assez mature, mais tout de même trop pragmatique. Je ne sais pas.
    Je te raconte une anecdote de groupie? À sa première tournée en sol québécois, je suis allé voir Renaud. Dans la salle de l’Auditorium Dufour à Chicoutimi, on devait être à peine 300, mais ça ne nous a pas empêchés d’assister à un super spectacle. Il était drôle, nous racontait des trucs avec son accent parigot et était surtout surpris que nous connaissions déjà ses chansons alors qu’il n’avait aucun disque encore disponible au Québec, mis à part en importation (ou connaître le bon prof – dont il faut encore plus taire le nom!!!). J’avais même réussi à voler une affiche autographiée que j’avais accrochée dans mon nouvel appartement sur Cazelais dans St-Henri, à Montréal. C’était mon nouveau chez moi. Mon nid. L’autonomie totale, je te dis. Un appart’ de merde, certes, mais j’étais maintenant dans la Grande Ville. Où je déployais mes ailes.
    Les années ont passé et en 1985, Renaud était maintenant une vedette reconnue au Québec. Il avait même une maison à Outremont. Un peu moins rebelle le mec, hein? Mais tout de même un grand compositeur à mon sens. Quand j’ai entendu «Mistral Gagnant », la toune, pas l’album, ça m’a secoué comme la foudre. Ça m’a foutu le cafard immédiatement, comme tu ne peux pas savoir. C’est le grand pouvoir de la musique de te faire vivre des sentiments et des souvenirs. Aujourd’hui encore, après toutes ces années, le résultat est inchangé : il me tue ce refrain. Depuis que j’ai décidé de faire une série de billets sur les disques qui m’ont marqué, je me suis un peu conditionné à les réécouter. Histoire de me rassurer que je ne me goure pas dans mes choix. Quand les premières notes de piano ont fait vibrer les enceintes acoustiques de mon bureau, j’ai eu le motton direct. Je n’y peux rien. Cette chanson me ramène dans la face un paquet de souvenirs. Quand Renaud, le chanteur, chante : « Et entendre ton rire s’envoler aussi haut/ Que s’envolent les cris des oiseaux/ Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie/ Et l’aimer même si le temps est assassin/ Et emporte avec lui les rires des enfants, ça me fait penser à Renaud, mon fils et ça me fait chialer. Oui, je sais que des chansons françaises, y en a eu des plus importantes, des plus célèbres, des plus tristes; de meilleures compositions par de plus grands, mais celle-là, c’est un poignard dans le coeur pour moi. Ça me dérange. La musique, c’est personnel et ça laisse des marques dans ta vie. Tu ne t’appelles pas Renaud pour rien, mon garçon. Quatre ans plus tard, même si je n’écoutais presque plus le chanteur, son nom t’allait toujours comme un gant. Tout petit et tout frêle dans mes bras, je te regardais et te chantais : «… Te parler du bon temps qu’est mort ou qui r’viendra/ En serrant dans ma main tes p’tits doigts…/ Et entendre ton rire qui lézarde les murs / Qui sait surtout guérir mes blessures… », en me disant que finalement, y avait peut-être un peu d’espoir pour les gars comme toi et moi dans ce monde…

    J’ai offert cet album, via iTunes, à mon fils, Renaud. Un beau et grand gaillard que j’aime.

    > Renaud / Mistral Gagnant sur iTunes

    Une télé poivre et sel?

    Un article du New York Times repris sur l’excellent blogue de Martin Lessard (que je vous recommande fortement de lire…) nous apprend que l’âge moyen des téléspectateurs des 4 plus importants réseaux américains (FOX, CBS. NBC et ABC) serait de 51 ans. Les grands télédiffuseurs verraient donc, de plus en plus, la clientèle des jeunes migrer vers des chaînes plus spécialisées ou carrément quitter les ondes au profit du net. À voir l’enjouement des internautes (surtout les plus jeunes) pour le site Tout.tv de Radio-Canada ou Hulu.com aux États-Unis, il est difficile de ne pas y croire. Ajoutons qu’il n’est pas rare non plus, pour un jeune, de suivre sa série préférée sur un site (souvent illégal) de streaming. Je vous avoue d’emblée que je suis le plus mauvais téléspectateur du monde. Je n’écoute jamais la télé. L’idée de devoir me conformer à un horaire (oui, oui, je sais que les RVP existent!), regarder des émissions qui ne me rejoignent pas et perdre mon temps passivement devant un téléviseur n’est pas mon style,  je préfère rechercher les contenus qui m’intéressent sur le net ou dans les journaux.
    Ce que faisait remarquer judicieusement Martin Lessard c’est que plus les réseaux vont vouloir donner du contenu approprié à leur clientèle cible, plus ils vont accélérer le processus de vieillissement de cette clientèle. La simple logique de la saucisse Hygrade : plus les émissions s’adresseront aux plus vieux, plus les jeunes la délaisseront. La publicité étant le nerf de la guerre des grands réseaux; leur unique source de revenue, il est à prévoir que les agences devront adapter les messages à une clientèle plus agée ou simplement changer de médias pour rejoindre les plus jeunes. Il y va de même pour les produits annoncés, verra-t’-on la fuite de certains annonceurs importants?
    Alors que les contenus vidéo n’ont jamais eu autant la cote, son principal diffuseur voit sa clientèle se fragmenter et s’homogénéiser. Les dernières statistiques sur les tendances web, toutes sources confondues, parlent d’une progression nette de ce type de média. Les séries uniquement web poussent comme des champignons, le géant YouTube est devenu un outil de recherche plutôt qu’une simple bibliothèque, fournissant des résultats bien avant les médias écrits.
    On sait que les médias vivent globalement des changements majeurs, certains parlent de crise. Des médias sauront mieux s’adapter que d’autres. La télé traditionnelle? Faudra voir.

