Une nouvelle campagne pour CORAMH
15 jours sans écrire sur ce blogue. 15 jours, vous vous imaginez? Ma plus longue période de léthargie. Ce n’est pas le manque d’inspiration ni les sujets qui font défaut, c’est uniquement une question de temps : je n’ai pas une minute à moi, je suis dans le jus et je me consacre à livrer mes contrats au lieu d’écrire ici. Normal, non? C’est une période plutôt faste et tout devrait revenir à la normale d’ici la fin de la semaine. La bonne nouvelle c’est que vu que je travaille beaucoup, j’aurai plein de trucs nouveaux à vous montrer. Des logos, des campagnes, des documents imprimés; bref, je n’ai jamais travaillé autant sur des sujets aussi disparates que les dernières semaines. Je remercie d’ailleurs mes clients d’être aussi patients… Le temps consacré à la création est malheureusement plus difficile à compresser que celui de la production. Les bonnes idées sont plus difficiles à accoucher que les mauvaises.
Tiens, voilà donc un des mandats réalisés dans ce mois de fou. Une toute nouvelle campagne pour CORAMH, la Corporation de recherche et d’action sur les maladies héréditaires qui vise à prévenir les maladies héréditaires en misant sur l’information, la sensibilisation et l’éducation. L’organisme oeuvre au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 1980 et transmet à la population des notions importantes portant sur l’hérédité, la génétique humaine et les maladies héréditaires. J’en suis à ma septième année avec l’organisme : quelques campagnes, des vidéos témoignages et corporatifs, des affiches, mais surtout plein de beaux souvenirs. J’en ai parlé plusieurs fois sur ce blogue : ici, là, encore là et là.
Cette nouvelle campagne fait suite à celle de « Ce n’est pas écrit dans ta face, mais dans tes gènes! » réalisée en 2007. À cette époque, nous voulions sensibiliser les gens à l’idée qu’être porteur d’un gène déficient, ce n’est pas visible à l’oeil nu et peut avoir très peu d’incidences à moins de rencontrer une partenaire porteuse du même gène déficient et décider d’avoir des enfants avec celle-ci. Dans le briefing du nouveau mandat, les gens de CORAMH m’ont encore rapporté à quel point, les gens ne se sentent pas toujours concernés par la possibilité de transmettre un gène déficient, que les jeunes (comme c’est le cas, pour les maladies vénériennes…) sont persuadés d’être invincibles, que ce genre de truc n’arrive qu’aux autres, qu’eux seront épargnés. Ce fut d’ailleurs ma bougie d’allumage. Trouver une façon de domper le problème à un autre. De pouvoir s’en laver les mains. De se dire « hey, regarde-moi pas comme ça, c’est pas moi ». La campagne « Parfois les autres, c’est nous » dit tout simplement qu’on est toujours « l’autre » de quelqu’un. Qu’en accusant, on peut aussi se faire accuser. En déclinant le concept sur les affiches, j’ai décidé d’en produire quatre différentes qui forment, quand on les met côte à côte, une chaîne de personnes se pointant du doigt mutuellement (voir l’exemple ci-contre). Je trouvais le jeu intéressant et permettait un impact visuel très percutant : une série de monsieur-et-madame-tout-le-monde s’accusant, accrochée sur un mur amène à un certain questionnement. J’ai aussi opté pour une série de napperons distribuée dans les cafétérias d’usine, d’écoles et de restaurants participants; encore ici l’impact des gens différents (les napperons sont imprimés rect0/verso permettant leurs permutations) qui s’affrontent attirera l’attention du public et générera une certaine discussion entre travailleurs. Finalement complétant cette campagne, deux spots télés (en plus de celui montré dans ce billet, vous pouvez visualiser le deuxième, ici) conçus aussi par moi et produits par Zed Productions de Chicoutimi, Ken à la réalisation et Jeff à la direction-photo. Fait à noter, ceux qui doutent du pouvoir des médias sociaux, le casting a été réalisé en temps record grâce à Facebook. Un gros merci aux participants!
Posté: mars 21st, 2010 sous Client, Coup de coeur!, Portfolio, Stratégie.
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Hier, j’étais en rencontre avec un client et une firme de programmation web. Nous discutions de certains changements que nous voulions apporter au site du client, de certaines améliorations au niveau des fonctionnalités et finalement remettre le design de celui-ci à niveau. Comme je venais de créer une nouvelle image pour cette entreprise, c’était normal que la vitrine principale vers l’extérieur (lire Internet) reflète ce renouveau. La discussion allait bon train jusqu’à ce que j’entende de la part du programmeur, une phrase qui me hérisse toutes les fois que je l’entends : « il faut faire un bon design « web », la plupart des boîtes de graphisme ne maîtrisent pas ce genre de design…».
