Choisir ses combats.
La semaine dernière, je lisais dans un bulletin d’Info-Presse, un article sur la compagnie Meubles South Shore qui a utilisé le service en ligne des graphistes du site 99designs afin de se procurer un nouveau logo.
« Le fonctionnement de ce site de création de logos est simple: l’entreprise doit afficher le montant qu’elle désire dépenser et les grandes lignes de ce qu’elle recherche. Des designers lui proposent ensuite des logos, auxquels elle donne des notes d’appréciation, ce qui permet aux designers de réagir, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’entreprise fasse son choix. Le tout peut se dérouler très rapidement, en quelques jours seulement, et à peu de frais, habituellement de 100 $ à 600 $… » disait l’article.
Le sujet a eu l’effet d’une bombe sur la communauté des graphistes québécois : peu sont restés sans opinion sur le sujet.La Société des designers graphiques du Québec (SDGQ) a vivement réagi à propos de ce billet, sur son blogue :
« Vous connaissez sûrement la position de la SDGQ au sujet du travail spéculatif. Nous avons officiellement pris position contre le travail spéculatif non rémunéré en établissant un code de déontologie. Plusieurs autres associations (GDC, RGD et AIGA) se sont aussi prononcées sur les pratiques de déontologie sur ce sujet, dont le percutant no!spec. Nous avons déjà eu plusieurs montées de lait au sujet d’organisateurs de concours peu scrupuleux et nous ne cessons de réclamer des pratiques respectueuses de notre statut professionnel. Malheureusement, des services de design en ligne comme, 99designs ou Crowdspring, nous force à constater que ces mauvaises pratiques sont tenaces… »
Comme la SDGQ, je ne suis pas non plus un partisan du travail spéculatif, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons. Je pense que demander à plusieurs agences de soumettre des idées ou des maquettes sans être rémunéré n’est pas une pratique très honnête. On voit d’ailleurs ce type de demande uniquement dans ma sphère d’activité. On ne demandera jamais à un avocat ou un comptable de lancer quelques idées sans honoraires afin de comparer leurs valeurs aux autres. On ne verra jamais, non plus, des architectes élaborer des plans sans revenus garantis. Je n’ai pas de problème à répondre à des demandes de prix, je considère cela normal. Mais livrer des idées pour rien, ça ne me revient pas trop. Engagez-moi et des idées vous en aurez une tonne.
Un autre combat inutile est le débat sur la venue du consultant Clotaire Rapaille à Québec. Je respecte beaucoup ce que ce bonhomme a réalisé dans le passé, j’ai lu 2 de ses livres et je l’ai trouvé pertinent et intéressant, mais avant tout original dans son approche. Encore ici, je ne comprends pas le bashing que l’on fait sur lui. J’ai lu deux ou trois articles dans des quotidiens qui m’ont fait sursauter : a) nous, les firmes du Québec, serions en mesure de répondre à ce mandat – 1-) je suis d’accord et pas. Avoir un oeil extérieur quand on veut des clients d’ailleurs, ce n’est pas mauvais. 2-) Pourquoi applaudissons-nous l’agence Sid Lee qui vend des concepts à Paris ou Amsterdam, mais sommes outrés de voir débarquer Rapaille à Québec… La mondialisation, ce n’est pas à sens unique. 3-) De plus, ça me fait rigoler comme professionnel de Com vivant en région, de voir la fuite d’un mandat intéressant à l’étranger : nous vivons ça très souvent quand des dossiers fuient notre région pour Montréal ou Québec – comme quoi, la réalité de chacun est ressemblante… b-) pourquoi ne pas laisser la chance au coureur? On fait des parodies, on rit de ses lunettes noires, on diminue ses réalisations… je trouve ça cheap et plutôt facile. La jalousie n’est jamais bonne conseillère. c-) 300,000 $ pour des honoraires, c’est ÉNNNOOORME. Baaaah. Ce qui est ordinaire, c’est de verser des honoraires et de ne rien recevoir ou d’être mal servi. Pour un mandat d’une telle envergure, ça ne me semble pas exagéré. Quand on compare ce budget à bien d’autres honoraires professionnels qu’ils soient judiciaires ou comptables, ce n’est pas démesuré. Je trouve même ça intéressant, la notion de payer le gros prix pour des idées.
Je considère que sortir dans la rue ou dans un blogue ou un journal pour ce genre de connerie, cela ne donne rien. Choisissez vos combats que diable! Une compagnie qui décide de se payer un logo à 300 $ ne viendrait jamais me voir de toute façon. Pourquoi m’occuper de ça? C’est inutile. Même si je sors dans la rue avec ma pancarte (bien designée, nous sommes graphistes quand même…) le client qui cherche ce genre de deal ne paiera jamais pour mes services. C’est un con? Non. Fauché? Peut-être. Raison de plus pour ne pas lui en vouloir… Si une entreprise aime mieux se payer un site internet déjà monté en kit, why not? Ça m’enlève de quoi à moi? Ça me rend moins professionnel? Non. Ça ne m’enlève rien. Y aura toujours des clients qui auront besoin du genre de service que je donne. L’idée de forcer quelqu’un à travailler avec moi, de quelques manières que ce soit, me répugne. Je veux avant tout être choisi pour mes idées, pas pour mes petites factures (j’en ai déjà parlé ici).
Si vous avez le goût de vous battre pour des idées ou des grandes causes, je connais plein d’organismes à but non lucratif qui se cherchent des boîtes créatives pour leur produire de super campagnes. Ça, ce sont des causes pour lesquelles se battre vaut la peine…
Posté: février 5th, 2010 sous Client, Humeur, Réflexion.
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Montréal. Août 1986. Je marche nonchalamment en direction d’une épicerie dans Westmount. Mon appartement est à Saint-Henri, mais j’ai quand même de la classe et je préfère faire mes courses chez 
J’ai le goût de travailler avec du monde le fun. J’ai le goût de m’entourer de talents. De grands talents. Vous êtes graphiste, animateur 3-D, scénariste, rédactrice, correcteur, photographe, styliste, organisatrice, programmeur, illustratrice, peintre, traducteur, réalisatrice, linguiste, recherchiste, relationniste ou vous faites simplement un métier que vous pensez qui pourrait aider mes clients ou moi, faites-le moi savoir. J’ai besoin de vous.
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