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    Archive pour avril, 2008

    Des «petits bonhommes» qui font réfléchir…

    Première d’une série de quatre publicités produites par Amnesty International… à suivre.

    Urbania.

    Un magazine pas mal intéressant que ce Urbania. Véritable extra-terrestre dans le marché des revues au Québec, contrôlé par un Québécor*, qui adore que tout se ressemble, Urbania propose un contenu et un contenant qui font contraste dans le marché. Pour le contenant, il est rare de voir un magazine avoir une préoccupation aussi élevée au niveau du graphisme. Même les publicités sont souvent conçues en fonction du thème du magazine. Parce que cela aussi c’est l’une de leur force, les thèmes : tout le magazine tourne autour d’une thématique unique. Magazine créé par Toxa, un studio de création (design graphique/vidéo), Urbania, comme son nom l’indique, est avant tout urbain, très Montréal, ce qui ne me déplaît pas. J’aime mieux un magazine qui s’affiche comme tel à un autre qui le fait hypocritement. Ses sujets sont éclectiques (ce mois-ci: les « hobbys »), avec, entre autres un article sur la pêche blanche au Saguenay. Leur photographe a réussi à capter de beaux clichés, cassant complètement avec les scènes bucoliques remâchées. Allez hop, allez vous procurez ce magazine pour lui permettre de continuer… pas facile le marché de l’édition sous le giron Péladeau*.

    * Désolé, je suis incapable de leur attribuer un hyperlien et de leur donner plus d’exposition…

    Il y a (presque) un an, je perdais mes cheveux.

    Après un règne de presque 40 ans, mes cheveux sont tombés au combat le 27 mai 2007. Uniquement mes cheveux. Et les cheveux de tous ceux qui, comme moi, avaient mis leur tête à prix pour La Fondation Sur la pointe des pieds. Cet extraordinaire organisme qui prépare des expéditions d’aventure thérapeutique pour des adolescents atteints du cancer. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que le prochain Rase-O-Thon Marie-Hélène Côté est dans à peine un mois et je voudrais que les gens qui m’ont appuyé dans mon geste le fassent encore cette année. Ce qui est difficile pour une fondation comme celle çi est de réussir, année après année, à relancer les gens. Notre rythme de vie effréné nous force à oublier rapidement ce qui nous a motivé à l’époque à épouser une cause ou une autre. Avec mes chums Éric, des Pétroles R.L et de l’Hôtel Chicoutimi (président du Rase-O-Thon 2007) et Roger, du Quotidien, nous avions réussi à créer tout un événement dans l’événement. De voir tous ces gens, nos amis, nos clients, notre famille, nous appuyer inconditionnellement dans notre démarche, de voir comment nos gens ont été si généreux a été extrêmement touchant. Ceux qui pensent que les dons d’argent sont faciles à donner quand on est un homme d’affaires prospère se mettent le doigt dans l’oeil. Diminuer le geste de leurs dons parce que leurs organisations génèrent des profits en fin d’année est tout aussi maladroit. Un don est un don. Point final. Je connais des gens qui ont de l’argent et qui la gardent pour eux. Nos proches ont été sollicités plus d’une fois lors de ce Rase-O-Thon, et ils ont répondu à toutes les fois. C’est pourquoi, je vous sollicite à nouveau. Je crois sincèrement que cette Fondation a encore besoin de nous, que ces jeunes ont encore besoin de nous. Allez, on est plus à un cheveu près…

    P.S Voici les coordonnés pour envoyer vos dons directement. La Fondation Sur la pointe des pieds | 240, rue Bossé | Chicoutimi (Québec) G7J 1L9 Canada | 1-877-543-3048. Ou encore mieux, vérifiez dans les têtes mises à prix et s’il y a quelqu’un que vous connaissez et encouragez-le!

    Des mots sans image.