    Melomarc™ – Neutral Milk Hotel / In The Aeroplane Over The Sea

    Avec ce billet, j’introduis sur ce blogue, une toute nouvelle catégorie : Melomarc™ . Je tenterai de créer la liste (non ordonnée, trop difficile…) des albums qui m’ont le plus marqué au travers du temps. Toutes générations, tous genres et styles confondus. Vous en connaîtrez certains, d’autres non; ces albums seront des chefs d’oeuvres encensées par la critique ou des albums oubliés écrits par des artistes qui le sont tout autant. La musique, c’est quelquefois cérébral, mais toujours viscéral. Ça nous turlupine les tripes. La musique a toujours eu une place importante dans ma vie. J’en écoute au travail, dans mon auto, en joggant, en marchant, etc. Elle me fait rêver, penser, rire et pleurer. La télé n’est jamais ouverte à la maison, mais de la musique y joue en permanence. J’ai mes répertoires de party comme j’ai ceux de la mélancolie. J’ai des chansons qui viennent me remuer à l’intérieur, qui viennent me rappeler des événements tristes, mais aussi des périodes de vie exaltantes. La musique a la grande qualité de nous replacer dans le temps à un moment précis de notre vie. Elle nous fait aussi voyager. À l’extérieur, mais bien plus souvent à l’intérieur de soi. Bien que tous ces albums ont leurs histoires officielles, je raconterai la mienne en parallèle. Voyez ça comme un cahier… de notes. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur…

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    En 1998, Neutral Milk Hotel In The Aeroplane Over The Sea était l’album de l’année pour le magazine CMJ (College Musical Journal). Ce magazine consacré aux radios universitaires américaines a été pour moi une véritable révélation, il m’a permis de suivre les nouvelles musiques émergentes pendant la grande noirceur qui a précédé l’explosion du web. Il fut un temps où découvrir de nouveaux talents était une tâche ardue et quasi impossible en région. Oui, il y avait bien quelques émissions de radio comme Macadam Tribu et Bande-à-Part à Radio-Canada, mais la diffusion était plus difficile qu’elle ne l’est maintenant. Bref, CMJ était pour moi une façon de découvrir des groupes qui m’étaient alors pour la plupart inconnus; et comme le magazine arrivait avec un CD, c’était une mine d’or de découvertes qui s’ouvrait à moi, chaque mois. Je commandais les disques chez Archambault en me faisant arnaquer à chaque fois : je payais en moyenne entre 25 $ et 35 $ l’album avec un délai d’attente de plusieurs semaines. La révolution numérique a permis à des mélomanes comme moi d’assouvir leur soif de nouveautés.
    Neutral Milk Hotel a été le groupe qui m’a révélé des groupes du même genre comme Olivia Tremor Control et The Apples in Stereo, entre autres, mais avant tout m’a ouvert au style musical très particulier du Lo-Fi. Ce genre musical s’est vu nommé ainsi pour sa simplicité d’enregistrement (très rudimentaire avec un 4 pistes) et une distorsion des instruments (ce ne sont pas vos enceintes acoustiques qui fonctionnent mal, mais bien l’album qui sonne comme ça!). Le Lo-Fi c’était en même temps, la musique brute sans artifice; le même son que partagent la plupart des démos que les musiciens font parvenir aux labels. La naissance même d’une chanson. Le diamant brut. Sans artifice. Comme le musicien l’a conçu et senti la première fois. Le label Merge qui a produit l’album est devenu une véritable pépinière de groupes originaux et importants, Arcade Fire entre autres, pour ne nommer que celui-ci; d’ailleurs Win Butler, son leader charismatique, affirmait que In The Aeroplane Over The Sea était une des raisons pourquoi il avait eu confiance et avait signé avec Merge, leur premier contrat d’enregistrement. Le disque In The Aeroplane Over The Sea fait partie de la liste des 100 meilleurs albums de la décennie 90 (#4) selon Pitchfork Media, la bible du rock indépendant et il fait partie de mon Top personnel. Fait à noter, cet album n’a jamais quitté ma bibliothèque d’iPod depuis que j’en ai un. Ça, c’est un tour de force en soi pour un gars qui carbure aux nouveautés.

