Menu principal:

Profil Facebook de Marc Gauthier

    Me suivre sur Twitter



     Lien RSS


  • Commentaires récents:

  •  

     

    Archive pour juillet, 2009

    Coudon, travailles-tu des fois?

    Il me semble que ça fait un bail que je n’ai pas posté de créations ou parlé de certains dossiers de mes clients. Voici donc, en vrac, quelques logos réalisés dans les derniers mois. Le Centre de Démonstration Scientifique du Saguenay-Lac-St-Jean, qui a pour mandat de donner le goût des sciences aux plus jeunes, en optant, comme son nom l’indique, à démontrer par l’exemple plutôt qu’enseigner que des théories. Onux, entreprise de la rive-sud de Montréal, spécialisée dans l’informatique juridique : extraction, manipulation et analyse de données numériques à des fins d’enquête ou de litige. Souveraineté Alimentaire, consultants en commercialisation et mise en marché au niveau des producteurs agricoles. Voilà.

    logo-TM

    Philosophie du lundi.

    philodulundi_14

    Comprendre comment naissent les modes.

    Avant de lire ce billet, regardez le vidéo au complet. Il permet de comprendre en l’espace de trois petites minutes, les notions d’« Early adopters » ou de « Trendsetters » (consommateurs précoces ou de première ligne) par qui un produit, une mode ou une tendance naît avant de se propager à un plus large public. Chacun des premiers protagonistes a une importance capitale. Les premiers mecs (danseurs 1 et 2) représentent exactement, à leur manière, des initiateurs. Ils ne sont pas nécessairement exceptionnels sinon qu’ils sont à l’avant-garde. Ils sont, à la limite, un peu weird. Les gens qui partent des modes sont des êtres la plupart du temps perçus comme marginaux. Perception pas tout à fait fausse. Ce sont des personnes qui ne veulent pas faire comme les autres, avoir leur propre style, se noyer dans la masse n’est pas leur tasse de thé. D’ailleurs, les « Early adopters » quittent le navire avant même que celui-ci se remplisse de marins. Il sont à la recherche d’une nouvelle tendance. Sur le vidéo, le personnage qui illustre le trait d’union entre le consommateur précoce et la masse est le troisième mec. Celui-ci, même s’il se retrouve dans les premiers danseurs, ne peut être considéré comme un leader, mais il est indispensable dans la création d’une tendance : il est le consommateur moyen et conservateur. Il donne son consentement à ce nouveau produit, « je pense que cette mode est cool, suivons là! » À partir de ce moment, c’est une traînée de poudre. La masse de personnes qui accourent suit la mode. C’est plutôt assez rassurant de suivre une mode. On fait partie d’un groupe. Un groupe à qui on aime s’identifier, qui partage nos visions, nos valeurs. Ce qui est intéressant à observer, c’est notre première perception par rapport à ce vidéo. Selon nos valeurs, le premier mec qui danse peut être à la fois un malade ou un tripeux, mais avouez ne jamais l’avoir pris au sérieux, capable de lancer un mouvement de la sorte. C’est pour ça que le troisième danseur est le diffuseur de cette mode. Il représente monsieur et madame tout le monde et n’est donc plus considéré comme marginal. Cette mode a fonctionné. Ce n’est pas toujours le cas. Combien de modes meurent dans l’oeuf? C’est pour cette raison que le premier danseur sera toujours considéré comme une bebitte à part. Parce que s’il n’a pas reçu le feu vert de la majorité, il sera considéré comme un weirdo parmi tant d’autres, mais surtout pas un leader. Pourtant…

    via le blogue de Seth Godin

    P.S Pour les amateurs de musique, la chanson est Unstoppable de Santigold – Excellent album, en passant!

    La connerie, on peut en mourir.

