S.O.S Clown

Je n’avais mis les pieds dans un CHSLD depuis un bon bout de temps. J’attendais dans l’entrée principale. Ils sont apparus aussitôt que les portes de l’ascenseur se sont ouvertes. S’ils n’avaient pas exagérés leur démarche en se dirigeant vers moi, avec leur sarrau blanc ils auraient pu passer pour du personnel de santé traditionnel. Sans leur nez bien sûr. Ce nez rouge spongieux si caractéristique du clown. Dr Rubber et Dr Monde Dentier de SOS Clown allaient me permettre de voir de près leur travail.
J’avoue avoir été un peu intimidé au départ. J’étais figé, tentant de me rendre invisible pour ne pas nuire à leurs interventions. Doucement, j’allais comme ces petits vieux, tomber sous le charme de ces deux clowns, déguisés en docteurs…
Dans le corridor du premier étage, des personnes âgées assises discutaient entre elles, certaines dans des chaises roulantes, d’autres sur des triporteurs. Une madame atteinte de Parkinson s’agita à notre arrivée; difficile de déceler parmi ses mouvements, ceux qui étaient voulus et ceux provoqués par la maladie. C’était l’entrée en scène de mes deux intervenants. On allait visiter une douzaine de personnes; moi, toujours en retrait comme observateur, tentant de me faire le plus petit possible.

« Parlez-moi d’amour, redites-moi des choses tendres…»
À genoux, Dr Rubber caressa la main de Gisèle en prenant de ses nouvelles. Assise dans la salle de séjour, elle discutait avec sa nièce avant que les deux clowns apparaissent. Elle parlait de ce voyage à New York, des ces immeubles impressionnants qu’elle avait vus, des rues débordantes de monde. Quand on lui a demandé si elle voulait qu’on lui entonne une chanson, elle a souri telle une petite fille timide tout en acquiesçant. La chanson de Lucienne Boyer « Parlez-moi d’amour… » tombait à point. Lentement, les yeux pétillants de Gisèle se sont mis en vie sous la voix des deux docteurs au nez rouge. La musique, ça réveille des souvenirs. Dans ses yeux embués défilaient des images. Lesquelles? On ne saura jamais, mais la plénitude qui se dégageait de son visage annonçait que ses pensées en étaient des belles. Si belle et si frêle, Gisèle avec ses cheveux si bien coiffés, ses vêtements savamment assortis a voyagé pendant les quelques minutes qu’a duré la chanson, visitant son passé, revoyant au passage les personnes importantes de sa vie. Pendant tout ce temps, sa nièce les yeux dans l’eau, voyait s’illuminer le visage de sa tante. Pour elle aussi, ces quelques minutes d’allégresse sous les voix pas toujours justes de nos deux clowns ont fait le plus grand bien, constatant que Gisèle vivait un petit moment de bonheur.

Brigitte qui rajeunit sous nos yeux
Quand on est entré dans la chambre de Brigitte, c’est comme si le soleil était tout à coup apparu en pleine nuit. Sur sa chaise roulette, elle a tapé des mains et crié à quel point elle était contente de nous voir ! Embrassant tour à tour mes deux acolytes, elle m’a remarqué, appuyée en retrait sur le cadre de la porte. Elle m’a demandé de venir la voir, moi aussi j’aurais droit au beau gros bec mouillé… Fière de nous annoncer ses 98 ans, cette belle dame aux cheveux longs blancs était empressée de nous montrer la photo de son beau Raymond dans ce cadre doré près de son lit. Brigitte était un canon dans son temps, les photos d’époque le prouvent un peu partout dans sa chambre. Elle en avait beaucoup à dire. Trop contente d’avoir de la visite, elle nous a fait sortir les chocolats des grandes occasions. Ça sentait le bonheur dans la chambre. Sur son babillard, les photos de sa fille dont elle est si fière, ses garçons, ses petits enfants. Quand il a fallu quitter, après une dernière tournée de becs baveux, elle nous a suivis dans le corridor en riant pour nous dire qu’elle s’était trompé : elle n’avait pas 98, mais 92 ans. J’ai tout de suite pensé que c’était un effet secondaire de notre visite, ce rajeunissement subit.

Florence dans la brume
On m’avait averti avant d’entrer dans cette chambre que j’allais swinger de la patte. Florence joue de la musique, tape du pied et apprend même des chansons à nos clowns. Dr Rubber, a cogné doucement sur la porte pour s’annoncer. Florence était là, avec une des ses filles. Assise sur sa chaise roulante, elle n’était pas comme on me l’avait décrite. Les yeux brumeux, le regard absent, la bouche triste, le dos courbé, Florence ne passaient vraisemblablement pas une belle journée. Sa fille, la voix nouée, nous l’a confirmé : sa mère était méconnaissable. Presque aveugle, elle a tout de même balbutié quelques mots incompréhensibles quand elle a entendu les premières paroles de Dr Monde Dentier. La visite allait s’achever sous les baisers de nos deux intervenants quand une étincelle a mis feu dans le cerveau de Florence. Le bruit de la bombarde jouée par un des clowns est entré dans l’oreille de celle-ci pour embraser son cerveau. Ses pieds se sont mis à bouger lentement, mais avec rythme, ses mains peu à peu ont suivi. Elle n’était pas en forme, mais y avait une énergie qui se dégageait maintenant d’elle. Mes clowns venaient encore une fois de réveiller du coma une patiente. Comme par magie. Avec de la tendresse, de la musique et leur bonne humeur. Une autre prescription de bonheur.