Jeudi dernier, je discutais avec mon garçon autour d’une bière. On parlait de choses et d’autres. De rien d’important; le genre de conversation qui semble ne mener à rien et qui tout à coup nous porte à l’essentiel. Les sujets pleuvaient. On riait. On rattrapait le temps. On ne se voit pas assez souvent, lui et moi. La discussion était anodine jusqu’à ce qu’il me raconte une anecdote qu’il avait vécue en travaillant dans un fast-food, il y a quatre ans. Il me parla de cet employé, un type paumé, près de la quarantaine, marié, deux enfants et soutien de famille. La misère à petit salaire, quoi. Le type détenait le seul revenu familial et travaillait avec des jeunes, comme mon garçon, pour qui ce travail était temporaire, le temps de ramasser des sous pour payer des études. À part le patron, c’était lui le plus vieux et le moins éduqué parmi les employés. Mon garçon se rappelait surtout de l’avoir jugé. De l’avoir mis dans la catégorie des minables, des petits qui ne réussissaient pas. D’avoir pris à partie ce mec qui avait plus deux fois son âge, du haut de ses valeurs naissantes d’adolescent. Les jeunes sont souvent durs quand vient le temps de prendre position, ils ne font pas dans la dentelle. En avalant une gorgée de bière, il me dit qu’avec du recul, il regrettait d’avoir pensé du mal de ce gars-là. Qu’avec les années qui ont passé, il s’apercevait que le jugement sévère qu’il avait porté sur ce bonhomme était facile et ne tenait compte d’aucun contexte particulier. « Tu sais, ce gars-là aurait pu décider d’être sur l’Aide sociale et profiter du système; au lieu de ça, il se levait le matin, finissait tard le soir, à se brûler sur l’huile à patate frite et à faire des hot-dogs pour un salaire de misère… » ajouta mon fils. « Et moi, du haut de mes 16 ans, je le trouvais « loser », tu te rends compte? Je m’en veux, tu sais… Je m’en veux de ne pas l’avoir estimé à sa juste valeur… ce gars-là avait décidé de ne pas se laisser aller et moi, au lieu de le trouver honnête, je le méprisais… » J’avais le souffle coupé. Je l’aurais pris dans mes bras. Je l’aurais embrassé comme un gamin. Tellement j’étais fier de lui. J’étais un coq qui regardait son poussin se dégourdir. Ça m’a fait penser que les valeurs sont des trucs qui ne mentent pas. On peut dériver, faire des choses dans notre vie qu’on peut regretter, on peut faire de mauvais choix, mais quand on revient à l’essentiel, à nos valeurs de base, on s’en sort toujours indemne. Je n’ai pas toujours été super présent pour mon fils, pour plein de raisons (pas toujours bonnes), mais j’ai toujours tenté de lui inculquer ce à quoi je croyais, et ce, par l’exemple. Je n’ai pas hérité d’entreprise familiale, ni de somme d’argent, je n’ai pas suivi les traces de mon père quant à son métier, mais j’ai reçu de mes parents des valeurs importantes auxquelles j’ai adhéré. Je pense que comme professionnel, outre le talent et les connaissances, les valeurs que nous partageons avec nos clients sont d’autant plus importantes qu’elles nous distinguent des autres. Elles font partie de notre ADN. Quand j’analyse les clients avec qui j’ai fait un bout de chemin depuis le temps, je constate qu’ils ont tous bâti leurs entreprises sur des bases solides, pas uniquement pécuniaires, mais sur des valeurs plus importantes comme le respect, le travail bien fait et l’honnêteté. Ce sont ces valeurs qui font que nous réussissons à prospérer, certes, mais encore plus à grandir. N’oublions pas comme consommateur que l’on a aussi le loisir de choisir des marques dont nous partageons les valeurs; quand une entreprise brusque celles-ci, nous nous sentons encore plus lésé que si on nous avions été simplement roulé du point de vue matériel parce que l’on touche à quelque chose de plus important, de non négociable, d’intrinsèque en nous. Une entreprise qui met de l’avant ses valeurs et les défend a plus de chance d’avancer qu’une autre qui s’ajuste aux modes qui passent. Une entreprise peut avoir un visage humain et doit posséder, tel un individu, un « bon fond ». Il y a peu de risques de se tromper dans nos relations professionnelles quand on joue la carte de la franchise. C’est toujours plus facile d’être soi-même. Et tellement gratifiant.
Ça sent le printemps à l’extérieur, dans les boutiques 