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    Archive pour février, 2009

    Un message peut en cacher un autre.

    sbl-2Deuxième mandat pour la société d’avocats Simard Boivin Lemieux. Le premier était pour souligner le cinquième anniversaire de la fusion des trois bureaux qui forment dorénavant la firme. Le comité piloté par Isabelle Simard, du bureau de Chicoutimi, Isabelle Boilat de celui de Dolbeau ainsi que Marie-Claude Gagnon de celui d’Alma et moi-même avait opté pour un envoi assez spécial pour leurs clients : un arbre (pas une simple pousse, un arbre à maturité; un bel emblème pour souligner l’enracinement de la société dans son milieu, avec ses clients tout en posant un geste environnemental significatif. Les clients avaient apprécié l’initiative, j’imagine qu’uniquement de voir arriver un livreur accompagné d’un arbre aussi haut que lui valait le coup d’oeil. Pour ce dernier mandat, j’ai conçu une série de documents qui parle de droit du travail, de médiation ainsi que de baux commerciaux. Le concept est simple : on annonce sur le couvert une affirmation qui change quand on ouvre le document. Chacun des documents a été découpé à l’aide d’emporte-pièce permettant à certaines lettres de l’intérieur de servir à composer le slogan de la couverture. Le mandat devait se résumer à un seul dépliant, mais le concept a tellement plu que Simard Boivin Lemieux a décidé de l’appliquer à d’autres de leurs nombreux champs de pratiques.

    Les hauts et les bas d’un valet de marque.

    valet-de-marcOu les tribulations d’un (plus ou moins jeune) homme d’idées dans le merveilleux monde de la pub. On vit toutes sortes d’épisodes dans une vie en communication : on passe de l’euphorie parce que l’on vient de décrocher un contrat super intéressant ou que l’on vient de trouver une idée géniale, mais l’on passe aussi par la déprime de ne pas avoir décrocher le mandat-de-sa-vie, ou que l’idée géniale que l’on a eue ne plaît pas au client, même si nos arguments stratégiques sont béton. J’imagine que toutes les sphères d’activité sont semblables; on vit de contrastes, passant du blanc étincelant ou noir lugubre. Je ne me plains pas, je serais incapable de vivre une vie grise, égale, sans soubresauts. Et j’adore mon métier. Même si on y vit de grandes joies et de grandes déceptions, saupoudrées d’une bonne dose de stress. Je vais vous raconter deux anecdotes qui me sont arrivées dernièrement: les noms des clients seront gardés anonymes, ainsi que la description précise des projets, par souci de professionnalisme. Ils se reconnaîtront peut-être, mais vous non.
    CAS #1: Il y a six mois, je reçois le téléphone d’un nouveau client. Il m’a été référé par un de mes clients existants. Rencontre intéressante, projet super emballant, ça clique, quoi. Je prépare mon plan, rencontre le client : c’est l’apothéose! Je suis tombé en plein dans le mille : mes premières idées exploratrices leur plaisent, en fait, ils apprécient le fait que je n’ai pas suivi à la lettre leur demande initiale : je suis allé plus loin. Même à l’état d’esquisse, mes idées sont déjà mieux que celles de leur ancienne agence. Bref, je remporte le compte et je commence tranquillement à aller plus profondément dans le dossier. Quelques mois passent. En furetant sur le net, je tombe sur un article d’Info-Presse traitant d’une campagne sur un produit comme le mien : l’agence arrivait somme toute aux mêmes arguments de création que moi… Merde. La campagne que je m’apprêtais à livrer existait déjà. Pas dans son intégrité, les slogans étaient différents, les idées plus ou moins semblables, mais le fond était le même, les façons de faire pour y arriver aussi. J’étais entre deux sentiments; heureux de penser que cette agence, énormément plus grosse que la mienne, cette agence dont je suis un fan, arrivait à la même conclusion que moi; mais en même temps ça me déprimait, j’étais le deuxième à avoir cette idée. Ici, certaines agences s’en seraient foutu: un peu d’habillage et on ressert ce concept réchauffé avec une autre sauce et hop! : bien saucé, on peut faire passer des escalopes de porc pour des escalopes de veau… J’en suis incapable. Je retroussai mes manches, refis mes devoirs en demandant une rencontre d’urgence à mon client: au téléphone, je l’avertis déjà que j’ai fait volte-face à la campagne qu’il avait préalablement acceptée (!), que j’ai recommencé «on scratch » et que j’aimerais leur présenter cette campagne version 2.0. Arrive la rencontre, mon concept est audacieux, surtout dans sa réalisation, le client n’est pas très rassuré : on est loin du traditionnel, il n’est pas tout à fait habitué à ça… Mais qu’à cela ne tienne, il embarque. Ça sera génial, je lui prédis. Pour des raisons internes, la campagne fut remise à plus tard. Dernièrement, je tombe sur une campagne d’un produit de calibre internationale avec… la même stratégie que j’avais proposée, version 2. Pas les mêmes slogans ni la même plateforme graphique, mais l’idée première est intégrale. Et comme ce produit est mondial, il aura beaucoup plus d’impact médiatique que le mien. Me voilà encore aux prises avec mon dilemme préféré… jamais deux sans trois, passons à la campagne 3.0…
    CAS #2: Totalement dans un autre ordre d’idées, il y a quelques jours, je rencontre des clients pour un déjeuner. Je mène quelques dossiers de front pour eux et je profitais de cette rencontre pour présenter quelques concepts, et des suivis de production. Le déjeuner est sympa, les idées plaisent, et on se laisse sur une bonne note. Plus tard dans la journée, l’icône de mon courrier sursaute sur mon écran d’ordinateur pour m’avertir que j’ai un mail… je l’ouvre, il vient d’une des personnes que j’ai rencontrées le matin même et il dit simplement : « Juste bravo et merci pour tes idées géniales. C’est un privilège de travailler avec toi ». Vendredi après-midi, la broue dans le toupet, mais un rayon de soleil crève mon écran. Que quelqu’un prenne la peine de m’écrire un si joli mot, alors que moi, je ne fais que mon travail, est complètement extraordinaire. Je sais que je n’exerce pas nécessairement un métier indispensable, ni un métier noble comme m’occuper de gens dans le besoin, mais beaucoup de mes clients le font. Et si, par extension, j’aide ces clients à réaliser leurs missions, donc, je participe, un peu, à leurs succès. Dans les deux cas exprimés, j’ai pourtant fait la même chose : créer ce que je pensais être le plus pertinent pour mon client. Je le fais toujours avec intégrité et professionalisme. Si vous voulez du vrai, vous savez où me trouver.