    J’ai offert cet album à Martin Larose, commentateur important de ce blogue, musicien lui-même, mais surtout grand érudit et vieux copain.

    > Neutral Milk Hotel – In The Aeroplane Over The Sea sur iTunes.

    Réinventer l’ordinaire

    Vous connaissez le syndrome de la page blanche? Même si votre métier n’est pas d’écrire, il doit vous arriver régulièrement de ne pas savoir comment vous y prendre pour régler un problème X. Vous analysez le tout en tentant de trouver une solution, mais vous arrivez rapidement à la conclusion que vous ne savez pas trop comment vous allez vous y prendre. C’est le néant devant vous. De deux choses l’une, soit vous prenez le problème un peu trop dans son ensemble et manquez par le fait même l’essentiel ou vous êtes persuadé d’être incapable de sortir du « standard ».
    En pub, nous sommes toujours confrontés à ces deux avenues. Tous les métiers ont besoin d’une bonne dose de créativité pour se réinventer. Encore faut-il éviter certains pièges.

    À trop vouloir, on fait mal
    La créativité est une arme redoutable pour persuader les gens, mais elle peut s’avérer difficile à maîtriser quand on en perd le contrôle. À la recherche d’un concept tellement original, à trop vouloir sortir du cadre et de créer un précédent, on oublie le mandat initial pour assouvir notre soif de création. Vous voulez des exemples? Les magazines de pubs et de design en débordent. Des clients qui servent de canevas à des artistes manqués. J’aime bien l’Art, mais détrompez-vous, nous sommes avant tout des communicateurs ou des vendeurs. On est pas là pour mousser notre carrière, mais bien le produit ou service d’un client. Quand on analyse certaines campagnes gagnantes de prix, on en apprécie le génie, mais est-ce que le résultat se fait sentir au niveau des ventes? La ligne est mince entre vouloir et trop vouloir. J’adore la pub bien faite et les campagnes originales, mais elles doivent avant tout servir le client. Si nous présentons les choses sans nous soucier de ce que les autres comprendront dans le message – c’est de l’art ordinaire. Quand nous les décrivons avec le souci que le message soit compris, c’est de la pub ordinaire. Quand on réussit à combiner les deux, c’est de l’Art avec un signe de $.

    Un pied sur le frein, ça stoppe; imaginez deux
    La créativité est un être fragile, parano et timide. Un bon concept peut ressembler à un vulgaire caillou, mais si on s’y attarde un peu et que l’on se met à le nettoyer et à le polir, il peut s’avérer un magnifique diamant. Pour ce faire, il faut traiter l’idée avec délicatesse et lui permettre d’éclore. C’est pourquoi la création est avant tout un acte solitaire. Je ne crois pas une minute à la création de groupe. Une étude parue dans La Presse démontrait l’inutilité des séances de brainstorming en équipe. La timidité de se tromper devant les autres, les personnalités qui prennent trop de place et les jugements tardifs sont les pires ingrédients pour tuer une idée dans l’oeuf. Déjà qu’il faut lutter contre sa propre censure, s’il faut qu’en plus vous deviez négocier avec celles des autres, vous êtes mort. Tout comme vos idées.

    C’est si compliqué d’être simple
    Les meilleurs concepts sont les plus simples. Regardez les campagnes de pubs qui vous ont plu, elles ont toute la même caractéristique : celle d’être évidente. La simplicité quand on veut passer un message est indispensable. S’il faut une explication pour comprendre votre message, on s’entend que vous venez de vous tirer dans le pied. Pour arriver à une idée facile à comprendre, il faut aller à l’essentiel. J’appelle ça lire le design. Si vous comprenez au premier coup d’oeil, ce que je tente de vous dire, j’ai la moitié de la job de fait. Il me reste à vous convaincre. Les idées simples font souvent peur au client. Alors certains nous forcent à les enrober. Comme rajouter un glaçage trop sucré pour étouffer le goût subtil d’un gâteau, ça devient indigeste.

    Je-me-moi
    Vous n’êtes pas une fin en soi. Si vous faites un truc qui vous plaît, ce n’est pas automatique que ça plaise aux autres. Le chanteur Daniel Bélanger chantait : « Sortez-moi de moi! » Il y un monde autour de votre nombril.

