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    Coup de coeur!

    Mon défi à moi.

    Grenville, Québec — Samedi, 19 juin – 22 h 30. Pour la troisième fois en moins d’une demi-heure, je dois aller faire pipi. Je veux bien croire que j’ai bu pas mal d’eau depuis les dernières heures, mais pas autant pour provoquer un tel déluge. Je soupçonne un brin de nervosité. Derrière les portes fraîchement peintes rouge pompier des salles de bain de la bibliothèque municipale de cette petite bourgade de 750 habitants, je me contorsionne du mieux que je peux pour me soulager. Pas facile de pisser quand on porte un bib et un jersey de vélo. En me lavant les mains, je regarde mon visage dans le miroir, un mélange de fatigue et de stress sous les yeux. Je suis à moins d’une demi-heure de prendre part à ma troisième étape pour le Grand Défi Pierre Lavoie, la plus importante pour moi : les 95 km reliant Grenville à Gatineau, de 23 h 15 à 2 h 45. Mon étape précédente — Victoriaville — Drummondville m’a pompé à bloc, faisant tomber une charge de stress énorme que je traînais depuis le début de mon aventure. Je vérifie les poches de mon jersey: j’ai mon Ventolin, des blocs énergiques et une banane préépluchée — j’ai pas pris de chance, je ne me sens pas encore l’agilité de le faire avec une main en roulant à plus de 30 km/h dans un peloton de 300 cyclistes… J’enfourche mon vélo et me rapproche des cyclistes déjà enlignés dans le peloton. Je vois arriver Jay, le nounou-chauffeur-coordonnateur de notre équipe, avec la lumière que je dois apposer sur mon vélo. Pendant cette épreuve de nuit, chaque cycliste en a une d’accrochée à sa monture. Rien de nouveau pour moi, j’ai fait le dernier tiers de mon épreuve de la veille (Québec-Ste-Marie) avec ce bidule sur le guidon. Jay, comme à son habitude, m’encourage en me disant que ça ira bien. Je le crois, à moitié. Alors que les derniers cyclistes s’accrochent au peloton de départ, Pierre Lavoie s’adresse à la population les remerciant de leur accueil et nous rappelant les consignes de sécurité pour notre étape. On commence à détecter une frénésie parmi les cyclistes, le départ est imminent. Le QG, cet immense véhicule qui nous précède sur la route se place tranquillement. L’animateur nous annonce le départ dans moins d’une minute. Certains cyclistes prennent une dernière gorgée, d’autres clipsent un pied sur une pédale pendant que je regarde Jay et ma partenaire Nathalie de qui je prends le relais, me faire des thumbs up. 5, 4, 3, 2, 1… Voilà, on est parti. Notre troupeau désorganisé roule quelques centaines de mètres avant de se discipliner. Quelques cyclistes prennent le peloton avant d’assaut, tentant désepéremment de rejoindre la tête, histoire de bénéficier de l’effet de traction maximum sans subir l’effet élastique du fond. Ça dépasse dans tous les sens. Je passe des premiers rangs au milieu, mais je m’en fous. Je maîtrise mieux comment ça fonctionne maintenant et me faire dépasser n’a plus un effet négatif sur ma course; je sais comment me gérer par rapport aux autres. Le parcours fut fantastique. 155 cyclistes roulant de nuit, trois par trois, traversant des villages où des habitants encore sur leur balcon à cette heure si tardive, nous saluent et nous encouragent. Nous avons gagné Gatineau, notre objectif, avec quelque huit minutes d’avance, sans encombre. Dans les douches de l’école qui nous reçoit, les cyclistes parlent de leurs parcours, racontent comment ça s’est passé pour eux. Certains vont déjeuner tout de suite, d’autres, comme moi, prennent le chemin de leur VR pour dormir une couple d’heures avant la prochaine étape.
    Des histoires comme celle-ci, tous les coureurs du Grand Défi Pierre Lavoie en ont plein la tête depuis leur retour. Chacun a fait « son défi » dans le Défi. Chaque cycliste a réussi à aller plus loin que ce qu’il pensait pouvoir réaliser. C’est ce qui rend cette expérience unique selon moi.
    Je tiens à remercier Chlorophylle de m’avoir inclus dans leur équipe. Merci à mes partenaires : Marc, Régis, Nathalie, Katy et Jay. Merci aux 150 bénévoles du Grand Défi qui nous ont dorlotés tout le long du parcours. Merci à Pierre Lavoie pour ce grand défi qu’il a décidé de partager…

