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    Melomarc™ – Mano Solo / Internationale Sha La La

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.

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    Je voulais écrire sur la mort. Je voulais écrire sur les amis. La mort et l’amitié. Deux thèmes tellement difficiles à concilier. On ne veut pas que nos amis meurent. Comme on ne veut pas que l’amitié s’achève. Pas avec la mort, en tout cas. Ni d’aucune manière. L’amitié meurt et malheureusement, les amis aussi.

    Hier, un de mes amis est décédé à 46 ans. Un vieux chum. Un chum du secondaire/cégep/université. Un ami que j’ai négligé trop longtemps. Je ne l’avais pas vu depuis des années. On devait se visiter en septembre. Peine perdue. On remet souvent l’important à plus tard. Trop souvent.

    Quand on meurt, on dit que notre vie défile en accéléré; qu’en l’espace de quelques secondes le film de notre vie roule à une vitesse vertigineuse. Comme un condensé. Un concentré de moments heureux et malheureux. Une couple de secondes pour résumer des années. Aujourd’hui, en apprenant la nouvelle de ta mort, c’est ma vie avec toi qui s’est déroulée en quelques secondes. Nos années au Séminaire de Chicoutimi. Où tu m’avais transmis le goût de la photo. Où tu partageais ta grande famille avec tes trois frères, moi qui n’en avais pas. Où l’on échangeait nos premières découvertes musicales. Nos soirées à écouter Yes, Genesis et Led Zeppelin. Notre accident d’auto sur le pont Dubuc. Ton départ vers la grande ville, où je devais te rejoindre quelques années par la suite. Du Noël que tu avais passé dans ma famille à Chicoutimi parce que tu voulais revoir des vieux potes alors que tes parents t’avaient suivi à Montréal. Je me souviens du New Year’s Day de U2 au bar Le Vertige, en célébrant la nouvelle année de 84. Je me souviens du spectacle de R.E.M, cinq ans plus tard au vieux forum, pendant que mon garçon se reposait dans le ventre de sa mère. Où je te faisais la confidence de mes peurs de devenir papa si jeune. Je me souviens de tes croquettes de thon aux Corn Flakes que tu préparais dans ton appartement de Laval. Ton appartement si drabe. Appartement de célibataire. Du vin cheap de dépanneur aux allures de grand cru que l’on buvait. À s’en saouler. À rire de nos blagues. De ton rire silencieux : tu ouvrais la bouche, fermais les yeux, mais aucun son de sortait de ta bouche. Ton rire était intérieur.

    C’est con. J’écris tout ça même si ça fait si longtemps que l’on ne s’est pas vu. En fait, on a passé plus de temps sans se voir que de passer du temps ensemble. Je ne connais pas le nom de tes enfants : je ne les ai vus qu’en photo.  Je connais à peine ta blonde. C’est con. Mais j’ai le cafard quand même de te savoir parti. J’ai de la peine de penser qu’on peut partir n’importe quand. Comme ça. Et je pense à moi : la mort, c’est égoïste. On vit celle des autres par rapport à soi. J’ai de la peine. Oui. Mais j’ai de la peine parce que je pense à la mort. Tu me fais penser à la mort. Et la mort c’est triste. Surtout quand tu penses comme moi que ça se termine comme ça. Par la fin, point. Qu’il y a rien après. Sinon ce qu’on laisse comme souvenirs à nos proches. À nos amis.

    Je regrette de ne pas avoir provoqué une rencontre. De ne pas être débarqué chez toi, sans t’avertir. Comme le font les amis.

    Pourquoi parler de cet album de Mano Solo et de toi. Parce que la mort est au centre de l’oeuvre musical laissée par cet artiste. Parce que tu es mort d’un cancer, Mano Solo, du sida. Deux morts à retardement. Des morts qu’on attend. Qu’on prépare. Comme si l’on pouvait se préparer à mourir. Cet album de Mano Solo me rentre dedans comme une aiguille dans la peau. Me fout le cafard. Cette voix décharnée, rauque et tellement souffrante que celle de ce chanteur me chavire à chaque fois. Ce chanteur controversé qui a décidé de parler ouvertement de sa maladie et a pondu quelques albums, mais c’est ce « live » qui rend le mieux cette douleur intense que ressent un condamné à mort. J’ai déjà parlé ici que la musique française venait me chercher dans mes moments les plus sombres, celui de Mano Solo a une place de choix dans ma discothèque « nostalgie ». Ses textes durs, sa poésie noire en font un album d’une tristesse certes, mais d’une beauté incroyable. Triste comme la mort peut l’être. Beaux, comme les amis le sont.

    En pensant à toi, Hugues, j’ai pensé offrir Mano Solo / Internationale Sha La La à Réjean, un pote que tu n’a pas connu. Parce que je sais qu’il appréciera cet album, mais surtout parce que l’amitié s’entretien, par des petites pensées comme celle-ci. Comme j’aurais dù entretenir la nôtre. Adieu « Grand Droit’ »!

    > Mano Solo / Internationale Sha La La sur iTunes


    Melomarc™ – David Byrne & Brian Eno / My Life in the Bush of Ghosts

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.