Dans le lit de Monique
Quand mes deux clowns sont entrés dans la chambre de Monique, elle était couchée dans son lit. Alors qu’ils voulaient quitter pour ne pas la déranger, elle leur a demandé de rester, de s’assoir près d’elle et de la coller. Comme une petite fille qui manquait d’amour. Elle leur racontera cette histoire passée au Lac-Saint-Jean quand elle avait rencontré ces Américains venus pêcher. Cette histoire qu’ils avaient dû entendre des centaines de fois, la même qu’à chacune de leur visite. Monique était enjouée et répétait à qui mieux mieux qu’elle était si contente de recevoir de la visite. Elle a pourtant des enfants dans la région. Mais ils sont tellement occupés. Tellement qu’ils n’ont pas le temps de la visiter. Cette visite de mes deux comparses allait la contenter jusqu’à la prochaine. J’ai eu une pensée immédiate pour Laurette, ma grand-mère maternelle chouchoutée par sa famille jusqu’à ses dernières heures et j’ai eu un pincement pour Monique et ses enfants trop occupés qui ont troqué leurs responsabilités de présence contre leur propre petit bonheur. D’où l’importance plus que primordiale du travail des clowns que j’accompagnais, sans qui Monique serait encore plus seule.

À la fin de nos visites, dans le local qu’on leur accorde au CHSLD, quand ils ont enlevé leurs nez, j’ai pu voir le vrai visage de mes deux amis. Deux beaux petits gars dans la vingtaine qui, chaque semaine, viennent donner de l’espoir, infuser de la vie dans le coeur de ces vieux, mais surtout les envelopper d’amour. Ils sont une dizaine à faire ça. L’organisme s’appelle S.O.S Clown et j’ai décidé de participer à leur levée de fonds annuels. Je solliciterai, encore une fois, votre générosité, en vous expliquant un peu plus tard comment. D’ici là, prenez soin de vos parents et grands-parents.

N.B — Par souci d’anonymat, vous comprendrez que les noms ont été changés…

La Magie de Noël.

Quand on a nommé son nom, il s’est levé d’un seul bond, excité comme un enfant. C’était à son tour de recevoir son présent. Je lui ai tendu mon bras pour le diriger. Pas facile de se mouvoir dans une foule bruyante, dans un endroit méconnu quand tu es non-voyant. On s’est dirigé vers le Père Noël de service qui distribuait les cadeaux près de l’arbre décoré pour l’activité. Quand il a touché le paquet, j’ai pu voir une petite lueur dans ses yeux inertes. La magie des Fêtes ça existe, je pense; du moins à ce moment précis, j’en étais certain. Avec son sourire figé, son présent sous le bras, ma main sur son épaule, on s’est dirigé tranquillement se rassoir pour le déballer dans un endroit un peu plus tranquille. Ses doigts lissaient le papier. Pas trop pressé de l’ouvrir. Savourant chaque seconde ce petit bonheur, me demandant des détails, comme la couleur du papier, du ruban et du chou. Glissant sa main sous une des pointes du papier, il décolla doucement l’emballage comme s’il ne voulait pas le déchirer. J’avais l’impression d’être un voyeur. J’observais ces faits et gestes, ses manies en sachant très bien qu’il ne pouvait pas le deviner. Ses yeux morts bougeaient, intrigué par les détails qu’il s’imaginait. Quand la boîte fut déshabillée de sa robe de papier, il m’adressa un sourire en me disant : « qu’est-ce qui peut bien se cacher dans ce paquet?… ». J’avais devant moi, un grand gaillard de 60 ans aveugle, mais je voyais un petit gamin, un enfant émerveillé. Quand il ouvrit la boîte, il n’a pas pu remarquer la tragédie sur mon visage à la vue de son cadeau. Au milieu du papier de soie, au fond de l’emballage était déposé un cadre avec une reproduction d’un peintre impressionniste. Un cadre. Une peinture. Pour un aveugle. Je ne savais pas quoi dire. J’étais bouche bée. Les cadeaux avaient été distribués en fonction des sexes, sans penser que certains d’entre eux pourraient être inappropriés. Pourtant, mon ami, le cadeau sur ses genoux n’avait rien perdu de sa bonne humeur. La lueur dans ses yeux n’avait rien perdu de sa brillance. Son cadre dans les mains, il me demanda doucement de lui décrire la peinture qu’il contenait. J’étais sans mots. J’avais le motton. Je voulais être ailleurs. Mais j’ai décrit le paysage, en prenant soin de parler de la couleur de l’herbe, du contraste du ciel, des coups de pinceau qui composaient la scène. Je ravalais mes larmes à chaque qualificatif. Et lui, sans se douter de mon état, prenait grand soin de construire la scène dans sa tête. J’avais même l’impression qu’il suivait ma description en regardant le cadre et effleurant la vitre. « C’est beau… » Beau. Il me disait qu’il trouvait ça beau. Qu’il était content. J’aurais voulu être ailleurs. À mille kilomètres de lui. Et en même temps, j’aurais voulu être encore plus près de lui. Le serrer dans mes bras.

