Je veux, je veux, je veux, mais je veux pas payer
Downsizing vs. Rightsizing
Un article intéressant de La Presse signé Marie Allard, traitant de la réduction des formats dans l’alimentation (downsizing) a retenu mon attention ce matin. On y explique que l’augmentation des valeurs premières (on cite l’exemple du prix du cacao qui a monté de plus de 25 % en deux mois) combinée à un refus catégorique des clients de payer plus, forcent les fabricants à réduire le format de leurs produits de façon considérable. Un exemple frappant l’Oeuf de Pâques Cadbury qui passe de 39g à 34g, question de garder un prix plancher. Cette notion n’est pas nouvelle pour moi. J’ai des clients qui sont dans le domaine alimentaire ainsi que de la restauration, alors je comprends très bien la problématique dans laquelle sont plongées ces entreprises. Quand tes matières premières reçoivent une hausse de 25 %, on s’entend pour dire que ce sont tes profits directs qui en souffrent; le domaine alimentaire n’étant pas reconnu pour en être un à large marge, alors il est assez facile de comprendre pourquoi ces commerces doivent réagir rapidement. Assez facile à comprendre? Mmm… pas pour tout le monde, semble-t’-il. On cite dans l’article de La Presse, les analystes d’Option Consommateurs qui décrivent la pratique du downsizing, « sans être illégale de choquante… ». Pour leur part, les fabriquant parleraient plutôt de rightsizing, simple question de mettre à niveau. Suis-je le seul à trouver la version des entreprises, logique?
Cacher cette augmentation que je ne saurais… boire.
On diabolise le méchant fabricant qui « crosse » le consommateur de 10 %. Alors qu’il ne fait que ce que demandent les consommateurs : ne touchez pas au prix! Comme ceux-ci ne veulent pas payer une cenne de plus, le fabricant cré l’illusion que rien n’a changé… Les consommateurs désirent un statu quo sans penser à qui seront facturées les frais d’une augmentation des matières premières? À personne? C’est impossible. On parle ici, d’une négation de la réalité. On ne veut pas le savoir; on ne veut surtout pas un emballage qui nous nous annoncerait : maintenant avec 25 % de moins! On préfère se fermer les yeux… On veut, on veut, on veut, mais on veut pas payer!
Toute vérité n’est pas bonne à entendre
On demande de plus en plus de transparence aux entreprises. Les réseaux sociaux ont permis un canal d’information incroyable entre les fabricants et leurs consommateurs. Mais ces derniers veulent-ils vraiment entendre la vérité? Veulent-ils vraiment comprendre la réalité que vivent certains marchés? ll existe un monde entre la perception que se font les consommateurs et la réalité. Dites-nous que nous sommes fins, que vous nous aimez, mais ne nous dites surtout pas que vous passez des moments plus difficiles. Nous vivons encore dans une société où l’entreprise ou le patronat sont décrits comme des profiteurs et des machines à imprimer de l’argent sans sentiment, et le consommateur comme un esclave que l’on exploite. Le méchant commerçant vs le gentil consommateur. On pense, trop souvent à tort que les entreprises profitent toujours des situations en leur faveur. Je travaille avec des entrepreneurs de milieux très différents : alimentation, industrielle, service professionnel, etc.; chacun avec sa réalité. Des entrepreneurs qui tentent bien que mal de sortir gagnants d’une lutte pas toujours facile où la concurrence est omniprésente et provient maintenant du monde entier. Penser qu’il y a juste le consommateur qui paie les frais des augmentations ou de la réduction des profits, c’est nier les mises à pied et les fermetures. On vit dans une société de consommation en le niant. Oui, je veux bien que l’on fasse de la simplicité volontaire, mais ça prendra toujours un payeur pour permettre de le faire. On ne peut pas vivre avec les biens que quelqu’un d’autre te cède si personne ne consomme rien — j’ai toujours en tête cette fille qui se vantait de ne pas acheter de vêtements griffés à ses enfants, mais qui acceptaient ceux des miens avec plaisir; n’est-ce pas là encore un déni ?