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    J’aurais pu titrer ce billet « Remixer sa vie ».
    Parce que comme la musique, la vie ça se remixe. On garde les bons beats, on élimine les bruits de fond, les scratchs inutiles, les grésillements du temps. Tout ça pour recréer une meilleure ambiance. Une ambiance encore plus révélatrice de sa propre personne.
    J’ai remixé ma vie une couple de fois déjà. Jamais complètement effacé, mais je suis parti des rythmes qui m’ont défini depuis des lunes en tentant d’en ajouter des nouveaux pour améliorer le résultat. On revient souvent à ses propres bases rythmiques, son ADN. J’ai « refait » ma vie. Je l’ai rebâtie. En tentant de faire mieux. Du moins, je le crois.
    Je vous dis souvent que la musique vit en parallèle de notre vie. Elle est surtout indissociable de celle-ci. Cette chronique qui me force à me rappeler de mes albums phares me permet également de revivre certaines étapes importantes de ma vie jusqu’à présent. En me rappelant les bons moments, comme les plus difficiles. Les fausses notes.
    Je me suis aussi recomposé au niveau professionnel. J’ai joué en quatuor, en trio et en duo. Je joue maintenant en solo. Un soliste bienheureux. Dans mes relations avec mes clients, j’essaie de ne pas trop jouer la même rengaine, en tentant de découvrir des sonorités différentes de ce qu’ils connaissent.
    Parce qu’il faut se sortir absolument des rythmes anodins. Qui se jouent partout. Sutout parce que c’est monotone. Sans saveur.
    J’ai des amis qui, eux aussi, brassent leurs rythmiques personnelles. Qui s’assemblent, se ressemblent, faut croire. Les vrais amis ont souvent les mêmes airs finalement.
    J’ai mis la main sur My Life in the Bush of Ghosts, en 1981. Un de mes amis, grand fan de King Crimson m’avait aiguillé sur cet album. À sa première écoute, j’étais bouleversé. Je n’avais jamais rien entendu de la sorte auparavant. Un mélange de rythmes funk et d’afro-beat, des échantillonnages provenant d’émissions de radio de sources aussi variées que des preachers américains en passant par des chanteurs libanais, du bidouillage électronique à profusion, Byrne et Eno avaient dénaturé un paquet de sonorités pour créer un son unique. Encore aujourd’hui quand j’écoute cet album riche, je suis incapable de me mettre dans la tête que celui-ci a 30 ans maintenant, tellement il était d’avant-garde pour l’époque. Bien qu’habitué d’entendre un paquet de musique remixée depuis le temps, My Life in the Bush of Ghosts demeure, pour moi, l’exemple parfait qu’on peut toujours se réinventer. Qu’à partir des mêmes ingrédients, on peut réaliser des centaines de plats différents. Qu’il suffit d’être créatif. Comme pour sa vie.

    J’ai offert David Byrne & Brian Eno / My Life in the Bush of Ghosts au fils DJ/musicien d’un de mes grands amis, par amitié bien sûr, mais surtout parce qu’à sa façon, il est train  lui aussi, de remixer sa vie.

    > David Byrne & Brian Eno / My Life in the Bush of Ghosts sur iTunes

    Melomarc™ – Mory Kante / Akwaba Beach

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Je devais avoir 4 ou 5 ans quand mon parrain, Jean-Rock Gaudin, pris le chemin du Bangui en République Centre Africaine pour y travailler quelques années comme nonce apostolique. Je ne pouvais m’imaginer à cette époque que ce voyage auquel je ne participerais pas ne serait-ce que par lettres et photos aurait un impact si grand dans ma vie. Les souvenirs qu’il m’avait rapportés trônent encore aujourd’hui dans mon salon et ma salle à manger. Ces sculptures d’ébène, ces toiles naïves, mais surtout ce scorpion et cette mygale pris dans des blocs de verre qui ont tant fasciné mes amis quand j’étais tout petit. Il faut comprendre qu’au début des années 70, les gens au Québec ne voyagent pas ou peu. Les gens fortunés allaient en Floride l’hiver, quelques-uns en Europe l’été, mais la grande majorité de la classe moyenne dont nous faisions partie, ne voyagait pas à l’étranger. Dans ma petite tête de lecteur de Tintin au Congo, l’Afrique, ce si grand continent, c’était l’inaccessible aventure, le bout du monde, l’exotisme à son maximum. Le rêve, quoi.
    J’ai gardé en moi ce désir de voir l’Afrique comme un rêve inavoué. J’ai visité plein de pays, j’ai bien visité la Tunisie, mais je ne suis jamais allé en Afrique Noire. Les astres ne se sont jamais aligné afin de me permettre de réaliser ce périple. Depuis la mort de mon père et des épreuves que plusieurs de mes amis ont vécues, j’ai décidé de ne plus remettre à demain des projets ou des idéaux auxquels j’aspire; alors un soir, en prenant un verre de vin, j’ai dit à ma copine en bravade que j’irais en Afrique avant mes 50 ans. C’était l’an passé. Et voilà qu’une opportunité se présente. Le Département de Soins infirmiers du Cégep de Chicoutimi réalisera une mission humanitaire et une quinzaine de finissants et finissantes s’envoleront au Sénégal au début de janvier 2011, afin d’y réaliser un stage avec Infirmières Sans Frontières. Et j’en ferai partie. Je les accompagnerai, comme bénévole certes, mais aussi et surtout pour filmer et tenter de documenter l’expérience qui changera le court de la vie de ces étudiants et étudiantes. Car si les voyages modifient votre façon de voir la vie, une mission comme celle qu’ils s’apprêtent à vivre aura un impact majeur dans le cheminement de leur vie. Ce ne sera pas nécesairement palpable le lendemain, mais  peut-être des années plus tard. Le destin n’est pas fait de béton, mais plutôt de gélatine qui se forme et de déforme selon les étapes importantes et les épreuves rencontrées. Je partirai donc le 2 janvier prochain et les accompagnerai 3 semaines. J’ai hâte.