    Tout le monde le fait, fais-le donc
    C’était le slogan de la radio CKAC dans les années 80.  C’est dépassé. Ce n’est pas parce que vos concurrents font tous la même chose, que vous devez les suivre aveuglément. Même si vous vendez les mêmes trucs, vous vous devez d’être unique. Vous ne gagnez absolument rien à vouloir être comme les autres. Sinon qu’être dilué et invisible. À moins que vous ne soyez un poison, il n’y aucun avantage à en tirer.

    J’ai deux yeux, tant mieux
    C’est un cliché de le dire, je sais, mais il faut absolument s’habituer à voir le quotidien avec une nouvelle paire d’yeux. La solution est souvent à côté de vous, mais vous ne la voyez pas. À trop regarder ailleurs, vous passez et ne voyez rien. Je ne fais pas un métier routinier, mais j’ai des clients depuis des années à qui je dois produire des campagnes année après année. Même mandat, même clientèle, même budget. Rien ne change. Sauf ma manière de voir. Faites un formatage de la mémoire de votre cerveau.

    > Identification des toilettes réalisée par moi pour le défunt Bar-Spectacle L’Opéra. Réinventer l’ordinaire.

    L’enfer c’est rarement les autres.

    Sartre affirmait dans sa pièce Huis Clos que « l’enfer c’est les autres ». Le monde en général a tendance à lui donner raison, préférant laisser à autrui la raison de leurs soucis. À défaut de faire de l’introspection et de reconnaître ses torts, l’humain a la mauvaise manie de jeter le blâme sur n’importe qui sinon qu’à lui-même. Comme un gamin qui se défend à la moindre incartade, on préfère nier l’évidence et accuser à tort le monde entier de ses échecs. Ce n’est pas moi qui a fait ça, mais ce sont les circonstances qui ont produit ce résultat. Je suis la victime des événements. Je ne suis pas responsable. Aveugle de ses propres agissements, l’humain a l’accusation facile quand vient le temps de se défendre. L’attaque étant la meilleure défensive. Il serait faux d’affirmer que nous vivons dans un cercle aseptisé et complètement imperméable aux influences d’autrui. Nous sommes sollicités et influencés par les autres, comme nous les sollicitons et les influençons. C’est donnant donnant. Il y va de même pour les responsabilités.
    Les entreprises, étant administrées par des humains, ont tendance à partager les mêmes imperfections que ceux-ci. Ainsi, peu d’entre elles reconnaissent leurs torts quand leur arrive un événement désagréable. À un client dont la commande est en retard, on jette le blâme sur les transports. À un faible retour sur un investissement, on accuse les marchés. On blâme la température, la récession, les grandes surfaces, les magasins en ligne. La compétition devient l’ennemi numéro 1. La source de tous les problèmes. Si ça ne va pas dans notre sphère d’activité, c’est que les concurrents n’agissent pas avec respect en brisant les lois (non écrites) du marché, qu’ils nous copient ou qu’ils aient accès à des avantages dont ils sont les seuls à bénéficier. L’enfer c’est les autres. Jamais nous. Maudite compétition.
    C’est plus facile d’accuser les autres que de provoquer une auto-évaluation et de jouer son propre destin. Personne n’aime être pris en défaut. Personne n’aime se rendre compte que c’est lui le coupable. Nier sa responsabilité et dénigrer est plus simple. Reconnaître ses torts n’est pas un exercice agréable. Se diagnostiquer comme étant l’unique responsable, ou du moins en partie, d’une mauvaise situation prend une certaine dose de courage et de modestie. Pourtant, n’est-ce pas ce à quoi l’on s’attend d’une personne proche en qui a fait confiance? Un ami qui affirme s’être trompé en rapport avec une situation déplaisante vécue reçoit normalement un meilleur accueil qu’un autre qui déclare n’avoir rien à se rapprocher. Faute avouée, à moitié pardonnée. Même chose en affaires. Quand une multinationale comme BP, en rapport à son déversement monstre de pétrole dans l’océan, ment que tout est sous contrôle et que tout va pour le mieux dans le colmatage de la brèche, il agit comme un élève qui cache sa fronde dans son dos devant une vitre cassée. S’il garantit, au contraire, faire l’impossible sans pouvoir être en mesure de savoir quand et comment il va y arriver; il agit en personne (ou en entreprise) responsable préférant la difficile vérité au mensonge facile.
    Comme humain ou entreprise, chaque geste posé amène son lot de conséquences. Heureuses ou malheureuses. Si nous sommes tributaires des bons coups que nous réussissons au cours de notre vie, il faut avoir l’humilité de reconnaître ses moins bons. La perfection n’existe pas. Quoiqu’en pensent certains.
    À croire que le pire ennemi qu’une entreprise peut avoir pourrait s’avérer être lui-même. À défaut de s’en prendre vainement à ses concurrents, si elle décidait de s’attaquer à ses propres démons, une entreprise n’y gagnerait-elle pas? N’est-il pas plus facile de s’améliorer que de demander aux autres de se dégrader? Au lieu de se raconter des histoires et se faire croire que les autres sont l’unique responsable de ses malheurs, il faut se regarder dans la face et revoir ses stratégies. S’améliorer n’est pas la meilleure arme pour se défendre de la compétition, de se démarquer de celle-ci de réussir?
    Dans ma vie professionnelle, j’ai rencontré plusieurs compagnies qui au lieu de jeter leur dévolu sur la concurrence comme responsable de leur difficulté à percer le marché, se sont réinventées à la suite d’auto-diagnostics sévères. Même si ce n’était pas toujours facile. Laisser l’enfer… aux autres, comme ça il vous restera une marge pour atteindre le paradis.

