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    Bouffe

    L’effet Velveeta.

    Cet après-midi je faisais remarquer à ma copine qu’une telle personne avait changé d’attitude du tout au tout vis-à-vis moi. Il n’était pas devenu soudainement un grand ami, mais il m’apparaissait beaucoup plus sympathique et agréable que par le passé. Ma conclusion était simple : il avait changé. Pour le mieux. Après tant d’années, il avait enfin compris que son comportement n’était pas le plus cordial et qu’un changement s’imposait; ce qu’il avait fait en apportant des améliorations majeures à sa personnalité. J’en étais persuadé; jusqu’à ce que ma blonde me manifeste bêtement un scepticisme sur ce constat simpliste en me balançant : « … et si c’était toi qui avais changé? »
    Ouin. Vu de même. J’avoue que je n’avais pas pensé à cette alternative. Je me suis mis à me rappeler certains épisodes de ma relation avec cet individu et mes arguments prouvant qu’il ait changé se sont effrités lentement pour laisser place à une auto-évaluation quelque peu sévère. Dans ma conclusion tardive, j’avais omis combien l’on est trop souvent d’accord avec soi-même. Tellement, que l’on oublie que les autres évoluent en satellite autour de notre nombril. Que contrairement à ce que l’on pense la faute d’une situation négative n’est pas toujours attribuable à autrui, mais bien au contraire, à soi-même. Que ce que l’on perçoit comme changement chez les autres n’est peut-être inconsciemment qu’un réaiguillage de nos perceptions personnelles qui ont évoluées. J’appelle ça l’effet Velveeta.
    Quand j’étais enfant, je raffolais de ce fromage orange enveloppé dans un papier ciré et déposé dans une boîte de carton jaune. J’habitais avec mes parents, l’appartement au-dessus de chez mes grands-parents et je descendais souvent déjeuner chez eux. Mon grand-père mangeait de ce fromage-là tous les matins. Il nous préparait des rôties de pain cuit sur la sole et nous appliquions notre délicieux fromage sur celles-çi. C’était un moment magique. La preuve est que je m’en souviens encore. Il y a quelques années, alors que je faisais l’épicerie, je suis tombé au hasard des allées sur cette fameuse boîte de fromage et je n’ai pas pu résister à m’en procurer. Le lendemain matin, j’ai tenté de recréer ce petit rituel d’enfant, en me préparant à déjeuner comme « dans le temps ». Quand j’engouffrai ma première bouchée, je ne pus me convaincre de la garder dans ma bouche plus longtemps. Le fromage jaune dans ma bouche avait une texture de plastique et un goût de composé chimique. Mon rêve a pris le bord, en même temps que le fromage fût recraché. Cette expérience gastronomique était à des années-lumières de mes souvenirs. C’était dégueulasse et aucunement comme je me l’imaginais. Au début, je me suis mis à penser que Kraft avait changé la recette et que le « nouveau Velveeta » n’arrivait pas à la cheville de l’ancien. La conclusion était pas mal plus primaire que ça : c’était moi qui étais nouveau dans cette expérience. C’était moi qui avais « évolué ». C’était moi qui avais affiné mon bagage gastronomique et était dorénavant capable de saisir les subtilités culinaires. Le goût du fromage Velveeta n’avait rien à voir là-dedans. Il n’avait pas été modifié depuis 40 ans. Mais moi, si.
    Cette conscientisation n’est pas qu’applicable aux produits que nous consommons, mais aux gens que nous côtoyons, les lieux que nous visitons et les entreprises avec qui nous faisons des affaires. Nous sommes souvent sévères avec ces produits ou ces personnes par rapport à des changements perçus alors qu’ils ne sont imputables qu’à nous mêmes. Certes, le monde évolue, mais rarement au même rythme que nos perceptions. Si vous en doutez et que vous avez l’estomac solide, faites comme moi le test Velveeta.

    Retour de/sur Londres.

    Pas facile les retours. Mais comme je suis encore en vacances, je n’ai pas trop à me plaindre et disons que j’en ai vécu des pires que ça dans ma vie. Voici en vrac, quelques réflexions, clichés et anecdotes sur mon court séjour à Londres. Voyez ça comme les twits que j’aurais aimé écrire sur place…

    Si vous voulez photographier un Tigre, ne le faites pas dans un aéroport
    À l’aéroport Heatrow, aux douanes, trône une publicité d’Accenture mettant en vedette un Tiger Wood songeur devant l’emplacement difficile d’ou il s’apprête à frapper son prochain coup. Le slogan : It’s What You Do Next That Counts. Je trouvais l’ironie trop belle et j’ai voulu l’immortaliser sur photo… en oubliant que j’étais dans un aéroport. Vérification de ma caméra par la sécurité et un avertissement. Je le ferai plus, maman.

