Menu principal:

Profil Facebook de Marc Gauthier

    Me suivre sur Twitter



     Lien RSS


  • Commentaires récents:

  •  

     

    Design

    Réinventer l’ordinaire

    Vous connaissez le syndrome de la page blanche? Même si votre métier n’est pas d’écrire, il doit vous arriver régulièrement de ne pas savoir comment vous y prendre pour régler un problème X. Vous analysez le tout en tentant de trouver une solution, mais vous arrivez rapidement à la conclusion que vous ne savez pas trop comment vous allez vous y prendre. C’est le néant devant vous. De deux choses l’une, soit vous prenez le problème un peu trop dans son ensemble et manquez par le fait même l’essentiel ou vous êtes persuadé d’être incapable de sortir du « standard ».
    En pub, nous sommes toujours confrontés à ces deux avenues. Tous les métiers ont besoin d’une bonne dose de créativité pour se réinventer. Encore faut-il éviter certains pièges.

    À trop vouloir, on fait mal
    La créativité est une arme redoutable pour persuader les gens, mais elle peut s’avérer difficile à maîtriser quand on en perd le contrôle. À la recherche d’un concept tellement original, à trop vouloir sortir du cadre et de créer un précédent, on oublie le mandat initial pour assouvir notre soif de création. Vous voulez des exemples? Les magazines de pubs et de design en débordent. Des clients qui servent de canevas à des artistes manqués. J’aime bien l’Art, mais détrompez-vous, nous sommes avant tout des communicateurs ou des vendeurs. On est pas là pour mousser notre carrière, mais bien le produit ou service d’un client. Quand on analyse certaines campagnes gagnantes de prix, on en apprécie le génie, mais est-ce que le résultat se fait sentir au niveau des ventes? La ligne est mince entre vouloir et trop vouloir. J’adore la pub bien faite et les campagnes originales, mais elles doivent avant tout servir le client. Si nous présentons les choses sans nous soucier de ce que les autres comprendront dans le message – c’est de l’art ordinaire. Quand nous les décrivons avec le souci que le message soit compris, c’est de la pub ordinaire. Quand on réussit à combiner les deux, c’est de l’Art avec un signe de $.

    Un pied sur le frein, ça stoppe; imaginez deux
    La créativité est un être fragile, parano et timide. Un bon concept peut ressembler à un vulgaire caillou, mais si on s’y attarde un peu et que l’on se met à le nettoyer et à le polir, il peut s’avérer un magnifique diamant. Pour ce faire, il faut traiter l’idée avec délicatesse et lui permettre d’éclore. C’est pourquoi la création est avant tout un acte solitaire. Je ne crois pas une minute à la création de groupe. Une étude parue dans La Presse démontrait l’inutilité des séances de brainstorming en équipe. La timidité de se tromper devant les autres, les personnalités qui prennent trop de place et les jugements tardifs sont les pires ingrédients pour tuer une idée dans l’oeuf. Déjà qu’il faut lutter contre sa propre censure, s’il faut qu’en plus vous deviez négocier avec celles des autres, vous êtes mort. Tout comme vos idées.

    C’est si compliqué d’être simple
    Les meilleurs concepts sont les plus simples. Regardez les campagnes de pubs qui vous ont plu, elles ont toute la même caractéristique : celle d’être évidente. La simplicité quand on veut passer un message est indispensable. S’il faut une explication pour comprendre votre message, on s’entend que vous venez de vous tirer dans le pied. Pour arriver à une idée facile à comprendre, il faut aller à l’essentiel. J’appelle ça lire le design. Si vous comprenez au premier coup d’oeil, ce que je tente de vous dire, j’ai la moitié de la job de fait. Il me reste à vous convaincre. Les idées simples font souvent peur au client. Alors certains nous forcent à les enrober. Comme rajouter un glaçage trop sucré pour étouffer le goût subtil d’un gâteau, ça devient indigeste.

    Je-me-moi
    Vous n’êtes pas une fin en soi. Si vous faites un truc qui vous plaît, ce n’est pas automatique que ça plaise aux autres. Le chanteur Daniel Bélanger chantait : « Sortez-moi de moi! » Il y un monde autour de votre nombril.

    Tout le monde le fait, fais-le donc
    C’était le slogan de la radio CKAC dans les années 80.  C’est dépassé. Ce n’est pas parce que vos concurrents font tous la même chose, que vous devez les suivre aveuglément. Même si vous vendez les mêmes trucs, vous vous devez d’être unique. Vous ne gagnez absolument rien à vouloir être comme les autres. Sinon qu’être dilué et invisible. À moins que vous ne soyez un poison, il n’y aucun avantage à en tirer.

