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    Archive pour mai, 2008

    Pintado Pasos. Porque es una buena obra.

    En passant devant une boutique spécialisée Converse à Playa del Carmen, une paire d’espadrilles a attiré mon attention. Mutli colorée, la chaussure de sport dépassait le stade utilitaire et prenait plutôt l’allure d’une oeuvre d’art. J’ai tout de suite songé que c’était un design de vitrine, un truc pour nous attirer. Si c’était le but, il faut dire que cela a fonctionné. En entrant dans la boutique afin de jeter un coup d’oeil de plus près, je me suis rendu compte que la chaussure peinte n’était pas seule, mais accompagnée de plusieurs autres, de tailles différentes et de designs différents. Toutes ces chaussures étaient bel et bien à vendre. En lisant le poster accroché à l’étalage, on pouvait comprendre que ces Converse avaient été peintes pour une bonne cause. Pintado Pasos. Un programme de responsabilité sociale créée par Noah Leyva. Celui-ci ayant retourné dans sa ville natale, Pinotepa de Don Luis (Oaxaca), après avoir refusé de répéter le même chemin que la plupart de ses compatriotes: le travail sur la terre ou émigrer aux États-Unis à la recherche de meilleures opportunités. Comme il avait étudié à l’École des Beaux-Arts à l’Université Benito Juárez, il est revenu avec la ferme intention de collaborer à améliorer la situation des habitants de de son village. Son idée fut de fonder un atelier, où les jeunes avaient la possibilité de trouver une activité productive et ainsi s’assurer également la pérennité de l’héritage artistique de Pinotepa de Don Luis. Noé Leyva avait également contacté l’artiste Juan Alcazar, qui a servi le gouvernement de l’État en qualité de conseiller culturel à l’appui des initiatives culturelles. Juan Alcazar a rencontré le président de Converse Mexique, reconnu comme un collectionneur d’art et philanthrope. Et comme cette société mexicaine était à la recherche d’un projet de responsabilité sociale est née l’initiative de Converse de soutenir un groupe d’art de la région et Juan Alcazar a proposé l’atelier de Pinotepa de Don Luis. C’est ainsi que commença l’histoire de Pintado Pasos. Peindre sur des Converse. Chaque paire de chaussures est soigneusement peinte à la main, afin que chaque paire soit unique et irremplaçable. Vendu entre 25000 et 35000 pesos (environ entre 250 $ et 350 $ CAD), la vente de chaussure a permis à Converse de verser plus de 40000 $ à l’organisme.

    Choses que je déteste #1: Les enseignes mobiles.

    J’ai décidé de créer une nouvelle série d’interventions : les « J’aime » et les « Je déteste ». Comme dans le film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, quand chacun des personnages décline ce qu’il aime ou n’aime pas. Je sais que cela peut paraître quelque peu litigieux, mais ces remarques sont endossées personnellement. Allons-y pour un cri du coeur ou une super dose de mauvaise foi, les goûts ne se discutant pas, se partagent par contre, assez bien.
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    Je déteste les enseignes mobiles. Ces espèces de mi-remorque/affiche sont le summum du mauvais goût. La plupart du temps mal entretenus, ces modules sont souvent stationnés dans des lieux publics stratégiques pour nous démontrer toute leur laideur. Si au moins, leurs designs étaient intéressants. Non. Leurs formes arrondies, leurs vitres jaunes qui servent de protection aux super lettres (souvent dépareillées) qui les ornent, leurs remorques, tout est mis en oeuvre pour former une pièce qui lève le coeur. Je peux comprendre qu’on peut avoir besoin d’un affichage temporaire, mais bordel, il existe des solutions plus esthétiques. Je ne comprends pas que le département d’urbanisme d’une ville, normalement assez à cheval sur les normes, tolère ces amas de tôles sur roues. Dans certains quartiers on dénonce la corde à linge, image pourtant écolo et bucolique de notre enfance, mais on ne dit rien quand on passe devant une enseigne mobile borgne d’une lumière sur laquelle on a réussi à changer le chiffre « 8 » en lettre « B », en lui collant un « i »… Que dire des couleurs des lettres???. On a plus de « B » rouge, qu’à cela ne tienne, mettons en une verte, pas de la même typographie, pfff! c’est pas grave, qui remarquera?! Moi! Effectivement que ce n’est pas grave. Si les gens remarquent la lettre différente, ils ne penseront pas à jeter un oeil plus sévère sur le reste délabré de cette remorque lettrée. Compensation. Et je vous épargne le son du néon défectueux….

    Philosophie du lundi.

    Greenwashing. Quand le vert n’est pas blanc.

