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    Archive pour septembre, 2010

    Laissez-moi vous diriger.

    Les circonstances ou la nature des mandats que je réalise présentement me forcent à être la plupart du temps à l’extérieur du bureau, en shootting photo. Soit en studio ou dans des univers très disparates. J’y suis avec des clients différents, des photographes différents et des mannequins qui sont, soit professionnels ou qu’ils le deviennent par la force des choses (prenons l’exemple d’un client qui se retrouve sur un cliché). J’ai déjà parlé du travail de studio, de sa complexité souvent ignorée ou banalisée, mais je n’avais pas parlé de l’atmosphère qui se dégage de ses séances. Il est impossible de prédire à l’avance comment chacune d’elle se déroulera, tellement d’impondérables peuvent s’y produire et changer le déroulement de celles-ci. Une chose demeure, il faut savoir travailler en équipe et respecter les individus.
    Pour ma part, je laisse beaucoup de place à l’improvisation lors de ces séances. Je ne suis pas du genre à jouer au « boss », imposer n’est pas mon fort; et tout le monde sait ce qu’il a à faire. La hiérarchie nuit à la créativité : si dès le départ, même si mon idée est précise, mais qu’un accessoiriste propose un truc génial, jamais je ne me buterai à mon idée. C’est simple : on est tous présent sur ce plateau pour faire un succès, alors son égo on le laisse au vestiaire. L’avantage de s’entourer de gens compétents, mais surtout de les laisser s’exprimer, est de créer un produit parfait. Pas un produit presque parfait parce que l’on s’entête à avoir raison, mais une création qui dépasse les attentes de tout le monde.
    Pour ce faire, il faut savoir créer une atmosphère de franche camaraderie. L’humour étant souvent la meilleure manière d’évacuer le stress, il n’est pas rare que le studio soit le théâtre de fous rires, de moqueries entre les intervenants. Cela a le grand mérite de mettre les gens moins habitués à l’aise et de rendre ces longues séances plus captivantes. Mais l’avantage secret est de réussir à faire sortir de sa pose, le sujet photographié afin de cliquer le moment magique. Les meilleurs shoots sont les plus naturels, quand l’espace d’un instant le mannequin oublie qu’il est entouré d’une équipe et qu’il décroche du rôle dont on l’a affublé. Clic. Voilà un sourire parfait. Clic. Voici un coup d’oeil songeur naturel. La photo, c’est magique. Ça capture des millièmes de seconde.
    Bien diriger, ça veut aussi dire… de ne pas s’en mêler. Quand une complicité s’est développée entre le photographe et le mannequin, il n’y aucune raison d’aller s’immiscer dans cette relation. La direction artistique d’un shoot, ce n’est pas d’être omni présent, c’est beaucoup plus souvent des directives simples de départ, des esquisses réalisées sur un bout de papier qui délimitent le cadre, une couleur d’éclairage approprié, etc. Par la suite, une intervention devra être justifié par un contexte précis : si le mannequin ne comprend pas trop son rôle ou n’est pas à l’aise de le faire, ou si le décor s’avère banal, ou que la lumière n’est pas adéquate. Sinon, le cul sur une chaise, je regarde comment se déroule le tout. Comme un spectateur et non un gérant d’estrade. Et si je n’ai pas à intervenir, c’est que tout se passe à merveille. Et surtout pas que je ne fais pas mon job.
    On ne travaille pas tous de la même façon, c’est certain. C’est la façon dans laquelle je suis le plus à l’aise. Question de personnalité, il faut croire. Des histoires de directeurs artistiques névrosés, dictateurs qui gueulent contre tous, sont légion dans le métier. Je ne pense pas que l’on tire quoi que ce soit de positif à être comme ça. S’imposer par la force, c’est le dada des faibles. Les gens sensibles et créatifs arrivent aux mêmes résultats que les méchants en respectant les individus et en allant chercher le meilleur de ceux-ci sans les terroriser. Vous me faites une petite pose?

    > @ Paul Cimon - Dernières directives avant le shoot d’une publicité à paraître dans le prochain magazine CVS.