    Difficile de rester insensible à ce qui arrive aux gens qui travaillaient au réseau de télévision TQS. Tout spécialement ceux du Saguenay-Lac-Saint-Jean. C’est d’autant plus dramatique ici puisque le réseau était très impliqué dans son milieu. C’est une perte énorme pour la région. Et une perte pour tous ces gens. Des gens avec des métiers peu évidents à retrouver ici. Des gens avec des familles. Des vies bouleversées. J’y compte plusieurs chums, des gens avec qui j’ai fait des projets, des gens que j’ai côtoyé. Je sais que les mots ne servent à rien dans ce genre de situation. Je joins toutefois ma voix à toute une province et vous souhaite de passer au travers de cette épreuve le plus sereinement possible. Lachez-pas. On est avec vous.

    Adele.

    Je ne vous parlerai pas de la gouvernante de l’émission des années 60 qui jouait à la télévision dans mon enfance. Pour trois raisons : la première est que cela ne me rajeunit pas de connaître cette émission, deuxièmement, c’était une émission insignifiante conçue sur le même moule que « Papa a raison » et troisièmement l’Adele de l’émission (pour ceux qui s’en souviennent) ne partage vraiment pas la même voix que l’Adele dont je veux vous parler. Il serait tout aussi facile aussi de comparer la jeune prodige de 19 ans à Amy Winehouse (avec qui elle partage aussi des origines britanniques), car, ne serait-ce par son style un peu soul, les comparaisons ne vont pas plus loin. Synthétisant jazz, folk, soul, et electro pop, Adele s’avère d’une étonnante maturité musicale pour son jeune âge. Sa voix un peu rauque et un peu hésitante en final éblouie immédiatement. L’album 19 est vraiment un petit bijou! Dans la même veine que les Feist et Norah Jones. À acheter les yeux fermés. Et à écouter les oreilles ouvertes.

    À Montréal, le 7 Juin, Théâtre Outremont.

    El Melhor Chouriço Vem de Portugal, PQ.

    Quand j’étais petit, mes parents avaient parmi leurs amis, un couple originaire du Portugal. Ils n’habitaient pas très loin de chez nous, à Chicoutimi. Je me souviens vaguement d’y être allé souper à l’occasion mais je me rappelle surtout de la « saucisse portugaise »; une espèce de saucisson sec relevé qu’ils mangeaient tout simplement ou en le mélangeant pendant la cuisson du poulet. J’étais trop jeune pour savoir que c’était du chorizo. Je ne me souviens même pas d’y avoir goûté à l’époque. J’ai quand même le souvenir de l’odeur, du couteau de monsieur Dalmeida qui tranchait le saucisson froid, de la texture de la viande, des morceaux de gras, de ses gros doigts de débosseleur qui tendaient la tranche à mon père. Je me souviens aussi de la façon dont ces gens s’exprimaient, leur langage coloré, leurs voix tonitruantes qui prenaient de la place comme s’ils étaient constamment en colère. 30 ans plus tard, à Montréal en vacances, alors que j’étais à la recherche d’un resto, je m’étais retrouvé à La Casa Minhota sur St-Laurent. Un restaurant portugais. Un restaurant comme je les aime, sans prétention, avec un bar ou des habitués discutent. Un resto portugais avec des Portugais (c’est con, mais je n’aime pas aller dans un resto marocain ou il n’y a pas de Marocain ou des restos indiens ou n’y a pas d’Indiens). J’y avais mangé un poisson fabuleux, cuit à point… et une entrée de chorizo qui m’avait ramené des effluves de souvenirs. J’avais alors demandé au proprio où l’on pouvait trouver un tel chorizo, il m’avait expliqué que l’Épicerie Soares sur Duluth en plein coeur du quartier portugais de Montréal était LA place. Le lendemain, un dimanche, j’avais décidé de m’y rendre et d’en acheter, avant de comprendre que les Portugais ne travaillent pas le dimanche et de m’être rivé le nez sur une épicerie fermée. Quelques mois après, lors d’une autre visite à Montréal, j’y étais retourné et je fus séduit par la convivialité, la même retrouvée qu’au resto. J’avais discuté avec le boucher qui s’interrogeait sur le fait que j’achetais autant de chorizo d’un seul coup. Quand je lui avais dit que je venais du Saguenay, il trouvait ça drôle : il n’achetait que de l’agneau du Saguenay-Lac-Saint-Jean… J’y suis retourné à plusieurs reprises, à toutes mes visites à Montréal finalement, en achetant un peu plus que la dernière fois (pour les amis!) et en y retrouvant le même service. J’adore ce genre de boucherie, avec ses bouchers qui emballent à l’ancienne, au papier, qui écrivent au crayon à mine le prix sur le paquet, ces épiceries qui nous rappellent notre enfance, qui nous ramènent au temps ou le « sans emballage » du commerce existait. À l’ancienne. Je sais que cela peut sembler dichotomique pour un gars qui gagne sa vie à créer du packaging, à imaginer des façons de vendre ou de faire connaître ses clients, mais il faut apprendre de ces manières de faire traditionnelle et en tirer une leçon : le bouche à oreille est, et restera, encore la façon la plus efficace de communiquer. Le restaurateur m’a indiqué ce qu’il considérait comme étant le meilleur chorizo, le restaurateur était pour moi une bonne référence, un bon connecteur. À mon humble mesure j’ai fait connaître ce chorizo chez moi au Saguenay, je suis devenu un diffuseur, avec une bonne influence, uniquement parce que l’on considérait que ma référence était crédible (mon restaurateur) ce qui a provoqué que maintenant plusieurs personnes que je connaisse aillent chez Soares s’en procurer. Marketing Viral 101. On y reviendra.