    Ce qui nous amène à Mory Kanté. Pourquoi lui alors que la musique africaine a des ténors beaucoup plus importants, tels que Selif Keita ou Youssou N’Dour? Uniquement, parce que l’album Akwaba Beach représente ce qui me fait triper dans la musique africaine : le rythme, la joie de vivre et la naïveté. C’est le premier disque africain qui m’a fait découvrir ce style musical, et créer chez moi un enjouement aussi spécial. La première chanson de l’album, le succès devenu mondial Yeke Yeke est une chanson qui me rend heureux automatiquement. C’est un électro-choc sur mon humeur. La musique africaine a cet effet direct sur moi; ça me rend de bonne humeur, ça ne me prend pas la tête, ce sont des rythmes qui me font swinger. Au plaisir de vous raconter les aventures de Marc™ au Sénégal

    J’ai offert Mory Kanté / Best Of (parce qu’Akwaba Beach n’est plus disponible) à mon amie Chantal Boivin, par amitié bien sûr, mais surtout pour son merveilleux Festival des Rythmes du Monde qui nous fait découvrir année après année, des sons et surtout des cultures différentes!

    > Mory Kanté / Best Of  sur  iTunes

    Melomarc™ – Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    J’avais glissé le texte que j’avais écrit sous la porte et m’apprêtais à m’enfuir. Comme à la dernière occasion. Sauf que cette fois, la porte s’était ouverte devant moi et j’étais pris comme un rat. On venait de me prendre au piège. Ce grand gaillard barbu tenant dans sa main la feuille que je venais de glisser sous le porche, m’invitait à entrer dans le local pour que l’on fasse plus ample connaissance. J’avais 17 ans, j’étais gêné et je devais avoir encore des boutons. Ce grand barbu de 21 ans, c’était Roger Blackburn, rédacteur en chef du journal étudiant Le Tract du Cégep de Chicoutimi (aujourd’hui journaliste/chroniqueur au Quotidien). Ce qu’il tenait dans ses mains, c’était un épisode des « Chroniques de Jo Blow », mon alter ego anonyme, écrivain de vérités pas toujours vraies (!). Jo Blow : un personnage tout droit sorti de mon imaginaire, un gros dégueulasse à la Reiser, un Béru à la San Antonio; un homme aux moeurs légères et à la langue sale qui déblatérait des énormités en dénonçant sous un pseudonyme les imparfaits de la vie. Du moins, celles qu’il identifiait malgré son/mon jeune âge. Disons que c’était un Troll de blogue d’avant son temps — un blogueur anonyme qui lâche son fiel sous le confort de l’anonymat. Mon Mister Hyde à moi. Mon exutoire. Mais ce matin-là, ce grand barbu hirsute avec son éternel crayon à l’oreille tenant mes dernières élucubrations écrites dans ses grosses mains, détenait la clef de mon destin. J’étais démasqué et devait maintenant l’affronter. Il n’en tenait qu’à lui de publier ou pas, ces écrits lubriques. Pour le fouteur de merde qu’il était (il l’est encore, aujourd’hui), il n’y avait pas mieux que ce genre d’articles provocateurs, de mauvaise foi, dénonciateurs qui tiraient à boulets rouges sur l’ordre établi et les conventions, bravant même la direction du Cégep qui lui avait demandé de retirer mes textes du journal étudiant. C’était le début d’une belle amitié. Roger m’a, part la suite, demandé de le suivre dans un paquet de projets journalistiques farfelus : caricaturiste pour une revue de chasse et pêche, illustrateur pour le journal du Carnaval Souvenir de Chicoutimi, etc. C’était toujours avec un grand plaisir que je me retrouvais à travailler avec ce bon vivant au verbe joufflu. Et puis la vie a fait que l’on s’est perdu de vue et que l’on se retrouve une quinzaine d’années plus tard. Bien en chair. Mais avec la même lueur dans les yeux que nos vertes années. C’est toujours avec un malin plaisir que l’on se retrouve pour argumenter : on n’est pas sur la même longueur d’onde sur un paquet de trucs, et c’est ce qui rend la relation palpitante. Roger, sans le savoir à l’époque a réussi à m’orienter sur ce qu’allait devenir mon métier aujourd’hui : créer, inventer, me débrouiller à vivre sous la pression pour trouver la grande idée. Il m’a permis de réaliser que j’avais un talent sur lequel je pouvais construire. Ce n’est pas rien.
    Le lien avec Thomas Fersen? Uniquement la poésie et la langue. Roger étant un amoureux du français, je trouvais que ce dandy lui plairait. Parce que Thomas Fersen, c’est la chanson française dans ce qu’il y a de plus classique et de plus beau. Cette musique et ces paroles intemporelles auraient pu être écrites en 1960, en 2010 ou en 1983. Ce faux détachement et cet humour subtil qui fait le bonheur des fans de Fersen m’ont gagné dès les premières notes de l’album Le Jour Du Poisson; conquis j’ai acheté tous les albums et vu Fersen deux fois en spectacle.