    Melomarc™ – Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    J’avais glissé le texte que j’avais écrit sous la porte et m’apprêtais à m’enfuir. Comme à la dernière occasion. Sauf que cette fois, la porte s’était ouverte devant moi et j’étais pris comme un rat. On venait de me prendre au piège. Ce grand gaillard barbu tenant dans sa main la feuille que je venais de glisser sous le porche, m’invitait à entrer dans le local pour que l’on fasse plus ample connaissance. J’avais 17 ans, j’étais gêné et je devais avoir encore des boutons. Ce grand barbu de 21 ans, c’était Roger Blackburn, rédacteur en chef du journal étudiant Le Tract du Cégep de Chicoutimi (aujourd’hui journaliste/chroniqueur au Quotidien). Ce qu’il tenait dans ses mains, c’était un épisode des « Chroniques de Jo Blow », mon alter ego anonyme, écrivain de vérités pas toujours vraies (!). Jo Blow : un personnage tout droit sorti de mon imaginaire, un gros dégueulasse à la Reiser, un Béru à la San Antonio; un homme aux moeurs légères et à la langue sale qui déblatérait des énormités en dénonçant sous un pseudonyme les imparfaits de la vie. Du moins, celles qu’il identifiait malgré son/mon jeune âge. Disons que c’était un Troll de blogue d’avant son temps — un blogueur anonyme qui lâche son fiel sous le confort de l’anonymat. Mon Mister Hyde à moi. Mon exutoire. Mais ce matin-là, ce grand barbu hirsute avec son éternel crayon à l’oreille tenant mes dernières élucubrations écrites dans ses grosses mains, détenait la clef de mon destin. J’étais démasqué et devait maintenant l’affronter. Il n’en tenait qu’à lui de publier ou pas, ces écrits lubriques. Pour le fouteur de merde qu’il était (il l’est encore, aujourd’hui), il n’y avait pas mieux que ce genre d’articles provocateurs, de mauvaise foi, dénonciateurs qui tiraient à boulets rouges sur l’ordre établi et les conventions, bravant même la direction du Cégep qui lui avait demandé de retirer mes textes du journal étudiant. C’était le début d’une belle amitié. Roger m’a, part la suite, demandé de le suivre dans un paquet de projets journalistiques farfelus : caricaturiste pour une revue de chasse et pêche, illustrateur pour le journal du Carnaval Souvenir de Chicoutimi, etc. C’était toujours avec un grand plaisir que je me retrouvais à travailler avec ce bon vivant au verbe joufflu. Et puis la vie a fait que l’on s’est perdu de vue et que l’on se retrouve une quinzaine d’années plus tard. Bien en chair. Mais avec la même lueur dans les yeux que nos vertes années. C’est toujours avec un malin plaisir que l’on se retrouve pour argumenter : on n’est pas sur la même longueur d’onde sur un paquet de trucs, et c’est ce qui rend la relation palpitante. Roger, sans le savoir à l’époque a réussi à m’orienter sur ce qu’allait devenir mon métier aujourd’hui : créer, inventer, me débrouiller à vivre sous la pression pour trouver la grande idée. Il m’a permis de réaliser que j’avais un talent sur lequel je pouvais construire. Ce n’est pas rien.
    Le lien avec Thomas Fersen? Uniquement la poésie et la langue. Roger étant un amoureux du français, je trouvais que ce dandy lui plairait. Parce que Thomas Fersen, c’est la chanson française dans ce qu’il y a de plus classique et de plus beau. Cette musique et ces paroles intemporelles auraient pu être écrites en 1960, en 2010 ou en 1983. Ce faux détachement et cet humour subtil qui fait le bonheur des fans de Fersen m’ont gagné dès les premières notes de l’album Le Jour Du Poisson; conquis j’ai acheté tous les albums et vu Fersen deux fois en spectacle.

    J’ai offert Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson à mon ami Roger Blackburn, par amitié bien sûr, mais surtout pour la botte qu’il a su adresser à mon cul, quand, à 17 ans, j’en avais le plus grand besoin pour m’épanouir.