    > Jean-Paul Sartre par l’illustrateur David Levine

    L’effet Velveeta.

    Cet après-midi je faisais remarquer à ma copine qu’une telle personne avait changé d’attitude du tout au tout vis-à-vis moi. Il n’était pas devenu soudainement un grand ami, mais il m’apparaissait beaucoup plus sympathique et agréable que par le passé. Ma conclusion était simple : il avait changé. Pour le mieux. Après tant d’années, il avait enfin compris que son comportement n’était pas le plus cordial et qu’un changement s’imposait; ce qu’il avait fait en apportant des améliorations majeures à sa personnalité. J’en étais persuadé; jusqu’à ce que ma blonde me manifeste bêtement un scepticisme sur ce constat simpliste en me balançant : « … et si c’était toi qui avais changé? »
    Ouin. Vu de même. J’avoue que je n’avais pas pensé à cette alternative. Je me suis mis à me rappeler certains épisodes de ma relation avec cet individu et mes arguments prouvant qu’il ait changé se sont effrités lentement pour laisser place à une auto-évaluation quelque peu sévère. Dans ma conclusion tardive, j’avais omis combien l’on est trop souvent d’accord avec soi-même. Tellement, que l’on oublie que les autres évoluent en satellite autour de notre nombril. Que contrairement à ce que l’on pense la faute d’une situation négative n’est pas toujours attribuable à autrui, mais bien au contraire, à soi-même. Que ce que l’on perçoit comme changement chez les autres n’est peut-être inconsciemment qu’un réaiguillage de nos perceptions personnelles qui ont évoluées. J’appelle ça l’effet Velveeta.
    Quand j’étais enfant, je raffolais de ce fromage orange enveloppé dans un papier ciré et déposé dans une boîte de carton jaune. J’habitais avec mes parents, l’appartement au-dessus de chez mes grands-parents et je descendais souvent déjeuner chez eux. Mon grand-père mangeait de ce fromage-là tous les matins. Il nous préparait des rôties de pain cuit sur la sole et nous appliquions notre délicieux fromage sur celles-çi. C’était un moment magique. La preuve est que je m’en souviens encore. Il y a quelques années, alors que je faisais l’épicerie, je suis tombé au hasard des allées sur cette fameuse boîte de fromage et je n’ai pas pu résister à m’en procurer. Le lendemain matin, j’ai tenté de recréer ce petit rituel d’enfant, en me préparant à déjeuner comme « dans le temps ». Quand j’engouffrai ma première bouchée, je ne pus me convaincre de la garder dans ma bouche plus longtemps. Le fromage jaune dans ma bouche avait une texture de plastique et un goût de composé chimique. Mon rêve a pris le bord, en même temps que le fromage fût recraché. Cette expérience gastronomique était à des années-lumières de mes souvenirs. C’était dégueulasse et aucunement comme je me l’imaginais. Au début, je me suis mis à penser que Kraft avait changé la recette et que le « nouveau Velveeta » n’arrivait pas à la cheville de l’ancien. La conclusion était pas mal plus primaire que ça : c’était moi qui étais nouveau dans cette expérience. C’était moi qui avais « évolué ». C’était moi qui avais affiné mon bagage gastronomique et était dorénavant capable de saisir les subtilités culinaires. Le goût du fromage Velveeta n’avait rien à voir là-dedans. Il n’avait pas été modifié depuis 40 ans. Mais moi, si.
    Cette conscientisation n’est pas qu’applicable aux produits que nous consommons, mais aux gens que nous côtoyons, les lieux que nous visitons et les entreprises avec qui nous faisons des affaires. Nous sommes souvent sévères avec ces produits ou ces personnes par rapport à des changements perçus alors qu’ils ne sont imputables qu’à nous mêmes. Certes, le monde évolue, mais rarement au même rythme que nos perceptions. Si vous en doutez et que vous avez l’estomac solide, faites comme moi le test Velveeta.