    O Cacanada, terre non bitumineuse
    Jour 1, Trafalgar Square, à deux pas de notre hôtel, se tenait une manifestation en marge du Sommet de Copenhague sur le climat. Des gens occupaient la place avec leurs tentes et tout le bataclan pour tenir le fort: bouffe, réchaud, etc. Leur cible de prédilections : les sables butimuneux du Canada. Drapeau canadien dégoulinant de pétrole en berne; welcome to London, boys…

    Le bon vieux bouche-à-oreille nous épargne de faire des pieds et des mains pour rien
    Qu’il soit direct, par internet, de la part d’amis très proches, d’amis Facebook ou d’utilisateurs de forums de voyage, le bon vieux word-of-mouth est le moyen le plus efficace pour ne pas se tromper et bénéficier de précieux conseils quand on veut voyager : mon hôtel Les Citadines Trafalgar Square était parfait. Pas cher, très propre et tranquille. Amateurs de grand luxe, ce n’est pas pour vous. Pour les autres, vous avez le right spot. Merci Martin pour le tuyau…

    Le pixel c’est ben beau, mais le grain c’est encore mieux
    Au National Portrait Gallery, une super exposition de photos intitulée The Beatles to Bowie nous attendait. Couvrant le rock des années 60 en photo, de super clichés connus et inédits des figures de proue du rock britannique étaient exposés. Les trois gars sont tombés en amour avec la photo de Jane Birkin. Serge devait avoir du goût…

    Mexican British Museum
    Avouons que le hasard fait bien les choses. Au British Museum se tenaient deux expos sur le Mexique: Moctezuma (le roi-serpent), mais surtout la Révolution sur papier (traduction libre) — une expo sur les affiches produites par des artistes mexicains pendant la révolution. Expo assez intéressante pour en acheter le catalogue…

    Des livres qui coûtent des livres
    Je ne peux m’empêcher d’acheter des livres de design en voyage. Trop la plupart du temps. Certaines mauvaises langues vous diront, pas uniquement en voyage… Je n’ai pas ouvert une seule page des livres ramenés de Barcelone en juin dernier et voilà que j’ai rempli mon sac de cabine de 200 lb de livres à 200 livres. Les livres en Europe sont toujours trop chers et en Angleterre ils sont exorbitants. Un livre acheté chez Amazon.ca à 25 $ CAN est à 25 pounds à Londres (40 $ CAN) — le calcul se fait vite….. OK, ça ne m’a quand même pas empêché d’en ramener quelques-uns…

    Pas de la petite bière
    Mea Culpa : je suis un buveur de bière. De vin aussi, mais ma bedaine trahit encore plus un amour du houblon. Et à Londres, les pubs pullulent. Je ne dirai pas combien nous en avons visités, mais disons assez pour se faire une idée de la cordiabilité des ses hôtes et de ses habitués ainsi que du large choix de bières disponibles.

    Sorry We Are Closing
    Nous étions trois couche-tard dans une ville qui se couche de bonne heure.  Pas facile. La plupart des pubs ferment à 22 h. Leurs cuisines à 21 h. Pour des gars habitués à bouffer tard normalement, disons que ce n’était pas évident.

    Shopping in the rain
    La journée consacrée au shopping fut celle où la Tamise a dû remonter d’un pied. Le déluge. Quelle bonne idée que d’avoir retiré de mon sac le parapluie que je trainais depuis le début de mon périple.  Résultat : mouillé jusqu’aux genoux à travers une marée (!) de monde parcourant les boutiques avant Noel.

    Stupeur et ronflements
    3 colocs fatigués, ça ronfle.

    Des fumées d’usine coiffent la ville d’ocre, de rouge et de violet
    Liverpool comme le chantait Renée Martel (quelle culture, avouez!) est une ville intéressante (surtout la vieille partie). Même si notre séjour fût de courte durée, nous avons pu constater que la Liverpool est définitivement Beatles.

    Et les Londonners?
    Gentils, polis et souriants. Les Londoniens sont très sympas. Dans les pubs, les musées, les boutiques et sur la rue, les gens étaient avenants, toujours prêts à t’aider à retrouver ton chemin. On m’avait parlé en bien de ceux-ci, je ne peux que confirmer. Première visite, mais pas la dernière…

    Par nous, pour nous.