Dans un monde idéal, les prix ne changeraient jamais, ni le format des produits. Dans un monde idéal, on ne payerait pas d’impôts et aucunes taxes ne seraient perçues et les services gouvernementaux seraient toujours là, mais plus rapides et améliorés. Ce monde-là existe. On l’appelle Utopie…
Posté: février 8th, 2011 sous Bouffe, Client, Réflexion, Stratégie, Tendance.
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Il y a quelques semaines, j’avais préparé un petit mémo pour un client qui cherchait à se monter un programme de fidélisation. J’avais fait quelques recherches sur le web et trouvé un article très intéressant dans une édition de Marketing Mag; je vous fais part ici, de quelques grands principes.
Un article du
Cet après-midi je faisais remarquer à ma copine qu’une telle personne avait changé d’attitude du tout au tout vis-à-vis moi. Il n’était pas devenu soudainement un grand ami, mais il m’apparaissait beaucoup plus sympathique et agréable que par le passé. Ma conclusion était simple : il avait changé. Pour le mieux. Après tant d’années, il avait enfin compris que son comportement n’était pas le plus cordial et qu’un changement s’imposait; ce qu’il avait fait en apportant des améliorations majeures à sa personnalité. J’en étais persuadé; jusqu’à ce que ma blonde me manifeste bêtement un scepticisme sur ce constat simpliste en me balançant : « … et si c’était toi qui avais changé? »
Quand je suis l’actualité judiciaire dans les journaux ou à la télé, je me demande souvent comment un avocat fait pour défendre un individu pour un crime abominable dont il semble être l’auteur. Je me demande comment, au-delà du mandat professionnel, il fait pour défendre l’indéfendable, pour plaider un geste totalement à l’opposé de ses valeurs intrinsèques. J’imagine que si je me pose la question c’est que je n’ai pas les aptitudes demandées pour faire ce métier, c’est évident. Et tout à coup, en me regardant dans un miroir, je réalise que je suis moi aussi confronté, à moindre mesure j’en conviens, a peut-être outre passé mes convictions quelques fois. Profession oblige. Il faut dire que si le métier d’avocat criminaliste en est un dont la perception est sévère parmi la population en général, celui de publicitaire n’a pas nécessairement des lettres de noblesse. Jacques Séguéla (le fils de « pub »), publicitaire légendaire français n’avait-il pas écrit un livre pamphlétaire autobiographique au tournant des années 1980 intitulé « Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité — elle me croit pianiste dans un bordel ». La publicité outre ses beaux clips que vous aimez échanger sur YouTube ou ses catalogues au graphisme impeccable que vous feuilletez est avant tout un mode de persuasion et d’incitation. On parle ici de mousser la consommation d’un produit, d’un service ou d’une idée, pas de créer des films ou des oeuvres d’art. On parle ici de vous convaincre ou de vous faire changer d’avis sur un sujet précis. Comme l’avocat, le publicitaire peut avoir des clients dont les valeurs sont très différentes des siennes. Un client peut faire appel à mes talents pour vendre un truc que je considère futile ou banal, il peut aussi me demander de vous convaincre que son produit est meilleur que celui d’un autre, même s’il sait que c’est faux. Et que moi aussi, je le sais. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller comme professionnel? Jusqu’où suis-je en mesure de faire mon travail de façon honnête sans sentir que je vais à l’encontre de mes convictions les plus profondes? Comment réussir à départager le travail et la vie de tous les jours? Il est là le problème. Les gens qui réussissent à mettre dans des cases différentes « famille », « boulot », « ami »et « client » sont capables de créer des liens personnels ou professionnels adaptés aux besoins. Pour les types, comme moi, pour qui la ligne est mince, c’est plus difficile. Je n’ai pas de multiples personnalités adaptables aux situations et j’ai des convictions et des valeurs indissociables de ma personne. Il m’est arrivé plus d’une fois de perdre un contrat ou un client uniquement parce que je pensais faire honorablement mon travail. À ce client qui voulait changer son logo malgré ma recommandation professionnelle de ne pas le faire, aurais-je dû lui mentir et lui en facturer un nouveau? Quand vient le temps de choisir entre charger des honoraires de création ou de conseiller un statu quo moins payant, on appelle ça de l’éthique au travail ou un travail pathétique?