    Ca va pas changer le monde.

    Marc Cassivi de La Presse tentait une explication, dans sa chronique cinéma d’hier, sur le fait que l’on voit toujours les mêmes comédiens dans les films québécois. En résumé, son point de vue tenait, entre autres, sur le fait qu’un film est plus facilement finançable quand une vedette connue y prend l’affiche et qu’il y a moins de risque pour un réalisateur de faire appel à un « king pin » qu’à un jeune premier. Même si ce jeune premier pouvait s’avérer un choix plus judicieux et plus convaincant pour tenir ce rôle.
    Cette chronique a inspiré Rock-Détente pour sa question Facebook du jour: « Pourquoi y a t’il toujours les même acteurs dans les films québécois? » Je n’ai pas pu me retenir et j’ai répondu : « Pour les mêmes raisons que votre station repasse toujours les mêmes chansons des mêmes chanteurs/ses… ». Sensiblement pour les mêmes raisons que les producteurs de films : ne pas faire de vague, créer une zone de confort pour ne pas déstabiliser les auditeurs en leur présentant des trucs qu’ils reconnaissent facilement. C’est pourquoi on entend inlassablement les mêmes trucs à la radio depuis des années; l’industrie nous dicte ce que l’on doit écouter / aimer / acheter. Ça donne des radios « mainstream » (quel mot ennuyant!) qui ne vous font rien découvrir de neuf, sinon d’apprécier encore plus d’avoir un iPod dans l’auto.
    Il en est de même pour la littérature. Chaque année, un ou deux livres (la plupart du temps des livres américains) deviennent LE livre qu’il faut lire absolument. Normalement, ce livre devient LE film qu’il faut voir. Avec l’Acteur du moment. Dans une discussion dernièrement, avouant candidement que je n’avais pas lu un de ces livres à la mode, j’étais quasiment perçu comme un abruti. Comme si je passais à côté de quelque chose de primordial et d’important…
    Ça vous rassure de lire ce que tout le monde lit? D’écouter ce que tout le monde écoute vous fait sentir bien? Moi, ça m’emmerde un peu. Je flush le contenu de mon iPhone aux deux semaines. Je n’écoute jamais une chanson en boucle. Les « Best Seller » me laissent tiède. Les films d’Hollywood, aussi. Je fouille sur internet et dans les magazines spécialisés pour découvrir de nouveaux talents, des nouveaux auteurs; je suis toujours à la recherche du coup de foudre créatif, celui qui te brasse dans tes conventions. Il n’y a rien de plus génial que de découvrir de nouvelles tendances, des nouveaux sons, des façons différentes de nous présenter de vieux concepts. De goûter à de nouvelles saveurs. De découvrir des cultures différentes. C’est toujours bon? Non, pas tout le temps. Ce qui est nouveau n’est pas nécaisserement toujours bon. Ce n’est pas aussi facile que ça. Quand on sort des sentiers battus, quand on brise les normes on fait toujours face à nos paradigmes et ils sont souvent difficiles à percer. C’est pourquoi beaucoup de gens ont besoin de se faire rassurer par les autres sur leurs choix. Si tout le monde aime ça et que moi aussi, j’aime ça, c’est que c’est bon. Simple équation.
    Il en est de même dans le métier que je fais. Suivre une tendance est souvent plus facile que de la créer. Plus facile, mais surtout plus rassurant. Combien de campagnes de pub se ressemblent? Combien de concepts sont les petits de grandes idées? Certaines compagnies se complaisent à ressembler à leurs concurrents, ça les réconforte de jouer la même sérénade; ça ne les distingue pas, mais ça les sécurise dans leurs choix. Il y en a d’autres pourtant qui forcent à sortir lot. Ils ne le font pas toujours de la bonne manière, mais ils essaient. Être le premier à tenter un truc nouveau n’est jamais facile : les mêmes personnes qui préfèrent le statuquo jugent sévèrement les tentatives d’innovation des autres. Si certaines compagnies sont gauches dans leurs façons de se renouveller, il en demeure pas moins qu’ils provoquent et stimulent leur marché, ce qui en soit est déjà mieux que de suivre une parade déjà vue.