    FOIRE_COMMERCIALE-logo« Louise, citoyenne de Saguenay qui cherche toujours des bijoux uniques rencontrera Luc, bijoutier artisanal, qui lui, songe à changer ses fenêtres, pourra discuter avec Nathalie, fabricante de produits en aluminium, qui elle, fera la connaissance de Denis, toujours à l’affût de découvertes culinaires, et il sera surpris d’apprendre que Jean, éleveur bio, puisse offir ce type de produit ici, dans sa ville. À la Foire Commerciale de Saguenay, venez découvrir des produits faits par nous, pour nous. » Petit texte accompagnant la publicité journal pour l’événement qui se déroulera dans le hangar de la zone portuaire de l’arrondissement de Chicoutimi ce week-end. Une foire commerciale qui se rapproche de la façon de faire du commerce d’une époque révolue : celui d’avoir un lien direct avec le fabricant. C’est d’ailleurs l’image qui m’a inspiré le logo créé pour l’occasion : deux personnes qui fabriquent un truc pour un couple. Très intéressant comme formule cette foire, vous ne trouvez pas? À l’heure où les entreprises crient à l’injustice de la compétition mondiale qui vient d’internet ou celle des magasins grande surface, à l’heure où la consommation de proximité est un geste à valeur environnementale élevée, à l’heure, finalement, des campagnes d’achats chez nous, nous arrive un projet plus réaliste que théorique : celui de faire rencontrer des consommateurs et des fabricants locaux. Sans intermédiaire. Sans vendeur. Aujourd’hui, la seule façon qu’à une entreprise de se sortir du joug du prix, est d’offrir une valeur supplémentaire à son produit et service. Le prix peut en être une, mais il sera toujours contesté, négocié, et finalement réduit par un concurrent pas nécessairement près de chez vous. Le prix est une valeur pauvre (mmm, beau slogan…). Je veux bien encourager les gens de chez nous. On a tous cette honnête réflexion. Personne n’est contre la vertu. Mais l’idée de payer plus cher est un frein naturel et normal. À produit égal, le meilleur prix l’emportera toujours. C’est la dure loi du marché. La seule façon de s’en sortir, pour une entreprise, est de s’assurer que sa valeur ajoutée est non-négociable, introuvable ailleurs et difficilement copiable. Facile à dire devant mon écran, les mains sur mon clavier, vous vous dites. Oui et non. Je suis graphiste et publicitaire. Il existe à proximité de mon bureau des boîtes de pub connues pleines de talents, d’autres moins bonnes chargeant des pinotes et tout un chacun a sous la main un beau-frère capable de photoshoper tout ce qui bouge, s’improvisant artiste et prêt à vous créer un truc pas cher. J’ai aussi des clients qui ont le poids, le marché et les budgets pour se choisir une plus grosse agence dans une plus grande ville que Chicoutimi. Finalement, il existe des sites internet où il vous est loisible de télécharger un logo, un canevas de brochure ou de site internet pour moins de 100 $. Ça m’empêche de dormir? Non. Pas une miette. Ce qui m’empêche de dormir, c’est de chercher la meilleure façon pour mon client de se démarquer. Et de lui charger ce que cela vaut. Point. Je n’ai aucun contrôle sur le prix de mes concurrents, aucun sur leurs idées et encore moins sur leurs partenaires d’affaires. Aucun. Mais, eux non plus, ils ne l’ont pas sur mes trucs. Conclusion mon Marco? Travaille plus fort, gratte-toi la tête encore plus, botte-toi le cul et sois gentil avec tes clients. Ça devrait bien aller.

    > La Foire commerciale de Saguenay – Samedi, 10 et dimanche, 11 octobre, de 10h à 18h – Hangar du Vieux-Port de Chicoutimi

    BLA BLA BLA – OU CONSTATATIONS DIVERSES # 04

    vivalavidaMe voilà de retour. Finies les vacances. Comme je suis un peu rouillé par un manque d’activité intellectuelle, voici en vrac quelques bla-bla et constatations diverses… histoire de remettre sur les rails la vieille locomotive que je suis.

    Vacances – vraiment?

    J’ai eu quelques conversations avec des fournisseurs et des collègues sur l’épineux sujet des vacances. Même si la plupart des gens pensent que prendre des vacances est un droit inaliénable, certains ont de la difficulté à lâcher prise. Pour un travailleur autonome, c’est un véritable casse-tête. L’avant et l’après vacances est un blitz de boulot pour rendre les dossiers à bout. J’ai longtemps traîné une mauvaise attitude par rapport au fait d’arrêter quelque temps et de prendre congé, sans pour autant que mes clients me fassent des reproches ouvertement, c’est plutôt de moi par rapport à moi-même d’où émanait le problème. Une surdose de responsabilité probablement. Comme si le fait de prendre des vacances laissait mes clients sans recours, ou pire les mettait dans le trouble. Avec le temps, j’ai compris qu’arrêter est tout simplement normal. Tout le monde y a droit. Comme j’avertis maintenant longtemps à l’avance que je quitte pour quelques jours, je reçois souvent de bien beaux messages de mes clients m’indiquant de profiter au maximum de ces temps de repos justifiés.

    Le voyageur à l’espadrille unique.
    Jeudi dernier, au retour de Puerto Morelos à l’aéroport PET, sur le carrousel à bagages, bien assis entre deux valises, gisait une espadrille unique. La mienne. En la ramassant sous les regards amusés des autres voyageurs, je ne pouvais m’enlever à l’esprit dans quel état je retrouverais le reste de mes biens. Quand ma valise apparut, les fermetures éclair étaient toutes ouvertes, laissant des trous béants par où pouvaient s’échapper tous mes vêtements. Au comptoir d’American Airlines, on n’avait pas trop l’air de s’en faire avec ce problème. Je veux bien être fouillé, mais s.v.p., refermez la valise par la suite. Ce n’est pas sans me rappeler ces musiciens d’Halifax et leur combat avec la compagnie aérienne United. Comme la compagnie faisait la sourde oreille par rapport aux bris de leurs instruments de musique causés par une mauvaise manipulation de la part des employés de United, le groupe a décidé de jouer au Robin des Bois des temps modernes, de composer une chanson sur leur aventure et de la diffuser sur YouTube. Le tube United Breaks Guitar a été vu par plus de 4,500,000 d’internautes à ce jour, créant une onde de choc chez United. À voir!