    BP – Quand British Petroleum devient British Polluters

    “BP doesn’t stand for Beyond Petroleum. It stands for Burning the Planet.”
    — GREENPEACE

    La catastrophe écologique du Golf du Mexique est révoltante et ne laisse personne indifférent. Greenpeace UK a décidé de lancer une campagne publicitaire pour dénoncer le responsable, la compagnie BP. Comme première offensive, l’organisation environnementale a réussi à changer l’identification visuelle sur la banderole de la compagnie fautive directement à son siège social en remplaçant les mots « Petroleum » par « Polluters ». Ensuite une campagne dans les médias sociaux demandant aux internautes à travers le monde de leur soumettre un nouveau logo pour la compagnie fautive (vous avez plus bas, les propositions à ce jour…). Jusqu’à ce jour, 300 logos ont été créés et diffusés sur Flickr. En passant, si vous visitez le site dédié à cette campagne, vous constaterez que Greenpeace écorche au passage l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, parlant de destruction de la forêt boréale canadienne.
    Greenpeace n’est pas à ses premières campagnes de dénigrement envers une compagnie polluante. BP étant une victime facile et évidente, l’organisation environnementale préfère souvent s’attaquer aux marques qui usent de « greenwashing ». Bien que l’organisation peut quelquefois être contestée, elle demeure un redoutable adversaire quant à sa façon de rejoindre les dissidents à travers le monde par l’utilisation judicieuse des médias sociaux. Dans ce cas-ci, on s’entend pour dire qu’elle a parfaitement raison de gueuler…

    Trouver sa voie.