    Welcome, mr. president.

    C’est con et c’est pour ça que c’est drôle. Bienvenu au Canada, M.Obama.

    1-800-INFO-CRIME

    david-fortin

    Cliquez ce lien pour télécharger une version .pdf. Imprimez et distribuez, svp.

    L’homme à tête de chou.

    tetedechouJe suis l’homme à la tête de chou
    Moitié légume moitié mec
    Pour les beaux yeux de Marilou
    Je suis allé porter au clou
    Ma Remington et puis mon break
    J’étais à fond de cale à bout
    De nerfs, j’avais plus un kopeck…

    Ce matin, petit bonheur gratuit. Plein de soleil dans mon bureau, un café et le plaisir total de RE-découvrir un album que je n’avais pas écouté depuis des lunes : Gainsbourg – L’homme à tête de chou. Pas besoin de vous dire qu’il a joué en boucle toute la journée. C’est cool de réécouter un album qu’on avait mis de côté. Pour toutes sortes de raisons… trop de musique à découvrir, pas assez de temps. Bref, un oubli. 5 ans après le sublime Melody Nelson, en 1976, Gainsbourg sortait cet album concept racontant les tribulations d’un mec amoureux d’une « petite gueuse shampouineuse » qui lui fait la vie dure. Du bonbon du début à la fin. J’adore la musique de Gainsbourg, ses textes, cette irrévérence, cette intelligence… Il faut écouter « Variations sur Marilou » pour déguster la poésie disjonctée de gainsbarre. Étrangement, on a reconnu son génie musical sur le tard. Je lisais une de ses biographies, en décembre, qui racontait comment ses albums recevaient toujours des succès critiques, mais très peu au niveau populaire; mais à l’inverse, comment le succès commercial était au rendez-vous quand il écrivait pour les autres, surtout des femmes (Bardot, Gall, Birkin…). On fait de moins en moins d’album-concept. Dommage. Voilà. Petit bonheur partagé.