    J’ai offert Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson à mon ami Roger Blackburn, par amitié bien sûr, mais surtout pour la botte qu’il a su adresser à mon cul, quand, à 17 ans, j’en avais le plus grand besoin pour m’épanouir.

    > Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson  sur  iTunes

    Melomarc™ – Talking Heads / Stop Making Sense

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Les rendez-vous manqués. C’est le titre que j’aurais dû choisir pour ce billet au lieu de laisser toute la place au titre de l’album. Parce que ça résumerait plus la relation difficile entre David Byrne et moi. Ou l’absence de relation serait encore plus juste. David Byrne, leader du feu groupe Talking Heads, auteur-compositeur-interprète-écrivain-designer-peintre-réalisateur-sculpteur-blogueur-etc et moi, avons tellement bousillé de chances de se rencontrer à travers les trente dernières années.
    En 1983, fraîchement débarqué au Cégep de Chicoutimi, je mettais la main sur le disque Speaking in Tongues de Talking Heads. Je devais avoir acheter le disque à la Boîte à Musique sur le coin Racine et Riverin à Chicoutimi, le magasin était la propriété d’Yves « Captain Rock » Hébert (Fm 98), et mes disquaires favoris étaient Alain Dassylva (j’en ai déjà parlé ici) et Jean-François Côté (journaliste à Radio-Canada). Bien sûr que j’avais acheté cet album pour Burning Down The House, la chanson sur laquelle on se trémoussait au Vert-Tige (de Robert Hakim, des Rythmes du Monde) — le bar mythique de Chicoutimi — dans les années 80′s, pour réaliser après plusieurs écoutes que ce n’était pas nécessairement la meilleure du disque. Par la suite, j’ai acheté les albums précédents : le fabuleux Remain in Light allait devenir tout aussi important dans ma discothèque personnelle.
    Premier rendez-vous manqué. En 1984, la tournée Stop Making Sense s’amorçait avec dans sa liste de villes visitées, Montréal. Et pas n’importe quel spectacle: au Stade olympique avec Peter Tosh (l’ex Whailers) et rien de moins que The Police (la tournée Synchronicity). Wow. L’apothéose. Talking Heads et The Police se partageant la même scène. Mes deux groupes préférés. Rien au monde ne pouvait me faire rater ça. Rien. Affirmer ça, à l’époque, était sous-estimer mon sens des responsabilités. J’avais déniché au début de l’été 1984, un emploi à l’imprimerie Léopold Tremblay (qui allait fusionner des années plus tard avec l’imprimerie Chicoutimi pour devenir ICLT). Je trouvais ça génial : ma passion pour les arts graphiques naissait et cela me permettait de vérifier si ce métier serait le mien. Les odeurs de chambre noire, de papier, d’encre; le tapage des presses, imprimeur comme métier était étourdissant; j’étais fait pour ce monde. Encore aujourd’hui, quand je me trouve dans une imprimerie ou que je reçois des pièces franchement imprimées, les effluves de papier me montent toujours à la tête comme une drogue au parfum enivrant. Bref. Quand j’ai su que ce concert débarquait à Montréal et qu’un voyage était organisé à partir de Chicoutimi, j’étais allé demander tout de go un congé à mon employeur. Qu’on m’avait refusé, bien sûr! Au lieu de me déclarer malade, de mentir, de me sauver, j’avais compris la situation. J’avais compris qu’on avait beaucoup trop de boulot et qu’on était une trop petite équipe pour l’abattre. Mon absence était injustifiée. Mon sens des responsabilités avait pris le dessus, ou une passion allait dominer l’autre…
    Talking Heads devait se séparer 4 ans plus tard, produisant de moins bons albums vers la fin. David Byrne a continué à faire, de son côté, des disques inégaux, mais fait surtout un paquet de trucs différents et intéressants (visitez son site internet : son journal est l’un de blogues que je lis religieusement depuis des années). On s’est un peu perdu dans les années 90. J’avais beaucoup aimé son album éponyme de 1994, mais j’étais dans un tout autre mood. Mais voilà qu’au tout début des années 2000, j’allais rater un autre rendez-vous avec lui. Bien avant que les médias sociaux ne deviennent le phénomène que l’on connaît maintenant, le web avait déjà ses réseaux parallèles d’informations; IRC, les forums, les chats, les logiciels peer-to-peer donnaient la chance à des internautes du monde entier d’échanger des fichiers (souvent illégalement), mais surtout de communiquer entre eux sur des sujets qui les passionnaient. Je faisais partie de certains groupes qui se partagaient des connaissances entre autres sur la typographie et le graphisme en général. Comme nous le faisons si bien sur Facebook maintenant, nous débordions souvent du cadre du-dit forum, pour discuter de l’actualité ou de musique. J’avais alors connu, sur un de ces réseaux, un gars qui allait devenir une sommité internationale en typographie avec qui je partageais une tout autre passion : David Byrne. Lors d’une de ces discussions, il m’apprit que le chanteur allait jouer à Toronto et qu’il serait des spectateurs. Je ne me souviens pas exactement de la raison principale qui m’avait retenu de ne pas y aller, cette fois : la crainte de rencontrer un inconnu (je connaissais ce gars-là sans le connaître…), le boulot, la famille, etc. Qu’importe, j’allais manquer un deuxième rendez-vous avec David Byrne. Comme j’allais le manquer à nouveau, cette fois à Montréal à la Place-des-Arts, en 2004 pour x autres empêchements. Nous n’étions pas dus finalement.
    Puis j’ai décidé que je ne passerais plus à côté de ma vie. J’ai créé Traitdemarc™ et me suis fait la promesse de tenter d’avoir dorénavant que des remords plutôt que des regrets. En 2008, on annonçait une tournée nord-américaine de David Byrne accompagné de Brian Eno qui, trente ans après avoir sorti un premier album en collaboration (My Life in The Bush Of Ghosts) récidivaient avec Everything That Happens Will Happen Today (excellent album, j’en ai parlé ici). Je n’allais pas manquer ce spectacle au Metropolis. Pas cette fois. J’ai acheté rapidement mes billets pour le 30 octobre 2008. J’étais déterminé. Vraiment déterminé. Mais pas autant que le cancer de mon père, faut croire. Le 28 octobre, en plein deuil, le dernier de mes soucis était les billets qui traînaient dans un tiroir de mon bureau. On n’était pas encore dû pour se croiser, David et moi. Pas vraiment. Partie remise?