    Une chronique très intéressante de Pierre Foglia dans La Presse de samedi s’est promenée d’internaute en internaute toute la fin de semaine via Facebook et Twitter. Vous pouvez la lire en ligne, ici. Je vous la suggère d’ailleurs fortement. Je fais partie des nombreux admirateurs de Foglia;  que je sois d’accord avec lui ou non n’a pas d’importance, du moment qu’il me fait réagir. Sa chronique de samedi parlait du bonheur au travail, par le fait de trouver sa voie. Ça m’a donné l’idée de vous raconter comment j’ai trouvé la mienne et si le coeur vous en dit, j’aimerais bien que vous me racontiez comment vous avez trouvé la vôtre… ou pourquoi vous ne tentez pas de la trouver.
    Au secondaire, j’étais un élève moyen. Les cours de Sciences m’emmerdaient. J’avais une facilité en Français, peu d’aptitude en sports, mais j’étais un petit gars allumé. Assez vif d’esprit, toujours prêt à foncer dans les activités parascolaires et les projets connexes. Je dessinais énormément à l’époque, je faisais de la bande dessinée et des caricatures, les marges de mes cahiers étaient ornées d’illustrations à défaut de notes spectaculaires. Tout petit, je rêvais de faire carrière dans la bande dessinée, mais déjà malgré mes 16 ans, je voyais déjà peu de chance de réaliser un tel rêve. À la fin du secondaire, alors que 80 % de mes confrères avaient choisi leur métier en se dirigeant au Cégep (20 % avocat/ 20 % comptable/ 20 % médecin/ 20 % ingénieur), j’avais non seulement aucune idée où je voulais aller, mais j’avais tellement procrastiné que les notes obtenues ne me laissaient que trop peu de choix de carrière. J’avais opté pour les Lettres au Cégep de Chicoutimi. Je devais être le seul finissant du Séminaire de Chicoutimi, une école privée reconnue pour son excellence, à avoir « choisi » cette orientation. La première session m’avait un peu secoué. Les cours étaient intéressants, certains profs aussi, mais la plupart des étudiants inscrits tuaient le temps. J’avais l’impression d’être dans un purgatoire ou une salle d’attente. Nous étions tous là à attendre un miracle qui ne venait pas. J’avais commencé à me pointer de moins en moins à mes cours, tout me semblait plus intéressant qu’eux. Je griffonnais des caricatures dans le journal étudiant, y pondais quelques articles, faisais du théâtre, participais à la radio étudiante; bref, rien pour améliorer mes chances de survie académique. Je réussis tout de même à passer à travers les sessions, sur les fesses vous vous en doutez bien, et j’étais encore pris devant un choix de carrière qui ne venait pas.
    J’avais décidé d’aller étudier en Design graphique à l’Université du Québec à Montréal. Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter. Je dessinais, oui, mais beaucoup moins bien que les autres inscrits. J’avais des notions d’imprimerie apprises dans des emplois d’été, mais les autres étudiants débarquaient d’une Technique en graphisme ou avec un diplôme en Arts, et ce, d’un peu partout à travers la province. Mais je m’y voyais dans ce métier. Ça m’allumait. Et là il s’est passé quelque chose. Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression que les cours que je complétais m’étaient utiles et que je performais. Que pour la première fois, il y avait au bout du tunnel une petite lumière indiquant que j’étais sur la bonne voie, la mienne du moins. Quand je descendais à la maison, à Chicoutimi, visiter mes parents, je voyais bien l’incrédulité dans le regard de mon père. Il se demandait bien ce que je ferais dans la vie. Graphiste? C’était plutôt difficile à expliquer comme métier (ça l’est encore, non? )… Je n’avais pas d’encouragement de sa part, mais ni le contraire par contre. Ma mère tempérait, comme elle l’a toujours fait, en lui expliquant du mieux qu’elle pouvait que je réussirais à faire quelque chose de ma vie. Mon père a été incrédule pendant bien des années, même après mes études. Et puis cette incrédulité s’est peu à peu transformée en fierté. Il ne maîtrisait toujours pas ce que je faisais dans la vie, mais savait que je la gagnais bien et que j’étais heureux. Comme lui l’avait toujours été au travail. N’était-ce pas tout simplement ce après quoi nous courrions tous, un peu de bonheur au travail?
    Aujourd’hui, autour de moi, la plupart des gens que je connais n’ont pas suivi de ligne droite dans leur parcours de vie. La plupart ont tenté des trucs, réorienté leurs trajectoires pour arriver enfin à trouver le chemin qu’ils cherchaient. Les cheminements sont si particuliers et personnels à chacun qu’il est impossible d’en extraire une façon de faire unique. Aux parents, inquiets du cheminement de leurs enfants, je dirais de les laisser choisir. De leur laisser le temps. De ne surtout pas leur imposer nos rêves, mais de les aider à réaliser les leurs. Je me souviens d’une belle publicité télé, diffusée il y a quelques années, sur les métiers professionnels : un jeune racontait à ses parents qu’il voulait devenir soudeur, et ceux-ci transformant leur déception qu’il ne choisisse pas un métier « plus gamour » lui disait : tu seras le meilleur soudeur que le monde a connu… Les métiers ne sont pas obligatoirement transférables de père en fils ou de mère en fille, mais la passion, si. La passion permet de racrocher les décrocheurs. La passion, c’est tout ce qui compte. Le reste suivra.