Dans une seconde vie, j’ai travaillé comme graphiste à la Maison de La Presse et j’avais décidé de participer à leur activité-bénéfice annuelle de Noël. Cette année-là, on était au Centre William Price à Kénogami, avec des gens seuls, malades, en perte d’autonomie. Pour une petite journée, on leur faisait vivre un peu de bonheur; le temps de faire un réveillon, de manger et de donner des cadeaux. Alors que je pensais que c’est moi qui leur apporterais quelque chose, je me suis vite rendu compte que ce sont plutôt eux qui allaient me chavirer. J’ai vu dans ces petits vieux, la misère certes, mais le bonheur aussi. Un bonheur qui se résumait à si peu. À un petit moment magique. Indélébile. Quand je suis entré chez moi ce soir-là, j’ai chialé toutes les larmes de mon corps. J’étais crevé, oui, mais j’étais bouleversé. je revoyais mon ami d’un après-midi regarder ce cadre qu’il ne voyait pas, en l’admirant, en le voyant. Et moi, dans mes larmes, j’ai vu aussi l’intangible. La petite flamme qui scintille dans chacun de nous. Cette petite flamme qui a souvent juste besoin d’un petit souffle pour revivre. Comme par magie.

Joyeux Noël à vous tous.

Entrevue Traitdemarc™

Elle est entrée dans mon bureau avec son gros sac à dos. Que dis-je, son immense sac à dos. J’ai tout de suite pensé qu’elle avait stationné son auto dans celui-ci tellement il était disproportionné par rapport à elle. J’aurais compris, car il faut être chanceux pour trouver une place de stationnement ces jours-ci sur la rue Racine. Bref, elle est arrivée en maugréant qu’elle avait eu de la difficulté à trouver la place. Je ne savais pas si c’était ses gènes féminins ou celles de jeunes adultes ou simplement la nervosité qui la rendaient aussi impatiente. Faut dire qu’elle n’avait pas tort : ça fait plus de trois ans que je dois créer une signalisation pour mieux aider les gens à trouver mon bureau dans l’édifice où j’habite. J’imagine que c’est le juste retour des choses que de passer après mes clients. Elle avait cogné à ma porte si doucement que j’aurais cru que c’était cette pluie de décembre qui rebondissait sur la fenêtre.  Jolie, cheveux longs, appareil dentaire, piercing, jeans, t-shirt et sac à dos démesuré : la parfaite cégépienne, quoi. Aussitôt la main tendue pour lui serrer, elle est devenue rouge comme ma causeuse. Ça mettait bien la table pour une entrevue. Allumée, sympatique et drôle, Pascale, jeune étudiante de deuxième année d’ATM (Art et Technologie des Médias) du Cégep de Jonquière avait choisi de me rencontrer pour me poser quelques questions sur le métier, dans le cadre d’un de ses travaux. Après l’avoir mise à l’aise en bannissant le «vous» de notre discussion et lui permettre de reprendre une couleur normale, elle a sorti son enregistreur numérique afin de commencer l’entretien. Comble de malheur, l’appareil n’avait pas de pile; qu’à cela ne tienne, nous avons donc fait l’entrevue avec mon iPhone. Ce qui me permet de vous la raconter.
La voici… avec quelques ajouts.

Pascale: Aujourd’hui je m’entretiens avec Mr. (oui, oui, monsieur!) Marc Gauthier qui a sa propre boîte de communication qui s’appelle Traitdemarc™, bonjour Marc…

Marc™ : Bonjour…

Pascale: Quand on pense à communication, on pense d’habitude à travail d’équipe, mais toi chez Traitdemarc™ c’est un peu différent, tu travailles seul… Est-ce que tu pourrais me parler des raisons qui t’ont poussé à travailler… heu… seul?

Marc™ : Ben en fait, je ne suis pas tout le temps seul. J’ai des gens qui travaillent pour moi, mais qui ne travaillent pas sur place. Je vais travailler avec des pigistes : si j’ai besoin d’illustrateurs, photographes (ou des programmeurs) je les engage; ce qui me permet de travailler avec les meilleurs du métier. Parce que si j’engageais un illustrateur (ou un autre professionnel…) à temps plein, je ne pense pas que je pourrais me payer le meilleur et j’aurais un illustrateur d’un seul style alors qu’en étant indépendant, je peux travailler avec les meilleurs du métier.

