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    Archive pour juillet, 2010

    Ca va pas changer le monde.

    Marc Cassivi de La Presse tentait une explication, dans sa chronique cinéma d’hier, sur le fait que l’on voit toujours les mêmes comédiens dans les films québécois. En résumé, son point de vue tenait, entre autres, sur le fait qu’un film est plus facilement finançable quand une vedette connue y prend l’affiche et qu’il y a moins de risque pour un réalisateur de faire appel à un « king pin » qu’à un jeune premier. Même si ce jeune premier pouvait s’avérer un choix plus judicieux et plus convaincant pour tenir ce rôle.
    Cette chronique a inspiré Rock-Détente pour sa question Facebook du jour: « Pourquoi y a t’il toujours les même acteurs dans les films québécois? » Je n’ai pas pu me retenir et j’ai répondu : « Pour les mêmes raisons que votre station repasse toujours les mêmes chansons des mêmes chanteurs/ses… ». Sensiblement pour les mêmes raisons que les producteurs de films : ne pas faire de vague, créer une zone de confort pour ne pas déstabiliser les auditeurs en leur présentant des trucs qu’ils reconnaissent facilement. C’est pourquoi on entend inlassablement les mêmes trucs à la radio depuis des années; l’industrie nous dicte ce que l’on doit écouter / aimer / acheter. Ça donne des radios « mainstream » (quel mot ennuyant!) qui ne vous font rien découvrir de neuf, sinon d’apprécier encore plus d’avoir un iPod dans l’auto.
    Il en est de même pour la littérature. Chaque année, un ou deux livres (la plupart du temps des livres américains) deviennent LE livre qu’il faut lire absolument. Normalement, ce livre devient LE film qu’il faut voir. Avec l’Acteur du moment. Dans une discussion dernièrement, avouant candidement que je n’avais pas lu un de ces livres à la mode, j’étais quasiment perçu comme un abruti. Comme si je passais à côté de quelque chose de primordial et d’important…
    Ça vous rassure de lire ce que tout le monde lit? D’écouter ce que tout le monde écoute vous fait sentir bien? Moi, ça m’emmerde un peu. Je flush le contenu de mon iPhone aux deux semaines. Je n’écoute jamais une chanson en boucle. Les « Best Seller » me laissent tiède. Les films d’Hollywood, aussi. Je fouille sur internet et dans les magazines spécialisés pour découvrir de nouveaux talents, des nouveaux auteurs; je suis toujours à la recherche du coup de foudre créatif, celui qui te brasse dans tes conventions. Il n’y a rien de plus génial que de découvrir de nouvelles tendances, des nouveaux sons, des façons différentes de nous présenter de vieux concepts. De goûter à de nouvelles saveurs. De découvrir des cultures différentes. C’est toujours bon? Non, pas tout le temps. Ce qui est nouveau n’est pas nécaisserement toujours bon. Ce n’est pas aussi facile que ça. Quand on sort des sentiers battus, quand on brise les normes on fait toujours face à nos paradigmes et ils sont souvent difficiles à percer. C’est pourquoi beaucoup de gens ont besoin de se faire rassurer par les autres sur leurs choix. Si tout le monde aime ça et que moi aussi, j’aime ça, c’est que c’est bon. Simple équation.
    Il en est de même dans le métier que je fais. Suivre une tendance est souvent plus facile que de la créer. Plus facile, mais surtout plus rassurant. Combien de campagnes de pub se ressemblent? Combien de concepts sont les petits de grandes idées? Certaines compagnies se complaisent à ressembler à leurs concurrents, ça les réconforte de jouer la même sérénade; ça ne les distingue pas, mais ça les sécurise dans leurs choix. Il y en a d’autres pourtant qui forcent à sortir lot. Ils ne le font pas toujours de la bonne manière, mais ils essaient. Être le premier à tenter un truc nouveau n’est jamais facile : les mêmes personnes qui préfèrent le statuquo jugent sévèrement les tentatives d’innovation des autres. Si certaines compagnies sont gauches dans leurs façons de se renouveller, il en demeure pas moins qu’ils provoquent et stimulent leur marché, ce qui en soit est déjà mieux que de suivre une parade déjà vue.