    Regardez autour de vous et vous constaterez que le vert est hyper tendance. Être un écocitoyen, aujourd’hui est très bien vu, mais être une entreprise verte est devenu un incontournable. Les magazines de masse y vont de leurs ABC Écolo, les revues du monde des affaires y vont de leurs cahiers spéciaux comment devenir vert. Tout le monde veut être vert. Et ce, même si l’on n’a pas nécessairement la fibre écologique. Le terme « greenwashing » est la contraction de deux mots : « green » (vert) et « brainwashing » (lavage de cerveau) et signifie beaucoup plus un terme marketing qu’une école de pensée. Le « greenwashing » représente une entreprise qui investit avant tout, et beaucoup plus, dans des communications pour dire qu’il est vert que de poser des gestes concrets pour l’environnement. Assez fréquent au Québec, selon François Cardinal, dans son livre « Le mythe du Québec vert » où l’on apprend que cette verte image qu’ont les Québécois d’eux-mêmes n’est, en réalité, qu’un mensonge. Passer pour vert ça peut aller jusqu’à un certain point, mais il faut être conséquent de ses actes. Je répète souvent que les communications d’une entreprise doivent absolument refléter ses valeurs sinon celle-ci se met en danger. Un danger à long terme sur son image. Car les clients qui partagent ces valeurs, et à qui une compagnie fait croire qu’elles font partie de son ADN, verront la supercherie d’un oeil plutôt sévère. En publicité, on peut toujours embellir, améliorer une entreprise ou un service, mais il est très dangereux de la décrire comme elle ne l’est pas. Surtout si c’est pour suivre une tendance, sans y croire parce que c’est bien vu. Si vous êtes une très grosse corporation, il y des organismes comme Greenpeace qui se feront un plaisir de vous le rappeler. Ceux-ci sont assez sensibles aux abuseurs de valeurs environnementales, ils ont démasqué plus d’une entreprise qui clamait leur « green attitude ». Normalement Greenpeace ne choisit pas les pires, mais les plus connues; leurs interventions sur des compagnies comme Apple et tout récemment Dove démontrent bien que personne, même et surtout des lovemarks, n’est à l’abri de leurs brigades. Les deux compagnies « frauduleuses » ont dû émettre des communiqués afin de minimiser les « vérités » émises par Greenpeace et de proposer des actions directes afin de montrer patte blanche. On s’entend pour dire que le mal est fait et que de ramer à contre-courant ne fait pas avancer le bateau outre mesure. Bref, si l’on est vert tant mieux, si l’on est vert qu’en surface: gare aux bleus qui pourraient vous faire tomber dans le… rouge!

    Blu.

    Très impressionnant que ce Blu, artiste d’Italie. Peintre, illustrateur, graffiteur, animateur, bref, un artiste multidisciplinaire. Déjà que ses graffitis étaient très complexes (pour des graffitis), mais voilà qu’il en profite pour les animer. Dans cet ambitieux projet qu’est « Muto, Wall Painted Animation », il pousse l’art du graffiti à un niveau jamais atteint. Il vous faut absolument visionner ce court-métrage (assez étrange, mais vraiment intéressant). Pour l’animation, je suis vraiment de la vieille école. Pas que les animations 3-D d’aujourd’hui ne me déplaisent, mais la bonne vieille animation traditionnelle demeure pour moi le summum. Il faut jeter un coup d’oeil sur le très beau site de Blu


    Philosophie du lundi.

    Belle (et nouvelle) image + Belle et Bum au FIRM.

    Pour les 6 ans du Festival des Rythmes du Monde, plein de nouveautés. D’abord, l’événement se déploiera sur 10 jours (du 31 juillet au 10 août) dans le but de favoriser une augmentation des différentes clientèles et des activités. De plus, l’élargissement des lieux de diffusion (comme la zone du Vieux-Port) permet aux organisateurs du Festival d’accueillir l’imposant spectacle Belle et Bum présenté en tournée pour la première fois. Le spectacle Belle & Bum offrira tout un party aux couleurs des rythmes du monde avec Normand Brathwaite et Claudine Prévost, Élisabeth Blouin-Brathwaite ainsi que les dix musiciens exceptionnels sous la direction musicale de Luc Boivin. Les artistes invités seront, Alfa Rococo, Johanne Blouin, Florence K, Imposs, Alain-François et Zale Seck. Ça promet! Pour les 5 ans, pourquoi pas une nouvelle image… beaucoup plus festive plus proche de l’atmosphère de fête qui se dégage lors des spectacles? Une terre en effervescence constituée de danseurs, chanteurs de toutes les nationalités forme le noyau de la nouvelle identification. Couleurs vives et signes ethniques complètent le graphisme. Poster, dépliant et site internet suivront. Le Festival des Rythmes du Monde est sans contredits l’événement phare de l’été au Saguenay. Et si le soleil nous fait faux pas cet été, ces 10 jours sauront nous réchauffer! Bravo à toute l’équipe!