    Une nouvelle campagne pour CORAMH

    15 jours sans écrire sur ce blogue. 15 jours, vous vous imaginez? Ma plus longue période de léthargie. Ce n’est pas le manque d’inspiration ni les sujets qui font défaut, c’est uniquement une question de temps : je n’ai pas une minute à moi,  je suis dans le jus et je me consacre à livrer mes contrats au lieu d’écrire ici. Normal, non? C’est une période plutôt faste et tout devrait revenir à la normale d’ici la fin de la semaine. La bonne nouvelle c’est que vu que je travaille beaucoup, j’aurai plein de trucs nouveaux à vous montrer. Des logos, des campagnes, des documents imprimés; bref, je n’ai jamais travaillé autant sur des sujets aussi disparates que les dernières semaines. Je remercie d’ailleurs mes clients d’être aussi patients… Le temps consacré à la création est malheureusement plus difficile à compresser que celui de la production. Les bonnes idées sont plus difficiles à accoucher que les mauvaises.
    Tiens, voilà donc un des mandats réalisés dans ce mois de fou. Une toute nouvelle campagne pour CORAMH, la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires qui vise à prévenir les maladies héréditaires en misant sur l’information, la sensibilisation et l’éducation. L’organisme oeuvre au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 1980 et transmet à la population des notions importantes portant sur l’hérédité, la génétique humaine et les maladies héréditaires. J’en suis à ma septième année avec l’organisme : quelques campagnes, des vidéos témoignages et corporatifs, des affiches, mais surtout plein de beaux souvenirs. J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blogue : ici, , encore et .
    Cette nouvelle campagne fait suite à celle de « Ce n’est pas écrit dans ta face, mais dans tes gènes! » réalisée en 2007. À cette époque, nous voulions sensibiliser les gens à l’idée qu’être porteur d’un gène déficient, ce n’est pas visible à l’oeil nu et peut avoir très peu d’incidences à moins de rencontrer une partenaire porteuse du même gène déficient et décider d’avoir des enfants avec celle-ci. Dans le briefing du nouveau mandat, les gens de CORAMH m’ont encore rapporté à quel point, les gens ne se sentent pas toujours concernés par la possibilité de transmettre un gène déficient, que les jeunes (comme c’est le cas, pour les maladies vénériennes…) sont persuadés d’être invincibles, que ce genre de truc n’arrive qu’aux autres, qu’eux seront épargnés. Ce fut d’ailleurs ma bougie d’allumage. Trouver une façon de domper le problème à un autre. De pouvoir s’en laver les mains. De se dire « hey, regarde-moi pas comme ça, c’est pas moi ». La campagne « Parfois les autres, c’est nous » dit tout simplement qu’on est toujours « l’autre » de quelqu’un. Qu’en accusant, on peut aussi se faire accuser. En déclinant le concept sur les affiches, j’ai décidé d’en produire quatre différentes qui forment, quand on les met côte à côte, une chaîne de personnes se pointant du doigt mutuellement (voir l’exemple ci-contre). Je trouvais le jeu intéressant et permettait un impact visuel très percutant : une série de monsieur-et-madame-tout-le-monde s’accusant, accrochée sur un mur amène à un certain questionnement. J’ai aussi opté pour une série de napperons distribuée dans les cafétérias d’usine, d’écoles et de restaurants participants; encore ici l’impact des gens différents (les napperons sont imprimés rect0/verso permettant leurs permutations) qui s’affrontent attirera l’attention du public et générera une certaine discussion entre travailleurs. Finalement complétant cette campagne, deux spots télés (en plus de celui montré dans ce billet, vous pouvez visualiser le deuxième, ici) conçus aussi par moi et produits par Zed Productions de Chicoutimi, Ken à la réalisation et Jeff à la direction-photo. Fait à noter, ceux qui doutent du pouvoir des médias sociaux, le casting a été réalisé en temps record grâce à Facebook. Un gros merci aux participants!

    Tant de trucs à apprendre.

    Faute d’écrire, je vous partage ce petit bijou d’animation réalisé par Paul Postma sur de belles illustrations de l’artiste néerlandais Christian Borstlap. Destiné à l’association de charité “Kinderpostzegels”. Enjoy!

    La chaleur des glaces.