    Absence de Marc™

    J’ai de la broue dans le toupet. C’est ce qui m’a retenu à l’écart de cet espace depuis quelques semaines. J’ai une vingtaine de billets brouillons non terminés et non publiés qui perdent lentement leur notion d’actualité. Des billets écrits par rapport à des projets sur lesquels je travaille présentement… et d’autres du type réflexion censurés l’espace d’un instant ou simplement en attente de relecture. À suivre.
    Je n’ai pas pris officiellement de vacances cet été. Mis à part ce long week-end à NY, je prendrai uniquement des journées ici et là. Je ne pense pas que ce soit la solution idéale. Dans quelques semaines ou mois, je vais regretter de ne pas avoir fait un voyage et d’avoir ainsi arrêté le moteur (et surtout le cellulaire) pour une couple de semaines. À suivre.
    Je n’ai pas été absent qu’ici. Depuis mon retour du Grand Défi Pierre Lavoie, j’avais aussi complètement arrêté de rouler ou courir. Comme si ma mission accomplie, je n’avais plus à m’entraîner… En enfilant mes espadrilles vendredi et dimanche, ça m’a fait du bien. Et ça m’a fait mal aussi. Le cardio ça se gagne difficilement, mais se perd en un rien de temps. À suivre.
    Mon bureau est dans un état lamentable. Des feuilles de papier traînent ici et là. J’ai des colonnes de verres à café empilés l’un dans l’autre. Des notes gribouillées jonchent la table ou mon Mac trône. Mon écran a plus d’empreintes de doigts que de pixels. Des moutons bêlent sous mes divans, mon plancher est sablonneux et je n’ose ouvrir la porte de mon frigo de peur d’y rencontrer l’évolution d’un sandwich oublié. Il faut décrotter cet endroit avant qu’un client vienne me rencontrer. À suivre.
    Je lis quatre livres en même temps. Une page de temps en temps. Les derniers numéros des magazines auxquels je suis abonné sont empilés sur mon bureau à la maison, toujours dans leurs emballages plastifiés. Il sont tous prêts des livres, non lus, achetés à Barcelone, Londres…et New York. Il faudra bien un jour que je prenne le temps de tout lire ça ou que j’arrête simplement d’en acheter. À suivre.
    Toutes les fois que je descends dans le sous-sol de ma maison, j’aperçois la toile vierge que je veux peindre pour mon salon. Si je me souviens bien, je l’ai acheté il y a maintenant 5 ans. Cinq ans. Faudrait bien que je m’y mette. À suivre.
    J’ai l’impression d’être à côté de mes pompes. Il me semble qu’un secouage de puces s’impose. Un grand virage. Un tsunami. Un coup de pied au cul. À suivre.

    Le paresseux appelle chance le succès du travailleur.

    Prenez ça comme une montée de lait ou comme un signe d’incompréhension et d’intolérance, mais je ne suis plus capable d’entendre le monde parler de la chance comme étant l’unique élément du succès d’un tiers. Pu capable. Y a pas une journée où à la suite de l’affichage d’un profil Facebook d’un de mes potes annonçant une bonne nouvelle que je ne lis pas en commentaire : « Hoooo t’é ben chanceux! » « Ahhhh, maudit chanceux, va! » Hey. Y a toujours ben des limites à mettre les bons coups des gens sur le compte de la chance, bordel. En plus de dénaturer la réalisation, ça enlève tout le mérite à la personne concernée. Shit. À une amie qui lâche son boulot au Saguenay pour tenter un nouveau projet à Montréal : « Chanceuse de pouvoir déménager, moi je pourrais pas! ». Ha non, tu pourrais pas? Pfff. Tu penses que ç’a été facile pour mon amie de tout lâcher pour poursuivre son rêve??? À un autre ami qui annonce fièrement qu’il s’en va un mois en Europe : « Chanceux, toujours les mêmes en vacances! ». Chanceux? Take The Money And Run, My Friend. Tu as idée des efforts que ça lui a pris pour faire ça???!!! De mon côté, quand je pars en voyage et qu’on me fait remarquer que je suis chanceux d’être mon propre patron, « d’être à mon compte » et de pouvoir partir à ma guise (!), je rappelle aux gens les 80 heures de travail sur plusieurs semaines que j’ai dû enligner pour pouvoir partir… en sans solde. Parce qu’un consultant, ça n’a pas de salaire fixe. Je ne me lamente pas une miette. J’adore ce que je fais et ne ferais jamais rien d’autre, mais de banaliser le geste, de réduire les efforts que les gens font pour arriver à leurs fins me fait suer. Créez votre propre « chance » et laissez aux autres le mérite de leurs réalisations. Cessez de vous lamenter en pleurnichant au monde entier de ne pas avoir de chance et foncez. Faites de quoi. J’ai des clients qui se réinventent tous les jours. Des clients qui n’attendent pas que la compétition les somme de bouger avant de le faire. J’ai des amis qui prennent des initiatives qui les sortent de leur zone de confort. Des amis qui prennent des risques. Des chums qui mettent leur petit train-train en péril, histoire d’améliorer leur sort. Ce que vous analysez comme de la chance, moi j’appelle ça du mérite. Et pour le gagner ce mérite, faut y mettre les efforts. Il faut y croire et se jeter dans le vide. Quitte à prendre des risques. Gagner à la loto, c’est peut-être de la chance, mais je n’ai jamais vu personne gagner sans avoir acheté un billet…

    Start Spreading The News, I am Leaving… Tomorrow. Je m’en vais tester ma capacité à vivre sous l’humidité excessive de New York. Mais j’y vais aussi pour ses restos, ses boutiques, ses shows… De retour mardi. Chanceux, moi? Mets-en!