    Qui est le plus vert: papier ou pixel?

    feuilleQuand il s’agit de quantifier l’impact sur l’environnement des divers moyens de communication, l’impression a souvent… mauvaise presse. C’est du moins le sujet d’un article pas mal intéressant paru dans le magazine Eye, véritable bible du graphisme au Royaume-Uni. Avec la possibilité qu’on a maintenant de lire de plus en plus de quotidiens sur le net, des brochures en format .pdf ou simplement de consulter ses courriels sur son téléphone; qu’ils aient été créés ici ou à l’autre bout du monde est renversant. En fait, la technologie est si simple en apparence, que l’on oublie les mégas infrastructures qui permettent cette facilité. Les usines qui produisent les ordinateurs portables, les téléphones intelligents ainsi que les écrans plats sur lesquels on consulte ces publications, mais tout autant les réseaux et les centres de données sur lesquels voyage l’information ont besoin d’être alimentés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, si l’on veut justement pouvoir être constamment en ligne sur la nouvelle. Jonathan Koomey, du Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie, a calculé que ces fameux centres de données consomment 1 % de la capacité globale d’électricité, et leurs besoins croient de 17 % par année (New Scientist, 4 octobre 2008). Au contraire, à chaque fois que nous feuilletons un magazine ou un journal, on ne peut que se rappeler de toutes les ressources qui ont été utilisées pour sa production : papier, ordinateurs pour la création, l’impression. Parallèlement à ce phénomène, de plus en plus d’entreprises de service abandonnent les factures ou les états de compte en papier au profit de versions électroniques. Évoquant des raisons purement idéologiques et écologiques, les entreprises réussissent aussi à réaliser des économies importantes. Bien que les fournisseurs de papier clament que leur produit est écologique : de toutes les matières, personne ne contestera que le papier en est une facile et grandement recyclable, mais dépendamment du type de papier utilisé, de son grade ou de son type de fabrication, il est difficile d’y attribuer une empreinte écologique fiable. Les questions environnementales sont complexes et souvent les réponses ne sont pas exactes à cent pour cent. L’année dernière, une étude de KTH, l’Institut royal suédois de technologie, en comparaison des impacts environnementaux de la lecture du journal suédois Sundsvalls Tidning sous sa forme imprimée ou sur un PC a examiné l’ensemble du cycle de vie, de la production éditoriale, à travers la distribution et de la lecture, jusqu’à la fin de sa vie, soit l’élimination du papier ou de l’appareil électronique. Pour chacune des méthodes de lecture du document, les impacts potentiels sur l’environnement ont été différents. Pour la version imprimée, la production de papier a été l’importante activité et pour la version web, la production de l’ordinateur. Les conclusions n’ont pas été très tranchantes : pour la Suède, la version papier est celle qui a produit le plus d’émission de gaz à effet de serre, mais si on élargit la retombée de la version web au reste de l’Europe (puisque le rayonnement de la version électronique dépasse la version physique), c’est cette version qui a consommé le plus d’électricité. Autres questions qui pourraient influencer les chiffres : le nombre de lecteurs différents pour une même version papier ainsi que la durée de vie des ordinateurs. Bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions, il est évident que l’évolution incessante des ordinateurs augmente le problème des déchets électroniques. Le journaliste conclut l’article en indiquant que c’est peut-être au niveau du temps de lecture que le choix du papier ou de la version électronique est le plus pertinent. Plus vous devez plonger dans une lecture longtemps, plus la version imprimée devient indispensable. Et si le temps pris pour afficher quelque chose à l’écran a un impact sur l’environnement — et comme l’affichage est directement dépendant de la lisibilité -, alors la conception éditoriale, la typographie et le graphisme auront un rôle déterminant dans l’amélioration des médias électroniques. Les considérations environnementales ne suffisent pas pour éliminer l’impression ou la publication en ligne. Une meilleure compréhension de chaque moyen de communication peut contribuer à faire un meilleur choix. Bien que l’environnement soit une préoccupation de premier plan, l’ergonomie de l’information et le plaisir de la lecture sont des arguments qu’on ne peut mettre de côté.