    J’ai deux yeux, tant mieux
    C’est un cliché de le dire, je sais, mais il faut absolument s’habituer à voir le quotidien avec une nouvelle paire d’yeux. La solution est souvent à côté de vous, mais vous ne la voyez pas. À trop regarder ailleurs, vous passez et ne voyez rien. Je ne fais pas un métier routinier, mais j’ai des clients depuis des années à qui je dois produire des campagnes année après année. Même mandat, même clientèle, même budget. Rien ne change. Sauf ma manière de voir. Faites un formatage de la mémoire de votre cerveau.

    > Identification des toilettes réalisée par moi pour le défunt Bar-Spectacle L’Opéra. Réinventer l’ordinaire.

    Women like my type.

    Hum. Allez, je ne veux pas faire mon macho ni me vanter, mais c’est exactement ce qui se passe dans un dossier sur lequel je travaille depuis une couple de mois. Les femmes raffolent du caractère que je leur propose depuis le début de ce contrat. Elles adorent la poésie de mes lettres…
    Je vous taquine. Il n’est pas question de moi, mais de « type ». De typo. De typographie, en bon français. Le mandat sur lequel je planche est une refonte graphique totale pour un client très connu de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vous saurez le nom de celui-ci quand ça sera terminé. Ce qui est particulier, c’est que je travaille avec 3 femmes et qu’elles ont toutes les trois développé un goût poussé pour la belle typo, s’exclamant sur la forme d’un t capital par rapport à une minuscule; du délié* d’une lettre par rapport à une autre. Trouvant qu’une minuscule est trop frêle et que la majuscule est trop sévère. Je trouve ça cool. En fait, j’aime bien quand mes clients mettent leurs grains de sel et s’intéressent au projet en se l’appropriant. J’aime ça perdre le contrôle. Et c’est tout à fait normal, parce que moi j’ai d’autres mandats qui m’attendent tandis qu’eux devront vivre avec toutes ces nouvelles règles que l’on établit. Si ils sont directement responsables et d’accord avec les décisions qui se prennent, ils seront plus en mesure de les appliquer et d’en assurer la pérennité. C’est logique.
    Pour revenir à ses clientes qui aiment les belles lettres, ce qui me plaît par-dessus tout c’est la reconnaissance, de leur part, des particularités spécifiques et communicationnelles de la typographie. Leur compréhension quant au choix des graisses** et surtout de la possibilité de créer des contrastes, des couleurs, uniquement en jouant avec celles-ci. Comprendre aussi la possibilité d’unicité quant au choix typographique. Je tente de plus en plus d’inculquer à mes clients la pertinence de s’approprier une fonte particulière afin de se donner une image bien à eux. C’est souvent subtil pour bien des gens, mais le travail se fait quand même. Prenez le cas de refonte graphique de Bell. La mise en place de sa nouvelle plateforme graphique a été réalisée avec une typographie construite uniquement pour l’entreprise. En plus de lui donner une couleur tout ce qu’il y a de plus personnel, elle permet à la longue, une reconnaissance immédiate de la marque. Si c’est vrai pour une grosse entreprise comme Bell qui dépense énormément en publicité, ça l’est encore plus pour une plus petite. Moins une entreprise investit en publicité, plus elle se doit d’être rigoureuse quant à sa la reconnaissance de sa marque. Facile pour une entreprise comme Nike de changer de « look » selon sa gamme de produits avec sa capacité publicitaire, moins facile pour une entreprise microscopique avec un budget rudimentaire. Simple calcul.
    Un de mes premiers billets parlait de l’importance de la typographie dans la communication graphique. C’est l’élément qui départage le plus les autodidactes des professionnels du métier : le choix typographique, le respect de la forme, le bon crénage*** », etc. En plus, ça plaît aux femmes. Sometimes, woman fall in love with a great type…

    * Le délié correspond en typographie à la partie la plus fine d’un caractère, en opposition au plein (typographie). Le délié correspond à la largeur de ligne d’une plume tirée horizontalement, et a été repris par les typographes pour la création de caractères.

    ** En typographie, la graisse est l’épaisseur d’un trait ou d’un caractère. En augmentant la graisse d’un caractère maigre, on obtient un caractère demi-gras, puis gras, et ainsi de suite.

    *** Dans le domaine typographique, le crénage (kerning) est l’ajustement de l’espace entre les lettres d’une police à chasse variable. Dans une police bien crénée, l’espace entre deux lettres est identique, quelle que soit la paire de lettres considérée. Dans une fonte de caractère (numérique) créée dans les règles de l’art, le crénage est fait manuellement par le fondeur pour toutes les paires de caractères une à une. Dans le cas contraire, les logiciels de gestion de fonte peuvent le faire automatiquement, mais cela donne un moins bon résultat.Les paires de caractères doivent être testées et réglées dans les deux combinaisons possibles (par exemple ab et ba), l’espace à droite et à gauche de chaque caractère étant souvent différent en fonction de sa forme. Enfin, certaines lettres doivent se toucher comme les doubles t, double f ou fi (tt, ff, fi) : ce sont les ligatures.