    « … Profitons de notre dernière journée ici. Respirons les grands espaces, regardons le silence, écoutons l’harmonie qui règne ici. Demain,  ce sera déjà chose du passé. Nos pieds ne fouleront peut-être plus ces sentiers fragiles. La seconde présente est la plus importante, sachons en tirer profit. La vie est trop courte pour ne pas la voir comme un cadeau… »
    Mario replaça dans la poche de son manteau isolé, la lettre qu’il venait de lire. Autour du feu, mes compagnons et moi qui venions de l’entendre laissâmes le crépitement des flammes sur le bois prendre tout l’espace sonore. Nos yeux étaient embués. Par le froid, par la chaleur, par les sentiments qui nous habitaient à ce moment présent. J’étais sur le Lac St-Jean. À 10 km de Roberval. Sur les glaces. J’accompagnais, avec mes copains Éric Larouche et Roger Blackburn, les deux Mario, Bilodeau et Cantin, dans leur périple de 10 jours autour du Lac pour faire connaître la Fondation Sur la pointe des pieds. L’organisme qui aide les adolescents atteints de cancer à retrouver leur estime de soi et leur fierté, en leur offrant un défi exceptionnel grâce à des expéditions d’aventure thérapeutique. J’en ai déjà parlé ici (et vous pouvez vous renseigner un peu mieux ). La lettre que Mario nous a lue était écrite par Marie-Hélène Côté et faisait partie du journal de bord du voyage sur l’île d’Ellesmere qu’elle avait effectué en 2000, grâce à l’équipe de la Fondation. Elle devait décéder, malheureusement, un an après. Non sans laisser derrière elle, un rase-o-thon, organisé par son père qui aide à financer la Fondation depuis maintenant 10 ans.
    Autour du feu, j’écoutais Mario Bilodeau raconter la naissance de cette belle fondation. Nous partager ces histoires de vie, de combat, de renaissance pour ces centaines de jeunes qu’il a accompagnés pendant ces voyages thérapeutiques. Chaque lettre avait un effet-choc sur moi. Un mélange de tristesse et de bonheur. Je regardais l’homme qui les lisait et j’étais impressionné par sa sensibilité. Je savais que ce bonhomme avait tout un parcours : créateur du BAC en plein air de l’UQAC,  fondateur de la Fondation Sur la pointe des pieds et conférencier prisé sur les bienfaits thérapeutiques du plein air, mais je n’avais jamais eu le privilège de le rencontrer. Là, sur les glaces du Lac, où nous nous apprêtions à passer la nuit, l’entendre parler avec tendresse et respect des tous ces jeunes m’a fait découvrir un grand homme. Un homme hors normes. Avec une grandeur d’âme peu commune. Je me sentais choyé de pouvoir partager ces moments magiques à la belle étoile, d’entendre des histoires qui devaient mal se terminer, déjouer le destin et finir quelquefois positivement. Elles m’ont accompagné longtemps cette nuit-là, ces histoires, les yeux grands ouverts à fixer le toit de la tente. À faire de l’introspection sur mon propre parcours. Ruminant que nos destins sont si différents, mais se ressemblent tellement. Nos grandes joies, comme nos grandes tristesses puisant leur source au fin fond de notre propre vécu. Nous ne vivons pas en vase clos. On rencontre des gens exceptionnels tout au long de notre vie, des gens qui nous marquent à leur manière. Mercredi passé, sur ce lac, j’en ai connu un autre.

    > Marie-Hélène Côté sur l’île d’Ellesmere

    > La Fondation Sur la pointe des pieds recherche de têtes à raser pour son prochain rase-o-thon. Si vous connaissez des gens, communiquez avec moi, je vous mettrai en contact.

    Spectacle bénéfice pour Haïti au Saguenay

    Les artistes du spectacle Ecce Mundo, le groupe Celtic Rythm et d’autres artistes de la région s’unissent sur scène pour aider Haïti. Toutes les sommes amassées lors de ce spectacle, présenté le jeudi 28 janvier à 20 h à l’Hôtel La Saguenéenne, seront remises à la Croix-Rouge canadienne pour le Fonds de Secours « Tremblement de terre en Haïti ».« Nous sommes tous touchés, de loin ou de près, par l’ampleur de la catastrophe qui touche Haïti depuis plus d’une semaine. Ayant moi-même vécu plus de quatre ans à Port-au-Prince, je cherchais, comme bien des gens, à mettre la main à la pâte pour leur venir en aide. L’idée d’organiser un spectacle s’est imposée d’elle-même. Il s’agit là d’une belle manière de démontrer une solidarité et d’envoyer un message d’espoir à ce peuple», estime l’initiatrice du projet, Julie Dubois-Gravel.  Les organisateurs de cette soirée-bénéfice remercient leurs précieux collaborateurs et partenaires sans qui rien de tout cela ne serait possible: la troupe d’Ecce Mundo, l’Hôtel La Saguenéenne, Objectif Scène, LSM Son & Lumière, Traitdemarc, ICLT ainsi que les artistes et artisans. Toute la population est donc invitée à assister à ce spectacle-bénéfice le jeudi 28 janvier à 20 h à l’Hôtel La Saguenéenne. Le coût des billets est fixé à 15$. Des bénévoles seront également sur place, tout au long de la journée, pour amasser les dons volontaires.

    Soyez généreux… encore une fois!

    > Pour joindre le groupe Facebook de l’évènement.