    > Why do we assume that online publishing is greener than print and paper?
    Barney Cox – Eye Magazine no.70

    Dr Jekyll and Mr Hyde.

    converseConfidence. J’achète énormément de revues, consulte une multitude de sites internet consacrés à la création et j’ai toujours le même malaise devant les concepts qui me jettent par terre : la joie et la peine, l’admiration et l’envie. D’aussi loin que je me rappelle, deux sentiments complètement contradictoires se sont toujours confrontés devant des productions que je trouve vraiment bien réussies. Je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. Quand je suis devant une création qui me fait vibrer, je jubile, je m’exclame, mais en même temps je suis triste, envieux de n’être pas l’auteur d’un tel coup de génie. Si ça s’arrêtait là, ça ne serait pas si mal. Ça pourrait être vivable, quoi. Mais j’en rajoute; en regardant dans mon cahier les dernières idées que j’ai sorti pour tel ou tel autre de mes clients, je les trouve toute plus mauvaises l’une que l’autre. Comme si la pub dont je viens à peine de découvrir l’existence venait faire de l’ombre, enlaidir ou amoindrir mes dernières créations. Pas facile à admettre. Encore moins facile à vivre. Uniquement pour moi, vous dirais-je. Pour la plupart de mes clients, cette tragédie que je vis à l’intérieur de moi tourne plus souvent qu’autrement en leur faveur. Parce que l’envie pousse le créateur à vouloir revivre l’extase du trait de génie. Plus je vois des travaux magnifiques, plus je suis abattu. Plus je suis abattu, plus je sors ce qu’il y de mieux en moi. Tu n’évolues pas comme idéateur en te comparant à plus poche que toi. Être le meilleur des moins bons n’a vraiment rien de gratifiant. Faites le parallèle avec une équipe sportive: imaginez une équipe de la Ligne nationale de Hockey se frotter à une équipe junior et jubiler de les renverser 20-0. Rien pour prendre son pied. Je dirais même qu’il n’y a vraiment rien de très grandiose dans le geste. La création, pour moi, c’est la même chose. C’est un travail douloureux. Trouver une idée, c’est facile. Trouver L’IDÉE, c’est pas mal plus difficile. Elle est là, à l’intérieur de toi, cachée à quelque part, enfouie sous des tonnes d’idées préconçues. On passe souvent tout près, mais on se censure. Et là, au moment où on ne l’attendait pas, tadam! elle apparaît. Elle est parfaite. Géniale. Et c’est à ce moment-là précis, qu’il faille la dépasser. Parce que c’est après cette idée géniale, que le trait de génie fait surface. C’est quand on pense avoir atteint l’absolu que le moment de grâce surgit. Jean-Marie Dru, président de TBWA, appelait ce moment « le saut créatif » dans un livre sublime, du même titre, que j’avais lu à l’université (avis de recherche, ce livre est épuisé, mais si vous le retrouvez : je suis preneur!!!). Les supers créatifs capables de sortir mille idées (tout aussi nulles) à la minute m’ont toujours mis en horreur. Comme les créateurs qui vantent leurs créations avant qu’on le fasse à leur place. L’humilité en création est de mise. À moins d’avoir un ego surdimensionné qui vous bouche la vue; quand vous lèverez les yeux et regarderez autour de vous, vous constaterez alors qu’il existe pas mal plus de cerveaux que vous avez de cellules dans le vôtre.

    Petite création de JWT pour Converse qui m’a fait mal ce matin… :)

    Je suis « la » référence en matière de Chorizo.