D’abord remarqué sur le blogue de
Je l’avoue d’emblée, je n’aime pas les porte-paroles en publicité. J’ajouterai même que je ne comprends tout simplement pas une entreprise qui met la commercialisation de son produit dans les mains d’un humoriste/chanteur/animateur/acteur. Peut-être que c’est uniquement la notion de vedette qui ne me rejoint pas. Il faut dire que je n’ai rien du groupie en moi. J’ai horreur des télé-réalités, des émissions de vedettes instantanées, des magazines comme 7 jours et La Semaine, etc. Même si j’adore les livres/disques/films de ces artistes, je n’ai aucunement envie de savoir avec qui ils couchent, ce qu’ils mangent, leurs opinions sur la guerre en Afghanistan et encore moins de connaître leurs marques de voiture préférée. J’oserais même dire que cela risque d’avoir un effet contraire sur moi. Par exemple, j’adore écouter la musique de Jean Leloup, mais je suis incapable de le supporter en entrevue. Il m’énerve. Alors, imaginez s’il se mettait à me vendre une assurance-vie ou une pharmacie. Et là, je ne vous parle que des artistes dont j’aime les oeuvres. Imaginez-en un ou une qui me laisserait totalement indifférent ou pire encore dont je n’aimerais vraiment pas les créations. Désastre. Je ne représente pas la majorité des gens. Je le sais bien. Beaucoup de personnes sont en amour avec leurs vedettes préférées, les appelant par leurs prénoms et leurs donnant tribune sur un paquet de sujets dont ils ne sont pas nécessairement connaisseurs. Mais si le public vit de longues histoires d’amour avec certains de ses artistes préférés, on a plus souvent droit à un coup de foudre, l’espace d’un film/hit/émission. L’ardeur du début de la relation laisse souvent place à un désintéressement par la suite, la mode passée. Le verdict du public est dur et sans appel. L’adolescence est la période la plus frivole des relations amour-haine envers les artistes; les vedettes adorées deviennent rapidement au bout d’un certain temps, les has-been dont on a honte d’avoir crié un jour au monde entier, notre amour. Plus tard, à l’âge adulte, ce sont les agissements des stars qui dérangent les fans. Un chanteur qui ne fait pas la file comme les autres afin de recevoir un vaccin, un comédien arrêté pour possession de drogue, un autre pour violence conjugale… Encore là, le jugement du public est cruel et radical. Vous comprendrez maintenant pourquoi je ne suis pas friand à laisser le produit d’un de mes clients dans le mains de n’importe qui. Le produit d’une entreprise est la « vedette » qui n’a pas besoin d’une autre star pour mousser sa propre carrière. Il doit son succès en premier lieu, à ses qualités qui le démarquent des autres produits de même catégorie et ensuite à l’expérience qu’il réussit à faire vivre à celui qui se le procure. Le consommateur devient alors le meilleur porte-parole pour ce produit. C’est ce client qui l’a adopté qui en parlera le mieux en racontant à ses proches comment ce produit a un effet bénéfique dans sa vie. Une belle relation établie sur la confiance et un peu d’amour. Un consommateur heureux (comme un malheureux) ne se gène pas pour diffuser à grand déploiement sa satisfaction (ou son insatisfaction) vis-à-vis un produit qu’il aime (ou qu’il déteste). Et il le fait de bouche à oreille sur le web et dans la vraie vie. Le grand avantage de ce simple porte-parole inconnu et dédié, c’est qu’il s’entoure normalement de gens qui lui ressemblent et qui partagent ses valeurs et ses goûts. En plus de rendre ce service de commercialisation tout à fait gratuitement, ce diffuseur hors pair le fait de son plein gré, sans retour de la part de l’entreprise qui a conçu le produit. Ce qui en fait un porte-parole plausible difficile à discréditer. Je trouve pas mal plus sage de confier mon produit à ces quelques milliers vendeurs nés qui s’ignorent qu’à une vedette rémunérée pour le faire dont l’amour pour ce produit est directement et uniquement lié à un contrat.