    La grippe fait mal aux Mexicains.
    C’était ma neuvième visite à Puerto Morelos au Mexique. Jamais je n’ai vu ce coin de paradis autant touché par un manque de touristes aussi flagrant. Même après le passage de l’ouragan Wilma. Le délire de la grippe a touché totalement ce pays, très injustement diront bien des gens. Même si cette partie du Mexique n’a jamais eu de cas précis, les voyageurs ont décidé de bouder cette destination. Quand on pense que leur économie dépend presque qu’exclusivement du tourisme, c’est peu de dire que les Mexicains paient cher pour un délire qui a réussi à remplir des pages de journaux et des milliers d’heures de bulletin de nouvelles en continu, mais très peu leurs poches…

    Brushes pour passer le temps.
    De toutes les applications téléchargées pour mon iPhone, le top du top est Brushes qui vous permet de griffonner des minis toiles tranquillement n’importe où, n’importe quand. L’illustration qui orne ce billet a été réalisée par ma fille, Frédérique entre Miami et Montréal. Comme quoi l’amour de la typo ça peut se transférer génétiquement…

    Vivement les légumes de saison.
    Voici enfin le temps de l’année où on n’a rien à envier aux pays du Sud ou de l’Europe quant aux plaisirs de manger saisonnier. Juste en face de chez moi, les Jardins Gobeils ont les étales pleins. C’est le bonheur des épicuriens. Le temps des récoltes est si court dans notre hémisphère nord qu’il faut en profiter au maximum! Couscous, bouilli, légumes grillés, à vos spatules! Les légumes sont croquants et goûtent la terre et non la serre. Mmmm.

    crónicas de barcelona – parte quatro

    castafioreTrempalavette ou Traviata, c’est selon.
    Nous sortons à l’instant même du Palau de la Musica Catalan où nous avons assisté à la Traviata, l’opéra de Verdi, interprété par l’Orchestre Nationale de Rome. Beau spectacle. Quelle salle! Mais quelle chaleur! J’imagine que l’on a voulu épargner les cordes vocales de ces virtuoses en laissant la climatisation à off, mais bordel qu’il faisait chaud. Le spectacle était magnifique. Cette salle est époustouflante. Difficile de garder ses yeux sur le spectacle, tellement il y a de choses à regarder architecturalement parlant. J’ai lu que la sonorité n’y est pas très bonne… J’avoue ne pas avoir remarqué. Comme 95 % des gens qui ont applaudi à tout rompre le spectacle d’ailleurs. Et ça nous a fait marrer. Ça nous a rappelé le débat complètement débile qui se déroule chez nous. Nous sommes au Palau de la Musica, l’une des plus belles salles d’Espagne (et peut-être d’Europe) et le son n’y est pas à son top. Qui s’en plaint? Peu de spectateurs en tout cas. Et c’était plein à craquer. Contrairement à bien des spectacles chez nous…

    Pendant que l’on jouait du soulier sur le plancher de danse, c’est au cul de certains que le mien aurait atterri.
    Hier, soirée Flamenco au Tableo Cordobes (une suggestion de Claire, merci!) – comme le spectacle de Ojo de Brujo était annulé, nous avons opté pour un plan B pour un spectacle de Flamenco. Nous sommes super bien tombés. Petite salle. Excellents danseurs, guitaristes et chanteurs. Un flamenco sale. Avec des cheveux gominés et barbes fortes. Excellent spectacle. MAIS. Bordel de merde que les gens autour parlaient. Une vraie maladie. Y avait des enfants partout qui parlaient, souvent plus fort que les chanteurs. Les parents, tout près, ne disaient rien. J’ouvre ici une méga parenthèse en forme de caillou dans la mare : je trouve que les européens, plus spécialement les Espagnols donnent une latitude sans limites à leurs enfants. Hier, c’était à la limite du tolérable. On ne parle pas de quelques rires espiègles; on parle de hurlements, de chicanes; quand deux des chanteurs regardent les enfants en se demandant où sont leurs parents (juste à côté, souriant, la vie est belle!), il y a de quoi se poser des questions. Je parle souvent de respect dans ce blogue. C’est une vertu que j’essaie de pratiquer. J’ai appris à mes enfants à respecter les autres. Que leur liberté se termine où celles des autres commencent. Alors que chez nous, on vit une certaine mode de l’enfant-roi, ici on parle plutôt de tolérance abusive. Hé! Ho! Un enfant se remet vite de recevoir un « non » dans la vie. Ça lui permet de se rendre compte qu’il existe des limites. Et que ce n’est pas à lui de les décider. Bon, le vieux con a fini de péter sa coche.

    Pif Paf Pouf.
    Vu que j’ai ouvert une parenthèse critique, dans le sujet précédant, continuons dans la même veine. Le 23 juin, alors que l’on fêtait au Québec la Saint-Jean-Baptiste, ici les festivités de la San Juan se mettaient en branle. Toute la nuit, les jeunes fêtent sur la plage. Il y a des activités d’organisées un peu partout. À l’improviste. J’ai assisté à une fête de quartier avec tam-tam et djembé africain, et ce, complètement par hasard. Partout dans la ville, les pétards sont à l’honneur. Avis aux cardiaques : évitez Barcelone, la veille de la San Juan. Je ne me souviens pas avoir eu autant le coeur qui débat. À chaque coin de rue, dans chaque parc, un pétard était lancé. C’était apocalyptique! – près des terrasses, en prenant un verre tranquille, des enfants (accompagnés de leur parents (!!!) lançaient des pétards aux passants. On ne parle pas ici de petite pétarade… Un boom qui rend sourd quelques minutes. Les pétards avec lesquels on jouait, dans mon jeune temps (en cachette, bien sûr) et dont l’on a interdit depuis la vente chez nous. Je peux comprendre la fête. Les feux d’artifice. Mais, attaquer quasiment des gens… mmm, pas sûr.