    Absence de Marc™

    J’ai de la broue dans le toupet. C’est ce qui m’a retenu à l’écart de cet espace depuis quelques semaines. J’ai une vingtaine de billets brouillons non terminés et non publiés qui perdent lentement leur notion d’actualité. Des billets écrits par rapport à des projets sur lesquels je travaille présentement… et d’autres du type réflexion censurés l’espace d’un instant ou simplement en attente de relecture. À suivre.
    Je n’ai pas pris officiellement de vacances cet été. Mis à part ce long week-end à NY, je prendrai uniquement des journées ici et là. Je ne pense pas que ce soit la solution idéale. Dans quelques semaines ou mois, je vais regretter de ne pas avoir fait un voyage et d’avoir ainsi arrêté le moteur (et surtout le cellulaire) pour une couple de semaines. À suivre.
    Je n’ai pas été absent qu’ici. Depuis mon retour du Grand Défi Pierre Lavoie, j’avais aussi complètement arrêté de rouler ou courir. Comme si ma mission accomplie, je n’avais plus à m’entraîner… En enfilant mes espadrilles vendredi et dimanche, ça m’a fait du bien. Et ça m’a fait mal aussi. Le cardio ça se gagne difficilement, mais se perd en un rien de temps. À suivre.
    Mon bureau est dans un état lamentable. Des feuilles de papier traînent ici et là. J’ai des colonnes de verres à café empilés l’un dans l’autre. Des notes gribouillées jonchent la table ou mon Mac trône. Mon écran a plus d’empreintes de doigts que de pixels. Des moutons bêlent sous mes divans, mon plancher est sablonneux et je n’ose ouvrir la porte de mon frigo de peur d’y rencontrer l’évolution d’un sandwich oublié. Il faut décrotter cet endroit avant qu’un client vienne me rencontrer. À suivre.
    Je lis quatre livres en même temps. Une page de temps en temps. Les derniers numéros des magazines auxquels je suis abonné sont empilés sur mon bureau à la maison, toujours dans leurs emballages plastifiés. Il sont tous prêts des livres, non lus, achetés à Barcelone, Londres…et New York. Il faudra bien un jour que je prenne le temps de tout lire ça ou que j’arrête simplement d’en acheter. À suivre.
    Toutes les fois que je descends dans le sous-sol de ma maison, j’aperçois la toile vierge que je veux peindre pour mon salon. Si je me souviens bien, je l’ai acheté il y a maintenant 5 ans. Cinq ans. Faudrait bien que je m’y mette. À suivre.
    J’ai l’impression d’être à côté de mes pompes. Il me semble qu’un secouage de puces s’impose. Un grand virage. Un tsunami. Un coup de pied au cul. À suivre.

    Le paresseux appelle chance le succès du travailleur.

    Prenez ça comme une montée de lait ou comme un signe d’incompréhension et d’intolérance, mais je ne suis plus capable d’entendre le monde parler de la chance comme étant l’unique élément du succès d’un tiers. Pu capable. Y a pas une journée où à la suite de l’affichage d’un profil Facebook d’un de mes potes annonçant une bonne nouvelle que je ne lis pas en commentaire : « Hoooo t’é ben chanceux! » « Ahhhh, maudit chanceux, va! » Hey. Y a toujours ben des limites à mettre les bons coups des gens sur le compte de la chance, bordel. En plus de dénaturer la réalisation, ça enlève tout le mérite à la personne concernée. Shit. À une amie qui lâche son boulot au Saguenay pour tenter un nouveau projet à Montréal : « Chanceuse de pouvoir déménager, moi je pourrais pas! ». Ha non, tu pourrais pas? Pfff. Tu penses que ç’a été facile pour mon amie de tout lâcher pour poursuivre son rêve??? À un autre ami qui annonce fièrement qu’il s’en va un mois en Europe : « Chanceux, toujours les mêmes en vacances! ». Chanceux? Take The Money And Run, My Friend. Tu as idée des efforts que ça lui a pris pour faire ça???!!! De mon côté, quand je pars en voyage et qu’on me fait remarquer que je suis chanceux d’être mon propre patron, « d’être à mon compte » et de pouvoir partir à ma guise (!), je rappelle aux gens les 80 heures de travail sur plusieurs semaines que j’ai dû enligner pour pouvoir partir… en sans solde. Parce qu’un consultant, ça n’a pas de salaire fixe. Je ne me lamente pas une miette. J’adore ce que je fais et ne ferais jamais rien d’autre, mais de banaliser le geste, de réduire les efforts que les gens font pour arriver à leurs fins me fait suer. Créez votre propre « chance » et laissez aux autres le mérite de leurs réalisations. Cessez de vous lamenter en pleurnichant au monde entier de ne pas avoir de chance et foncez. Faites de quoi. J’ai des clients qui se réinventent tous les jours. Des clients qui n’attendent pas que la compétition les somme de bouger avant de le faire. J’ai des amis qui prennent des initiatives qui les sortent de leur zone de confort. Des amis qui prennent des risques. Des chums qui mettent leur petit train-train en péril, histoire d’améliorer leur sort. Ce que vous analysez comme de la chance, moi j’appelle ça du mérite. Et pour le gagner ce mérite, faut y mettre les efforts. Il faut y croire et se jeter dans le vide. Quitte à prendre des risques. Gagner à la loto, c’est peut-être de la chance, mais je n’ai jamais vu personne gagner sans avoir acheté un billet…

    Start Spreading The News, I am Leaving… Tomorrow. Je m’en vais tester ma capacité à vivre sous l’humidité excessive de New York. Mais j’y vais aussi pour ses restos, ses boutiques, ses shows… De retour mardi. Chanceux, moi? Mets-en!