    Bien que l’album qui a servi de bougie d’allumage était Speaking in Tongues, j’ai préféré choisir le disque live Stop Making Sense pour son côté fougueux. J’ai offert l’album via iTunes à Louis Doucet, un chum avec qui j’essaie le moins possible de manquer des rendez-vous…

    > Talking Heads / Stop Making Sense sur iTunes

    Melomarc™ – El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Consolapam. 21 h 30, heure du Mexique. Coincés dans un cul-de-sac, le Dodge Ram et son fidèle “trailer” tentent une difficile manoeuvre de marche arrière. Le véhicule est entré par erreur dans cette ruelle et c’est la seule manière de revenir sur son chemin. Le chauffeur passe une pierre sur les reins, un de ses copilotes a le dos en compote tandis que l’autre a bien plus le goût de regarder autour de lui que de diriger le conducteur. La tâche est ardue en grande partie due aux obstacles qui jonchent la ruelle; cheval, camion, détritus et habitants se sont donné le mot pour rendre l’exploit encore plus difficile. Consolapam, petit village perdu en bordure de l’autoroute, à 1 h 30 de Veracruz. À voir la tronche des villageois, peu d’étrangers arrètent ici. Surtout pas des étrangers-blancs-aux-traits-tirés. Des milliers de kilomètres tracés dans leurs visages. Ces étrangers, c’est nous; Alain, Réjean, et moi. Des Cortès des temps modernes. Partis de Jonquière depuis quatre jours pour un périple de 7300 km qui les mèneront à Puerto Morelos dans le Yucatan. Pas vraiment un voyage, mais plutôt une mission; celle de descendre un ménage complet d’une maison du Nord à une autre du Sud. Un très long déménagement. Un périple sans dormir avec une logistique incroyable. Consolapam. Petit restaurant près de l’hôtel où on a stationné le camion pour la nuit. Réjean a les yeux pétillants, il découvre le vrai Mexique. Alain a les yeux jaunes, il découvre que sa pierre est presque passée et souffre le martyr. Moi, je pense à demain. Je n’en parle pas, mais pour moi, c’est clair, on ne se recouche pas avant d’arriver. Demain, c’est à Puerto Morelos que l’on dormira. Même si l’on ne doit rouler qu’à deux chauffeurs. On carburera au Red Bull, mais on y arrivera. Ça, c’est sur. Consolapam, 2 h du matin. Il y a du bruit à l’extérieur de notre hôtel. Alain est déjà debout devant la fenêtre, je le rejoins, mais il n’y a personne qui tente de voler notre convoi. Fausse alerte. On s’en est fait encore une fois pour rien. Comme à toutes les haltes que nous avons prises, les fouilles à chaque entrée de province, sans compter l’interminable attente aux douanes américo mexicaine. Nous ne passons pas inaperçus, c’est certain. Aussi bien tenter de dormir encore quelques minutes. On doit reprendre la route vers 4 h et le dernier tronçon se fera sous la pluie. Puerto Morelos. 23 h 30, je laisse le volant à Alain. Pas question que les matelots enlèvent le privilège au capitaine d’amarrer son navire à bon port. Le trio Cortès est arrivé sauf et plus ou moins sain. — Extrait du livre des invités de la Casa Loreto, Puerto Morelos, Mexique.
    Je suis allé une douzaine de fois à Puerto Morelos, au Mexique. Petit village coincé entre Cancún et Playa Del Carmen. Toutes les fois, j’y ai acheté d’innombrables albums d’artistes inconnus ou très peu connus. Des découvertes incroyables. J’ai décidé de parler de El Gran Silencio, mais j’aurais pu tout autant vous présenter la séduisante Ely Guerra, où les joyeux Kinky. Mais j’ai vécu une relation particulière avec Chúntaros Radio Poder. Le concept d’intégrer, entre les chansons, un animateur de radio rend l’expérience musicale très spéciale. Quand j’écoute l’album, j’ai l’impression d’être dans une voiture coincée dans un bouchon de circulation sur une artère d’une ville embourbée du Mexique. Je me retrouve dans le Dodge Ram, quelque part entre Tampico et Villahermosa. El Gran Silencio, c’est un mélange de style musical non homogène : latino rock, ska, cumbia, rap, trad mexicaine; bref, un beau mélange de cultures. Un peu ce qu’est devenue la nouvelle Musique du Monde finalement. On peut ce que devient notre Monde, tout court. À écouter sans modération.