    Women like my type.

    Hum. Allez, je ne veux pas faire mon macho ni me vanter, mais c’est exactement ce qui se passe dans un dossier sur lequel je travaille depuis une couple de mois. Les femmes raffolent du caractère que je leur propose depuis le début de ce contrat. Elles adorent la poésie de mes lettres…
    Je vous taquine. Il n’est pas question de moi, mais de « type ». De typo. De typographie, en bon français. Le mandat sur lequel je planche est une refonte graphique totale pour un client très connu de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Vous saurez le nom de celui-ci quand ça sera terminé. Ce qui est particulier, c’est que je travaille avec 3 femmes et qu’elles ont toutes les trois développé un goût poussé pour la belle typo, s’exclamant sur la forme d’un t capital par rapport à une minuscule; du délié* d’une lettre par rapport à une autre. Trouvant qu’une minuscule est trop frêle et que la majuscule est trop sévère. Je trouve ça cool. En fait, j’aime bien quand mes clients mettent leurs grains de sel et s’intéressent au projet en se l’appropriant. J’aime ça perdre le contrôle. Et c’est tout à fait normal, parce que moi j’ai d’autres mandats qui m’attendent tandis qu’eux devront vivre avec toutes ces nouvelles règles que l’on établit. Si ils sont directement responsables et d’accord avec les décisions qui se prennent, ils seront plus en mesure de les appliquer et d’en assurer la pérennité. C’est logique.
    Pour revenir à ses clientes qui aiment les belles lettres, ce qui me plaît par-dessus tout c’est la reconnaissance, de leur part, des particularités spécifiques et communicationnelles de la typographie. Leur compréhension quant au choix des graisses** et surtout de la possibilité de créer des contrastes, des couleurs, uniquement en jouant avec celles-ci. Comprendre aussi la possibilité d’unicité quant au choix typographique. Je tente de plus en plus d’inculquer à mes clients la pertinence de s’approprier une fonte particulière afin de se donner une image bien à eux. C’est souvent subtil pour bien des gens, mais le travail se fait quand même. Prenez le cas de refonte graphique de Bell. La mise en place de sa nouvelle plateforme graphique a été réalisée avec une typographie construite uniquement pour l’entreprise. En plus de lui donner une couleur tout ce qu’il y a de plus personnel, elle permet à la longue, une reconnaissance immédiate de la marque. Si c’est vrai pour une grosse entreprise comme Bell qui dépense énormément en publicité, ça l’est encore plus pour une plus petite. Moins une entreprise investit en publicité, plus elle se doit d’être rigoureuse quant à sa la reconnaissance de sa marque. Facile pour une entreprise comme Nike de changer de « look » selon sa gamme de produits avec sa capacité publicitaire, moins facile pour une entreprise microscopique avec un budget rudimentaire. Simple calcul.
    Un de mes premiers billets parlait de l’importance de la typographie dans la communication graphique. C’est l’élément qui départage le plus les autodidactes des professionnels du métier : le choix typographique, le respect de la forme, le bon crénage*** », etc. En plus, ça plaît aux femmes. Sometimes, woman fall in love with a great type…

    * Le délié correspond en typographie à la partie la plus fine d’un caractère, en opposition au plein (typographie). Le délié correspond à la largeur de ligne d’une plume tirée horizontalement, et a été repris par les typographes pour la création de caractères.

    ** En typographie, la graisse est l’épaisseur d’un trait ou d’un caractère. En augmentant la graisse d’un caractère maigre, on obtient un caractère demi-gras, puis gras, et ainsi de suite.

    *** Dans le domaine typographique, le crénage (kerning) est l’ajustement de l’espace entre les lettres d’une police à chasse variable. Dans une police bien crénée, l’espace entre deux lettres est identique, quelle que soit la paire de lettres considérée. Dans une fonte de caractère (numérique) créée dans les règles de l’art, le crénage est fait manuellement par le fondeur pour toutes les paires de caractères une à une. Dans le cas contraire, les logiciels de gestion de fonte peuvent le faire automatiquement, mais cela donne un moins bon résultat.Les paires de caractères doivent être testées et réglées dans les deux combinaisons possibles (par exemple ab et ba), l’espace à droite et à gauche de chaque caractère étant souvent différent en fonction de sa forme. Enfin, certaines lettres doivent se toucher comme les doubles t, double f ou fi (tt, ff, fi) : ce sont les ligatures.

    (source Wikipédia)