    (source Wikipédia)

    Le Monde veut te voir.

    C’est sous ce thème que le Festival des Rythmes du Monde lançait sa programmation 2010, aujourd’hui même. Devenu un véritable produit d’appel touristique pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean comme le démontre son adhésion au club sélect du RÉMI (Regroupement des événements majeurs internationaux du Québec), le FIRM fera danser et chanter la population du 29 juillet au 8 août prochain. Pour l’occasion, un nouveau présentateur (Loto-Québec), une nouvelle image et un tout nouveau site internet.
    Le thème «Le Monde veut te voir» prend tout son sens quand on comprend que c’est l’occasion qui s’offre au Festivalier : celle de se faire visiter par des gens de cultures différentes. C’est comme voyager à l’envers. Le Monde vient visiter le Saguenay par ses artistes, chanteurs et musiciens. Pour ceux qui ont déjà participé au Festival, la deuxième signification du slogan est facile à comprendre : y a du monde à voir et à rencontrer!
    Pour l’image, comme à mon habitude pour le Festival j’ai mis l’accent sur la couleur, le mouvement… et une touche d’humour. En créant un personnage à partir d’instruments de musique multiethniques, cela me permettait de pouvoir faire dire le slogan à celui-ci et de rendre le design plus sympathique.
    Pour le site internet, programmé par Jonathan Dubé (pas de site… cordonnier mal chaussé!), une nouveauté intéressante est celle de pouvoir créer son propre horaire afin de ne rien manquer pendant ces deux semaines intensives. Il faut le visiter souvent puisque plein de nouveautés viendront s’y greffer jusqu’au festival.
    Pour ce qui est des artistes à ne pas manquer (et c’est un choix bien personnel…) : Diblo Dibala du Congo, Ky-Mani Marley (le fils de Bob…) de Jamaïque, Wesli d’Haïti, Kaba Huro de la Bulgarie… et bien sûr les Gipsy Kings!
    Si vous planifiez des vacances au Saguenay, la fin juillet est le meilleur temps et vous ferez d’une pierre deux coups en découvrant des cultures, des rythmes et surtout, des gens différents!

    BP – Quand British Petroleum devient British Polluters

    “BP doesn’t stand for Beyond Petroleum. It stands for Burning the Planet.”
    — GREENPEACE

    La catastrophe écologique du Golf du Mexique est révoltante et ne laisse personne indifférent. Greenpeace UK a décidé de lancer une campagne publicitaire pour dénoncer le responsable, la compagnie BP. Comme première offensive, l’organisation environnementale a réussi à changer l’identification visuelle sur la banderole de la compagnie fautive directement à son siège social en remplaçant les mots « Petroleum » par « Polluters ». Ensuite une campagne dans les médias sociaux demandant aux internautes à travers le monde de leur soumettre un nouveau logo pour la compagnie fautive (vous avez plus bas, les propositions à ce jour…). Jusqu’à ce jour, 300 logos ont été créés et diffusés sur Flickr. En passant, si vous visitez le site dédié à cette campagne, vous constaterez que Greenpeace écorche au passage l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, parlant de destruction de la forêt boréale canadienne.
    Greenpeace n’est pas à ses premières campagnes de dénigrement envers une compagnie polluante. BP étant une victime facile et évidente, l’organisation environnementale préfère souvent s’attaquer aux marques qui usent de « greenwashing ». Bien que l’organisation peut quelquefois être contestée, elle demeure un redoutable adversaire quant à sa façon de rejoindre les dissidents à travers le monde par l’utilisation judicieuse des médias sociaux. Dans ce cas-ci, on s’entend pour dire qu’elle a parfaitement raison de gueuler…