    Women like my type.

    Hum. Allez, je ne veux pas faire mon macho ni me vanter, mais c’est exactement ce qui se passe dans un dossier sur lequel je travaille depuis une couple de mois. Les femmes raffolent du caractère que je leur propose depuis le début de ce contrat. Elles adorent la poésie de mes lettres…
    Je vous taquine. Il n’est pas question de moi, mais de « type ». De typo. De typographie, en bon français. Le mandat sur lequel je planche est une refonte graphique totale pour un client très connu de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vous saurez le nom de celui-ci quand ça sera terminé. Ce qui est particulier, c’est que je travaille avec 3 femmes et qu’elles ont toutes les trois développé un goût poussé pour la belle typo, s’exclamant sur la forme d’un t capital par rapport à une minuscule; du délié* d’une lettre par rapport à une autre. Trouvant qu’une minuscule est trop frêle et que la majuscule est trop sévère. Je trouve ça cool. En fait, j’aime bien quand mes clients mettent leurs grains de sel et s’intéressent au projet en se l’appropriant. J’aime ça perdre le contrôle. Et c’est tout à fait normal, parce que moi j’ai d’autres mandats qui m’attendent tandis qu’eux devront vivre avec toutes ces nouvelles règles que l’on établit. Si ils sont directement responsables et d’accord avec les décisions qui se prennent, ils seront plus en mesure de les appliquer et d’en assurer la pérennité. C’est logique.
    Pour revenir à ses clientes qui aiment les belles lettres, ce qui me plaît par-dessus tout c’est la reconnaissance, de leur part, des particularités spécifiques et communicationnelles de la typographie. Leur compréhension quant au choix des graisses** et surtout de la possibilité de créer des contrastes, des couleurs, uniquement en jouant avec celles-ci. Comprendre aussi la possibilité d’unicité quant au choix typographique. Je tente de plus en plus d’inculquer à mes clients la pertinence de s’approprier une fonte particulière afin de se donner une image bien à eux. C’est souvent subtil pour bien des gens, mais le travail se fait quand même. Prenez le cas de refonte graphique de Bell. La mise en place de sa nouvelle plateforme graphique a été réalisée avec une typographie construite uniquement pour l’entreprise. En plus de lui donner une couleur tout ce qu’il y a de plus personnel, elle permet à la longue, une reconnaissance immédiate de la marque. Si c’est vrai pour une grosse entreprise comme Bell qui dépense énormément en publicité, ça l’est encore plus pour une plus petite. Moins une entreprise investit en publicité, plus elle se doit d’être rigoureuse quant à sa la reconnaissance de sa marque. Facile pour une entreprise comme Nike de changer de « look » selon sa gamme de produits avec sa capacité publicitaire, moins facile pour une entreprise microscopique avec un budget rudimentaire. Simple calcul.
    Un de mes premiers billets parlait de l’importance de la typographie dans la communication graphique. C’est l’élément qui départage le plus les autodidactes des professionnels du métier : le choix typographique, le respect de la forme, le bon crénage*** », etc. En plus, ça plaît aux femmes. Sometimes, woman fall in love with a great type…

    * Le délié correspond en typographie à la partie la plus fine d’un caractère, en opposition au plein (typographie). Le délié correspond à la largeur de ligne d’une plume tirée horizontalement, et a été repris par les typographes pour la création de caractères.

    ** En typographie, la graisse est l’épaisseur d’un trait ou d’un caractère. En augmentant la graisse d’un caractère maigre, on obtient un caractère demi-gras, puis gras, et ainsi de suite.

    *** Dans le domaine typographique, le crénage (kerning) est l’ajustement de l’espace entre les lettres d’une police à chasse variable. Dans une police bien crénée, l’espace entre deux lettres est identique, quelle que soit la paire de lettres considérée. Dans une fonte de caractère (numérique) créée dans les règles de l’art, le crénage est fait manuellement par le fondeur pour toutes les paires de caractères une à une. Dans le cas contraire, les logiciels de gestion de fonte peuvent le faire automatiquement, mais cela donne un moins bon résultat.Les paires de caractères doivent être testées et réglées dans les deux combinaisons possibles (par exemple ab et ba), l’espace à droite et à gauche de chaque caractère étant souvent différent en fonction de sa forme. Enfin, certaines lettres doivent se toucher comme les doubles t, double f ou fi (tt, ff, fi) : ce sont les ligatures.

    (source Wikipédia)