    > Thomas Fersen / Le Jour Du Poisson  sur  iTunes

    Melomarc™ – Talking Heads / Stop Making Sense

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Les rendez-vous manqués. C’est le titre que j’aurais dû choisir pour ce billet au lieu de laisser toute la place au titre de l’album. Parce que ça résumerait plus la relation difficile entre David Byrne et moi. Ou l’absence de relation serait encore plus juste. David Byrne, leader du feu groupe Talking Heads, auteur-compositeur-interprète-écrivain-designer-peintre-réalisateur-sculpteur-blogueur-etc et moi, avons tellement bousillé de chances de se rencontrer à travers les trente dernières années.
    En 1983, fraîchement débarqué au Cégep de Chicoutimi, je mettais la main sur le disque Speaking in Tongues de Talking Heads. Je devais avoir acheter le disque à la Boîte à Musique sur le coin Racine et Riverin à Chicoutimi, le magasin était la propriété d’Yves « Captain Rock » Hébert (Fm 98), et mes disquaires favoris étaient Alain Dassylva (j’en ai déjà parlé ici) et Jean-François Côté (journaliste à Radio-Canada). Bien sûr que j’avais acheté cet album pour Burning Down The House, la chanson sur laquelle on se trémoussait au Vert-Tige (de Robert Hakim, des Rythmes du Monde) — le bar mythique de Chicoutimi — dans les années 80′s, pour réaliser après plusieurs écoutes que ce n’était pas nécessairement la meilleure du disque. Par la suite, j’ai acheté les albums précédents : le fabuleux Remain in Light allait devenir tout aussi important dans ma discothèque personnelle.
    Premier rendez-vous manqué. En 1984, la tournée Stop Making Sense s’amorçait avec dans sa liste de villes visitées, Montréal. Et pas n’importe quel spectacle: au Stade olympique avec Peter Tosh (l’ex Whailers) et rien de moins que The Police (la tournée Synchronicity). Wow. L’apothéose. Talking Heads et The Police se partageant la même scène. Mes deux groupes préférés. Rien au monde ne pouvait me faire rater ça. Rien. Affirmer ça, à l’époque, était sous-estimer mon sens des responsabilités. J’avais déniché au début de l’été 1984, un emploi à l’imprimerie Léopold Tremblay (qui allait fusionner des années plus tard avec l’imprimerie Chicoutimi pour devenir ICLT). Je trouvais ça génial : ma passion pour les arts graphiques naissait et cela me permettait de vérifier si ce métier serait le mien. Les odeurs de chambre noire, de papier, d’encre; le tapage des presses, imprimeur comme métier était étourdissant; j’étais fait pour ce monde. Encore aujourd’hui, quand je me trouve dans une imprimerie ou que je reçois des pièces franchement imprimées, les effluves de papier me montent toujours à la tête comme une drogue au parfum enivrant. Bref. Quand j’ai su que ce concert débarquait à Montréal et qu’un voyage était organisé à partir de Chicoutimi, j’étais allé demander tout de go un congé à mon employeur. Qu’on m’avait refusé, bien sûr! Au lieu de me déclarer malade, de mentir, de me sauver, j’avais compris la situation. J’avais compris qu’on avait beaucoup trop de boulot et qu’on était une trop petite équipe pour l’abattre. Mon absence était injustifiée. Mon sens des responsabilités avait pris le dessus, ou une passion allait dominer l’autre…
    Talking Heads devait se séparer 4 ans plus tard, produisant de moins bons albums vers la fin. David Byrne a continué à faire, de son côté, des disques inégaux, mais fait surtout un paquet de trucs différents et intéressants (visitez son site internet : son journal est l’un de blogues que je lis religieusement depuis des années). On s’est un peu perdu dans les années 90. J’avais beaucoup aimé son album éponyme de 1994, mais j’étais dans un tout autre mood. Mais voilà qu’au tout début des années 2000, j’allais rater un autre rendez-vous avec lui. Bien avant que les médias sociaux ne deviennent le phénomène que l’on connaît maintenant, le web avait déjà ses réseaux parallèles d’informations; IRC, les forums, les chats, les logiciels peer-to-peer donnaient la chance à des internautes du monde entier d’échanger des fichiers (souvent illégalement), mais surtout de communiquer entre eux sur des sujets qui les passionnaient. Je faisais partie de certains groupes qui se partagaient des connaissances entre autres sur la typographie et le graphisme en général. Comme nous le faisons si bien sur Facebook maintenant, nous débordions souvent du cadre du-dit forum, pour discuter de l’actualité ou de musique. J’avais alors connu, sur un de ces réseaux, un gars qui allait devenir une sommité internationale en typographie avec qui je partageais une tout autre passion : David Byrne. Lors d’une de ces discussions, il m’apprit que le chanteur allait jouer à Toronto et qu’il serait des spectateurs. Je ne me souviens pas exactement de la raison principale qui m’avait retenu de ne pas y aller, cette fois : la crainte de rencontrer un inconnu (je connaissais ce gars-là sans le connaître…), le boulot, la famille, etc. Qu’importe, j’allais manquer un deuxième rendez-vous avec David Byrne. Comme j’allais le manquer à nouveau, cette fois à Montréal à la Place-des-Arts, en 2004 pour x autres empêchements. Nous n’étions pas dus finalement.
    Puis j’ai décidé que je ne passerais plus à côté de ma vie. J’ai créé Traitdemarc™ et me suis fait la promesse de tenter d’avoir dorénavant que des remords plutôt que des regrets. En 2008, on annonçait une tournée nord-américaine de David Byrne accompagné de Brian Eno qui, trente ans après avoir sorti un premier album en collaboration (My Life in The Bush Of Ghosts) récidivaient avec Everything That Happens Will Happen Today (excellent album, j’en ai parlé ici). Je n’allais pas manquer ce spectacle au Metropolis. Pas cette fois. J’ai acheté rapidement mes billets pour le 30 octobre 2008. J’étais déterminé. Vraiment déterminé. Mais pas autant que le cancer de mon père, faut croire. Le 28 octobre, en plein deuil, le dernier de mes soucis était les billets qui traînaient dans un tiroir de mon bureau. On n’était pas encore dû pour se croiser, David et moi. Pas vraiment. Partie remise?