Marc™ : Ajout (hé oui Pascale, j’ai cette chance de pouvoir en ajouter…) Pour moi, la création n’est pas un travail d’équipe. C’est un travail solitaire, ardu et intellectuel. Le problème de la création en équipe ou de tout travail nécessitant un échange est la difficulté d’arrimer les humeurs et les personnalités. Dans mon cas, je suis incapable de pondre des concepts à une vitesse rapide, je suis de réflexion lente; ce qui fait que lorsque je me retrouve en brainstorming de groupe, je suis inapte à arrêter mon cerveau, car je dois écouter les autres. De plus, comme ma personnalité n’est pas d’imposer des idées, je me retrouve la plupart du temps en arrière… Y avait Foglia qui disait sensiblement la même chose dans une chronique, alors qu’il affirmait ne pas aimer participer à des débats en direct, car son temps de réflexion était plus lent que ses protagonistes ce qui le rendait très vulnérable dans une lutte d’idées. Je suis comme ça, au niveau de la création de groupe…

Pascale: Quand on parle que ta boîte se démarque (… jeu de mots!), on peut aussi penser au fait que ton site internet est un blogue au lieu d’un site commercial traditionnel, peux-tu me parler de cette démarche-là…

Marc™ : Ben en fait , je suis pas le seul à avoir choisi un blogue comme plateforme, moi je ce que j’aimais là-dedans, c’est de sortir du carcan de présenter des trucs graphiques, son porte-folio; de un, tout le monde le fait, je peux de toute façon rencontrer les clients et leur montrer celui-ci, de deux, je préfère que l’on m’engage parce que j’ai des idées et des opinions; je ne suis pas quelqu’un qui fait juste du « beau » graphisme. Une relation client est avant tout une relation humaine, quand il (un client) vient ici, il ne fait pas affaire avec une boîte, mais avec Marc Gauthier… qui aime la musique, qui ne se rase pas tous les matins et qui aime bien manger — (ici je la soupçonne d’avoir compris ça juste en me voyant la bedaine…) — c’est comme ça que je vois ça…

Pascale: Donc la dimension humaine est importante…

Marc™ : C’est exactement de cette façon que je traite mes clients. Je n’ai pas une relation très conventionnelle avec ma clientèle… plusieurs sont même devenus des amis avec le temps. Je ne joue pas de rôle, je n’ai pas de cravate, je travaille en t-shirt et en jeans, l’été en shorts. J’ai des clients qui, même après 8 ans de relation, me demandent encore quand on se rencontre : « hey! Es-tu en vacances? » Non, non, c’est mon habillement normal. Ça résume bien la façon dont je travaille. Mon bureau me ressemble, comme tu peux le constater, tu es assise sur un divan, ici y a pas de salle de conférence, tu as l’impression d’être dans un loft; quand tu débarques ici, tu es dans mon petit univers…

Pascale: Parlant de tes clients, pourrais-tu m’en nommer quelques-uns?

Marc™ : (censure)… plein de clients, sur mon blogue, en cliquant sur « client » tu pourras en connaître quelques-uns. Encore ici, au lieu d’avoir une liste exhaustive de clients, je préfère parler de ce qu’ils font dans la vie…

Pascale: Pusique tu travailles à plusieurs étapes de la création publicitaire, pourrais-tu me dire si tu as une étape préférée : le graphisme, la création…?

Marc™ : Je te dirais que c’est une des raisons qui m’a fait choisir de travailler seul. Je ne peux pas dire qu’il y une partie de mon travail que j’aime pas. Même les parties plus techniques plates comme découper des photos — dans Photoshop, par exemple — qui normalement dans une boîte plus grande serait assurer par des juniors alors que le grand créateur ne s’occupe pas de ça… ben moi ça m’intéresse aussi. Donc, je suis comme un artisan. Donc un client qui débarque chez moi, ben je m’en occupe de A à Z. Les parties « plates » de mon travail, je réussis à leur trouver quelque chose de l’fun. Disons que je m’organise pour les faire quand j’ai le cerveau à off. Comme la partie créatrice est toujours la plus intéressante, je vois ça comme manger un T-Bone : tu te gardes le filet mignon en dernier…

Pascale: En terminant, y a de plus en plus de boîtes de communications ou de publicité qui émergent Saguenay, est-ce un gage de qualité?

Marc™ : Ben, j’espère… y a eu pendant des années toujours les mêmes boîtes au Saguenay pis je pense qu’un vent neuf c’est jamais mauvais. Ça amène de nouvelles idées… Je pense que la jeunesse a cette qualité-là (quand elle le veut!!!!) de changer les choses. Je vois ça d’un bel oeil. S’il y a plusieurs boîtes, ça peut amener plus de clients à se faire produire des trucs de qualité; le problème n’est pas au niveau des boîtes, mais des clients qui ne veulent pas nécessairement suivre…

Pascale: Merci beaucoup!

Marc™ : Ben. Ça m’a fait plaisir…

J’aurais dû d’ajouter : vraiment.