    iPod extrême.

    On trouve de tout sur Internet. Du bon, du mauvais. C’est devenu pour la plupart des gens, LA source d’information. Plus particulièrement au niveau technologique, on peut y trouver références, manuels d’utilisation ou de dépannage de tous les gadgets qui nous entourent. Pas besoin de vous dire que quand mon iPod s’est retrouvé complètement gelé dans mon auto à -1000 C° pendant l’hiver, c’est sur le net que j’ai cherché une solution. J’ai tout de suite atterri sur le site de Apple, ils ont justement créé une procédure d’urgence pour réveiller un iPod récalcitrant, les cinq R: réinitialiser, réessayer, redémarrer, réinstaller et restaurer. Malgré ma bonne volonté, après avoir effectué toutes ces techniques j’étais toujours devant mon iPod cliniquement mort. Tristesse. Moi qui voulais qu’il survive jusqu’à l’arrivée de l’iPhone au Canada (oui, je sais que c’est possible d’en posséder un ici, mais je n’ai pas le goût de faire jouer dans l’appareil pour qu’il fonctionne, je préfère l’iPhone intégral non modifié). Je suis retourné sur web à la recherche d’un cas comme le mien, à la recherche d’une façon de ressusciter mon mini juke-box personnel. Et j’ai trouvé. Quand je vous disais que l’on trouve tout. Un mec comme moi avec le même genre d’histoire par rapport à son iPod, décrivait comment il avait réussi à remettre en vie ce qui semblait pourtant mort à jamais. Le hic dans son histoire, c’est que sa manoeuvre de remise en ordre était, disons, très particulière. Il expliquait qu’un choc assez abrupt pouvait réveiller le machin. Ouin. Un choc brutal. Sur une bébelle de 300$. En fait, il parlait sérieusement de laisser tomber l’appareil sur le sol afin de provoquer un choc et permettre une reconnexion. Sa conclusion reposait même sur les aventures que d’autres personnes avaient vécues. Après vérification sur d’autres sites, la même histoire se retrouvait… OK. Je sais. Je suis sur Internet et un parfait inconnu me décrit comment si je laisse tomber mon iPod sur son séant, il peut retrouver la parole. Je sais que cette théorie ne repose en fait sur rien. Rien. Mais je n’ai justement rien à perdre. Mon iPod ne fonctionne pas. Ma décision est prise, je l’essaie. Je relie la procédure, m’installe sur un tapis, je veux bien le laisser tomber, mais pas le briser (!). Premier essai, 2 pieds. 24 pouces. Je ferme les yeux et ouvre la main. Boum. Je regarde mon iPod. Toujours mort. Quel con. Mais bon, peut-il être plus mort que mort? Deuxième tentative. Une grande respiration. 3 pieds. 36 pouces du sol. J’ai le vertige. Je lâche prise. BOUM. Je suis fier de mon coup. C’est un super choc ça. Moi aussi, un miracle m’arrivera. Ca sera les Pâques de mon iPod. Le retour. Je le ramasse. Rien. No life. Dead. OK. Je sais. Je suis vraiment un idiot. J’ai balancé mon iPod parce qu’un plus idiot que moi a écrit n’importe quoi et m’a demandé de le faire. Une chance qu’il ne m’a pas demandé de sauter avec l’appareil, je l’aurais sûrement fait. Là, je n’ai vraiment plus rien à perdre. À part la raison. J’entreprends une ultime tentative. Ça passe ou ça casse (!). Je le monte plus haut que ma tête, à bout de bras. Je double mon deuxième essai. Je suis à 7 pieds. 84 pouces. J’ai de la peine à distinguer mon iPod au travers des nuages. L’air se fait rare à une telle hauteur. Je suis prêt. Je lâche! Le iPod file. La vitesse est vertigineuse. La friction de l’appareil émet un son strident. Sûrement le choc du contact de l’atmosphère terrestre. Ça sent le soufre. Impact dans 30, 29, 28… j’ai le souffle court. La secousse sera terrible! 10, 9, 8… BOOOOOOUUUUMMMMMMM! Mon iPod est sur le dos. Sur le tapis. Je m’approche. Il est en un seul morceau. Pas cassé. En une seule et unique pièce. J’entends un son. Non. C’est plus qu’un simple son. J’entends la vie. C’est bien mon iPod qui ronronne. Alléluia! Miracle. Je presse la roulette centrale, la pomme apparaît. Son coeur (de pomme) bat! Il est vivant! De retour! Ressuscité! Je suis un Dieu. J’ai redonné la vie! Le Sage avait raison. Comment avais-je pu douter de sa parole. Le Net est grand. Il est Pure Vérité. Dorénavant je serai obligé de croire tout ce qui sera écrit sur la Toile. Mon iPod est revenu. C’est la preuve….