    J’ai offert El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder via Virgin.fr à Nathalie Le Pennec, une Française rencontrée sur Facebook, en jouant au Scrabble. Outre, nos épiques batailles de lettres, nous avons partagé des suggestions de lecture, mais surtout un amour pour la culture latine, spécialement celle du Mexique.

    > El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder sur iTunes

    Melomarc™ – David Sylvian / Secrets Of The Beehive

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Il avait neigé à Montréal, dans cette journée anodine de 1987. Je m’en souviens parce quand il neigeait j’avais un toit qui se formait sur ma chevelure. Ouais. Bien spikés, mes cheveux étaient tellement gommés par le fixatif que la neige, en gros flocons, restait tout bonnement sur ceux-ci en me créant une calotte glacière, un chapeau enneigé. Pour les curieux qui se demandent comment cela pouvait être possible, vous pouvez cliquer sur ce billet qui explique le comment du pourquoi. Bref, il avait neigé à Montréal cette journée-là. J’allais comme d’habitude, le walkman sur les oreilles, dépenser mon maigre salaire chez les disquaires. Dans ces années-là, je me procurais des disques à un rythme d’enfer (me semble l’avoir encore ce rythme-là…). Cette journée-là, je n’avais aucune idée des nouveautés qui allaient se présenter à moi, mais l’album que j’allais acquérir allait s’avérer en être un important dans ma vie.
    En 1982, David Sylvian quittait le groupe Japan pour débuter une carrière solo. Et moi aussi, j’étais tout seul. Tous seul entouré si l’on veut. J’avais beaucoup d’amis, mais je travaillais, étudiais et sortais souvent seul. Souvent par horaire difficile à concilier, mais encore plus par personnalité. J’aimais me retrouver. Cet album de Sylvian me rappelle la solitude. Pas la solitude difficile, mais celle qui nous ramène à soi-même, la totale introspection que bien des gens ont trop souvent peur d’affronter. J’avoue ne pas trop avoir accroché sur Japan dans ces années-là; ce groupe était trop semblable à Duran Duran… Un groupe comme DD était déjà largement suffisant. Fallait pas exagérer. Secrets Of The Beehive était mon premier album de Sylvian. Une amie m’avait bien fait une cassette de Brillant Trees, son premier album, mais je n’avais pas accroché à ce moment-là (bien que je me le suis procuré à nouveau en CD, par la suite…). La musique, je l’ai écrit mainte fois, c’est contextuel et temporel. Y a des notes qui restent gravées à tout jamais dans votre vie parce qu’à ce moment précis de celle-ci, où vous viviez un événement heureux ou malheureux, cette mélodie est venue vous réconforter ou vous brasser. Vous auriez écouté celle-ci dans une autre circonstance et elle aurait pu entrer et sortir de vos oreilles aussi vite. C’est comme ça. La musique, ce n’est pas mystique, c’est physique. Y en a pas de bonne ou de mauvaise, y en a uniquement qui vienne vous chercher à un moment précis. Tous styles confondus. Je suis un indépendantiste musical : on ne peut m’accorder aucun style en particulier. Alternatif? Peut-être. Mais ce n’est pas parce qu’un album devient populaire que je le renie pour autant. Je n’entretiens pas une relation intellectuelle avec la musique, alors ne venez pas me faire la morale sur mes choix, ils ne sont dictés par aucune logique et encore moins par des connaissances. Pour moi, c’est simple, il y a deux genres de musique : celle que j’aime et celle que je n’aime pas. Noir et blanc.
    En 1987, David Sylvian sortait l’album Secrets Of The Beehive. Et moi, à 22 ans, en fin de BAC, j’étais loin de m’imaginer en achetant ce disque que 23 ans plus tard je l’écouterais encore. Oui c’était (ça l’est toujours) un excellent album, certes. Mais ce qui est spécial c’est qu’aujourd’hui en l’écoutant, je sens la neige tomber sur mes cheveux, comme en 1987, et je me vois dans ces années-là me demander, avec l’insouciance du début de l’âge adulte, si un jour j’écouterai les albums que j’achète à l’instant…