    Bien que l’album qui a servi de bougie d’allumage était Speaking in Tongues, j’ai préféré choisir le disque live Stop Making Sense pour son côté fougueux. J’ai offert l’album via iTunes à Louis Doucet, un chum avec qui j’essaie le moins possible de manquer des rendez-vous…

    > Talking Heads / Stop Making Sense sur iTunes

    Génération C

    Ce n’est pas parce que l’on n’est pas impliqué dans un projet qu’il ne faut pas en parler. Surtout quand c’est bon. Mon client, le Cégep de Chicoutimi, lançait aujourd’hui un outil d’information scolaire tout ce qu’il y a de plus original : une websérie mettant en vedette de vrais étudiants. Conçue dans le but d’informer les élèves du secondaire et leurs parents sur les programmes offerts, mais aussi sur la vie en général d’un étudiant fréquentant une institution collégiale, cette série se veut beaucoup plus dynamique qu’une simple brochure.
    « Génération C met en vedette sept étudiants, chacun d’entre eux fréquentant un programme différent. Ces étudiants devenus pour l’occasion des comédiens campent le rôle d’un des personnages principaux. À travers différentes scènes de la vie quotidienne au Cégep, ils découvrent ou expliquent, selon le cas, le domaine dans lequel ils évoluent. Au fil des différentes capsules, les personnages rencontrent des enseignants, d’autres étudiants et différents intervenants du Cégep, ce qui permet d’expliquer la vie d’un étudiant du collégial, autant sur le plan académique qu’au plan social. » Peut-on lire dans le communiqué de presse.
    Réalisée en région par l’équipe de production de TVA dirigée par la talentueuse réalisatrice Annie Fournier, Génération C sera diffusée sur le site Internet du Cégep de Chicoutimi et transmis également sur certaines plateformes populaires comme YouTube et Facebook.
    J’ai eu droit à une présentation spéciale en privé, il y quelques semaines et j’ai été très impressionné par la facture visuelle certes, mais encore plus par le jeu de ces acteurs en herbe. J’avais d’ailleurs envoyé un petit courriel à Annie Fournier pour la féliciter. On accroche très rapidement aux intrigues vécues par les étudiants; et bien que l’on doit y diffuser une foule d’informations d’ordre pratique, le rythme demeure palpitant. Disons que pour un jeune de 16 ans qui s’apprête à faire le saut au collégial, c’est beaucoup mieux qu’une visite ou un dépliant (avec une liste de cours qui ne te disent rien à cet âge); ça lui donne vraiment une très bonne idée de ce qui l’attend.
    Belle initiative du département des communications du Cégep de Chicoutimi, de son coordonnateur Éric Émond et de son assistante Amélie Binette; un bravo sincère à la direction du Cégep d’avoir su briser des paradigmes et oser créer du renouveau. Je vous invite donc à visionner la série, mais surtout de la partager aux jeunes du secondaire de votre entourage…

