… Et si je n’étais qu’un tremplin?
La semaine dernière, je faisais une présentation d’un concept pour un nouveau client et cette rencontre m’a fait allumer sur un truc qui se répète très souvent lors de mes meetings client. Je vous décris la scène. Comme toutes les fois où je fais une prestation, le préambule est très court; je ne fais jamais de speech qui vend ou explique le concept avant son dévoilement pour deux raisons : la première est que lorsque ce concept aura à se battre seul sur une tablette/mur/radio/télé je ne serai pas à ses côtés pour le défendre, l’expliquer ou le traduire… deuxièmement, les arguments émis d’avance sont à mon avis pour justifier son axe créatif. Ce que je préfère, c’est de discuter du concept après son dévoilement. On discute à bâtons rompus de l’idée, on la met à l’épreuve, le client la challenge, je la défends, on la sort de son contexte, bref, il y a une sorte de jeu qui se crée autour de cette idée, un genre de brainstorming qui sert de debreefing. C’est lors de ces échanges que ressortent des idées vraiment intéressantes. Comme si l’idée de base proposée à mon client était un simple caillou que l’on polirait à quatre mains pour en faire une pierre précieuse. Je le répète, mais le client est le seul élément qui fait la différence entre une bonne campagne de pub et une campagne géniale. Il est celui qui décide si on risque un concept hors du commun, ou décide de jouer la carte du déjà-vu plus rassurant. D’où le titre de mon billet. Il arrive très souvent que le client fasse exploser le concept, qu’il lui fasse faire un saut créatif! La créativité n’est pas à sens unique. Ce n’est pas uniquement parce que j’ai comme titre sur ma carte d’affaires, celui de créateur, que je suis LE seul capable d’avoir une idée géniale dans ma relation avec mon client. C’est pourquoi j’ai l’impression de servir la plupart du temps de tremplin pour ceux-ci. Et c’est très bien ainsi. Quand le client s’approprie le concept, il en devient son meilleur défenseur et, surtout, son meilleur diffuseur. L’idée devient la sienne. Si certaines agences voient cette intervention du client comme une ingérence et un déni de leurs compétences, j’y vois plutôt une symbiose très intéressante qui permet d’avancer, exploser et réaliser des concepts géniaux différents et mieux intégrés au besoin du client.
Posté: octobre 29th, 2009 sous Client, Réflexion, Stratégie.
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Belle initiative que celle de Nelu Wolfensohn, professeur à l’
Cette semaine on a eu droit à une mini tempête médiatique au sujet d’une publicité virale diffusée sur
« Louise, citoyenne de Saguenay qui cherche toujours des bijoux uniques rencontrera Luc, bijoutier artisanal, qui lui, songe à changer ses fenêtres, pourra discuter avec Nathalie, fabricante de produits en aluminium, qui elle, fera la connaissance de Denis, toujours à l’affût de découvertes culinaires, et il sera surpris d’apprendre que Jean, éleveur bio, puisse offir ce type de produit ici, dans sa ville. À la Foire Commerciale de Saguenay, venez découvrir des produits faits par nous, pour nous. » Petit texte accompagnant la publicité journal pour l’événement qui se déroulera dans le hangar de la zone portuaire de l’arrondissement de Chicoutimi ce week-end. Une foire commerciale qui se rapproche de la façon de faire du commerce d’une époque révolue : celui d’avoir un lien direct avec le fabricant. C’est d’ailleurs l’image qui m’a inspiré le logo créé pour l’occasion : deux personnes qui fabriquent un truc pour un couple. Très intéressant comme formule cette foire, vous ne trouvez pas? À l’heure où les entreprises crient à l’injustice de la compétition mondiale qui vient d’internet ou celle des magasins grande surface, à l’heure où la consommation de proximité est un geste à valeur environnementale élevée, à l’heure, finalement, des campagnes d’achats chez nous, nous arrive un projet plus réaliste que théorique : celui de faire rencontrer des consommateurs et des fabricants locaux. Sans intermédiaire. Sans vendeur. Aujourd’hui, la seule façon qu’à une entreprise de se sortir du joug du prix, est d’offrir une valeur supplémentaire à son produit et service. Le prix peut en être une, mais il sera toujours contesté, négocié, et finalement réduit par un concurrent pas nécessairement près de chez vous. Le prix est une valeur pauvre (mmm, beau slogan…). Je veux bien encourager les gens de chez nous. On a tous cette honnête réflexion. Personne n’est contre la vertu. Mais l’idée de payer plus cher est un frein naturel et normal. À produit égal, le meilleur prix l’emportera toujours. C’est la dure loi du marché. La seule façon de s’en sortir, pour une entreprise, est de s’assurer que sa valeur ajoutée est non-négociable, introuvable ailleurs et difficilement copiable. Facile à dire devant mon écran, les mains sur mon clavier, vous vous dites. Oui et non. Je suis graphiste et publicitaire. Il existe à proximité de mon bureau des boîtes de pub connues pleines de talents, d’autres moins bonnes chargeant des pinotes et tout un chacun a sous la main un beau-frère capable de photoshoper tout ce qui bouge, s’improvisant artiste et prêt à vous créer un truc pas cher. J’ai aussi des clients qui ont le poids, le marché et les budgets pour se choisir une plus grosse agence dans une plus grande ville que Chicoutimi. Finalement, il existe des sites internet où il vous est loisible de télécharger un logo, un canevas de brochure ou de site internet pour moins de 100 $. Ça m’empêche de dormir? Non. Pas une miette. Ce qui m’empêche de dormir, c’est de chercher la meilleure façon pour mon client de se démarquer. Et de lui charger ce que cela vaut. Point. Je n’ai aucun contrôle sur le prix de mes concurrents, aucun sur leurs idées et encore moins sur leurs partenaires d’affaires. Aucun. Mais, eux non plus, ils ne l’ont pas sur mes trucs. Conclusion mon Marco? Travaille plus fort, gratte-toi la tête encore plus, botte-toi le cul et sois gentil avec tes clients. Ça devrait bien aller.
« On rencontre dans une vie des milliers de gens, des gens semblables, des gens différents… » C’est par ce texte que je concluais le film « Le rêve est une seconde vie ». Un vidéo que j’ai réalisé pour