    J’ai offert cet album, via iTunes, à Katia, une amie de ces années-là, retrouvée sur Facebook…

    > David Sylvian / Secrets Of The Beehive sur iTunes

    Melomarc™ – Renaud / Mistral Gagnant

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Salut, mon Renaud. C’est ton papa. Ben, c’est plutôt con ce que je vais te dire… mais tu ne me connais pas encore. C’est très normal tu me dirais, puisque tu n’es pas encore né. J’écris ce texte au présent, mais nous sommes en 1983, six ans avant que tu ne naisses. C’est con, hein?… j’ai à peu près ton âge quand je tape ce billet. En fait, je suis peut-être même un peu plus jeune que ça. J’ai un prof au Cégep, à qui j’ai déjà rendu hommage ici, mais qui préfère que je taise son nom par pudeur, qui m’a enregistré une cassette 4 pistes sur laquelle il a mis un paquet de tounes de Renaud; un chanteur qui porte le même nom que toi. C’est un chanteur français. Peu de gens le connaissent encore ici, au Québec, mais en France, il fait déjà un tabac comme on dit là-bas. C’est un rebelle qui dénonce le système avec ses chansons. Mon prof de Français le connaît depuis ses débuts et pense que j’aimerais ça. Il n’a pas tout a fait tort. Il nous en a parlé pendant notre cours sur la chanson contemporaine. Quoi? Drôle de nom pour un cours? Ça sonne comme un cours inutile, tu penses? Je ne sais pas. Ben en fait, dans le temps je trouvais ça juste cool et facile comme cours complémentaire, mais maintenant je me dis, avec un peu de recul, que ce cours a été un événement marquant de ma vie. Comme ta naissance? Pas autant. Différemment, en tout cas. De toute manière, à ta naissance, j’avais presque ton âge. Je ne réalisais pas. Je n’étais pas trop dans le beat si on veut rester dans le jargon musical. J’étais trop jeune ou pas assez vieux, c’est selon. Pas assez mature, mais tout de même trop pragmatique. Je ne sais pas.
    Je te raconte une anecdote de groupie? À sa première tournée en sol québécois, je suis allé voir Renaud. Dans la salle de l’Auditorium Dufour à Chicoutimi, on devait être à peine 300, mais ça ne nous a pas empêchés d’assister à un super spectacle. Il était drôle, nous racontait des trucs avec son accent parigot et était surtout surpris que nous connaissions déjà ses chansons alors qu’il n’avait aucun disque encore disponible au Québec, mis à part en importation (ou connaître le bon prof – dont il faut encore plus taire le nom!!!). J’avais même réussi à voler une affiche autographiée que j’avais accrochée dans mon nouvel appartement sur Cazelais dans St-Henri, à Montréal. C’était mon nouveau chez moi. Mon nid. L’autonomie totale, je te dis. Un appart’ de merde, certes, mais j’étais maintenant dans la Grande Ville. Où je déployais mes ailes.
    Les années ont passé et en 1985, Renaud était maintenant une vedette reconnue au Québec. Il avait même une maison à Outremont. Un peu moins rebelle le mec, hein? Mais tout de même un grand compositeur à mon sens. Quand j’ai entendu «Mistral Gagnant », la toune, pas l’album, ça m’a secoué comme la foudre. Ça m’a foutu le cafard immédiatement, comme tu ne peux pas savoir. C’est le grand pouvoir de la musique de te faire vivre des sentiments et des souvenirs. Aujourd’hui encore, après toutes ces années, le résultat est inchangé : il me tue ce refrain. Depuis que j’ai décidé de faire une série de billets sur les disques qui m’ont marqué, je me suis un peu conditionné à les réécouter. Histoire de me rassurer que je ne me goure pas dans mes choix. Quand les premières notes de piano ont fait vibrer les enceintes acoustiques de mon bureau, j’ai eu le motton direct. Je n’y peux rien. Cette chanson me ramène dans la face un paquet de souvenirs. Quand Renaud, le chanteur, chante : « Et entendre ton rire s’envoler aussi haut/ Que s’envolent les cris des oiseaux/ Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie/ Et l’aimer même si le temps est assassin/ Et emporte avec lui les rires des enfants, ça me fait penser à Renaud, mon fils et ça me fait chialer. Oui, je sais que des chansons françaises, y en a eu des plus importantes, des plus célèbres, des plus tristes; de meilleures compositions par de plus grands, mais celle-là, c’est un poignard dans le coeur pour moi. Ça me dérange. La musique, c’est personnel et ça laisse des marques dans ta vie. Tu ne t’appelles pas Renaud pour rien, mon garçon. Quatre ans plus tard, même si je n’écoutais presque plus le chanteur, son nom t’allait toujours comme un gant. Tout petit et tout frêle dans mes bras, je te regardais et te chantais : «… Te parler du bon temps qu’est mort ou qui r’viendra/ En serrant dans ma main tes p’tits doigts…/ Et entendre ton rire qui lézarde les murs / Qui sait surtout guérir mes blessures… », en me disant que finalement, y avait peut-être un peu d’espoir pour les gars comme toi et moi dans ce monde…

    J’ai offert cet album, via iTunes, à mon fils, Renaud. Un beau et grand gaillard que j’aime.

