Les couleurs de l’automne.

Je sais que c’est un peu déprimant comme titre avec l’hiver qui n’en finit plus, mais je voulais parler des tendances que Pantone veut mettre de l’avant cet automne. Ceux pour qui Pantone ne veut rien dire, disons que cette compagnie est la norme en terme de couleur au niveau de la chaîne de production graphique, et tout autant en mode qu’en design d’intérieur. Chaque année et chaque saison, Pantone fixe ce qui sera à la mode ou pas en se fiant aux tendances du marché. Pour l’automne 08, nous parlons de teintes de bleus, verts et mauves très froids, suivis d’une variation de rouge, orange et jaune. Selon le Pantone Color Institute, l’automne a toujours été synonyme de couleur légère, mais cette saison, on verra des teintes plus claires avec des nuances un peu plus criardes. Les teintes usuelles automnales comme le brun et le gris seront encore présentes cette année, mais les stars de la saison seront vraiment le bleu et le mauve. Quand on regarde de plus près ce spectre de couleur, on se dit que cela a un air de déjà vu. Et l’on n’a pas tort. J’aimerais bien voir, sur une période de vingt-cinq ans, toutes les tendances que la mode a prises. Cet arc-en-ciel aurait autant de variantes… que de constances. Si je regarde les productions imprimées que je faisais au début des années 90, les couleurs que j’utilisais se rapprocheraient définitivement des tendances d’aujourd’hui. Comme la mode, le graphisme se base sur les tendances qui l’entourent. On est toujours surpris de revoir des teintes revenir à la mode, mais encore plus de les voir changer par rapport à nos perceptions: comment une couleur comme le brun, jadis considéré drabe et réservé aux plus vieux, aujourd’hui se mélange au rose pour devenir très tendance et prisé par les plus jeunes? Les modes sont faites pour être suivies et… transgressées. Si l’on veut que notre message reste, on s’accorde une chance en jouant le conservatisme. Si au contraire on veut être dans le coup, il est primordial de suivre le rythme et les tendances. Si on veut être à l’avant-garde, on risque plus en tentant de deviner le prochain buzz. Ce qu’il faut comprendre c’est qu’avec les couleurs, même si cela demeure une question de goût, l’industrie de la mode et des communications tracent des sillons dans lesquels il faut savoir naviguer.

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L’habit ne fait plus le moine.

Les temps changent. Les vêtements aussi. Plus encore que les goûts, c’est la signification du code vestimentaire qui est complètement bouleversée. Jadis, «faire des affaires» signifiait immédiatement porter le costume. Complet-cravate était le mot d’ordre. Le code. Certaines sphères d’activités étaient plus touchées que d’autres: milieu financier, conseil, etc. mais c’était quand même répandu dans tout le milieu des affaires. Cette standardisation avait pour but de démontrer, mais surtout d’assurer, une confiance envers son interlocuteur. Le message disait «je porte ce que je représente». Depuis quelques années, ce code a changé. Je ne veux pas parler d’évolution puisque cela serait discréditer la valeur que certaines personnes donnent encore à cette façon de se vêtir, mais il faut admettre que notre vision est maintenant différente. Observez autour de vous, lors de votre prochain dîner d’affaires, et voyez comment le complet-cravate est en minorité. Observez comment les gens sont maintenant vêtus. Observez comment par rapport à ce constat si vous ou les autres personnes ont une opinion différente par rapport à ce fait. Moi, je ne pense pas. Le code est maintenant plus vague, moins défini. On voit de plus en plus d’importants dirigeants d’entreprise porter des vêtements plus décontractés. Si auparavant on jugeait plus facilement les gens qui sortaient du code, aujourd’hui la norme est beaucoup moins standard. Ce que je trouve drôle dans ce genre de langage non-verbal qu’est l’habillement c’est qu’il pouvait s’avérer être percu différement selon qu’on entre dans la norme ou pas. Comme je n’ai jamais porté le costume, un client m’avait déjà fait remarquer que cela le rassurait (!), qu’au contraire si j’en avais porté un, j’aurais démontré un manque de créativité (!). Comme si un banquier en t-shirt était autant incompétent qu’un designer en complet. Au lieu de se noyer dans la masse, un désir de sortir de celle-ci est maintenant palpable. Au lieu de se joindre à un groupe, on s’individualise même si nous suivons les modes. Nous sommes désormais, et de plus en plus, ce nous portons.

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Nostalgie quand tu me tiens.

Comme beaucoup d’entre vous, je suis sur Facebook où se mélangent amis présents, d’antan et connaissances. Je suis membre de plusieurs groupes dont un qui date de mes belles années universitaires, le Thunderdome. Bar mythique des années 80, le Thunderdome était pour l’ouest de Montréal, ce qu’était les Foufounes Électriques pour l’est de l’Île. Bar punk, alternatif, goth, toutes ces appellations pouvaient y être accolées sauf celles de banale et conforme. Je connaissais bien la faune qui visitait le bar puisque non seulement le propriétaire était un gars d’Alma, mais le gérant ainsi que d’autres membres du personnel venaient du Saguenay, comme moi. C’est sûrement ce qui m’a aidé, à l’époque comme étudiant, d’y faire mes premières frasques en graphisme. Je dis frasques parce qu’en 1985, j’avais à peine 20 ans et, au milieu de mes études universitaires, je suis devenu le graphiste officiel du Thunderdome. C’était génial de voir mes posters envahir les poteaux de téléphone, les murs en construction ainsi que mes tracts coincés sous les essuie-glaces des voitures. C’était l’époque du graphisme sauvage, marginal et irrévérencieux, digne des années noires du milieu punk de l’époque. C’était le début du Mac, l’usage massif des photocopieuses et du collage. J’en avais des souvenirs assez vagues jusqu’à ce que quelqu’un sur Facebook décide de publier tous les artefacts qu’elle avait conservés de cette époque. Je n’en revenais pas qu’elle ait conservé ces tracts depuis plus de 20 ans mais qu’en plus, elle les publie… Internet me surprendra toujours. Redécouvrir ces pièces fut pour moi un grand plaisir. Je vous épargne les non publiables (lire: politically incorrect)…. La suite, si vous êtes membre, dans le groupe Thunderdome sur Facebook!

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