Billets que vous pourriez aimer

Moustachu Marco…

Après m’être fait raser le coco pour la Fondation Sur la pointe des pieds, voilà que je me fais pousser la moustache pour la Fondation Movember. Oui, oui, la moustache. Moi avec moustache, vous vous imaginez? C’est mon père qui doit rire de là-haut, lui qui l’a porté si longtemps.
Pour savoir ce qu’est la Fondation Movember, j’ai piqué ce texte sur leur site : « Le diminutif Mo, argot australien qui désigne la moustache, et novembre s’allient annuellement pour devenir Movember. Movember met les hommes au défi de changer d’apparence et la face de la santé masculine en se laissant pousser une moustache. Les règles sont simples : être rasé de près le 1er novembre et se laisser une moustache tout le reste du mois. La moustache devient le ruban de la santé masculine, le moyen de sensibiliser la population au cancer de la prostate et de recueillir des fonds pour lutter contre cette maladie. À l’image de l’engagement à courir ou à marcher pour une œuvre de bienfaisance, les hommes de Movember s’engagent à se faire pousser une moustache pendant 30 jours. Les fonds sont recueillis au profit de Cancer de la Prostate Canada. L’idée derrière Movember a vu le jour en 2003 à Melbourne, en Australie, autour de quelques bières. Le plan était simple : à la blague, remettre la moustache au goût du jour et faire quelque chose pour la santé masculine. Il n’y a pas eu collecte de fonds en 2003, mais les moustachus se sont rendu compte que la moustache avait le pouvoir d’animer les conversations sur la santé masculine. Inspirés par les femmes autour d’eux et tout ce qu’elles avaient fait pour le cancer du sein, les Mo Bros se lancèrent dans l’aventure de créer un mouvement mondial en faveur de la santé masculine. En 2004, la campagne a évolué et s’est concentrée sur la sensibilisation et la collecte de fonds pour le cancer le plus courant chez les hommes — le cancer de la prostate;  432 Mo Bros ont participé au mouvement cette année-là et recueilli 55 000 $ pour la Prostate Cancer Foundation d’Australie — le don unique le plus considérable jamais reçu par cette Fondation. »
Hier soir, rasoir en main, les rires fusaient de la salle de bain en voyant mon nouveau visage. Je riais en imaginant les réactions des gens vis-à-vis ce look à la Tom-Seleck. La maladie, c’est un peu ça aussi. Le regard des autres qui change vis-à-vis ce que tu vis. Le cancer de la prostate est la forme de cancer la plus répandue chez les hommes au Canada (à l’exclusion du cancer de la peau autre que le mélanome). En 2010, on estime à 24 600 le nombre d’hommes qui recevront un diagnostic de cancer de la prostate et à 4 300 le nombre de ceux qui en mourront. En moyenne, chaque semaine, 470 Canadiens apprendront qu’ils sont atteints du cancer de la prostate. Un homme sur sept risque d’avoir un cancer de la prostate au cours de sa vie (le risque est au plus haut après 60 ans). Un homme sur 27 en mourra. Mais le sujet demeure tabou. On parle rarement de ce type de cancer. En fait, les hommes parlent très peu de leur santé. J’ai 45 ans. Autour de moi, mes amis sont à risque; je suis à risque. Cette année, j’ai un bon ami qui est sorti vainqueur de son combat contre cette maladie, avec courage et détermination. Je fais ça aussi un peu pour lui.
C’est donc avec fierté et humour que je porterai la moustache tout le mois de novembre. Avec fierté, parce que la cause est noble et j’espère ramasser des sous, mais aussi avec une grande dose d’humour et d’humilité parce que bordel que j’ai l’air fou…

Je me suis inscrit sur le site de Movember. Visitez mon profil et faites un don en ligne en cliquant ici. Merci.

Génération C

Ce n’est pas parce que l’on n’est pas impliqué dans un projet qu’il ne faut pas en parler. Surtout quand c’est bon. Mon client, le Cégep de Chicoutimi, lançait aujourd’hui un outil d’information scolaire tout ce qu’il y a de plus original : une websérie mettant en vedette de vrais étudiants. Conçue dans le but d’informer les élèves du secondaire et leurs parents sur les programmes offerts, mais aussi sur la vie en général d’un étudiant fréquentant une institution collégiale, cette série se veut beaucoup plus dynamique qu’une simple brochure.
« Génération C met en vedette sept étudiants, chacun d’entre eux fréquentant un programme différent. Ces étudiants devenus pour l’occasion des comédiens campent le rôle d’un des personnages principaux. À travers différentes scènes de la vie quotidienne au Cégep, ils découvrent ou expliquent, selon le cas, le domaine dans lequel ils évoluent. Au fil des différentes capsules, les personnages rencontrent des enseignants, d’autres étudiants et différents intervenants du Cégep, ce qui permet d’expliquer la vie d’un étudiant du collégial, autant sur le plan académique qu’au plan social. » Peut-on lire dans le communiqué de presse.
Réalisée en région par l’équipe de production de TVA dirigée par la talentueuse réalisatrice Annie Fournier, Génération C sera diffusée sur le site Internet du Cégep de Chicoutimi et transmis également sur certaines plateformes populaires comme YouTube et Facebook.
J’ai eu droit à une présentation spéciale en privé, il y quelques semaines et j’ai été très impressionné par la facture visuelle certes, mais encore plus par le jeu de ces acteurs en herbe. J’avais d’ailleurs envoyé un petit courriel à Annie Fournier pour la féliciter. On accroche très rapidement aux intrigues vécues par les étudiants; et bien que l’on doit y diffuser une foule d’informations d’ordre pratique, le rythme demeure palpitant. Disons que pour un jeune de 16 ans qui s’apprête à faire le saut au collégial, c’est beaucoup mieux qu’une visite ou un dépliant (avec une liste de cours qui ne te disent rien à cet âge); ça lui donne vraiment une très bonne idée de ce qui l’attend.
Belle initiative du département des communications du Cégep de Chicoutimi, de son coordonnateur Éric Émond et de son assistante Amélie Binette; un bravo sincère à la direction du Cégep d’avoir su briser des paradigmes et oser créer du renouveau. Je vous invite donc à visionner la série, mais surtout de la partager aux jeunes du secondaire de votre entourage…

Mon défi à moi.