    > Pour acheter des billets
    • La Saguenéenne 418-545-8326
    • Bureau des Farandoles 418-549-4777
    • Julie Dubois Gravel 418-944-3152
    • Julie Lévesque 418-549-8433 ou 418-820-7627

    « Rien n’arrête nos esprits »

    Hier, Patrick Lagacé de La Presse posait une question existentialiste via son statut Facebook : « Question pour Dieu : Votre acharnement sur Haïti, c’est personnel ? » Pour ceux qui ne le savent pas encore, le pays, du moins sa capitale Port-au-Prince a été touchée par un violent séisme (magnitude 7 à l’échelle de Richter !!!). Bilan à jour, des centaines de morts, de disparus et des milliers de blessés… une ville dévastée, croulant sous les décombres (on dit qu’il y a plus de maisons détruites que de non touchées). Le désespoir. La misère. La mort. Difficile pour moi de rester insensible à ce qui se passe là-bas. Je vous ai déjà raconté que j’ai eu la chance de visiter ce pays à deux reprises. J’en avais parlé dans ce billet. Ce fut mon premier rendez-vous avec la misère. La vraie. Je me rappelle qu’avant de quitter, j’étais tombé sur la liste des pays les plus pauvres du monde, Haïti s’y retrouvait à la fin. Sur place, j’étais pourtant aux prises avec des sentiments contradictoires. Oui, la pauvreté se voyait partout : les détritus, les bâtiments détruits, les rats… mais aussi la chaleur, les sourires, les éclats de rire des Haïtiens. Un pays sans son peuple n’est rien d’autre qu’on lopin de terre. Même si cette moitié d’île n’avait qu’un bilan négatif au point de vue économique à offrir, la richesse de son peuple luttant désespérément pour s’en sortir lui valait le titre de perle des Antilles. Chaque fois que ce peuple avait toutes les raisons du monde d’abandonner, quand les épreuves se multipliaient, il s’est toujours relevé. La violence, la pauvreté, la dictature, les cataclysmes n’ont jamais réussi à détruire l’étincelle de leurs yeux. Il est impossible pour nous de se mettre à leur place. Nos grands combats sociaux et économiques sont si futiles comparativement à celui de survivre chaque matin. On peut les aider en pensée (!), mais un don à la Croix-Rouge serait plus pratique…

    > Haïti par Arcade Fire | Le titre du billet est aussi tiré de la chanson

    > Croix-Rouge Canadienne : 1 800 418-111 | www | Faites votre don en spécifiant dans le menu déroulant que c’est pour le tremblement de terre en Haïti

    > Oxfam Québec
    > Unicef Canada
    > Centre d’étude et de coopération internationale (CECI)
    > Médecins du monde
    Médecins sans frontières

    BLA BLA BLA – OU CONSTATATIONS DIVERSES # 05

    Quand on a plein de trucs à raconter en peu de mots, la rubrique Bla Bla Bla est le moyen le mieux désigné. Voyez ça comme un retour sur 2009, avec un regard vers 2010. Un pot-pourri de « touski » (tout ce qui me rappelle l’année précédente, tout ce qui me préoccupe ou m’enchante). Tout ce qui fait de ce blogue, un endroit privilégié où je peux partager avec mes clients, amis, famille et lecteurs de toute provenance, l’ADN de Traitdemarc™.

    Lhasa, Jacinthe, maman et Catherine
    Comme bien des gens, j’ai été bouleversé d’apprendre la mort de la chanteuse Lhasa. Véritable coup de coeur musical, son premier album et première tournée m’avait jeté par terre, il y a une dizaine d’années. D’apprendre sa défaite par rapport à cette maladie terrible qu’est le cancer du sein m’a fait faire un peu d’introspection, cette nuit, par rapport à mes proches et la fragilité de la vie. Ça me rappelle que mon amie Jacinthe nous a quittés, elle aussi, avant les fêtes. Après s’être battue 7 ans. Imaginez. 7 ans. Ma mère fait partie aussi des trop nombreuses femmes qui ont eu à se battre ou se battent toujours contre cette terrible maladie. Ma mère a passé son temps de rémission, mais je pense que le fait d’avoir eu à passer ses multiples traitements, d’avoir eu à vaincre, outre la maladie, la crainte de ne pas s’en sortir la rend désormais solidaire aux trop nombreuses femmes atteintes. Finalement, de penser à ma bonne amie Catherine qui vient de passer la dernière année à se battre à grand renfort de chimio contre son propre cancer du sein, de sentir sa soif de vivre et son entêtement à s’en sortir me fait réfléchir sur les opportunités que l’on laisse trop souvent passer, les amis qu’on néglige, le bon temps qu’on doit prendre. Vivons. Si ce n’est pas pour nous, faisons-le pour celles qui auraient aimé le faire.