    Un parc plus grand que nature

    Hier, malgré la canicule, j’ai quand même décidé d’aller courir un peu. Comme l’asphalte ne représentait pas un choix très judicieux selon moi, j’ai choisi un endroit plus frais en me réfugiant dans les sentiers du parc de la Rivière-du-Moulin. Pour les Montréalais, ce parc est notre Mont-Royal à nous, à Chicoutimi. Parc urbain hors normes, ce havre de nature en pleine ville comble les besoins de nombreux citoyens au niveau de leurs activités de plein air. De madame-tout-le-monde qui promène son chien, à la petite famille qui pique-nique, en passant par les joggeurs et les skieurs de fond, l’hiver, le parc permet un rapprochement avec la nature tout en restant en ville.
    Quand la Corporation qui gère le Parc m’a approché pour que je les aide un peu au niveau de leurs communications, j’ai tout de suite accepté. Nous sommes privilégiés de pouvoir se servir de ce parc à longueur d’année, pour si peu de frais (les activités sont pour la plupart gratuites — sauf pour le ski de fond où il faut payer quelques dollars ). Même s’il partage le même chapeau de « parc de quartier » avec ses pairs de la Ville de Saguenay, tous s’entendent pour dire que l’on a plus affaire à un parc se rapprochant de ceux de la SEPAQ.
    J’ai créé le logo à partir des lettres R et M pour obtenir une petite mésange; locataires du parc, ces oiseaux — il faut aller se promener jusqu’au bout de la rivière, l’hiver, pour les nourrir à même nos mains… — représentent bien le côté amical et ludique du Parc. Le R bleu représente aussi la rivière qui traverse le parc et le vert, sa forêt diversifiée. Comme la plupart des gens appellent déjà l’endroit « parc Rivière-du-Moulin », diminuer les articles « de la » et « du » permettait de mettre les mots importants en évidence.
    De belles choses s’en viennent pour le parc de la Rivière-du-Moulin. Il est encore trop tôt pour vous en parler, mais si vous êtes du Saguenay, profitez de la belle saison pour redécouvrir le Parc et si vous êtes de l’extérieur, en visite au Saguenay, venez faire un tour!

    C’est au centre-ville que ça se passe.

    C’est ce soir qu’aura lieu le lancement officiel du magazine CVS (Centres-Villes Saguenay) Printemps 2010 au Resto Bistro Le Spag à Chicoutimi. Troisième édition de ce magazine qui décrit les activités des centres-villes de Saguenay; les commerces certes, mais surtout les gens qui y travaillent et y vivent. Véritable outil de promotion qui se veut une fenêtre pour le développement du coeur même d’une ville. Piloté par le département d’Industrie et Commerce de Promotion Saguenay, ce magazine représente une somme de travail énorme; surtout parce que nous, l’équipe de production, avions décidé de tout faire : les textes, photos, concepts de pubs pour donner une saveur très « Saguenay » à celui-ci. Les commerçants qui y ont participé ont embarqué dans nos folies les plus grandes, les concepts les plus audacieux et les réalisations les plus osées. Tous les mannequins figurants dans la plupart des publicités travaillent aussi dans le centre-ville : ainsi, pour la publicité d’une quincaillerie de Chicoutimi-Nord, on a choisi une serveuse d’un restaurant de Jonquière, pour une pub d’un magasin de souliers de Chicoutimi, une caissière de la Caisse Desjardins de Chicoutimi. C’est notre troisième édition et je dois dire que c’est la plus intéressante. Nous avions réussi à réaliser un magazine de qualité lors de nos deux premières parutions, mais celui-ci avec ses 52 pages vient de mettre la barre encore plus haute pour le prochain. Aux photos, Paul Cimon (et son assistant Sylvain Tremblay); de Promotion Saguenay : Marie-Josée Boudreault, à la coordination (mais tout autant au décor – on lui doit la maison sur la couverture, au maquillage et même mannequin dans une pub!), Francois Hains (comme coéditeur, mais on lui doit aussi certaines idées de concept de pub!), Ruth Vandal et Sophie Bouchard aux communications et moi, à la direction artistique et graphisme. Un véritable travail d’équipe. D’ailleurs, sur le plateau de photo ou dans les réunions de travail, chacun amènait ses idées et personne, malgré son titre, n’avait plus de chance qu’un autre de voir son idée primée. Le produit est roi et non les individus. Je pense que c’est de cette manière que cela doit se passer. Dans les dossiers que je pilote, je tente de plus en plus de laisser une place importante au client, pour qu’il participe à la création et au développement de sa marque. Il ne faut que le titre pompeux de « directeur artistique » ou « de création » nous donne un rang intouchable, qu’il nous donne le privilège d’être le seul à avoir des idées spectaculaires et inébranlables. Quand tu travailles sur un dossier en équipe, si tu n’es pas celui qui trouve l’idée finale, tu peux quand même être celui qui met la table et en permettre l’éclosion (j’en parle dans ce billet). Difficile d’attribuer le mérite d’un concept à une seule personne lors d’une séance de brainstorming. Certains appellent ça le partage du mérite, j’appelle ça la maturité créative. En vieillissant, j’ai moins besoin d’avoir les projecteurs sur moi, et je préfère maintenant que ce soit les produits dont je vante les mérites qui les aient. Je vous invite à feuilleter le magazine, de le lire et le conserver, mais surtout de visiter le centres-villes de Saguenay.