    Bouffe.
    Il ne me reste que 3 jours. Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. Au menu : que des crustacés et poissons. Couteaux, palourdes, moules. Rien qui possède des poils. Sans pattes. Qui marche. Que du salin. De la mer.

    crónicas de barcelona – parte tres

    p1010468Le vin est bon pour le coeur, mais le coeur du vigneron est encore meilleur.
    Quelle journée! Lundi, nous étions attendus à Vilafranca del Penedès pour une visite privée du vignoble de Parés Baltà. Carl et sa copine Nathalie de l’International Café de Chicoutimi avaient organisé la rencontre pour nous. Arrivés à la gare, nous attendions patiemment la personne qui devait venir nous chercher. Quelle ne fût pas notre surprise en voyant arriver le 4×4 de voir que c’était le propriétaire en personne, Mr Joan Cusiné Cusiné, qui nous cueillait à la gare. Direction Sant Pau d’Ordal, pour casser la croûte chez Cal Xim, histoire de faire connaissance un peu plus. Au menu : anchois, pan con tomate, légumes grillés, ravioli de morilles, thon et deux bonnes bouteilles de Blanca, un cava nommé ainsi en l’honneur d’une des petites filles de notre sympathique hôte. De l’espagnol à l’anglais, en passant par le français et un peu de catalan, la discussion était autant rafraîchissante que notre goûter. Autant nous étions intimidés de rencontrer un tel monsieur, autant celui-ci nous mettait à l’aise en nous racontant son métier, en nous expliquant les valeurs auxquelles lui et sa famille adhèrent depuis des décennies (voire des siècles – le vignoble datant de 1790!). Je n’aurais pas visité une seule vigne et avalé une seule goutte que ma rencontre aurait déjà été complète à simplement écouter ce grand monsieur parler avec fierté de ses enfants, de son travail, mais encore plus de la façon dont il le fait : avec un respect de la terre et des personnes qui l’entourent. De le voir nous expliquer comment frotter l’ail sur notre pain, de nous demander d’ajouter un peu plus de son huile d’olive sur celui-ci, de nous parler de bouffe et du bien être que le vin pris avec modération apporte valait à lui seul le voyage. Après ce succulent repas, nous prîmes la route vers la montagne où habitent presque toutes ses vignes. Le décor était à couper le souffle! En nous expliquant le fonctionnement d’une vigne, Mr Cusiné nous a raconté les cinq éléments primordiaux à la réussite d’un vin : le climat, celui du Penedès est exceptionnel; la terre, la sienne est 100% organique, sans aucun agent chimique, engraissée naturellement par son cheptel de mouton (que nous avons d’ailleurs aperçu traverser la route…); la proximité de la mer, qui assure une humidité qui permet la photosynthèse; le dévouement de ses jardiniers qui travaillent la terre (il fallait le voir s’arrêter tout au long de notre parcours afin de parler à chacun d’eux, avec une attention particulière (allant même à s’excuser de nous faire patienter !) – dans l’auto, il m’a réaffirmé, à quel point ces gens sont importants pour lui…); et, bien sûr, le savoir-faire. Il était inutile d’ajouter le sixième élément qu’est la passion puisque tout au long de notre visite, c’est ce que nous ressentions en buvant… ses paroles. Après nous avoir montré tous les cépages, il nous a grimpé au plus haut des sommets pour que nous puissions avoir une idée plus large de la superbe vallée du Penedès. Retour, tard en fin de journée, pour jeter au coup d’oeil à la cave et déguster cinq vins pour nous donner une idée de la qualité de ceux-ci. Vous dire à quel point nous avons apprécié cette rencontre. Outre le simple fait d’avoir fait une visite instructive, d’avoir eu le privilège de parler avec ce grand monsieur sera selon moi le point culminant de ce voyage. Je parle souvent de bouffe, sur ce blogue. J’adore les artisans qui nous permettent de bien manger, de bien boire, de bien vivre, quoi. Ces gens ont souvent les plus belles valeurs qu’une personne peut avoir : intégrité, passion et respect. Aujourd’hui, cet homme très occupé (on s’en doute!), n’a pas passé huit heures de son précieux temps avec un client, un important importateur de vin ou un grand restaurateur; non, il les a passé avec deux étrangers pour le plaisir de leur faire découvrir sa passion. Je ne pense pas oublier ce grand monsieur de si tôt. Merci M. Joan.

    Excès de bagage 2.0

    Encore tombé sur une autre librairie spécialisée. Ouin. Et une valise de vin. Rien de moins.