    Y a des cadeaux qui font plaisir. D’autres qui coutent cher.
    En 1969, mon parrain, étudiant à Rome, recevait de son frère pour Noel, une cassette par courrier. Sur celle-ci, toute sa famille, frères et soeurs et leurs enfants, lui souhaitait des voeux des Fêtes sur ce ruban enregistré. J’imagine sa tête, en déballant ce cadeau précieux, à l’autre bout du monde, d’entendre ses proches lui offrir comme une certaine présence et une chaleur venant tout droit du froid canadien de décembre. Quel beau cadeau! Quelle belle initiative! C’était avant les courriels, webcams, SMS. 40 ans après, il a converti cette cassette en format numérique et l’a offert à sa famille en guise de cadeau. Je me suis entendu, du haut de mes cinq ans, chanter « Je n’aurais pas le temps » de Michel Fuguain. Chanter est un grand mot puisqu’à part le refrain, je fredonne la plus part du temps. D’entendre les voix de papa, maman et ma soeur sortir tout droit du passé fut, j’avoue, assez bouleversant.

    Décalage mensuel
    Il existe un décalage horaire, mais existe-t’-il un décalage… mensuel? Pendant mon séjour à Barcelone, en juin, j’ai communiqué par courriel avec La Faktoria del Arts de Terrassa, un théâtre dans une ville en banlieue où je devais assister à un spectacle. Je leur demandais quelle était la façon la plus simple de m’y rendre. Je viens de recevoir la réponse, aujourd’hui, le 4 janvier. 6 mois après. La bonne nouvelle est que je sais maintenant comment y accéder. Super. Finalement, en relisant mon texte sur la cassette de mon parrain, je me dis qu’internet a aboli bien des frontières, mais n’a pas donné plus de jugement aux gens…

    Résolutions.
    Quand on prend des résolutions et que l’on ne les tient pas, personne s’en rappelle ou peu. Sinon soi-même. Quand on les écrit sur son blogue, on a l’air tata. Je relis mon billet de l’an passé et je score très bas dans le « je voudrais que… » réalisés. Pour ne pas avoir l’air con, l’an prochain, je n’en prends qu’une cette année : celle de continuer à avoir du plaisir dans tout ce que je fais, sans compromis. Ça ne devrait pas être trop difficile à tenir.

    Top 10 – 2009
    L’an passé, j’avais, comme plusieurs blogueurs et journaux et revues spécialisées, fait mon top 10 mélomane de 2009. J’avoue avoir commencé et mis ça de côté. Voici donc la liste exhaustive de mes disques préférés de 2009 – Sans aucun ordre précis. The XX – XX, Passion Pit – Manners, Phoenix – Wolfgang Amadeus Phoenix, La Roux – La Roux, Florence and The Machine – Lungs, Fever Ray – Fever Ray, Au Revoir Simone – Still Night, Still Light, Moderat – Moderat, VA – Dark Was The Night, BabX – Cristal Ballroom. Je reviendrai peut-être sur certains de ces disques dans d’autres billets. En consultant ici et là, les Top 10 des autres je constate que j’adore les rétrospectives surtout culturelles qui nous permette d’entendre et de voir tout ce que l’on manqué. C’est une chance unique de se reprendre, tellement de trucs nous passent sous le nez. Pas assez de temps. Grrr.

    Si le passé est imparfait, le futur lui est plus que parfait
    Ca serait mentir d’affirmer que je suis satisfait à 100% de tout ce que j’ai réalisé professionnellement, l’an passé. Je vis toujours une relation amour/haine avec les dossiers terminés. Je suis passionné quand je réalise un mandat, mais quand celui-ci est terminé, avec le recul, je vois les directions différentes qu’auraient pu prendre certains, je vois les défauts et les améliorations que j’aurais pu apporter pour les rendre encore meilleurs. C’est mon karma. Je ne suis pas le genre de créateur qui s’autocongratule sur ses productions passées. Je préfère regarder ce qui me reste à réaliser, en avant. Le meilleur est toujours à venir.

    Des souhaits™ pour 2010
    Je souhaite que mes clients continuent à me pousser à sortir des sentiers battus, à me suivre dans des directions nouvelles et différentes, de se faire confiance encore plus, de prendre la tête et de regarder les autres les suivre; au lieu du contraire. Je me souhaite de pouvoir encore compter sur des clients imaginatifs, compréhensifs et passionnés. Pour les lecteurs de ce blogue, je souhaite une plus grande intervention de votre part. Oui, oui. Vous êtes capables. Vous êtes nombreux à me lire, mes statistiques le prouvent, mise à part quelques assidus qui prennent le temps de commenter (merci!!!), les autres le font par courriel, en privé ou sur Facebook. Allez. Cette place est aussi la vôtre. Ne vous gênez pas. Comme le disait ma carte de Noel, cette année : l’aventure de Traitdemarc™ serait inutile sans tous les gens qui gravitent autour de moi : clients, fournisseurs, amis, clients de mes clients, internautes. Vous. XXX.