    chorizoI Am Tha Chorizo Man. Vraiment. Je vous dis. Vous ne me croyez pas? Demandez à Google. Tapez « où trouver du chorizo à Montréal » sur Google (ou cliquez sur le lien) et vous réaliserez que j’arrive en quatrième position. Étonnant non? Je ne possède pas de boucherie portugaise, ni de restaurant, je n’ai aucune crédibilité culinaire et je ne suis même pas de Montréal. En fait, le seul lien entre moi et le chorizo de Montréal est que j’en ai parlé sur mon blogue. Et comme j’en ai parlé en français, sur internet j’ai comblé un vide : peu de gens avaient, avant moi, parlé du chorizo de Montréal. J’ai répondu à une demande d’information latente. Moi, un graphiste du Saguenay, vivant à 450 km de Montréal, je suis devenu une référence : un saucissier-à-qui-se-fier (c’est plus plaisant de le dire à voix haute : allez, faites-le aussi, je me suis amusé avec ça une bonne dizaine de minutes…). Surprenant, non? (J’ouvre une parenthèse, comme à mon habitude, vous direz, pour vous raconter une tranche de vie (super concept, pour rimer avec tranche de saucisson!) : ma cousine travaille à l’Université du Québec de Chicoutimi, elle et son chum aiment bien la bouffe du Portugal et comme il devait se rendre à Montréal pour y visiter sa fille, ma cousine avait profité de l’occasion pour lui demander d’aller acheter du chorizo… mais, ne sachant pas où en trouver, tape « où trouver du chorizo à Montréal » sur Google. Bingo! Un site en parle. Un type qui raconte une histoire qui ressemble à la sienne… une histoire sur des gens du Saguenay, avec des amis Portuguais. Intriguée, elle regarde qui est cet énergumène qui parle de saucisse sur son blogue et se rend compte que c’est son cousin, moi, qui habite à 10 minutes de chez elle. Weird non? Autre exemple, décidément ce billet ne sera qu’une longue parenthèse… Je suis un acheteur compulsif sur Ebay. Un jour, je bid sur un DVD de «Jmerapelpuki ». Je gagne la mise, paie par Paypal et envoie mes coordonnées. Je reçois le paquet… 3 jours après! Wow. Quelle transaction rapide! Je regarde l’adresse d’envoi sur l’enveloppe : le vendeur habitait à deux rues de chez moi!!!! Le monde est petit… et marchable à pied. Alors que je pensais faire des affaires à l’autre bout du monde, ma transaction s’est déroulée sous mon balcon. Cool non?. Bon j’allais où avec cette longue parenthèse..? Je vais la fermer si vous me le permettez.) Revenu à mon sujet principal. Vous me suivez toujours ? Pourquoi je vous parle de mes connaissances en saucisse portugaise? Uniquement pour vous rappeler que les affaires ont bien changé. Nous sommes dans une ère d’information assez fébrile. Ou n’importe qui, n’importe où peut clamer haut et fort ses connaissances. Même si elles ne sont ni vérifiés ni authentiques. J’ouvre encore une autre parenthèse… ( J’ai déjà, dans une première vie, décidé que je placerais moi-même mon argent en bourse, sur le net. De nature assez fonceuse, j’avais le profil du Golden-Boy-à-haut-risque, un Michael-Douglas-avec-brettelles-mais-sans-parachute. Et comme, j’étais un gars hyper-techno-branché-sur-le-monde-ultra-informé je ne courrais aucun risque. Abonné aux forums Webfin, celui du Globe and Mail, celui de X-trade et j’en passe; aucun bon coup ne pouvait m’échapper. Armé d’une bonne somme, j’avais décidé que je prendrais ma retraite dans l’année, à 35 ans (heu, il y a déjà presque 10 ans) avec les succès que j’anticipais. Je transigeais à la journée, spéculant sur des titres « vedettes » bien en vue sur mes « super » forums « full informés ». Quel idiot. Alors que je servais de levier ou de chair à canon spéculative, mon compte rétrécissait aux rythmes de mes transactions douteuses. J’étais trop con pour me rendre compte que mes « conseillers » virtuels se servaient de moi, et de milliers d’autres, afin de mousser un titre qu’eux se débarrassaient aussitôt que j’en avais pris possession… Je suis passé du portefeuille boursier au porte-monnaie assez rapidement…) Où je voulais en venir avec ce billet sans queue ni tête (un billet saucisson, finalement) : uniquement vous rappelez que la Toile est grande et pas nécessairement balisée. Que les pseudospécialistes sont devenus la panacée du net. Que n’importe qui peut affirmer n’importe quoi! Je suis le spécialiste du chorizo. Mais j’aurais pu aussi vous vanter une saucisse de merde. Un étron sous-vide. Que je vous aurais vendu comme la meilleure saucisse! Et, si vous aviez émis un commentaire négatif sur mon choix, je vous aurais répondu qu’à mon goût, c’était la meilleure. Point. Et j’aurais encore raison. Suis-je vraiment le spécialiste du chorizo, mmm, demandez-le à Google