    Fête des Pères et Segrada Familia

    La semaine passée alors que nous visitions la Segrada Familia, j’ai eu un moment où j’ai eu un flou dans mes lunettes. En regardant les hommes travailler à monter encore ce projet fou de Gaudi, mes pensées sont allées directement vers toi. Tu aurais adoré voir ces hommes travailler. Les voir lisser le ciment. Les voir travailler de leurs mains. Ça t’aurait plu tout ça. Tu avais adoré l’Espagne, et depuis les événements de 2001, tu ne voulais plus voler… par peur. C’est ironique et futile, aujourd’hui, tu ne trouves pas? Quand je suis sur une terrasse, à prendre une coupe de vin, et que je vois passer une jolie Espagnole, je comprends pourquoi tu avais autant aimé ton séjour ici… Bonne Fête de là-haut.

    crónicas de barcelona – parte dos

    p1010232Pour bien faire, il me manquerait une autre paire de pieds.
    Mercedi soir, 23 h 57, dans mon appartement, je regarde mes pieds et me demande si demain ceux-ci auront repris une apparence normale. J’ai les pieds comme ceux de John Merrick dans L’Homme-éléphant. Mon petit orteil ressemble au gros… vous imaginez les autres. Si je prenais l’avion, aujourd’hui, mes pieds devraient être remisés dans le compartiment du dessus, par manque de place sous le siège avant. Nous avons exagéré. Nous avons marché cette ville du nord au sud, d’est en ouest, plusieurs fois par jour depuis notre arrivée. 30 km par jour en sandales, c’est trop. Là le coeur prend sa revanche : hey en bas, je suis capable de suivre, mais pas vous… Sans blague, mes ampoules ont des ampoules. Demain, repos.

    Excès de bagages garanti.
    Lors de notre arrivée, j’avais remarqué une librairie à deux pas de chez moi. Je ne m’y étais pas tout de suite arrêté en me disant que je le ferais sous peu. Hier, en revenant de la Segrada Familia, nous nous y sommes glissés. Stupeur. Tremblements. Une librairie spécialisée en graphisme! Je suis tombé dans un magasin de jouets. Un obèse dans une chocolaterie. J’y ai fait le tour en promettant d’y revenir avant mon départ. Le lendemain, j’y passais 1 h 30. J’aurai un excès de bagages en livres c’est certain.
    Parlant de livres… c’est vraiment une bien mauvaise nouvelle que j’ai reçue du Saguenay, hier. Jiix, mon libraire de bandes dessinées ferme ses portes à la fin du mois. C’est vraiment navrant. Quand une boutique spécialisée de la sorte ferme ses portes dans une grande ville, on peut toujours se rabattre ailleurs, vers une autre. En région, perdre une boutique comme ça, c’est simplement nous faire reculer au niveau de la culture. Aujourd’hui en faisant mes achats dans cette boutique éclectique à Barcelone, je pensais à ces deux jeunes entrepreneurs qui ont tenté et résussi de créer un univers qui n’avait rien à envier aux grandes villes. Stéphane et Patrice, vous aurez réussi à donner de l’éclat à une ville qui en manque bien trop souvent. Merci.

    Une mauvaise nouvelle en attire une autre.
    Alors que je me demandais, en scrutant le site de la Renfe (le train en Espagne) pour trouver une façon de rejoindre Terrassa au spectacle de Ojo de Brujo, vendredi, j’ai reçu un courriel qui a mis fin à mes recherches. Le spectacle est remis en octobre. Mais moi, en octobre, je n’y serai pas. Fait chier. D’autant plus que je devrai me taper le remboursement, uniquement sur place. Hey, c’est cool de vendre des billets par Internet, mais ça serait autant cool de pouvoir les rembourser de la même façon, les cocos!

    Singing in the rain.
    Je vous raconte. Dans la nuit de lundi, vers 1hoo, en bobettes, la brosse à dents dans la gueule, je sors sur le balcon pour vérifier le plat dans lequel s’écoule l’eau du système de climatisation. Il est plein. Je fais ni un ni deux et décide de l’envoyer par-dessus bord. Sans regarder. Les deux mecs qui passaient sous mon balcon n’ont pas trop chialé… soit, il faisait très chaud, soit, c’est monnaie courante à Barcelone d’arroser les passants…

    Comida – parte duo.

    Hier, on a mangé Thaï, c’était très bien : décor, bouffe, service. On était juste trop près de la cuisine. On sentait l’huile à plein nez. Aujourd’hui, poisson. Un peu déçu. Chez Can Mayo dans la Barcelonetta, mon poisson n’était pas à la hauteur, mais la pieuvre était impeccable. Faut dire que la barre était haute pour rivaliser avec mon déjeuner / dîner : au Mercat de La Boqueria, on a réussi à se trouver deux places au bar de Pinoxto. Véritable emblème à Barcelone. Au menu : couteaux à l’huile, calmars aux fèves et ragoût catalanais de veau. 3/3. Service génial. Bouffe plus que parfaite. Et que dire du marché. L’épicurien en moi se rappellera longtemps de ce marché. Finalement en fin de journée, au retour d’un autre marathon de marche, je me suis arrêté chez Gispert, acheter des amandes et des noix de macadam : divin.