    Melomarc™ – El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Consolapam. 21 h 30, heure du Mexique. Coincés dans un cul-de-sac, le Dodge Ram et son fidèle “trailer” tentent une difficile manoeuvre de marche arrière. Le véhicule est entré par erreur dans cette ruelle et c’est la seule manière de revenir sur son chemin. Le chauffeur passe une pierre sur les reins, un de ses copilotes a le dos en compote tandis que l’autre a bien plus le goût de regarder autour de lui que de diriger le conducteur. La tâche est ardue en grande partie due aux obstacles qui jonchent la ruelle; cheval, camion, détritus et habitants se sont donné le mot pour rendre l’exploit encore plus difficile. Consolapam, petit village perdu en bordure de l’autoroute, à 1 h 30 de Veracruz. À voir la tronche des villageois, peu d’étrangers arrètent ici. Surtout pas des étrangers-blancs-aux-traits-tirés. Des milliers de kilomètres tracés dans leurs visages. Ces étrangers, c’est nous; Alain, Réjean, et moi. Des Cortès des temps modernes. Partis de Jonquière depuis quatre jours pour un périple de 7300 km qui les mèneront à Puerto Morelos dans le Yucatan. Pas vraiment un voyage, mais plutôt une mission; celle de descendre un ménage complet d’une maison du Nord à une autre du Sud. Un très long déménagement. Un périple sans dormir avec une logistique incroyable. Consolapam. Petit restaurant près de l’hôtel où on a stationné le camion pour la nuit. Réjean a les yeux pétillants, il découvre le vrai Mexique. Alain a les yeux jaunes, il découvre que sa pierre est presque passée et souffre le martyr. Moi, je pense à demain. Je n’en parle pas, mais pour moi, c’est clair, on ne se recouche pas avant d’arriver. Demain, c’est à Puerto Morelos que l’on dormira. Même si l’on ne doit rouler qu’à deux chauffeurs. On carburera au Red Bull, mais on y arrivera. Ça, c’est sur. Consolapam, 2 h du matin. Il y a du bruit à l’extérieur de notre hôtel. Alain est déjà debout devant la fenêtre, je le rejoins, mais il n’y a personne qui tente de voler notre convoi. Fausse alerte. On s’en est fait encore une fois pour rien. Comme à toutes les haltes que nous avons prises, les fouilles à chaque entrée de province, sans compter l’interminable attente aux douanes américo mexicaine. Nous ne passons pas inaperçus, c’est certain. Aussi bien tenter de dormir encore quelques minutes. On doit reprendre la route vers 4 h et le dernier tronçon se fera sous la pluie. Puerto Morelos. 23 h 30, je laisse le volant à Alain. Pas question que les matelots enlèvent le privilège au capitaine d’amarrer son navire à bon port. Le trio Cortès est arrivé sauf et plus ou moins sain. — Extrait du livre des invités de la Casa Loreto, Puerto Morelos, Mexique.
    Je suis allé une douzaine de fois à Puerto Morelos, au Mexique. Petit village coincé entre Cancún et Playa Del Carmen. Toutes les fois, j’y ai acheté d’innombrables albums d’artistes inconnus ou très peu connus. Des découvertes incroyables. J’ai décidé de parler de El Gran Silencio, mais j’aurais pu tout autant vous présenter la séduisante Ely Guerra, où les joyeux Kinky. Mais j’ai vécu une relation particulière avec Chúntaros Radio Poder. Le concept d’intégrer, entre les chansons, un animateur de radio rend l’expérience musicale très spéciale. Quand j’écoute l’album, j’ai l’impression d’être dans une voiture coincée dans un bouchon de circulation sur une artère d’une ville embourbée du Mexique. Je me retrouve dans le Dodge Ram, quelque part entre Tampico et Villahermosa. El Gran Silencio, c’est un mélange de style musical non homogène : latino rock, ska, cumbia, rap, trad mexicaine; bref, un beau mélange de cultures. Un peu ce qu’est devenue la nouvelle Musique du Monde finalement. On peut ce que devient notre Monde, tout court. À écouter sans modération.

    J’ai offert El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder via Virgin.fr à Nathalie Le Pennec, une Française rencontrée sur Facebook, en jouant au Scrabble. Outre, nos épiques batailles de lettres, nous avons partagé des suggestions de lecture, mais surtout un amour pour la culture latine, spécialement celle du Mexique.