    > MAJ En lisant le commentaire de Marc-André, ça m’a rappelé qu’en nommant des gens qui ont participé à la création de CVS, je pouvais en oublier… et c’est arrivé! Je rectifie tout de suite. Les maquillages sont d’Esthétique Pascale Rodrigue et les coiffures de Zone Urbaine, de Geisha à Chaplin en passant par une poupée géante, les filles ont su recréer parfaitement ce que l’équipe avait en tête. Tant qu’à parler d’autres artisans dans l’ombre : à la rédaction, Yves Ouelet, Marie-Josée Boudreault (W) et Monique Gauvin. Voilà!

    > Pour feuilleter le magazine en PDF

    Good design is good design.

    Hier, j’étais en rencontre avec un client et une firme de programmation web. Nous discutions de certains changements que nous voulions apporter au site du client, de certaines améliorations au niveau des fonctionnalités et finalement remettre le design de celui-ci à niveau. Comme je venais de créer une nouvelle image pour cette entreprise, c’était normal que la vitrine principale vers l’extérieur (lire Internet) reflète ce renouveau. La discussion allait bon train jusqu’à ce que j’entende de la part du programmeur, une phrase qui me hérisse toutes les fois que je l’entends : « il faut faire un bon design « web », la plupart des boîtes de graphisme ne maîtrisent pas ce genre de design…».
    Bad design is bad design. Point. Pas besoin d’avoir la tête à Papineau pour comprendre que si tu es un mauvais designer, tu ne réussiras pas plus à faire du bon design trad’ que du bon design web. Ce n’est pas une question d’application, mais de connaissances techniques et de la maîtrise de celles-ci. On voit du mauvais design partout : sur le web oui, mais tout autant sur des affiches, dans les journaux, et sur des documents imprimés. Du design qui ne devrait pas porter ce nom. Des pièces qui bafouent les règles de visibilité et de structure d’information; des productions qui négligent les normes typographiques et qui finalement ne tiennent pas compte de la clientèle pour laquelle elles ont été créées, ni du média sur lesquelles on les exploite. Bad design. Quand une publicité créée pour un côté d’autobus est illisible quand on la regarde de notre voiture, ce n’est pas bon; mais on ne dit pas que le graphiste qui l’a produit n’est pas un bon graphiste de «publicité d’autobus», on dit simplement qu’il n’est pas un bon graphiste. Point. Quand un concepteur produit une publicité sur un panneau de route et que le slogan de cette pub contient quatre phrases en typo condensé, ce n’est pas qu’il ne maîtrise pas le médium, mais c’est simplement qu’il est un mauvais concepteur. Point. Bad design is bad design.
    Good design is good design. Partout. Sur le web et sur les imprimés. Quand on lit un document et que l’on ne se pose pas de question par rapport au sens de lecture et que la structure d’information même abondante est digérable, c’est du bon design. Quand un graphiste conçoit une brochure pour une clientèle plus âgée et fait un choix typographique conséquent, c’est du bon design. Quand un designer opte pour des couleurs, des contrastes et des formes en fonction d’un besoin et non de ses goûts personnels, c’est du bon design. Un bon designer s’adapte aux médias dans lesquels ses productions vont se retrouver; son approche conceptuelle s’adaptera aux exigences de celui-ci et tirera tout autant profit de ses avantages. Tel un bon cusininier capable de s’adapter aux arrivages et aux saisons, un bon designer s’ajuste aux contraintes et trouve toujours la manière de bien passer son message.
    Ce n’est pas un programmeur qui viendra me dire comment être un bon designer. Comme ce n’est pas moi qui donnerai des directives techniques de programmation à un programmeur. De la même façon que je ne dirai pas à un photographe digne de ce nom comment éclairer son sujet. C’est pour ça que je l’engage. Je me fie à lui. S’il éclaire mal, ma conclusion est que ce n’est pas un bon photographe, pas un bon photographe qui s’éclaire mal. C’est son job et je le paie pour ça. Pour les mêmes raisons que mon client m’a engagé. Pour mon talent de designer. Pas de designer web. De bon designer, point.