    > Affiche du National Natural History Museum de Londres.

    Je voudrais pas crever.

    vianJay est un petit gars que j’aime bien. Je dis petit, même s’il est pas mal trop baraqué pour le traiter ainsi. C’est un beau grand gars élevé à la campagne. Le genre avec les valeurs à la bonne place. Près de la terre. Terre-à-terre. Intelligent. Il nous est arrivé souvent de nous croiser professionnellement, mais c’est quand il débarque à l’improviste à mon bureau que les discussions sont les plus intéressantes. On parle de tout. De rien. De nos générations, bien différentes, mais parfois si semblables. Tiens, aujourd’hui, on a parlé de Vian. Boris. Il vient tout juste de découvrir ses chansons. Et il les joue au ukulele. Il n’est jamais trop tard pour réaliser qu’on a tellement de choses à voir, lire ou entendre. C’est marrant, car je venais tout juste de terminer, ce weekend, Piscine Molitor, une bande dessinée de Cailleux et Bourhis, une biographie de Vian en accéléré que j’avais acheté y a belle lurette, mais que je n’avais pas eu le temps de découvrir. J’avoue connaître Boris Vian depuis mes belles années cégépiennes, mais que je ne m’étais jamais attardé à lire quoi que ce soit sur sa vie. Trop de livres, pas assez de temps, j’imagine. Boris Vian était cardiaque ; il considérait que nager en apnée était bon pour son coeur, d’où la piscine Molitor, près de Bois de Boulogne qu’il fréquentait). Pourtant, ce matin du 23 juin 1959, au bord du bassin, il lui reste seulement quelques heures à vivre avant de succomber à une crise cardiaque pendant la projection du film adapté de son roman « J’irai cracher sur vos tombes ». Cette bande dessinée magnifique raconte les passions, les amours, les joies de ce créateur unique, hors normes, aux multiples talents. Que l’on parle de Vian, le jazzman; Vian, le poète, Vian le chanteur ou Vian, l’écrivain; c’est toujours avec une imagination féconde et tordue qu’il réussissait à aborder les thèmes les plus simples de façon si surréaliste. À lire. Et tant qu’à épuiser le sujet Vian, courrez lire et savourez les illustrations de « Je voudrais pas crever »; une réédition du fameux recueil de ses poèmes, mais cette fois illustrée par Clerc, Loustal, Brochard, etc. Édité par la maison Les Allusifs — le design de tous leurs bouquins est remarquable —, ce livre est pour souligner le cinquantenaire de la mort de l’auteur. Vous n’en avez toujours pas assez? Vous voulez du Vian à d’autres sauces? Comme la mode en chanson est aux reprises; des artistes français ont sorti une réédition de ses plus grands classiques : Didier Wampas, Olivia Ruiz, Édouard Baer, etc. reprennent 39 chansons pour souligner les 39 ans de sa vie. Oui, oui, il est mort à 39 ans. Impressionnant tout l’héritage culturel qu’on peut laissez en si peu de temps. Malgré les épreuves de la vie. Ces épreuves qui marquent le temps et nos vies tout autant. Comme réfléchissait aujourd’hui sur son blogue, l’humoriste Martin Petit invitant ses lecteurs à se raconter dans les commentaires; à dévoiler où il en était dans leurs vies lors des événements de la Polytechnique en 1989, ceux de New York en 2001 et aujourd’hui. Comme quoi, humoriste, chanteur, écrivain, graphiste et infirmière ont tous des histoires qui tournent autour de l’Histoire. Je m’y suis commis. Si le coeur vous en dit, faites-le aussi. Plongez.

    > Pisicine Moltior – de Christian Cailleaux et Hervé Bourhis – Éditions Dupuis

    > Je voudrais pas crever – Boris Vian – Éditions les Allusifs

    > À Boris Vian « On n’est pas là pour se faire engueuler – Collectif

    > Le blogue de Martin Petit