    P.S. Ceci est une histoire vraie. Cette manoeuvre est délicate et ne peut convenir à tout le monde. Éviter de le faire si vous n’êtes pas un professionnel. Et surtout si votre garantie n’est pas échue…

    Ça vous dirait de revenir?

    Comment une organisation ou une entreprise du Saguenay-Lac-Saint-Jean (ou de toute autre région loin des grands centres urbains) fait-elle pour approcher des candidats intéressants de tout le Québec à venir s’installer dans sa région et combler un poste d’importance? Le sentiment d’appartenance. Il faut cibler avant tout une clientèle originaire de la région. On a beau vendre une qualité de vie, il faut avant tout connaître cette qualité pour se laisser approcher. L’idée d’interpeller directement les gens originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean à revenir à la maison est l’approche qui m’est apparue la plus logique pour cette publicité de recrutement de la Caisse Desjardins de Chicoutimi. Même si elle s’adresse directement aux expatriés (!), elle permet de mettre en valeur des qualités recherchées de plus en plus par la nouvelle génération: notion de famille, d’appartenance, de loyauté bien avant celle de réussite sociale et ces avantages n’ont pas de frontière. De plus en plus de jeunes veulent se réaliser professionnellement en se réalisant personnellement. La nouvelle génération arrive et dicte de plus en plus les avenues qu’elle veut prendre. Si l’on veut que notre message soit entendu et retenu par eux, vaut mieux parler leur langage…
    P.S. En passant, le poste disponible est Directeur(trice) du Développement des affaires, si cela peut vous intéresser ou quelqu’un de votre entourage, communiquez avec le Département des ressources humaines de la Caisse Desjardins de Chicoutimi au (418) 549-3224.

    Dans les typos les meilleurs graphistes.