    > Good Design : logo de Milton Glaser qui n’a pas pris une ride depuis 1977

    Culture Code

    Pour faire suite à mon billet précédent, je vais vous parler de Clotaire Rapaille. J’ai entendu le bonhomme pour la première fois, comme la plupart des gens, il y a une dizaine d’années, lors d’une intervention dans l’émission de Marie-France Bazzo à la radio de Radio-Canada. Parenthèse critique : suis-je le seul à m’ennuyer de cette émission? J’ai bien tenté Bazzo.tv, mais le format radio était beaucoup plus génial et pratique, dans mon cas, puisque je ne suis pas vraiment un fan de télé. Fin de la parenthèse. Dans cette émission, Clotaire Rapaille parlait du marketing culturel et faisait la distinction entre les différents paradigmes qui nous définissent. Il expliquait pourquoi un produit commun en Belgique était difficile à commercialiser en Russie. Pourquoi le chocolat ne plaisait-il pas aux Japonais? L’exemple le plus percutant était la différence entre la commercialisation du fromage en France et celle des États-Unis. Le parallèle fascinant qu’il expliquait était au niveau des perceptions différentes qu’avaient les consommateurs selon leurs origines. Pour le Français, par exemple, le fromage était « vivant ». On devait le toucher pour s’assurer de sa fraîcheur. L’acheteur discutait « vie » avec le marchand. De mûrissement. Quand le fromage emballé arrivait à la maison, il était déposé sur le comptoir pour rester chambré, température pièce jusqu’à sa consommation. Au contraire, pour l’Américain, le fromage était « mort ». Emballé sous vide, réfrigéré, aseptisé. Le consommateur américain prenait le fromage dans le frigo du magasin et le déposait à même son frigo personnel. D’une morgue à l’autre, finalement. Il le consommait froid, tuant ses effluves. La peur des bactéries, entre autres. J’avais été très captivé par cette entrevue, à l’époque. Je trouvais fascinant ce champ d’expertise qui m’allumait sur la distinction culturelle par rapport à la consommation, expliquant que le même produit pouvait connaître des succès différents selon les cultures. Puisque l’émission était déjà commencée et que je n’avais pas saisi le nom de l’interlocuteur, j’avais envoyé un courriel à l’équipe d’Indicatif Présent qui m’avait gentiment répondu. J’avais alors commandé le livre « Seven Secrets of Marketing In A Multicultural World » de Rapaille (livre prêté/non retourné — d’ailleurs | si quelqu’un se reconnaît, j’aimerais bien le récupérer, merci… ). Beaucoup plus tard, j’avais acheté « Culture Code » qui m’avait moins séduit, mais que j’avais tout de même apprécié.
    Ces livres m’auraient été d’une grande utilité lors d’un de mes voyages en Haïti. Pour mieux comprendre comment nos codes culturels étaient différents. J’avais eu comme mandat de revamper, pour la filiale haïtienne de Kimberly Clark, un emballage de serviettes hygiéniques. La marque était « New Freedom », le client avait décidé de garder le nom en anglais parce que la traduction française « Liberté nouvelle » aurait peut-être été mal perçue par les autorités politiques. Il ne faut pas oublier que nous étions avant l’arrivée d’Aristide au pouvoir, entre deux coups d’État.  Pour un communicateur né en pays démocratique où l’on pouvait tout dire, ou presque, juste réaliser que le nom d’un produit pouvait être mal perçu et retiré des tablettes pour une simple connotation était assez désorientant. Le client dans son désir de ne pas trop aliéner sa clientèle déjà durement acquise m’avait demandé de garder le dessin d’un papillon qui ornait l’emballage original pour permettre une certaine reconnaissance du produit. Ce que je croyais juste et perspicace. Analysant la photo d’un papillon, je me rendis compte que certains ornements très symétriques dans les ailes de celui-ci ressemblaient à un visage humain. J’avais donc eu la brillante idée de mettre le visage d’une jolie Haïtienne dans le papillon et de me servir de ses yeux pour reproduire le motif. Le design me plaisait (on parle d’un truc réalisé en 1995, soyez indulgent…). Je gardais le dessin original de l’emballage, tout en créant une signature plus moderne et audacieuse. Je préparai donc une maquette dans le but de la présenter au comité marketing de Kimberly Clark composé d’Haïtiens, mais aussi d’Américains et de Canadiens. Lors de ma présentation, je voyais bien qu’il y avait un malaise parmi les membres haïtiens du comité. Uniquement les Haïtiens. Quand on fit un tour de table, la première Haïtienne qui prit la parole exprima aussitôt la peur (!) que l’emballage lui inspirait. Peur de ce visage emprisonné (!!) dans le corps d’un papillon. Les autres opposants parlaient de vaudou (!!!!) et de prise de possession de l’âme de la femme par le papillon (!!!!!). J’étais bouche bée. Ce simple emballage purement esthétique, à mon avis, prenait des proportions démesurées et surtout insoupçonnées aux yeux d’une culture différente à la mienne. Pas besoin de vous dire que je suis revenu à un emballage plus naïf, utilisant le papillon tout simplement comme un élément décoratif, tentant le moins possible de le mettre en valeur. Le premier truc qui me vint à l’esprit le soir, en faisant le post-mortem de ce dossier, était le grand nombre de produits étrangers se rivant le nez sur des cultures différentes. Combien de demi-succès étaient attribuables à de mauvaises raisons, alors qu’une simple question d’identité culturelle faisait défaut! Combien, même chez nous, un produit pourtant destiné à une clientèle ne s’adapte pas à celle-ci, uniquement parce qu’elle n’utilise pas les bons codes? La bonne vieille règle de s’intéresser aux clients de ses clients est encore la meilleure à mettre de l’avant. Ne pas permettre à ses références personnelles de dicter ses choix. Tenter de comprendre les autres, comme ils sont.  Ici ou ailleurs. Merci pour la leçon, M. Rapaille.