    crónicas de barcelona – parte uno

    arcQuand les jambes menent, le coeur suit.
    Le jour se levait à peine, ce lundi, que j’enfilais mes Asics pour avaler quelques kilomètres d’asphalte catalan. Quelle sensation. En sortant de Sant Pere Mes Baix pour rejoindre l’Arc de Triomf sur la Passeig de Luis Company, une nuée de pigeons s’est envolée à mon passage. Je tournais un film. Sur la plupart des bancs du parc dormaient encore des clochards. Sur les rythmes de Passion Pit, ma foulée était, ma foi, assez importante. Comme à vélo, je suis ordinairement lent au départ pour ensuite progresser (je commence à être une vieille machine!), mais ce matin, à jeun, mes jambes avaient décidé que mon coeur devait suivre. Après deux tours du parc, j’ai longé la Ronda de Sant Pere pour aller me perdre dans les ruelles, sentir le pain qu’on cuisait un peu partout. Deux petits vieux près d’un kiosque à journaux m’ont salué. Mes chaussures flottaient sur le vieux pavé. Ma tête, elle, dans les nuages inexistants de ce lever du jour barcelonais. Se perdre, dans ce cas précis, n’était pas une figure de style : après quatre ou cinq détours, je n’avais plus aucune idée d’où j’étais rendu. Et je m’en foutais un peu. Mon coeur avait compris qu’il fallait s’y faire, que c’était les jambes qui menaient. À la sortie du labyrinthe, je suis tombé en terrain plus connu, en apercevant le Mercat Santa Catarina, mon retour était assuré.

    Helvetica Rules
    J’ai les yeux qui prennent des milliers de clichés à la seconde. J’emmagasine des couleurs, des choix typographiques, des affiches, des pubs et des enseignes qui m’entourent, faudrait que je pense sortir ma caméra quelques fois. J’ai déjà été un photographe (très amateur…) plus fringant, je trouve ça plus lassant maintenant de sortir le kodak. Et ça fait touriste. Je vais quand même tenter de m’y mettre. Ce qui saute le plus aux yeux du graphiste que je suis est l’utilisation massive du Helvetica (la typo) dans les communications de masse de la ville, mais tout autant sur les affiches culturelles. Je savais que le graphisme européen était nettement plus clean que le nôtre, mais pas autant.

    Bouffe 2/3
    La bouffe. Il est impossible de parler de Barcelone sans parler de bouffe. Notre premier repas fut à Mar de la Ribera. Petit resto sans prétention, réputé pour ses poissons (comme son nom l’indique), recommandé par la guide Michelin. Belle découverte. Produit frais, service impeccable. Les bébés calmars frits étaient succulents (une première pour moi – je le recommande à tous ceux que les calmars rebiffent, les bébés sont moelleux, non résistants sous la dent et très savoureux). La Paella aux couteaux et gambas, tout autant. Notre serveuse avait un sourire communicatif et le vin quoiqu’un peu chaud était bon. Dimanche, dans le même coin, on s’est plutôt fait prendre dans un piège à touristes. Taller de Tapas. Belle facture, belle carte, mais service pourri et bouffe plus qu’ordinaire. Si je pouvais manger des sardines tous les jours, je le ferais. Mais pas celles que j’ai mangées dans ce resto. Si je compare les sardines mangées la veille chez Mar de la Ribera, c’était le jour et la nuit. Je suis rarement le genre à me fier au décor d’un resto, mais là je suis tombé dans le piège. Pas grave. Je survivrai. Aujourd’hui, lundi, un choix près de chez nous, Sikkim, un resto de cuisine-fusion avec un décor et une ambiance très lounge. La bouffe était bien et le service génial. Rien pour écrire à sa mère (de toute façon, elle me lit…), mais quelques saveurs très originales, comme ce ravioli turc (!) à la citrouille, dates, yaourt et cannelle, exquis!

    Extra bagage

    C’est vraiment dur de remettre le moteur en mode repos. Je suis fatigué. J’ai des poches sous les yeux qui me rappellent que je ne dors pas assez et surtout très mal. Je n’ai pas encore réussi à me mettre en mode vacances. J’y compte bien, à partir de demain. Hasta Luego!

    Cool Le cool.