Grenville, Québec — Samedi, 19 juin – 22 h 30. Pour la troisième fois en moins d’une demi-heure, je dois aller faire pipi. Je veux bien croire que j’ai bu pas mal d’eau depuis les dernières heures, mais pas autant pour provoquer un tel déluge. Je soupçonne un brin de nervosité. Derrière les portes fraîchement peintes rouge pompier des salles de bain de la bibliothèque municipale de cette petite bourgade de 750 habitants, je me contorsionne du mieux que je peux pour me soulager. Pas facile de pisser quand on porte un bib et un jersey de vélo. En me lavant les mains, je regarde mon visage dans le miroir, un mélange de fatigue et de stress sous les yeux. Je suis à moins d’une demi-heure de prendre part à ma troisième étape pour le Grand Défi Pierre Lavoie, la plus importante pour moi : les 95 km reliant Grenville à Gatineau, de 23 h 15 à 2 h 45. Mon étape précédente — Victoriaville — Drummondville m’a pompé à bloc, faisant tomber une charge de stress énorme que je traînais depuis le début de mon aventure. Je vérifie les poches de mon jersey: j’ai mon Ventolin, des blocs énergiques et une banane préépluchée — j’ai pas pris de chance, je ne me sens pas encore l’agilité de le faire avec une main en roulant à plus de 30 km/h dans un peloton de 300 cyclistes… J’enfourche mon vélo et me rapproche des cyclistes déjà enlignés dans le peloton. Je vois arriver Jay, le nounou-chauffeur-coordonnateur de notre équipe, avec la lumière que je dois apposer sur mon vélo. Pendant cette épreuve de nuit, chaque cycliste en a une d’accrochée à sa monture. Rien de nouveau pour moi, j’ai fait le dernier tiers de mon épreuve de la veille (Québec-Ste-Marie) avec ce bidule sur le guidon. Jay, comme à son habitude, m’encourage en me disant que ça ira bien. Je le crois, à moitié. Alors que les derniers cyclistes s’accrochent au peloton de départ, Pierre Lavoie s’adresse à la population les remerciant de leur accueil et nous rappelant les consignes de sécurité pour notre étape. On commence à détecter une frénésie parmi les cyclistes, le départ est imminent. Le QG, cet immense véhicule qui nous précède sur la route se place tranquillement. L’animateur nous annonce le départ dans moins d’une minute. Certains cyclistes prennent une dernière gorgée, d’autres clipsent un pied sur une pédale pendant que je regarde Jay et ma partenaire Nathalie de qui je prends le relais, me faire des thumbs up. 5, 4, 3, 2, 1… Voilà, on est parti. Notre troupeau désorganisé roule quelques centaines de mètres avant de se discipliner. Quelques cyclistes prennent le peloton avant d’assaut, tentant désepéremment de rejoindre la tête, histoire de bénéficier de l’effet de traction maximum sans subir l’effet élastique du fond. Ça dépasse dans tous les sens. Je passe des premiers rangs au milieu, mais je m’en fous. Je maîtrise mieux comment ça fonctionne maintenant et me faire dépasser n’a plus un effet négatif sur ma course; je sais comment me gérer par rapport aux autres. Le parcours fut fantastique. 155 cyclistes roulant de nuit, trois par trois, traversant des villages où des habitants encore sur leur balcon à cette heure si tardive, nous saluent et nous encouragent. Nous avons gagné Gatineau, notre objectif, avec quelque huit minutes d’avance, sans encombre. Dans les douches de l’école qui nous reçoit, les cyclistes parlent de leurs parcours, racontent comment ça s’est passé pour eux. Certains vont déjeuner tout de suite, d’autres, comme moi, prennent le chemin de leur VR pour dormir une couple d’heures avant la prochaine étape.
Des histoires comme celle-ci, tous les coureurs du Grand Défi Pierre Lavoie en ont plein la tête depuis leur retour. Chacun a fait « son défi » dans le Défi. Chaque cycliste a réussi à aller plus loin que ce qu’il pensait pouvoir réaliser. C’est ce qui rend cette expérience unique selon moi.
Je tiens à remercier Chlorophylle de m’avoir inclus dans leur équipe. Merci à mes partenaires : Marc, Régis, Nathalie, Katy et Jay. Merci aux 150 bénévoles du Grand Défi qui nous ont dorlotés tout le long du parcours. Merci à Pierre Lavoie pour ce grand défi qu’il a décidé de partager…

BP – Quand British Petroleum devient British Polluters

“BP doesn’t stand for Beyond Petroleum. It stands for Burning the Planet.”
— GREENPEACE