    > Renaud / Mistral Gagnant sur iTunes

    Melomarc™ – Neutral Milk Hotel / In The Aeroplane Over The Sea

    Avec ce billet, j’introduis sur ce blogue, une toute nouvelle catégorie : Melomarc™ . Je tenterai de créer la liste (non ordonnée, trop difficile…) des albums qui m’ont le plus marqué au travers du temps. Toutes générations, tous genres et styles confondus. Vous en connaîtrez certains, d’autres non; ces albums seront des chefs d’oeuvres encensées par la critique ou des albums oubliés écrits par des artistes qui le sont tout autant. La musique, c’est quelquefois cérébral, mais toujours viscéral. Ça nous turlupine les tripes. La musique a toujours eu une place importante dans ma vie. J’en écoute au travail, dans mon auto, en joggant, en marchant, etc. Elle me fait rêver, penser, rire et pleurer. La télé n’est jamais ouverte à la maison, mais de la musique y joue en permanence. J’ai mes répertoires de party comme j’ai ceux de la mélancolie. J’ai des chansons qui viennent me remuer à l’intérieur, qui viennent me rappeler des événements tristes, mais aussi des périodes de vie exaltantes. La musique a la grande qualité de nous replacer dans le temps à un moment précis de notre vie. Elle nous fait aussi voyager. À l’extérieur, mais bien plus souvent à l’intérieur de soi. Bien que tous ces albums ont leurs histoires officielles, je raconterai la mienne en parallèle. Voyez ça comme un cahier… de notes. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur…

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    En 1998, Neutral Milk Hotel In The Aeroplane Over The Sea était l’album de l’année pour le magazine CMJ (College Musical Journal). Ce magazine consacré aux radios universitaires américaines a été pour moi une véritable révélation, il m’a permis de suivre les nouvelles musiques émergentes pendant la grande noirceur qui a précédé l’explosion du web. Il fut un temps où découvrir de nouveaux talents était une tâche ardue et quasi impossible en région. Oui, il y avait bien quelques émissions de radio comme Macadam Tribu et Bande-à-Part à Radio-Canada, mais la diffusion était plus difficile qu’elle ne l’est maintenant. Bref, CMJ était pour moi une façon de découvrir des groupes qui m’étaient alors pour la plupart inconnus; et comme le magazine arrivait avec un CD, c’était une mine d’or de découvertes qui s’ouvrait à moi, chaque mois. Je commandais les disques chez Archambault en me faisant arnaquer à chaque fois : je payais en moyenne entre 25 $ et 35 $ l’album avec un délai d’attente de plusieurs semaines. La révolution numérique a permis à des mélomanes comme moi d’assouvir leur soif de nouveautés.
    Neutral Milk Hotel a été le groupe qui m’a révélé des groupes du même genre comme Olivia Tremor Control et The Apples in Stereo, entre autres, mais avant tout m’a ouvert au style musical très particulier du Lo-Fi. Ce genre musical s’est vu nommé ainsi pour sa simplicité d’enregistrement (très rudimentaire avec un 4 pistes) et une distorsion des instruments (ce ne sont pas vos enceintes acoustiques qui fonctionnent mal, mais bien l’album qui sonne comme ça!). Le Lo-Fi c’était en même temps, la musique brute sans artifice; le même son que partagent la plupart des démos que les musiciens font parvenir aux labels. La naissance même d’une chanson. Le diamant brut. Sans artifice. Comme le musicien l’a conçu et senti la première fois. Le label Merge qui a produit l’album est devenu une véritable pépinière de groupes originaux et importants, Arcade Fire entre autres, pour ne nommer que celui-ci; d’ailleurs Win Butler, son leader charismatique, affirmait que In The Aeroplane Over The Sea était une des raisons pourquoi il avait eu confiance et avait signé avec Merge, leur premier contrat d’enregistrement. Le disque In The Aeroplane Over The Sea fait partie de la liste des 100 meilleurs albums de la décennie 90 (#4) selon Pitchfork Media, la bible du rock indépendant et il fait partie de mon Top personnel. Fait à noter, cet album n’a jamais quitté ma bibliothèque d’iPod depuis que j’en ai un. Ça, c’est un tour de force en soi pour un gars qui carbure aux nouveautés.

    J’ai offert cet album à Martin Larose, commentateur important de ce blogue, musicien lui-même, mais surtout grand érudit et vieux copain.

    > Neutral Milk Hotel – In The Aeroplane Over The Sea sur iTunes.