    J’ai toujours dit que l’on reconnaissait les bons graphistes par l’usage qu’ils font de la typographie. Bien au delà des formes et des couleurs, les notions de bases dans ce domaine particulier de notre métier doivent être, dans un premier temps, acquises et ensuite maîtrisées. Le problème est que beaucoup de graphistes sont des autodidactes sans formation et que cette partie du métier leur échappe. Attention, je ne dis pas qu’ils sont mauvais pour autant, je dis simplement que dans certains cas, leurs lacunes typographiques sont apparentes. D’autant plus que depuis l’avenement des ordinateurs (hé oui, il se faisait du graphisme avant le mac !), l’on se fie uniquement sur ses appareils pour calibrer ses textes. Pire encore, on torture des caractères pour arriver à ses fins. Il n’y a rien de pire, selon moi, qu’une police de caractère étirée ou condensée avec un logiciel de mise en page. La polices ont été créées avec une graisse et une chasse bien à elles, si on en veut une plus condensée, on regarde si la famille en contient une, sinon on change de famille: mais de grâce, n’écrasez pas le caractère! J’ai eu la chance de côtoyer des sommités comme professeurs, de vrais typographes, du temps où c’était encore un métier. Du temps où des familles complètes étaient dessinées à la main. J’ai des amis graphistes qui gagnent leurs vies à créer des polices. C’est pour moi, un mélange de sciences et d’art, d’architecture et d’ingénierie. Alors quand on étire une lettre jusqu’à ne plus la reconnaître, qu’on la dénature c’est pour moi l’équivalent de manger du foie gras avec du ketchup. Gaspiller. Je ne cherche à mouler les graphistes et restreindre leur créativité. La digression des règles provoque souvent des créations intéressantes. Le parallèle avec la cuisine est d’ailleurs excellent; avant d’improviser une recette, un bon chef sait comment cela se passe et maîtrise ses techniques. Il existe une multitude de références sur la typographie sur internet, il existe des livres, il n’est jamais trop tard pour apprendre et surtout comprendre comment cela se passe au delà du clavier.

    Quand la fiction rejoint la réalité.

    Été 1970. Comme à tous les étés, ma famille passait les deux semaines de vacances d’été au Camping le Genévrier de Baie-Saint-Paul. Comme à tous les étés, je devais recommencer à me faire des amis puisqu’à part nous, les gens changeaient de place. À 6 ans, se faire des amis, c’est assez facile. La règle est simple: il faut s’intégrer à un groupe déjà existant. Donc, la première journée des vacances était réservée à la recherche du dit-groupe. Cet été-là, je fus assez chanceux (façon de parler). Pas très loin d’où nous étions campés, de jeunes garçons de mon âge étaient attroupés autour d’une immense épinette et regardaient la cime de celui-ci. En fait, ils ne faisaient pas que regarder la cime, tout en haut de l’arbre, une voiturette rouge y était perchée. Avec de minuscules cailloux, les enfants cherchaient à faire tomber le jouet afin de le récupérer. Dans ma petite tête de garçon de 6 ans, le calcul a été assez rapide: un groupe + un projet = une chance d’intégration. Je m’avance, demande hypocritement à quoi ils jouent (méchant bon vendeur). J’analyse la situation. Une autre équation naît dans ma petite tête: un groupe + un problème – une intervention de ma part = amitié garantie + possibilité de devenir un héros. Imaginez, devenir le héros pour deux semaines de vacances. Le rêve. En observant leurs façons de faire, je réalise que ça sera très facile de déloger la voiture de l’arbre. À les voir lancer leurs minuscules cailloux, ils ne sont pas sortis du bois (!). Je déniche une immense roche et m’approche. Au ralenti, dans ma tête, les yeux se tournent vers moi, je m’avance, lève le caillou au bout de mes bras, mes muscles se gonflent, mes cheveux volent au vent, je suis dans ma bulle. Trop dans ma bulle. Je n’entends pas les garçons me crier. Me crier de ne pas faire ça. Trop tard. Le rocher décrit un angle parfait, accroche la voiture, défonce la touffe d’épinette et atterrit avec fracas de l’autre côté de l’arbre. Où se trouve une voiture. J’ai entendu un bruit (ou un bris) de vitre et les cris d’une femme. En fait, je n’entendais presque rien parce que j’avais déjà pris la fuite. Je cours aussi vite que je sais lancer les pierres. Été 1970. Comme à tous les étés, ma famille passait les deux semaines de vacances d’été au Camping le Genévrier de Baie-Saint-Paul. Mais cet été-là je l’ai passé dans notre roulotte à me cacher de mes nouveaux anciens amis. Merci à mon ami Louis Doucet, de la Caisse Desjardins, de m’avoir fait parvenir cette publicité qui m’a rappelé de bons (!) souvenirs.