    brain1Dans un récent billet, Patrick Lagacé, journaliste et blogueur à La Presse, proposait une réflexion sur le Car Surfing, ce téméraire jeu (!) qui consiste à s’agripper au toit d’une voiture et de tenter d’y rester pendant qu’elle roule. Un jeu insignifiant, certes, qui a coûté la vie de Kevin Ducharme. En lisant une histoire d’horreur de la sorte, ce qui étonne est toujours le manque de jugement que l’on attribue aux acteurs d’une telle sinistre mise en scène. À quoi pense un individu, ou à quoi il ne pense pas devrait-on se questionner, quand il commet un geste aussi intrépide et stupide que celui-là. Avouez qu’on a le jugement rapide. On traite de morons assez rapidement, les protagonistes d’un tel geste. On se dit que faire une chose pareille est impossible sans être sous l’effet d’une drogue quelconque. Impossible de faire un tel acte débile quand on est sain d’esprit. Impossible. Nos conclusions sont drastiques. Et puis, tout à coup, une petite voix intérieure tousse. Retousse. Un toussotement pour nous rappeler que pour juger une personne sur un acte comme celui-ci, il faut peut-être se regarder un peu plus profondément avant d’émettre des conclusions. Si on n’a pas déjà, nous aussi, fait une stupidité de la sorte. Ma petite voix intérieure ne s’est pas dérhumée pour rien. Fin des années 80. Alors étudiant à Montréal, à peine majeur, j’ai fait une connerie du même genre que Kevin Ducharme, mais la mienne sans les mêmes conséquences. En sortant du métro, j’avais remarqué que certains jeunes s’accrochaient aux portes extérieures de celui-ci, déposant leur pied sur le mini porche afin de rouler, comme sur un skateboard, quelques mètres et de débarquer par la suite. Je trouvais ça cool. Je sais que c’était con de trouver ça cool, mais à 19 ans, c’est difficile de faire la part des choses. Un soir que je sors du métro avec des amis, dans mon cerveau deux fils se sont touchés : moi aussi, je serai un adepte du métro surfin. Sans penser une seule minute aux conséquences, je m’accroche, les bras en pleine extension au cadre de la porte, puis, place mes deux pieds un en avant de l’autre afin d’épouser la petite plateforme et de m’offir une assise confortable. Le métro prend rapidement de la vitesse. Plus que je ne le pensais. Alors que la plupart des jeunes observés auraient déjà lâché leur monture mécanique, je reste crampé sur la mienne. La peur? L’inconscience? Je ne saurais dire. J’ai déjà roulé la moitié de la station. La vitesse de croisière du métro a cessé d’augmenter et a atteint celle de croisière : très rapide. J’entends mes amis sur le quai. Ils sont estomaqués. Ils n’ont jamais eu le temps de me dire que j’étais con de faire un truc pareil. Ils doivent aussi se demander s’ils seront capables de me le dire. Dans ma tête de linotte, la petite boule qui me sert de cerveau comprend enfin qu’elle doit faire réagir des membres qui semblent paralysés par la peur. Dans ma tête, à une vitesse plus grande que celle du métro, les choix ne sont pas légions : 1) je me cramponne et tente de tenir le coup jusqu’à la prochaine station avec tout ce que cela comporte : perte de pied et glissade, rétrécissement de la rame empêchant mon corps de passer, barrière à l’entrée de la prochaine station provoquant un dédoublement de mon corps… 2) Sauter du train en marche, avec les conséquences que ce geste propose : glissement entre la rame et le wagon, mauvais calcul des distances me séparant du mur final ou finalement frapper un passant qui attend le prochain train. J’ai peur. C’est à ce moment même que tu te rends compte de l’absurdité d’un tel geste. Je suis à jeun. Sans drogue ni alcool. Uniquement de l’adrénaline de moron dans les veines. Je regarde la céramique du plancher et la surface est opaque, à la vitesse ou je vais le sol est solide, je ne distingue plus les carreaux et plus ou moins la hauteur. Je lâche prise en tentant de courir afin de rattraper la vitesse du métro. Sur une photo-finish, on pourrait croire que je me prends pour un personnage de bande dessinée qui court dans le vide. Au premier contact du sol, j’ai effectué un vol plané d’un bon 3 mètres. J’ai atterri sur le ventre, comme un surfer qui tombe de sa planche. Mon genou est en sang, mon coude aussi. Mes écouteurs sont toujours sur ma tête. Et je tremble. Et je ris. Mais je ris jaune. Comme mon Walkman Sony qui gît à quelques mètres de moi, inerte. Je suis toujours vivant. Mes amis accourent, non pas pour me féliciter, mais pour me dire que je suis un con. Mais un con vivant. Ce fût la fin d’une carrière naissante de gestes stupides. Je n’ai plus jamais joué aux matadors. Les rêves que j’ai eus, à la suite de ce périple, se sont avérés des cauchemars avec des conclusions pas mal plus dramatiques que celle à laquelle j’ai eu droit. Pendant plusieurs années, j’ai raconté cette anecdote, en riant. Plus maintenant. J’aime à dire que je suis un vieux con, mais j’ai déjà été aussi un jeune con. La connerie a ça de bon. Ça évolue.