La catastrophe écologique du Golf du Mexique est révoltante et ne laisse personne indifférent. Greenpeace UK a décidé de lancer une campagne publicitaire pour dénoncer le responsable, la compagnie BP. Comme première offensive, l’organisation environnementale a réussi à changer l’identification visuelle sur la banderole de la compagnie fautive directement à son siège social en remplaçant les mots « Petroleum » par « Polluters ». Ensuite une campagne dans les médias sociaux demandant aux internautes à travers le monde de leur soumettre un nouveau logo pour la compagnie fautive (vous avez plus bas, les propositions à ce jour…). Jusqu’à ce jour, 300 logos ont été créés et diffusés sur Flickr. En passant, si vous visitez le site dédié à cette campagne, vous constaterez que Greenpeace écorche au passage l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, parlant de destruction de la forêt boréale canadienne.
Greenpeace n’est pas à ses premières campagnes de dénigrement envers une compagnie polluante. BP étant une victime facile et évidente, l’organisation environnementale préfère souvent s’attaquer aux marques qui usent de « greenwashing ». Bien que l’organisation peut quelquefois être contestée, elle demeure un redoutable adversaire quant à sa façon de rejoindre les dissidents à travers le monde par l’utilisation judicieuse des médias sociaux. Dans ce cas-ci, on s’entend pour dire qu’elle a parfaitement raison de gueuler…

Trouver sa voie.

Une chronique très intéressante de Pierre Foglia dans La Presse de samedi s’est promenée d’internaute en internaute toute la fin de semaine via Facebook et Twitter. Vous pouvez la lire en ligne, ici. Je vous la suggère d’ailleurs fortement. Je fais partie des nombreux admirateurs de Foglia;  que je sois d’accord avec lui ou non n’a pas d’importance, du moment qu’il me fait réagir. Sa chronique de samedi parlait du bonheur au travail, par le fait de trouver sa voie. Ça m’a donné l’idée de vous raconter comment j’ai trouvé la mienne et si le coeur vous en dit, j’aimerais bien que vous me racontiez comment vous avez trouvé la vôtre… ou pourquoi vous ne tentez pas de la trouver.
Au secondaire, j’étais un élève moyen. Les cours de Sciences m’emmerdaient. J’avais une facilité en Français, peu d’aptitude en sports, mais j’étais un petit gars allumé. Assez vif d’esprit, toujours prêt à foncer dans les activités parascolaires et les projets connexes. Je dessinais énormément à l’époque, je faisais de la bande dessinée et des caricatures, les marges de mes cahiers étaient ornées d’illustrations à défaut de notes spectaculaires. Tout petit, je rêvais de faire carrière dans la bande dessinée, mais déjà malgré mes 16 ans, je voyais déjà peu de chance de réaliser un tel rêve. À la fin du secondaire, alors que 80 % de mes confrères avaient choisi leur métier en se dirigeant au Cégep (20 % avocat/ 20 % comptable/ 20 % médecin/ 20 % ingénieur), j’avais non seulement aucune idée où je voulais aller, mais j’avais tellement procrastiné que les notes obtenues ne me laissaient que trop peu de choix de carrière. J’avais opté pour les Lettres au Cégep de Chicoutimi. Je devais être le seul finissant du Séminaire de Chicoutimi, une école privée reconnue pour son excellence, à avoir « choisi » cette orientation. La première session m’avait un peu secoué. Les cours étaient intéressants, certains profs aussi, mais la plupart des étudiants inscrits tuaient le temps. J’avais l’impression d’être dans un purgatoire ou une salle d’attente. Nous étions tous là à attendre un miracle qui ne venait pas. J’avais commencé à me pointer de moins en moins à mes cours, tout me semblait plus intéressant qu’eux. Je griffonnais des caricatures dans le journal étudiant, y pondais quelques articles, faisais du théâtre, participais à la radio étudiante; bref, rien pour améliorer mes chances de survie académique. Je réussis tout de même à passer à travers les sessions, sur les fesses vous vous en doutez bien, et j’étais encore pris devant un choix de carrière qui ne venait pas.
J’avais décidé d’aller étudier en Design graphique à l’Université du Québec à Montréal. Je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter. Je dessinais, oui, mais beaucoup moins bien que les autres inscrits. J’avais des notions d’imprimerie apprises dans des emplois d’été, mais les autres étudiants débarquaient d’une Technique en graphisme ou avec un diplôme en Arts, et ce, d’un peu partout à travers la province. Mais je m’y voyais dans ce métier. Ça m’allumait. Et là il s’est passé quelque chose. Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression que les cours que je complétais m’étaient utiles et que je performais. Que pour la première fois, il y avait au bout du tunnel une petite lumière indiquant que j’étais sur la bonne voie, la mienne du moins. Quand je descendais à la maison, à Chicoutimi, visiter mes parents, je voyais bien l’incrédulité dans le regard de mon père. Il se demandait bien ce que je ferais dans la vie. Graphiste? C’était plutôt difficile à expliquer comme métier (ça l’est encore, non? )… Je n’avais pas d’encouragement de sa part, mais ni le contraire par contre. Ma mère tempérait, comme elle l’a toujours fait, en lui expliquant du mieux qu’elle pouvait que je réussirais à faire quelque chose de ma vie. Mon père a été incrédule pendant bien des années, même après mes études. Et puis cette incrédulité s’est peu à peu transformée en fierté. Il ne maîtrisait toujours pas ce que je faisais dans la vie, mais savait que je la gagnais bien et que j’étais heureux. Comme lui l’avait toujours été au travail. N’était-ce pas tout simplement ce après quoi nous courrions tous, un peu de bonheur au travail?
Aujourd’hui, autour de moi, la plupart des gens que je connais n’ont pas suivi de ligne droite dans leur parcours de vie. La plupart ont tenté des trucs, réorienté leurs trajectoires pour arriver enfin à trouver le chemin qu’ils cherchaient. Les cheminements sont si particuliers et personnels à chacun qu’il est impossible d’en extraire une façon de faire unique. Aux parents, inquiets du cheminement de leurs enfants, je dirais de les laisser choisir. De leur laisser le temps. De ne surtout pas leur imposer nos rêves, mais de les aider à réaliser les leurs. Je me souviens d’une belle publicité télé, diffusée il y a quelques années, sur les métiers professionnels : un jeune racontait à ses parents qu’il voulait devenir soudeur, et ceux-ci transformant leur déception qu’il ne choisisse pas un métier « plus gamour » lui disait : tu seras le meilleur soudeur que le monde a connu… Les métiers ne sont pas obligatoirement transférables de père en fils ou de mère en fille, mais la passion, si. La passion permet de racrocher les décrocheurs. La passion, c’est tout ce qui compte. Le reste suivra.