    lecoolJe suis à quelques jours de partir en vacances (vendredi). Je prends une pause, histoire de recharger mes batteries. Faire le vide pour mieux refaire le plein, comme on dit. J’ai connu une très grosse année : la mort de papa, la réorientation de carrière… Il me faut me retrouver. Direction Barcelone. Capitale de la Catalone. On a loué, ma copine et moi, un appartement dans El Born, le quartier branché de BCN, à quelques pas du Palau de la Musica Catalana. Au menu : pas d’horaire précis (jamais en voyage!), mais quand même quelques bookings; un spectacle du groupe Ojo de Brujo, une virée au Festival Sonar (le plus grand festival de musique électronique et d’art multimédia d’Europe avec ses prestations jour et nuit… je vais aller voir entre autres Orbital et Moderat (qui passe à 3 h 30 du mat’ !!!!); le festival Esperanzah de musique du monde, où l’on espère la participation de Manu Chao (merci Nathalie P., pour le in); une soirée à l’opéra (la Traviata), histoire de lâcher quelques larmes; une visite VIP au vignoble de Parès Balta dans le Penedès (oui, oui, VIP, rien de moins; c’est ça avoir des contacts, merci Carl!) – et de la bouffe, de la bouffe et encore de la bouffe. Pour un insomniaque, une ville qui ne dort pas est faite sur mesure. Je vais profiter de mon séjour pour regarder ce qui se fait comme graphisme, pub, graffiti, etc. C’est d’ailleurs en prenant contact avec des boîtes de pubs barcelonaises qu’une graphiste de là-bas m’a conseillé quelques musées, des librairies et des expos, mais surtout la merveilleuse idée de me procurer le livre Le Cool qui traitait de Barcelone. Le Cool, c’est une petite maison d’édition farouchement indépendante qui produit des bulletins d’évènements sur ce qui se passe culturellement parlant dans les grandes villes européennes : Amsterdam, Barcelona, Istanbul, Lisbonne, London, Madrid, Milan, Rome font partie du club. Ils ont aussi publié quelques guides de voyage sur les mêmes villes. Attention, pas du genre Guide du Routard ou Michelin, quoique je n’ai rien contre ceux-ci, mais un guide tout à fait délicieux au graphisme génial, aux sujets complètement créatifs et éclatés. Leur promesse : vous faire découvrir les parties d’une ville les plus tripantes en se fiant sur leur propre expérience et celles des gens « in » de la place sans se limiter sur ce que tout le monde veut voir… Ça promet. Je me suis mis d’ailleurs disponible comme candidat pour une interview pour Le Cool : les auteurs veulent sonder leur clientèle, histoire de voir comment les gens planifient les endroits qu’ils veulent visiter. Le Cool cherche à savoir ce que les gens qui aiment sortir des sentiers battus ont dans leur mire quand ils voyagent. Je vous raconterai si la rencontre a lieu. J’ai l’intention de bloguer de Barcelone. J’ai mon portable, ma caméra, un carnet pour griffonner et plein de bonnes intentions. Mais je ne vous promets rien. Comme dans les dessins animés, j’ai toujours un éternel combat au dessus de ma tête entre l’ange et le démon, mais rarement le dernier cède sa place. Procrastination est le mot d’ordre. Surtout en vacances. Le Cool va d’ailleurs s’en rendre compte assez vite. Surtout si je décide de ne pas me présenter à mon rendez-vous…

    À l’attaque des tablettes.

    luluJ’ai pris connaissance, via Cyberpresse, d’une étude menée par la firme GFK sur les habitudes de consommation par rapport au choix que font les gens lors de leurs emplettes à l’épicerie. On y apprend que si peu de gens ont une liste écrite lorsqu’ils se présentent au supermarché, la plupart ont quand même une bonne idée des trucs qu’ils comptent acheter. Ce qui est spécial, c’est que la décision ultime se prend à 70 % sur place. S’il n’a pas déjà une marque en tête, lorsque le client se retrouve en épicerie à la recherche d’un produit type, celui-ci ira immanquablement vers une marque reconnue. Il y a peu de chance que le client change sa marque référée s’il la retrouve sur les tablettes. Pour réaliser cette étude, GFK a interrogé des gens qui entraient au supermarché en leur demandant ce qu’ils comptaient acheter pour ensuite vérifier leurs paniers à la sortie. L’indice le plus intéressant de l’étude se situe au niveau des achats impulsifs, non prévus lors de la visite à l’épicerie, représentant 40 % du panier d’épicerie du consommateur moyen. Les dégustations, les offres directes (coupons-rabais, promotions de lancement, etc.) exercent une très grande force d’attraction dans les allées des épiceries. Pas besoin de vous expliquer pourquoi la guerre de la tablette et du comptoir en est une si féroce; la place que prendra un produit par rapport à un autre est déterminante par rapport au choix que fera l’acheteur potentiel. L’importance de l’emballage est primordiale, je ne comprends toujours pas pourquoi un fabricant qui a travaillé, en recherche et développement, pendant des années à créer le produit le plus parfait qui soit, quand arrive le temps de mettre celui-ci en marché, économise sur l’emballage, coupe ses budgets en engageant n’importe qui pour le mettre en marché. Certains produits de qualité sont si mal emballés qu’on n’a pas le goût d’aller plus loin dans notre expérience sensorielle. En confiant le mandat de créer un emballage qui mettra leur produit en valeur à des amateurs, les entreprises mettent leurs ventes en péril. En confiant leurs packaging à des fabricants directs au lieu de passer par une firme spécialisée en graphisme, ces entreprises se privent d’une expertise et d’une aide indispensable quant à la mise en valeur de la personnalité unique de son produit. Si 40 % des achats se font sur le coup de l’émotion, imaginez le pouvoir d’attraction que comporte un conditionnement adéquat qui met les qualités du produit en évidence, certes, mais tout autant inspire et séduit le client potentiel. Avant même de goûter au produit, le client potentiel doit être attiré, informé et convaincu. Combien de fois vous êtes-vous retrouvé devant la tablette, hésitant entre plusieurs produits de marques concurrentes, à « regarder » le produit qui vous semblait le meilleur? Alors que le concept culinaire n’a jamais été autant à l’honneur, que nos tablettes n’ont jamais autant débordé d’excellents produits provenant de partout dans le monde, que la richesse alimentaire est à son apogée, que les consommateurs sont de plus en plus informés, connaisseurs, et épicuriens, il serait bête que votre produit reste sur la tablette…

    > Profitez de Pâques qui s’en vient pour acheter des produits de Chocolat Lulu. J’ai pris cette photo dans un magasin, dernièrement, réalisant que malgré ses 10 ans, le packaging que j’avais créé pour leurs figurines en chocolat pour Pâques se défendait encore assez bien.