    > Culture Code | Clotaire Rapaille

    Retour de/sur Londres.

    Pas facile les retours. Mais comme je suis encore en vacances, je n’ai pas trop à me plaindre et disons que j’en ai vécu des pires que ça dans ma vie. Voici en vrac, quelques réflexions, clichés et anecdotes sur mon court séjour à Londres. Voyez ça comme les twits que j’aurais aimé écrire sur place…

    Si vous voulez photographier un Tigre, ne le faites pas dans un aéroport
    À l’aéroport Heatrow, aux douanes, trône une publicité d’Accenture mettant en vedette un Tiger Wood songeur devant l’emplacement difficile d’ou il s’apprête à frapper son prochain coup. Le slogan : It’s What You Do Next That Counts. Je trouvais l’ironie trop belle et j’ai voulu l’immortaliser sur photo… en oubliant que j’étais dans un aéroport. Vérification de ma caméra par la sécurité et un avertissement. Je le ferai plus, maman.

    O Cacanada, terre non bitumineuse
    Jour 1, Trafalgar Square, à deux pas de notre hôtel, se tenait une manifestation en marge du Sommet de Copenhague sur le climat. Des gens occupaient la place avec leurs tentes et tout le bataclan pour tenir le fort: bouffe, réchaud, etc. Leur cible de prédilections : les sables butimuneux du Canada. Drapeau canadien dégoulinant de pétrole en berne; welcome to London, boys…

    Le bon vieux bouche-à-oreille nous épargne de faire des pieds et des mains pour rien
    Qu’il soit direct, par internet, de la part d’amis très proches, d’amis Facebook ou d’utilisateurs de forums de voyage, le bon vieux word-of-mouth est le moyen le plus efficace pour ne pas se tromper et bénéficier de précieux conseils quand on veut voyager : mon hôtel Les Citadines Trafalgar Square était parfait. Pas cher, très propre et tranquille. Amateurs de grand luxe, ce n’est pas pour vous. Pour les autres, vous avez le right spot. Merci Martin pour le tuyau…

    Le pixel c’est ben beau, mais le grain c’est encore mieux
    Au National Portrait Gallery, une super exposition de photos intitulée The Beatles to Bowie nous attendait. Couvrant le rock des années 60 en photo, de super clichés connus et inédits des figures de proue du rock britannique étaient exposés. Les trois gars sont tombés en amour avec la photo de Jane Birkin. Serge devait avoir du goût…

    Mexican British Museum
    Avouons que le hasard fait bien les choses. Au British Museum se tenaient deux expos sur le Mexique: Moctezuma (le roi-serpent), mais surtout la Révolution sur papier (traduction libre) — une expo sur les affiches produites par des artistes mexicains pendant la révolution. Expo assez intéressante pour en acheter le catalogue…

    Des livres qui coûtent des livres
    Je ne peux m’empêcher d’acheter des livres de design en voyage. Trop la plupart du temps. Certaines mauvaises langues vous diront, pas uniquement en voyage… Je n’ai pas ouvert une seule page des livres ramenés de Barcelone en juin dernier et voilà que j’ai rempli mon sac de cabine de 200 lb de livres à 200 livres. Les livres en Europe sont toujours trop chers et en Angleterre ils sont exorbitants. Un livre acheté chez Amazon.ca à 25 $ CAN est à 25 pounds à Londres (40 $ CAN) — le calcul se fait vite….. OK, ça ne m’a quand même pas empêché d’en ramener quelques-uns…

    Pas de la petite bière
    Mea Culpa : je suis un buveur de bière. De vin aussi, mais ma bedaine trahit encore plus un amour du houblon. Et à Londres, les pubs pullulent. Je ne dirai pas combien nous en avons visités, mais disons assez pour se faire une idée de la cordiabilité des ses hôtes et de ses habitués ainsi que du large choix de bières disponibles.

    Sorry We Are Closing
    Nous étions trois couche-tard dans une ville qui se couche de bonne heure.  Pas facile. La plupart des pubs ferment à 22 h. Leurs cuisines à 21 h. Pour des gars habitués à bouffer tard normalement, disons que ce n’était pas évident.