Une nouvelle campagne pour CORAMH

15 jours sans écrire sur ce blogue. 15 jours, vous vous imaginez? Ma plus longue période de léthargie. Ce n’est pas le manque d’inspiration ni les sujets qui font défaut, c’est uniquement une question de temps : je n’ai pas une minute à moi,  je suis dans le jus et je me consacre à livrer mes contrats au lieu d’écrire ici. Normal, non? C’est une période plutôt faste et tout devrait revenir à la normale d’ici la fin de la semaine. La bonne nouvelle c’est que vu que je travaille beaucoup, j’aurai plein de trucs nouveaux à vous montrer. Des logos, des campagnes, des documents imprimés; bref, je n’ai jamais travaillé autant sur des sujets aussi disparates que les dernières semaines. Je remercie d’ailleurs mes clients d’être aussi patients… Le temps consacré à la création est malheureusement plus difficile à compresser que celui de la production. Les bonnes idées sont plus difficiles à accoucher que les mauvaises.
Tiens, voilà donc un des mandats réalisés dans ce mois de fou. Une toute nouvelle campagne pour CORAMH, la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires qui vise à prévenir les maladies héréditaires en misant sur l’information, la sensibilisation et l’éducation. L’organisme oeuvre au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 1980 et transmet à la population des notions importantes portant sur l’hérédité, la génétique humaine et les maladies héréditaires. J’en suis à ma septième année avec l’organisme : quelques campagnes, des vidéos témoignages et corporatifs, des affiches, mais surtout plein de beaux souvenirs. J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blogue : ici, , encore et .
Cette nouvelle campagne fait suite à celle de « Ce n’est pas écrit dans ta face, mais dans tes gènes! » réalisée en 2007. À cette époque, nous voulions sensibiliser les gens à l’idée qu’être porteur d’un gène déficient, ce n’est pas visible à l’oeil nu et peut avoir très peu d’incidences à moins de rencontrer une partenaire porteuse du même gène déficient et décider d’avoir des enfants avec celle-ci. Dans le briefing du nouveau mandat, les gens de CORAMH m’ont encore rapporté à quel point, les gens ne se sentent pas toujours concernés par la possibilité de transmettre un gène déficient, que les jeunes (comme c’est le cas, pour les maladies vénériennes…) sont persuadés d’être invincibles, que ce genre de truc n’arrive qu’aux autres, qu’eux seront épargnés. Ce fut d’ailleurs ma bougie d’allumage. Trouver une façon de domper le problème à un autre. De pouvoir s’en laver les mains. De se dire « hey, regarde-moi pas comme ça, c’est pas moi ». La campagne « Parfois les autres, c’est nous » dit tout simplement qu’on est toujours « l’autre » de quelqu’un. Qu’en accusant, on peut aussi se faire accuser. En déclinant le concept sur les affiches, j’ai décidé d’en produire quatre différentes qui forment, quand on les met côte à côte, une chaîne de personnes se pointant du doigt mutuellement (voir l’exemple ci-contre). Je trouvais le jeu intéressant et permettait un impact visuel très percutant : une série de monsieur-et-madame-tout-le-monde s’accusant, accrochée sur un mur amène à un certain questionnement. J’ai aussi opté pour une série de napperons distribuée dans les cafétérias d’usine, d’écoles et de restaurants participants; encore ici l’impact des gens différents (les napperons sont imprimés rect0/verso permettant leurs permutations) qui s’affrontent attirera l’attention du public et générera une certaine discussion entre travailleurs. Finalement complétant cette campagne, deux spots télés (en plus de celui montré dans ce billet, vous pouvez visualiser le deuxième, ici) conçus aussi par moi et produits par Zed Productions de Chicoutimi, Ken à la réalisation et Jeff à la direction-photo. Fait à noter, ceux qui doutent du pouvoir des médias sociaux, le casting a été réalisé en temps record grâce à Facebook. Un gros merci aux participants!

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