    Y a des YAWNS parmi vous?

    Nouvelle catégorie sociale américaine émergente, les Yawns sont jeunes, ont de l’argent, mais mènent une vie volontairement sobre et se soucient davantage d’environnement que de porter des vêtements griffés. Ils conduisent des voitures hybrides et font leurs courses dans des commerces de proximité. Quels que soient leurs revenus, ils ont décidé de vivre en dessous de leurs moyens pour limiter leur impact sur l’environnement. Le terme Yawns est l’acronyme de «Young And Wealthy but Normal» et le sujet d’un article bien intéressant de l’Associated Press. Ces jeunes viennent de l’univers des hautes technologies, mais les Yawns peuvent apparaître dans tous les milieux. Ils sont issus d’un mouvement mondial plus large dont les valeurs fondamentales sont le respect de l’environnement et la responsabilité sociale. L’essor des Yawns n’a rien de surprenant, selon le sociologue David Grusky, de l’université de Stanford, qui explique que la société a tendance à suivre des cycles : ainsi, après les hippies, une réaction matérialiste a suivi avec l’avènement des Yuppies. La question du réchauffement climatique et la crainte du terrorisme renforcent l’intérêt pour des idéaux qui sont ceux des Yawns au détriment des valeurs matérialistes, ajoute-t-il. Le phénomène serait-il lié également à un ras-le-bol de la consommation? C’est ce que pense Pam Danziger, une spécialiste des habitudes de consommation. « Les Américains ont beaucoup acheté ces dix dernières années. Nos armoires sont pleines, nos greniers sont pleins, nos garages sont pleins. Ça suffit! », résume-t-elle. Pas facile de les rejoindre comme clientèle cible? Pas sûr. Je pense que les compagnies qui ont de belles valeurs et qui réussiront à les communiquer sauront tirer profit de ces consommateurs plutôt difficiles. Mais attention ici, pas de discours creux et surtout éviter de jouer un rôle. Mais qu’importe qu’on s’adresse ou non au Yawns, une entreprise qui décide de jouer la constance et l’intelligence dans ses discours a plus de chance d’être respectée et par le fait même, d’améliorer ses relations avec ses clients qu’une autre qui ne partage pas les valeurs de ceux-ci.

    Celui qui marche dans les pas d’un autre ne laisse pas de trace.

    Client: Je vous engage pour que vous me fassiez quelque chose de différent! Je suis différent et je veux que cela se reflète dans mes communications.
    Agence: Super! Je comprends très bien le mandat et, honnètement, c’est votre seule planche de salut vous différencier dans un marché aussi compétitif!
    Client: Voilà. Nous sommes sur la même longueur d’onde.
    Agence: Oui. Voici donc notre proposition pour vous démarquer…. Avec ce concept, aucun doute, vous ne passerez pas inaperçu, et laisserez vos compétiteurs dans la brume.
    Client:
    Agence: Vous ne dites rien, cela ne vous plaît pas?
    Client: Ce n’est pas exactement comme ça que mes compétiteurs se présentent…
    Agence: C’était bien le mandat, n’est-ce pas? Vous différencier de la concurrence et réellement exprimer vos valeurs?
    Client: Oui, mais c’est vraiment trop différent des autres…
    Agence: Trop différent? Je ne vous suis pas…
    Client: Mes compétiteurs ne s’annoncent pas comme ça… il ya sûrement une raison.
    Agence: Ils n’y ont peut-être pas pensé…
    Client: …ou ce n’est pas comme ça qu’il faut s’annoncer…
    Agence: Pourquoi, « leur » façon est-elle « la » norme?
    Client: Parce que s’ils font plus de chiffres d’affaires que nous, c’est qu’ils ont raison.
    Agence: Ça ne serait pas plutôt qu’ils aient réussi à donner le pas… à assumer leur rôle de leader dans le marché… et surtout qu’ils n’ont pas suivi les autres?
    Client: Peut-être. Mais c’est beaucoup plus rassurant de suivre la parade. Je veux bien être différent, tout en restant… pareil.
    Agence: … et de laisser croire à vos clients que vous êtes comme les autres, qu’ils n’ont finalement aucun avantage à vous choisir par rapport au leader du marché. Vous souvenez-vous de ce que nos parents nous disaient à propos de la mauvaise influence des amis: « s’ils sautent à l’eau, vas-tu les suivre? »…
    Client: PLOUTCH!
    Agence: Votre plongeon était vraiment original : vous aviez raison, vous étiez vraiment différent. Dommage que vos clients ne l’aient jamais su…