    > El Gran Silencio / Chúntaros Radio Poder sur iTunes

    Melomarc™ – David Sylvian / Secrets Of The Beehive

    Voici un nouveau billet de la catégorie Melomarc™ qui tente de répertorier les albums de musique qui ont marqué ma vie jusqu’à maintenant. Voyez ça comme un voyage à travers mes souvenirs et ma collection d’albums; où la véritable histoire de l’album vit en parallèle de la mienne. J’ai décidé de partager ces coups de coeur musicaux sur mon blogue, mais aussi de les faire découvrir plus personnellement à certaines personnes, en leur offrant l’album décrit via iTunes. Surveillez vos boîtes de courriels, vous aurez peut-être le privilège de recevoir un de ces albums… mais surtout, ouvrez vos oreilles et vos coeurs. C’est la mélodie du bonheur.
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    Il avait neigé à Montréal, dans cette journée anodine de 1987. Je m’en souviens parce quand il neigeait j’avais un toit qui se formait sur ma chevelure. Ouais. Bien spikés, mes cheveux étaient tellement gommés par le fixatif que la neige, en gros flocons, restait tout bonnement sur ceux-ci en me créant une calotte glacière, un chapeau enneigé. Pour les curieux qui se demandent comment cela pouvait être possible, vous pouvez cliquer sur ce billet qui explique le comment du pourquoi. Bref, il avait neigé à Montréal cette journée-là. J’allais comme d’habitude, le walkman sur les oreilles, dépenser mon maigre salaire chez les disquaires. Dans ces années-là, je me procurais des disques à un rythme d’enfer (me semble l’avoir encore ce rythme-là…). Cette journée-là, je n’avais aucune idée des nouveautés qui allaient se présenter à moi, mais l’album que j’allais acquérir allait s’avérer en être un important dans ma vie.
    En 1982, David Sylvian quittait le groupe Japan pour débuter une carrière solo. Et moi aussi, j’étais tout seul. Tous seul entouré si l’on veut. J’avais beaucoup d’amis, mais je travaillais, étudiais et sortais souvent seul. Souvent par horaire difficile à concilier, mais encore plus par personnalité. J’aimais me retrouver. Cet album de Sylvian me rappelle la solitude. Pas la solitude difficile, mais celle qui nous ramène à soi-même, la totale introspection que bien des gens ont trop souvent peur d’affronter. J’avoue ne pas trop avoir accroché sur Japan dans ces années-là; ce groupe était trop semblable à Duran Duran… Un groupe comme DD était déjà largement suffisant. Fallait pas exagérer. Secrets Of The Beehive était mon premier album de Sylvian. Une amie m’avait bien fait une cassette de Brillant Trees, son premier album, mais je n’avais pas accroché à ce moment-là (bien que je me le suis procuré à nouveau en CD, par la suite…). La musique, je l’ai écrit mainte fois, c’est contextuel et temporel. Y a des notes qui restent gravées à tout jamais dans votre vie parce qu’à ce moment précis de celle-ci, où vous viviez un événement heureux ou malheureux, cette mélodie est venue vous réconforter ou vous brasser. Vous auriez écouté celle-ci dans une autre circonstance et elle aurait pu entrer et sortir de vos oreilles aussi vite. C’est comme ça. La musique, ce n’est pas mystique, c’est physique. Y en a pas de bonne ou de mauvaise, y en a uniquement qui vienne vous chercher à un moment précis. Tous styles confondus. Je suis un indépendantiste musical : on ne peut m’accorder aucun style en particulier. Alternatif? Peut-être. Mais ce n’est pas parce qu’un album devient populaire que je le renie pour autant. Je n’entretiens pas une relation intellectuelle avec la musique, alors ne venez pas me faire la morale sur mes choix, ils ne sont dictés par aucune logique et encore moins par des connaissances. Pour moi, c’est simple, il y a deux genres de musique : celle que j’aime et celle que je n’aime pas. Noir et blanc.
    En 1987, David Sylvian sortait l’album Secrets Of The Beehive. Et moi, à 22 ans, en fin de BAC, j’étais loin de m’imaginer en achetant ce disque que 23 ans plus tard je l’écouterais encore. Oui c’était (ça l’est toujours) un excellent album, certes. Mais ce qui est spécial c’est qu’aujourd’hui en l’écoutant, je sens la neige tomber sur mes cheveux, comme en 1987, et je me vois dans ces années-là me demander, avec l’insouciance du début de l’âge adulte, si un jour j’écouterai les albums que j’achète à l’instant…

    J’ai offert cet album, via iTunes, à Katia, une amie de ces années-là, retrouvée sur Facebook…

    > David Sylvian / Secrets Of The Beehive sur iTunes