    Hier, c’était (encore) la journée de Pierre.

    pierreDans une vie entière, combien rencontre-t’-on de gens qui nous marquent? Pas des gens qui ne feront que passer sans que l’on se rappelle leurs noms ni ce qu’ils ont fait pour nous marquer, mais ceux qui peuvent changer votre vie. On s’entend que le nombre est minime. Imaginez maintenant la même personne capable de bouleverser (positivement) la vie de milliers de personnes, c’est encore plus exceptionnel. J’ai eu la chance de croiser une personne comme ça en 1997 : Pierre Lavoie. C’est comme si c’était hier. J’avais reçu un téléphone de Renaud Maltais de CGI, me sollicitant de rencontrer Pierre, président de l’Association de l’Acidose Lactique. Il avait besoin de graphisme et se cherchait une boîte qui lui en fournirait gracieusement. Nous sommes souvent sollicités comme ça. Nous ne pouvons pas dire oui à tout le monde même si les causes sont bonnes. La plupart des agences répondent positivement, et c’est tant mieux. Pierre ne pouvant se présenter au rendez-vous (ceux qui le connaissent, n’en seront pas surpris!) et m’avait téléphoné en me disant que ce serait plutôt sa conjointe, Lynne Routhier, qui viendrait m’expliquer le projet. Je me souviens d’avoir vu entrer dans mon bureau cette femme si frêle, en apparence, avec sa voix si douce. À peine, assise dans la salle de conférence, elle m’avait expliqué d’un seul souffle son histoire : la perte de sa fille due à cette maladie terrible qu’est l’Acidose Lactique et l’histoire de son garçon atteint lui aussi (décédé l’année suivante). J’avais écouté, sans rien dire la gorge nouée jusqu’à la fin, cette voix si posée et si fragile, cette voix remplie d’émotions me parler des petits anges (les enfants atteints) dont l’Association s’occupait. À la fin de cette rencontre, j’aurais tassé n’importe lequel de mes dossiers pour ne plancher que sur celui-là. J’ai continué à travailler avec Pierre et Lynne à plusieurs projets sur les maladies héréditaires; c’est à Pierre que je dois ma rencontre avec les gens merveilleux de CORAMH (une autre étape importante de ma vie). Pierre, avec le temps, est devenu un ami. Et a indirectement fait de moi, une meilleure personne. C’est pourquoi de le voir, encore aujourd’hui, mettre sur pied le Grand Défi Pierre Lavoie, et de persévérer, ça ne peut que me rendre joyeux. Pierre, l’homme à qui l’on ne refuse rien. L’homme qui franchit tous les obstacles : il les franchit facilement uniquement parcequ’il ne les voit pas! La plupart des gens s’autocensurent, amoindrissent leurs rêves : Pierre, au contraire, les vit. Jusqu’au bout. Et comme il s’y connaît en hérédité; il propage à son entourage cette fougue et cette passion qui habite son ADN. Je me plais à appeler ce principe le « Syndrome Pierre Lavoie ». À son contact, vous commencez à courir, faire de l’exercice, bougez, parce que le mec cours encore plus vite qu’il a des idées (heu… on parle ici d’un gars triple champion Iron Man…). Pierre a réussi a mettre un paquet de monde dans son bateau, des grosses pointures: de plusieurs personnalités publiques des domaines médicaux, sportifs, d’affaires; une autre de ses multiples qualités : réussir à rassembler. Si vous n’avez pas été mis au courant de ce Grand Défi : consultez son super site internet. Et participez. Sinon, j’en parle à Pierre. Et lui vous convaincra.

    Bravo mon chum.

    > La photo appartient à Devinci (une autre gang incapable de dire non à Pierre – le vélo en arrière plan, sur la photo, est un Devinci)

    Jeu dit.

    rebus
    … pour écrire! À vous de jouer, moi, j’ai du boulot…