    Shopping in the rain
    La journée consacrée au shopping fut celle où la Tamise a dû remonter d’un pied. Le déluge. Quelle bonne idée que d’avoir retiré de mon sac le parapluie que je trainais depuis le début de mon périple.  Résultat : mouillé jusqu’aux genoux à travers une marée (!) de monde parcourant les boutiques avant Noel.

    Stupeur et ronflements
    3 colocs fatigués, ça ronfle.

    Des fumées d’usine coiffent la ville d’ocre, de rouge et de violet
    Liverpool comme le chantait Renée Martel (quelle culture, avouez!) est une ville intéressante (surtout la vieille partie). Même si notre séjour fût de courte durée, nous avons pu constater que la Liverpool est définitivement Beatles.

    Et les Londonners?
    Gentils, polis et souriants. Les Londoniens sont très sympas. Dans les pubs, les musées, les boutiques et sur la rue, les gens étaient avenants, toujours prêts à t’aider à retrouver ton chemin. On m’avait parlé en bien de ceux-ci, je ne peux que confirmer. Première visite, mais pas la dernière…

    INTERCAR a 50 ans.

    intercar50Peu d’entreprises peuvent se targuer de passer le cap de la vingtaine, encore beaucoup moins celui de la cinquantaine. Souvent, les entreprises préfèreront se fusionner à plus gros afin de prendre une nouvelle part de marché ou tout simplement se faire avaler par plus gros. Intercar est différent : l’entreprise va réussir à passer la cinquantaine en faisant cavalier seul tout en prenant de l’expansion hors de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et développer le marché de Québec et de la Côte-Nord. Intercar a toujours su être un citoyen corporatif de premier niveau : ses associations à des causes sociétales, culturelles et sportives l’ont aidé à rayonner au-delà de son core-business qui est de transporter des gens. Si l’entreprise a une aussi grande crédibilité, c’est surement en grande partie dû à ses dirigeants qui ont su insuffler à tout le groupe des valeurs solides axées sur la famille et le respect des autres. Là ou bien des entreprises se tiraillent et perdent au change, Intercar a quant à elle su tirer profit d’être une entreprise familiale, générationnelle. Dans ce contexte, fêter ses cinquante ans n’est pas à dédaigner.  Lors de mon analyse pré conceptuelle, l’élément qui revenait le plus souvent était la notion de « gens ». La notion humaine. Indissociable d’un transporteur comme Intercar. Si pour certains, la notion de travailler avec des gens est difficile, pour Intercar, c’est tout à fait naturel. Elle s’y intéresse à plusieurs niveaux : premièrement sa clientèle directe utilisatrice de son service, ses propres ressources humaines et les gens auxquels elle touche via sa fondation. L’entreprise a d’ailleurs bonne réputation, c’est un excellent citoyen corporatif qui le rend bien à ses concitoyens. Il était impensable, dès le départ de mon pitch créatif de fouiller des idées qui ne sensibiliseraient pas directement ce capital humain qui gravite autour d’Intercar. Impensable, donc, de tomber dans un concept « meilleur/grand/chef de file » : une entreprise qui excelle n’a pas à en rajouter et crier haut et fort qu’elle est meilleure, elle l’est. Point. Ce sont des notions éculées qui ne touchent plus personne de toute façon : tout le monde est exceptionnel selon sa propre définition. Comment dire aux gens que depuis 50 ans, si nous sommes là, c’est grâce à eux? Comment dire à la population en général qu’Intercar, pendant les cinquante dernières années, a réussi à se rendre où elle est maintenant en capitalisant sur sa clientèle? En donnant la place à laquelle tous ces gens ont droit. En leur offrant un autobus. Celui du 50e. En conceptualisant celui-ci, j’ai voulu créer une fresque de noms reliés ensemble qui reprendrait le design déjà connu de ses autobus, mais au lieu d’utiliser des formes pleines, de remplacer celles-ci par des milliers de signatures. Relier des noms comme se relie un réseau routier. Parce qu’à la base, c’est ce que fait Intercar : relier des gens entre eux ou des lieux en créant des rapprochements, en transportant un élève à son école, un voyageur à sa destination, une grand-maman chez sa fille, etc. Bien que l’idée me soit venue d’utiliser de vraies signatures, la complexité et le manque de rigueur de l’exercice m’ont fait opter pour une seule signature, la mienne. Couvrir un autobus complet de milliers de noms de passagers, mais aussi d’employés est une façon pour Intercar de laisser ceux-ci faire leurs marques en prenant place sur un bus. Leur bus. J’avoue que ce fût une job de moine très complexe, mais le résultat valait les nombreuses heures de réalisation… de toute façon, ça commence à faire partie de ma vie, de me la compliquer…